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Après le Dadaïsme, Le surréalisme
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Daisy.Adair
- Messages : 3567
- Inscription : dim. mars 01, 2009 1:10 am
Re: Après le Dadaïsme, Le surréalisme
Re: Après le Dadaïsme, Le surréalisme
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Avital.Ronell
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- Inscription : dim. avr. 19, 2009 11:22 am
Re: Après le Dadaïsme, Le surréalisme
Je ne peux qu'approuver ta défense des acteurs sociaux et des surréalistes.
)
En conséquence j'assume mon choix de me confronter directement aux textes sans passer par wikipedia ou quelques commentateurs.
Je fais de même en philosophie d'ailleurs.
En tout cas le post de Manchette etait en ce sens stimulant et m'encourage fortement à accroître mes lectures surréalistes pendant les vacances de Noèle.
et ce n'est pas mon cas. Parler de deux ou trois cas et d'un mouvement en particulier ne revient pas à renier toute action politique. On ne peut de toute façon pas reprocher aux gens d'être trop politisés, c'est plutôt le contraire.
Pour moi c'est aussi et surtout la question de l'Etre, du changement, du devenir.
Enfin c'est clairement l'ontologie qui m'interesse. D'ou mon amour pour la french theory et la deconstruction et ma volonté de centrer la philosophie sur la question de l'être et de la placer plutôt du coté des lettres que des sciences. (l'être/lettres : amusant)

Non mais j'ai jamais dis le contraire, je savais pas, c'est tout, ravie de l'apprendre, je suis pas Platonicienne (par contre je suis comme Socrate : je sais que je ne sais rien) , je ne peux pas deviner ce genre de choses. D'autant plus que je n'ai pas lu Breton, j'ai lu un peu Aragon, un peu Artaud , Appolinaire (Alcools), Gracq et Stephen King (tu aurais compris pourquoi Manchette l'a affilié à Marx.
En conséquence j'assume mon choix de me confronter directement aux textes sans passer par wikipedia ou quelques commentateurs.
Je fais de même en philosophie d'ailleurs.
En tout cas le post de Manchette etait en ce sens stimulant et m'encourage fortement à accroître mes lectures surréalistes pendant les vacances de Noèle.
Je ne sais pas qui a écrit ça mais en tout cas c'est très violent hein, c'est pas tellement l'idée que je me fais de la littérature.L'acte surréaliste le plus simple consiste, revolver aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu'on peut, dans la foule. Qui n'a pas eu, au moins une fois, envie d'en finir de la sorte avec le petit système d'avilissement et de crétinisation en vigueur a sa place toute marquée dans cette foule, ventre à hauteur de canon.
Le paradoxe n'est pas une contradiction : ça marque une opposition a priori mais qui s'avère avoir une logique ou au moins un sens lorsqu'on y réfléchit.Ce que je trouve encore plus paradoxale [...]
Oui, tout à faitmais tu comprendras que c'est cruel d'entendre de la part des spectateurs adeptes du non-agir qui se cantonnent à ne voir qu'en ces acteurs sociaux des glandus rêveurs qui ne souhaitent pas valider leur année mais uniquement néantiser
Rien à voir avec le surréalisme mais simple curiosité : tu parles de toi là?Manifester son plus-être angoissant existentiel et étudier tout en obtenant une mention très bien à sa soutenance de M2, c'est une réalité concrétisée pour toute personne un tant soit peu volontaire et exigeante envers soi-même et le monde qui l'entoure, même si elle est à des années lumières de l'organisation.
C'est uniquement ça pour toi la métaphysique?La métaphysique qui, comme son nom l'indique, s'intéresse à cet au-delà de la matière
Pour moi c'est aussi et surtout la question de l'Etre, du changement, du devenir.
Enfin c'est clairement l'ontologie qui m'interesse. D'ou mon amour pour la french theory et la deconstruction et ma volonté de centrer la philosophie sur la question de l'être et de la placer plutôt du coté des lettres que des sciences. (l'être/lettres : amusant)
les= les acteurs sociaux. Même réponse que plus haut. Redondance. tu étais décidément un peu remonté par rapport à ça, simple malentendu donc. Se moquer de deux ou trois étudiants militants en remettant fortement en cause leurs capacités et leurs réelles motivations ainsi que la pertinence d'un mouvement n'impliquent pas d'être contre toute action politique/social et de mépriser le militantisme.En les méprisant, en particulier ceux qui au final s'autodétruisent, ça revient à mépriser Cook, par exemple, et en cela, tu écartes un pan de ton intérêt pour le nihilisme (dionysiaque et/ou tragique serait plus approprié), ce qui, lorsqu'on est universitaire, est insatisfaisant, pour ne pas dire anti-intellectuel.
Oui.Donc je me répète, lis mieux ce qu'on dit sur le sujet, et je précise puisque je ne l'ai pas fait auparavant, lis mieux ce que les surréalistes disent d'eux-même
Re: Après le Dadaïsme, Le surréalisme
Non seulement, sur le plan de la forme, le surréalisme ne se limite absolument pas à la littérature.Je ne sais pas qui a écrit ça mais en tout cas c'est très violent hein, c'est pas tellement l'idée que je me fais de la littérature.
Mais surtout, sur le fonds, ce n'est surtout pas un mouvement littéraire, ni même artistique.
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Avital.Ronell
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Re: Après le Dadaïsme, Le surréalisme
Oui mais c'était purement (
) pour rigoler cette phrase! 
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Daisy.Adair
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Re: Après le Dadaïsme, Le surréalisme
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Oui, je parlais de moi.Rien à voir avec le surréalisme mais simple curiosité : tu parles de toi là?
Il y a une phrase de Jullien concernant l'art chinois que j'aime bien : « La transcendance est phénoménologique ». Donc bon…C'est uniquement ça pour toi la métaphysique ?
Pour terminer sur Breton (c'était de lui bien sûr la citation), il souhaitait, comme le dit Manchette, ne pas se limiter à un courant artistique : la « révolution surréaliste » dont il parle consiste d'une part à changer la vie mais aussi changer la politique. Il souhaitait mettre le surréalisme au service de la révolution communiste. C'est ce qui a causé le départ de pas mal de membres dont Joan Miro par exemple qui ne souhaitait pas transformer le monde par la politique.Oui mais c'était purement () pour rigoler cette phrase!
La révolution voulue par Breton consistait en trois points :
- en finir avec la raison intellectuelle
- en finir avec la logique positiviste
- en finir avec le nationalisme et le capitalisme
De cette révolution surréaliste, on en retrouve une trace plus tard dans l'engagement extrémiste de Godard notamment avec son film La chinoise, vu comme une préméditation des événements en France de Mai 68 : après avoir discuté sur les manières de révolutionner le monde par un communisme qui luttera contre le capitalisme et l'autoritarisme américain (celui de Mao parce que selon eux le communisme français a perdu de vue l'idée de révolution), Véronique Supervielle, une étudiante parmi d'autres, s'improvise terroriste et tire à bout portant sur un politicien gaulliste. Durant le film, on a une chanson de Claude Channes dont les paroles donnent, entre autre :
L'impérialisme dicte partout sa loi
La révolution n'est pas un dîner
La bombe A est un type en papier
Les masses sont les véritables héros
Tout de suite, ça donne le ton : l'acte surréaliste de Véronique dans ce film correspondra plus tard au Festival de Cannes à la « révolution » de Godard et autres nouvelle vague (en moins terroriste cela dit) pour qui il n'est pas question de dîner tranquillement sur la croisette. De la même manière que les surréalistes ont lutté contre entre autre le nazisme et le colonialisme, la nouvelle vague a soutenu le mouvement étudiant et ouvrier de 68 avec ce qu'il a entraîné comme transformations sociales.
Re: Après le Dadaïsme, Le surréalisme
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Avital.Ronell
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Re: Après le Dadaïsme, Le surréalisme
Cet aprem' jai regardé vite fait un ouvrage sur Le manifeste du surréalisme à la BU, (un petit livre de complément de notion) et j'y ai trouvé ceci :
"Ce désir de surmonter l'opposition appauvrissante entre le monde matériel et le monde psychique, état de vieille et état de sommeil, lui est inspiré par des lectures qui l'introduisent en 1924 à la philosophie de Hegel et à sa définition de la dialectique comme dépassement des contraires." Florence Ferran.
Elle parle de André Breton, il a donc bien eu des interractions avec la pensée d'Hegel.
Je pense que c'est un lien possible, après savoir s'il est pertinent, je ne connais ni suffisamment la pensée d'Hegel ni suffisamment le surréalisme (encore moins) pour le dire, je sais pas mais en tout cas j'ai trouvé ça assez flagrant pour certains textes.
Donc c'est peut être stupide d'un point de vue expert mais en tout cas je trouve aussi qu'on retrouve cette conception Hegelienne de l'être dans le surréalisme.
« Ce n’est pas cette vie qui recule d’horreur devant la mort et se préserve pure de la destruction, mais la vie qui porte la mort, et se maintient dans la mort même, qui est la vie de l’esprit.
L’esprit conquiert sa vérité seulement à condition de se retrouver soi-même dans l’absolu déchirement (…) en sachant regarder le négatif en face et en sachant séjourner près de lui.
Ce séjour est le pouvoir magique qui convertit le négatif en être ».
Préface de La phénoménologie de l'esprit de Hegel.
Maintenant petit extrait littéraire que je prend la peine de recopier de mon propre livre:
"A vingt ans laissant de côté toute considération de succès ou de carrière, il s'était fixé pour tâche de résoudre les énigmes du monde des sens et de la pensée. Il lu Kant,Leibniz, Platon, Descartes mais la pente naturelle de ses goût le poussait vers des philosophies plus concrètes et certains oèrent dire plus courageuse, qui, prenant le monde comme à bras le corps et généreusement, et non contente d'y faire pénétrer le rayon de telle lumière particulière, lui demandent sa vérité et son explication totales en le dénombrant de ses parties composantes, comme Aristote, comme Plotin, comme Spinoza. Mais surtout il s'était pris d'une curiosité passionné pour le prince des génies de la philosophie, Hegel, à ce roi de l'architecture et de la science des ensembles, à celui pour qui les plus brillants systèmes philosophiques ne sont que les nébuleuses dont il compose sa gigantesque voie lactée, il venait de vouer prédilection énergique : il tenait la dialectique pour ce levier demandé par dérision à Archimède et qui soulèverait le monde, et il emportait Hegel dans son manoir solitaire de Bretagne pour y remplir surabondamment ses journées, qu'il prévoyait mornes et arides, d'une contrée mélancolique."
Au chateau d'Argol, Julien Gracq, p.19 édition Corti.
Il y a une insistante référence à Hegel qui est présenté par le héros comme le philosophe absolu.
Après c'est sûr que c'est peut être un hasard.
"Ce désir de surmonter l'opposition appauvrissante entre le monde matériel et le monde psychique, état de vieille et état de sommeil, lui est inspiré par des lectures qui l'introduisent en 1924 à la philosophie de Hegel et à sa définition de la dialectique comme dépassement des contraires." Florence Ferran.
Elle parle de André Breton, il a donc bien eu des interractions avec la pensée d'Hegel.
Je pense que c'est un lien possible, après savoir s'il est pertinent, je ne connais ni suffisamment la pensée d'Hegel ni suffisamment le surréalisme (encore moins) pour le dire, je sais pas mais en tout cas j'ai trouvé ça assez flagrant pour certains textes.
Donc c'est peut être stupide d'un point de vue expert mais en tout cas je trouve aussi qu'on retrouve cette conception Hegelienne de l'être dans le surréalisme.
« Ce n’est pas cette vie qui recule d’horreur devant la mort et se préserve pure de la destruction, mais la vie qui porte la mort, et se maintient dans la mort même, qui est la vie de l’esprit.
L’esprit conquiert sa vérité seulement à condition de se retrouver soi-même dans l’absolu déchirement (…) en sachant regarder le négatif en face et en sachant séjourner près de lui.
Ce séjour est le pouvoir magique qui convertit le négatif en être ».
Préface de La phénoménologie de l'esprit de Hegel.
Maintenant petit extrait littéraire que je prend la peine de recopier de mon propre livre:
"A vingt ans laissant de côté toute considération de succès ou de carrière, il s'était fixé pour tâche de résoudre les énigmes du monde des sens et de la pensée. Il lu Kant,Leibniz, Platon, Descartes mais la pente naturelle de ses goût le poussait vers des philosophies plus concrètes et certains oèrent dire plus courageuse, qui, prenant le monde comme à bras le corps et généreusement, et non contente d'y faire pénétrer le rayon de telle lumière particulière, lui demandent sa vérité et son explication totales en le dénombrant de ses parties composantes, comme Aristote, comme Plotin, comme Spinoza. Mais surtout il s'était pris d'une curiosité passionné pour le prince des génies de la philosophie, Hegel, à ce roi de l'architecture et de la science des ensembles, à celui pour qui les plus brillants systèmes philosophiques ne sont que les nébuleuses dont il compose sa gigantesque voie lactée, il venait de vouer prédilection énergique : il tenait la dialectique pour ce levier demandé par dérision à Archimède et qui soulèverait le monde, et il emportait Hegel dans son manoir solitaire de Bretagne pour y remplir surabondamment ses journées, qu'il prévoyait mornes et arides, d'une contrée mélancolique."
Au chateau d'Argol, Julien Gracq, p.19 édition Corti.
Il y a une insistante référence à Hegel qui est présenté par le héros comme le philosophe absolu.
Après c'est sûr que c'est peut être un hasard.
Re: Après le Dadaïsme, Le surréalisme
Parmi les ancêtres du surréalisme, Villiers de l'Isle-Adam, le noble fauché aux sympathies communardes affichées, était un grand lecteur de Hegel, et probablement l'un des premiers hégéliens français.
Re: Après le Dadaïsme, Le surréalisme
Les surréalistes ont pris position, et milité, contre la Guerre du Rif dès 1925. C'est notamment cela qui a provoqué la rupture avec... Drieu la Rochelle (qui, par la suite, évoluera de la façon qu'on sait).Manchette a écrit : La politisation ne vient que plus tard, vers la fin des années 20, et provoque l'éclatement du groupe
Mais bon, c'est un détail. Effectivement, l'entrée des surréalistes au PC date de la fin des années 20...