- Deux garcons biens sous tous rapports
- Chroniques de SF
- Plains d'autres deja cités
Un des meilleurs bouquins de la rentrée littéraires 2009 (pour moi, oui).Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ? Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d'inscrire l'intime dans l'Histoire, l'obsession des coïncidences et des échos qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s'il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave, le plus poignant, le plus abouti.
Et celui dont je ne sais toujours pas quoi penser. Gros bloquage sur le style. Il faudrait que je le relise, mais je n'en ai pas tellement l'envie. Très partagée.L'écrivain Sara Stridsberg rouvre le dossier de Valerie Solanas, cette féministe radicale qui a tenté d'assassiner Andy Warhol en 1968, juste après avoir écrit le SCUM manifeste, un texte dans lequel elle prône la destruction du genre masculin. Dès le début du roman, on entend la voix déterminée de Solanas et on plonge avec elle dans son passé. Sous la forme de souvenirs obsédants apparaissent des conversations avec quelques personnages clés: sa mère, ambiguë et destructrice, le directeur de l'université de psychologie à laquelle elle est admise, Andy Warhol lui-même et son désir obstiné de faire d'elle une matière pour son art, ou encore la psychiatre chargée de son cas après la tentative d'assassinat. Et surtout l'amour fou pour Cosmogirl. Dans une langue tour à tour poétique et familière, provocante et rassurante, drôle et tragique, Sara Stridsberg accomplit la prouesse de nous plonger dans les méandres de cet esprit tourmenté qui nous poursuivra longtemps après la lecture. Et l'on se surprend à souhaiter tout au long du roman pouvoir arrêter la machine implacable du destin...
Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années quatre-vingt le premier grand mouvement de lutte et d'émancipation de l'homosexualité en France. Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie. L'un et l'autre s'aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice et de son amant, intellectuel médiatique, qui passent plus ou moins consciemment à côté de leur époque. Nous assistons avec eux au spectacle d'une haine radicale et absolue entre deux individus, mais aussi à la naissance, joyeuse, et à la fin, malade, d'une période décisive dans l'histoire de la sexualité et de la politique en Occident. Ce conte moral n'est pas une autofiction. C'est l'histoire, que je n'ai pas vécue, d'une communauté et d'une génération déchirées par le Sida, dans des quartiers où je n'ai jamais habité. C'est le récit fidèle de la plupart des trahisons possibles de notre existence, le portrait de la pire part des hommes et - en négatif - de la meilleure.
Assez étonnant quand on sait que l'auteur est mormon, donc vraiment pas gay friendly a priori.- Les Maîtres Chanteurs d’Orson Scott Card (1978): Mikal, empereur impitoyable qui se laissera attendrir par Ansset, un jeune Oiseau Chanteur formé pour chanter en harmonie avec lui.