Je suis sur le point de terminer "Arcadie - La vie homosexuelle en France, de l'après-guerre à la dépénalisation" et c'est absolument passionnant pour qui s'intéresse à l'histoire de l'homosexualité et au "militantisme".
On découvre une face cachée de ce militantisme, différente de l'histoire classique "Stonewall/FARH/Dépénalisation de 82/Gay Pride..."
C'est bien écrit et on apprend plein de choses, je le conseille vivement !
Je ferai peut être un article là dessus si j'ai le temps et le courage...
Fade Out a écrit :Je suis sur le point de terminer "Arcadie - La vie homosexuelle en France, de l'après-guerre à la dépénalisation" et c'est absolument passionnant pour qui s'intéresse à l'histoire de l'homosexualité et au "militantisme".
On découvre une face cachée de ce militantisme, différente de l'histoire classique "Stonewall/FARH/Dépénalisation de 82/Gay Pride..."
C'est bien écrit et on apprend plein de choses, je le conseille vivement !
Je ferai peut être un article là dessus si j'ai le temps et le courage...
et euh... on n'y parle que des hommes ou bien... ?
Fade Out a écrit :Je suis sur le point de terminer "Arcadie - La vie homosexuelle en France, de l'après-guerre à la dépénalisation" et c'est absolument passionnant pour qui s'intéresse à l'histoire de l'homosexualité et au "militantisme".
On découvre une face cachée de ce militantisme, différente de l'histoire classique "Stonewall/FARH/Dépénalisation de 82/Gay Pride..."
C'est bien écrit et on apprend plein de choses, je le conseille vivement !
Je ferai peut être un article là dessus si j'ai le temps et le courage...
et euh... on n'y parle que des hommes ou bien... ?
Etapiscium a écrit :Je n'ai lu que le début de ce livre qui concerne l'histoire de l'homosexualité et de l'histoire générale en France pour mieux situer ensuite le contexte d'émergence du mouvement.
Après, je pense que ça dépends de la proportion de femmes qu'il y avait à Arcadie... (certains points politiques du mouvement concernaient plus les hommes que les femmes aussi). Enfin, Fade Out (ou Kliban ?) répondra avec plus de certitude.
Mais ça reste un livre très intéressant à lire rien que pour son approche. On va dire que parmi les historiens gays, il n'y a pas eu d'équivalent de Marie-Jo Bonnet. Souvent des amateurs qui n'avaient pas de formation d'historien.
(Just for the lulz: il aura fallu un historien anglais pour faire l'histoire de cette association. En plus une bonne partie des livres intéressants sur l'homosexualité en France sont des ouvrages anglo-saxons...)
Il y avait des femmes en Arcadie - Françoise d'Eaubonne par exemple. Mais relativement peu en comparaison des hommes. A l'index de l'ouvrage, on trouve bien lesbienne (12 entrée) mais pas.... homosexualité (masculine) ou gay. C'est tout dire. Arcadie, s'il n'a pas interdit l'entrée aux femmes, non plus que les colonnes de sa revue, était tout de même un mouvement essentiellement masculin.
Le bouquin parle à peine des femmes, ce qui reflète la réalité de l'époque (l'assoce était pourtant ouverte aux femmes).
Disons que le problème de "l'invisibilité" des lesbiennes et de la stigmatisation de la sexualité des gays était encore plus marqué qu'aujourd'hui. Peut être aussi que le mariage était quasiment obligatoire pour les femmes.
A noter que même une grosse association comme Arcadie (plusieurs milliers de membres) était assez confidentielle, elle était tout juste tolérée, et sa revue était interdite de diffusion dans les kiosques, etc. Tout cela tenait principalement par la volonté d'un seul homme (André Baudry).
Ce bouquin est vraiment important, il sort du lot par le nombre de sources inédites étudiées et l'absence de parti pris sur le sens ou l'efficacité de tel ou tel type de militantisme. Il m'a appris beaucoup de choses.
J'aimerais vraiment que plein de monde ici le lise, surtout ceux qui s'intéressent au militantisme, y compris pour le critiquer !
Il est à noter que Françoise d'Eaubonne faisait partie, avec Daniel Guérin, de la petite minorité d'Arcadie qui fondera le FHAR, en opposition à la ligne assez timorée de Baudry.
Pour mes lectures, je profite pleinement de mes vacances. Grundrisse de Marx, oeuvre fascinante, mêlant les éreintements cocasses de ses bêtes noires (Proudhon, Bastiat et les économistes qualifiés de "sycophantes flagorneurs") avec des idées particulièrement visionnaires, où l'on peut voir sans peine la crise que nous vivons actuellement.
Relecture d'une traite de Fatale de Manchette, probablement son bouquin le plus fascinant, le plus exigent aussi.
Les neuf cercles du crime de Robert Bloch, très très bon recueil de nouvelles fantastiques et/ou policières.
Il est vrai que l'histoire des lesbiennes est peut-être plus difficile, faute de sources notamment. La fameuse boutade de Victoria n'est pas infondée : Les bûchers de Sodome de Maurice Lever montre d'ailleurs à quel point les archives judiciaires sont une source importante. Sans parler de la littérature : il n'y a pas d'Abu Nuwas féminin !
Ceci étant, on commence un peu à étudier le sujet, avec par exemple la publication par Elisabeth Badinter de la correspondance entre Isabelle de Bourbon-Parme et l'archiduchesse Marie-Christine, ou la publication non-expurgée de Thérèse et Isabelle, le roman de Violette Leduc.
Les lesbiennes -et le lesbianisme- sortent enfin du bois !