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| Un petit hors-sujet pour signaler aux amateurs de Bret Easton Ellis qu'une rencontre littéraire autour de son livre Suites impériales se déroulera le 23 Septembre à la Fnac de Montparnasse à partir de 17h. Si ma mémoire est bonne, il y a des lecteurs et lectrices de Bret Easton Ellis ici alors je me suis dit en voyant l'info aujourd'hui que ça ne serait pas négligeable de la diffuser. C'est tout ! |
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Edith Wilson : Je viens de finir
Le sumo qui ne pouvait pas grossir, d'Eric-Emmanuel Schmitt.
Sauvage, révolté, Jun promène ses quinze ans dans les rues de Tokyo, loin d'une famille dont il refuse de parler. Sa rencontre avec un maître du sumo, qui décèle un « gros » en lui malgré son physique efflanqué, l'entraîne dans la pratique du plus mystérieux des arts martiaux. Avec lui, Jun découvre le monde insoupçonné de la force, de l'intelligence et de l'acceptation de soi. Mais comment atteindre le zen lorsque l'on est que douleur et violence ? Comment devenir sumo quand on ne peut pas grossir ? Derrière les nuages, il y a toujours un ciel…
J'adore, d'une part parce qu'il trainait dans le salon, l'air de rien, et ma foi, à chaque fois que je trouve un livre dans la rue, chez moi, ou en biblio, qui s'impose comme ça à mes yeux, l'air de rien, c'est toujours une bonne surprise. Ce Jun y est pour beaucoup : antipathique, râleur, asocial, agressif, on ne peut qu'apprécier joyeusement ce p'tit péteux tellement son humour noir ravage le tout Tokyo sur des pages et des pages, et des pages qui d'ailleurs se dévorent aussi vite que la rapidité avec laquelle ce bougon profère des insultes. Le sujet est facile, mais la patte narrative de tonton Schmitt est suffisamment concise pour donner à l'ensemble, dialogues ou mono, un dynamisme à toute épreuve. Jun s'exclame, c'est incisif, Jun questionne, c'est acide, Jun trafique, c'est animal. Et tout au long de son cheminement d'hystérique, ce mal existentiel qui le poursuit sur son physique et cet enfer des autres s'imposent de manière moins anodine qu'ils ne l'étaient lorsque le maître sumo venait à la rencontre de Jun pour lui annoncer « Je vois un gros en toi ». Tout comme lui, d'abord on s'en détourne, puis on s'en rapproche, et enfin on retourne les cartes en les regardant lentement de peur que le sens révélé ne s'échappe aussi vite que le venin verbal ne sort de sa bouche. Dans ses beuglements, rien n'est versé gratuitement, tout se boit comme un verre d'eau dont on ne qualifie le goût efficient uniquement après coup.
Un petit extrait choisi histoire de noircir mais non sans humour votre journée :
« — Ah oui, t'es crédible, toi, poil de carotte ? C'est crédible un Japonais qui veut passer pour un Suédois et qui ne parvient qu'à ressembler à une télé mal réglée ? Avant de témoigner, change de couleur, Goldorack, sinon les jurés vont vomir ! […] Sûr qu'il vaut mieux couper le son quand tu bêles, sinon on pensera que tu t'es coincé les couilles dans ta fermeture Éclair. Cela dit, si on fait sourdine sur la V.O., t'es convaincant en super-héros, Goldoroux ! Ouais, t'as pas hésité, c'était magistral, tu t'es rué sur l'ennemi le plus faible, un ado de quinze ans innocent. T'as même dégainé ton colt, champion ! Bravo ! Tu sais que c'est un vrai révolver qu'on t'a confié à l'école de police, pas un en plastique comme celui que t'avais offert maman pour ton anniversaire. Hein, tu chopes la différence ? T'as perdu le sens des couleurs mais j'espère que t'as gardé le sens des matières. C'est pour de vrai, pas pour de faux ! »