Itinéraire d'un triangle rose
Publié : sam. nov. 13, 2010 7:06 am
Je viens de finir ce livre : "itinéraire d'un triangle rose, témoignage du dernier survivant déporté pour homosexualité", tel que le présente le bandeau de l'éditeur.
Ce survivant, il s'appelle Rudolf Brazda, né en 1913 en Allemagne. A travers son histoire, on découvre que l'Allemagne pré-nazie était très tolérante vis-à-vis des homo, qui pouvaient s'afficher librement sans crainte de répression. C'est ainsi que Rudolf partagera la vie de son premier amour jusqu'à ce que celui-ci soit appelé sous les drapeaux, en pleine montée du nazisme. En 1937, Rudolf sera condamné pour cette relation à 6 mois de prison. Le climat commence déjà à se détériorer.
Compte tenu de ses origines tchécoslovaques, il est contraint de quitter l'Allemagne (il est considéré comme étranger avec antécédents judiciaires...). Ne parlant qu'allemand, il s'installe près de la frontière, et se débrouille pour s'intégrer comme il peut, et rencontre d'autres hommes, dans une région rapidement annexée par le Reich. En 1942, il est mis en détention de sûreté dans le cadre d'une affaire concernant deux de ses connaissances pour délit d'homosexualité, et pour laquelle il est poursuivi depuis 1941. Le début d'une longue période d'incarcération...
A peine 2 mois après, il est interné au camp de Buchenwald, et y restera jusqu'à la libération du camp, soit un peu moins de 3 ans. Il y découvre le système hiérarchique au sein des détenus, et le traitement réservé aux triangles roses tant par d'autres déportés que par les SS s'ils se font trop remarquer. Pour autant, on apprend aussi que les déportés cèdent à des relations entre hommes, en l'absence totale de femme, et que Rudolf, jeune et beau, profite de ce fait pour ne pas être trop inquiété.
Il survivra ainsi jusqu'à la libération du camp. Un matin d'avril 1945, quelques coups de feu résonnent, et les déportés découvrent un camp abandonné par les SS. Ils s'empressent de le sécuriser et d'organiser sa gestion jusqu'à l'arrivée des soldats américains. Rudolf a échappé à une marche forcé, organisée régulièrement depuis quelques temps pour "évacuer" les prisonniers, en se cachant dans la porcherie du camp. Il s'en est fallu de peu pour qu'il ne connaisse pas la libération.
Il décide alors, avec un compagnon de Buchenwald, de partir en France. Il finit par s'installer à Mulhouse, où il rencontrera le deuxième homme de sa vie, avec qui il partagera 50 ans de sa vie, jusqu'au décès de celui ci en 2003. Il acquerra la nationalité française en 1960. Aujourd'hui Rudolf partage son témoignage et participe aux cérémonies rendant hommage aux déportés pour homosexualité, lui qui avait gardé le silence jusqu'en 2008.
"Je ne regrette rien, pas même Buchenwald" (je cite de mémoire)
Ce survivant, il s'appelle Rudolf Brazda, né en 1913 en Allemagne. A travers son histoire, on découvre que l'Allemagne pré-nazie était très tolérante vis-à-vis des homo, qui pouvaient s'afficher librement sans crainte de répression. C'est ainsi que Rudolf partagera la vie de son premier amour jusqu'à ce que celui-ci soit appelé sous les drapeaux, en pleine montée du nazisme. En 1937, Rudolf sera condamné pour cette relation à 6 mois de prison. Le climat commence déjà à se détériorer.
Compte tenu de ses origines tchécoslovaques, il est contraint de quitter l'Allemagne (il est considéré comme étranger avec antécédents judiciaires...). Ne parlant qu'allemand, il s'installe près de la frontière, et se débrouille pour s'intégrer comme il peut, et rencontre d'autres hommes, dans une région rapidement annexée par le Reich. En 1942, il est mis en détention de sûreté dans le cadre d'une affaire concernant deux de ses connaissances pour délit d'homosexualité, et pour laquelle il est poursuivi depuis 1941. Le début d'une longue période d'incarcération...
A peine 2 mois après, il est interné au camp de Buchenwald, et y restera jusqu'à la libération du camp, soit un peu moins de 3 ans. Il y découvre le système hiérarchique au sein des détenus, et le traitement réservé aux triangles roses tant par d'autres déportés que par les SS s'ils se font trop remarquer. Pour autant, on apprend aussi que les déportés cèdent à des relations entre hommes, en l'absence totale de femme, et que Rudolf, jeune et beau, profite de ce fait pour ne pas être trop inquiété.
Il survivra ainsi jusqu'à la libération du camp. Un matin d'avril 1945, quelques coups de feu résonnent, et les déportés découvrent un camp abandonné par les SS. Ils s'empressent de le sécuriser et d'organiser sa gestion jusqu'à l'arrivée des soldats américains. Rudolf a échappé à une marche forcé, organisée régulièrement depuis quelques temps pour "évacuer" les prisonniers, en se cachant dans la porcherie du camp. Il s'en est fallu de peu pour qu'il ne connaisse pas la libération.
Il décide alors, avec un compagnon de Buchenwald, de partir en France. Il finit par s'installer à Mulhouse, où il rencontrera le deuxième homme de sa vie, avec qui il partagera 50 ans de sa vie, jusqu'au décès de celui ci en 2003. Il acquerra la nationalité française en 1960. Aujourd'hui Rudolf partage son témoignage et participe aux cérémonies rendant hommage aux déportés pour homosexualité, lui qui avait gardé le silence jusqu'en 2008.
"Je ne regrette rien, pas même Buchenwald" (je cite de mémoire)