Je note la référence Yoko Ogawa, que je ne connais pas.
Je suis assez attiré par la littérature japonaise, même si j'ai un peu lâché ces derniers temps (en fait je suis actuellement plongé dans la littérature sud américaine et je n'arrive plus à m'en sortir).
J'ai lu "Confessions d'un masque" de Mishima un peu comme tout le monde sur ce forum me semble-t-il mais je n'ai pas trop accroché. En fait Mishima fait partie de ces auteurs qui me laissent complètement de marbre.
Dans les grands classiques du XXème sièce, je lui préfère nettement Kawabata et même Tanizaki. Du premier, je conseille sans hésiter "Les belles endormies", qui décrit quelques nuits passées par un vieillard aux côtés de jeunes adolescentes endormies sous l'effet de puissantes drogues dans d'étranges maisons closes, ou encore "Le lac", qui suit les déambulations d'un enseignant, fraîchement licencié, qui ne peut s'empêcher de suivre des jeunes femmes/adolescentes dans la rue, obsédé par leur beauté. Du second, Tanizaki, je mentionnerai "Le coupeur de roseaux", qui emmène le lecteur autour d'un ancien palais impérial, où le narrateur rencontre un étrange personnage qui lui raconte l'histoire de la belle O-Yû, et "La confession impudique", roman épistolaire sur les conflits qui naissent inévitablement dans un couple. Pour rester dans les classiques du XXème siècle, je citerai encore Inoué, je n'ai lu que "Le fusil de chasse" de sa plume, c'est un court roman, qui regroupe trois lettres écrites par trois femmes différentes, et qui forment une superbe et tragique histoire d'amour, ainsi que Akutagawa, dont je n'ai lu que quelques nouvelles (dont "Rashômon" - Kurosawa en a fait un film), on se situe avec cet auteur dans un Japon plus traditionnel.
Pour piocher dans les contemporains, les deux Murakami (Ryû et Haruki) me semblent incontournables. Le premier a notamment écrit "Les bébés de la consigne automatique", qui décrit la vie de deux mômes abandonnés dans une consigne à leur naissance et retrouvés miraculeusement vivants . Les autres Ryû que j'ai pu lire m'ont nettement moins plu mais je mentionnerai quand même "Lignes", étange roman dont chaque fin de chapitre nous fait découvrir un nouveau personnage qui deviendra le personnage principal du chapitre suivant, "Miso Soup", qui suit les déambulations d'un psychopathe (les bouquins de Ryû sont effectivement très violents la plupart du temps) et "Parasites", qui décrit l'ouverture au monde d'un adolescent totalement renfermé sur lui-même, grâce à internet (mais cette ouverture se fait par la violence - je n'en dis pas plus). J'ai adoré "La fin des temps" de Haruki Murakami, c'est un roman qui se situe à la frontière du roman réaliste et du roman de science-fiction (oui c'est possible), une science-fiction onirique et poétique (loin de la "Guerre des étoiles").
Les Japonais connaissent aussi leurs auteurs de romans policiers, je citerai Yokomizo et son "Village aux huit tombes", une grande réussite qui nous emmène, comme son titre l'indique, dans un Japon rural et reculé rempli de codes encore, pour une étrange histoire d'héritage. Edogawa Ranpo (mon pseudo vient de là) a écrit de courts romans primitifs à souhait (j'assimilerais volontiers ça à de l'art brut) mais bien jouissifs, qui nous emmènent dans un monde peuplé de freaks, où un aveugle crée des sculptures à base de peau humaine, non pas déstinées à être vues mais bien à être touchées, où une femme fait l'amour avec un homme qui n'a plus ni bras, ni jambes (décapité à la guerre), etc. Ces romans ont pour titre "La chambre rouge", "L'île panorama", "La proie et l'ombre", "La bête aveugle", "Le lézard noir".
Deux auteurs encore qui me viennent à l'esprit, Kajii, j'avais lu son recueil de nouvelles "Le citron", je me souviens notamment de la description d'une torture de chat dans l'une d'elles, ou encore le très kafkaïen Abe Kobo, "La plan déchiqueté" ou "La femme des sables" (son grand classique), il me semble incontournable même si de mon côté je n'ai pas du tout accroché (je n'ai jamais réussi à terminer "Le plan déchiqueté"

).
Voilà quelques bouquins qui m'ont bien marqué pour la plupart.