J'ai vu
Les Bêtes du Sud Sauvage, la première semaine de sa distribution, traînée de bonne volonté par une amie très cinéphile qui l'attendait depuis longtemps. Il faut dire que Benh Zeitlin a commencé par l'animation et la réalisation de clips, autant de domaines que l'amie en question travaille. V me fait un petit topo, me précise que c'est le premier long métrage du réalisateur et qu'elle s'attend à une "expérience".
Bref j'y suis allée un soir très tard, et il pleuvait beaucoup (si, ça a son importance).
Dès le début j'ai été bluffée par la sensibilité qui se dégageait de tous les plans. C'était rêche, humide, dur, boueux, rance dès le début. Et la photographie!! Bref une grosse claque esthétique et sensuelle dès le début.
Et
Quvenzhané Wallis, l'actrice principale!! Que dire? Époustouflante, à son âge j'ai trouvé son jeu solaire, elle dégageait une intensité et une vérité que je n'avais pas vue depuis longtemps.
Concernant l'histoire, des choses m'ont gênées, j'ai même trouvé quelques longueurs au film à des moments, mais ce que j'en retiens c'est d'avoir été charmée et bluffée. J'ai aimé l'équilibre entre réalité et conte, entre l’allégorique et le réel. J'ai aimé les sentiments portés par les acteurs, j'ai aimé la magie qui se dégageait, j'ai aimé les images, l'univers. Ce qui m'a séduite vraiment, c'est de voir un film tout à fait différent de ce qu'on voit normalement.
Concernant l'impression qu'ont eue certain d'un film prétentieux ou quelque chose comme ça. Je pense que ça peut peut-être s'expliquer par le fait que ce projet est né il y a 8 ans d'après ce que V m'expliquait. Le tournage a commencé en 2010 mais le réalisateur pense donc ce projet depuis 8 ans. Donc oui il y a moyen que ça se sente, pas forcément dans le bon sens toujours. Personnellement ce n'est pas quelque chose que j'ai vraiment senti il me semble. Mais j'étais vraiment tellement émerveillée par la beauté et la puissance des images qu'à un moment j'ai arrêté d'intellectualiser la chose
Sinon, vu hier,
Au Bout du Conte de Jaoui et Bacri.
Alors que dire? Les 15 premières minutes j'ai eu très très peur. En fait, ça m'a fait exactement le même effet qu'un rencard complètement foireux. Et je me suis dit que j'allais passer 2h très, très longues. En plus il faisait très froid dans le cinéma, donc autant dire que rien n'allait. Je trouvais le film bizarre, comme s'ils avaient voulu
faire original et différent et qu'en fait c'était juste bizarre et chiant.
J'ai immédiatement détesté le personnage de Laura, qui cherche et "trouve" l'amour. Clairement une tête à claque à mon avis. Par contre je me suis attaché à Sandro, dans le rôle du garçon timide et mignon, et à Marianne, la marraine originale. J'ai aimé les histoires qui s'emmêlaient, les parents et leurs enfants, tout ça.
Mais vraiment j'étais agacée par cette volonté marquée d'en faire des tonnes, des tonnes d'allusions aux fameux contes donc, des tonnes de parallèles qui n'ont pas forcément lieu d'être, bref agaçant.
Et puis paf, à un moment, vers 15, 20 minutes, un coup de baguette magique (ouais...) et j'ai choisi de me laisser emmener dans le film. Et vraiment je pense qu'il fallait le vouloir parce que le film est suffisamment truffé de défauts pour qu'on puisse le démonter sur des pages et des pages. A côté de ça on peut aussi choisir de se laisser entraîner dans ce récit touchant, dans ce mode de narration qui, sans être une trouvaille toute innovante, a le mérite de rester assez originale. La photo n'a rien d'originale, malgré quelques plans qui étaient jolis, mais pas non plus bluffant au point. Mais à un moment, la musique qui va bien, une certaine finesse dans le jeu, et l'envie d'entrer dans le conte (parce que vraiment il faisait froid, j'avais fini mes pop corn et rien de mieux à faire de toute façon).
Mention spéciale à Benjamin Biolay, détestable du début à la fin. Et à la fin, moi je suis sortie de la salle le sourire aux lèvres et avec l'envie d'être amoureuse. Donc pas un coup de foudre absolu mais j'ai aimé!