Mattiii a écrit :Bon, puisqu'il faut y passer pour qu'on se mette à nous croire, je vais me la jouer critiquaillon confirmé, c'est parti, c'est bien pour vous faire plaisir (et j'y vais au fil de la plume donc ne continuez pas à critiquer)
Burton, réalisateur de talent que certains semblent affirmer comme d'ores et déjà mort depuis ses petits derniers, vient tout bêtement de s'enterrer avec son nouveau film. Alice aux pays des merveilles ne dépasse ainsi à aucun moment l'oeuvre ultra calibrée, aux grosses ficelles d'ores et déjà écrite maintes fois mais aux allures ici dénouées, mais ne nous en méprenons pas, c'est juste qu'il ne se passe quasiment rien pendant une bonne moitié du film et que l'on veut nous faire croire que c'est original.
Burton dégringole, son acteur fétiche, le dénommé Johnny Depp, est noyé dans un maquillage abracadabrantesque hideux, outrancier, et disons-le tout de suite, vain. Mais rassurez-vous, les autres personnages ne sont pas en reste pour le concurrencer, on a ainsi Anne Hathaway dans un rôle glacé de duchesse loufoque et s'engouffrant dans tout les clichés possibles et inimaginables. L'excellente Helena Boham Carter est à la rigueur celle qui subit le moins ce fastidieux univers installé par Burton, univers foisonnant dont on prie pour en ressortir au plus vite une fois qu'il arrive enfin... étrange, Avatar faisait tout le contraire.
Comme prévu, photographie hideuse par moment, à peine digne d'un world of warcraft sur computer, c'est dire, avec des jeux de couleurs parfois très laids, dans le même style que tout le visuel de Dragon Ball évolution (les grands esprits se rencontrent dis donc !). C'est moche, irréel, on n'est pas transporté du tout, au mieux on se fait chier, au pire on sort de la salle.
Car oui, en plus d'être visuellement raté, le film ennuie, car comme dit, il ne se passe rien pendant une bonne moitié, juste présente pour laisser Depp cabotiner dans un énième rôle post-Jack Sparrow. Pour ce qui est d'Alice, oui car dans ce carnaval on aurait presque tendance à l'oublier, disons qu'elle fait acte de présence, ni bonne ni mauvaise, préférant laisser le razzie pour Hathaway, et ne subissant pas des rôles abominablement écrit aux psychologies de personnages réduites au néant.
Le nouveau film de Burton est donc une sorte de néant, un sourire par ci et là pour pimenter le tout, reste une dernière partie plutôt sympatique, et une BO également pas trop mal. Reste à omettre l'étron qu'est la scène de danse hip hop de Depp, un sommet de risibilité à en faire vomir plus d'un, Michael Jackson et Lewis Caroll en premier. Ce genre de Shrek chez Narnia, version sombre, est donc un gros ratage, attendu par les fans, léché par les fans, Burton ne s'arrêtera pas dans sa conquête du box office. On l'attend pour la famille Adams maintenant. Allez Burton, Hollywood t'attend aux milieux de ses corbeaux et de ses arbres tordus que tu t'empresses à nous recracher dans chaque film, bah oui, ça c'est de l'imagination ! Vive Burton quoi !
3/10
Mention spéciale à Avril Lavigne qui vient clouer tout ce joyeux bordel, de quoi nous finir en... beauté... Hum
Le style m'amuse, j'ai essayé de corriger quelques coquilles, ça me rappelle les critiques que je commettais dans ma vingtaine pour le journal de mon École qu'on imprimait encore, avant internet.
C'est évidemment injuste mais il y a du vrai malheureusement. Je suis un amateur (le mon fan me révulse) du Tim Burton, et je me sens oublié depuis quelques temps dans mon goût pour la folie et la fantaisie au cinéma.
Il y a une petite scène, culte pour moi, au début du film
Le Crime est notre affaire : Catherine Frot revient dans la pièce où pantoufle André Dussolier après avoir eu une discussion avec lui sur le fait qu'elle s'emmerde (on est popotes, dit par Frot, c'est génial), elle renifle longuement puis demande s'il ne sent rien, non, il ne sent rien, elle répond alors que ça sent le vieux.
On s'en approche avec les derniers films de Burton. L'odeur de vieux s'annonce après celle de l'argent qui domine encore.
Il a eu ses réels moments de gloire créative.
Edward aux mains d'argent et
Batman, le défi resteront le sommet de son œuvre, pas pour leur scenario, ce n'est pas un créateur d'histoires, mais pour leur ambiance, leur loufoquerie. Depuis, on descend lentement la pente,
La Planète des Singes n'étant pas le gouffre décrié, d'ailleurs.
Il reste des bons moments, des clins d'œil jouissifs, mais tout cela ne fait pas un film. Surtout du recyclage. Quand on recycle des bonnes choses, ce n'est pas affligeant, je nous trouve très exigeant avec Tim Burton. C'est surtout ça son problème. Il aurait fait ce film il y a 15 ans, tout le monde aurait adoré mais là, on est bourré de références et on boude.
Je pense qu'on reverra ce film plus tard, tranquillement, hors des exigences de notre point de vue surréférencé par l'omniprésence d'images autour de nous, et on en reparle, ok ? Rendez-vous dans 15 ans : je gage que ce film se bonifiera, il y a des choses très chouettes dedans, un peu engluées dans le disneyen correct, production oblige, mais ça pourrait être bien pire. Je trouve déjà
Sleepy Hollow meilleur qu'à sa sortie.
On a le droit de ne pas aimer, mais c'est injuste de jeter tout ce qu'a fait Tim Burton. Il était meilleur quand il cherchait à se faire connaître, avant qu'il rencontre Helena Bonham Carter (sans lien de cause à effet à mon avis). Il a beaucoup dit, il reste un grand créateur ou en tout cas un grand recycleur dynamique (qui s'intéresserait encore à Ed Wood sans lui, ou à la Hammer ?). Il se répète ces derniers temps, c'est vrai, je ne peux pas le défendre inconditionnellement mais je n'oublie pas ce qu'il a fait et les joies qu'il m'a apportées. Son Alice est un peu popote, son Chapelier un peu trop corsaire mais j'adore sa Reine de Cœur, même si elle est plus drôle qu'effrayante comme elle l'est chez Lewis Carroll. Même
Pee Wee présente une scène plus effrayante lorsque la camionneuse révèle sa vraie nature, c'est dire...