Je farfouillais dans ma disco à la recherche d'un skeud d'Amon Amarth lorsque je suis tombé sur un disque d'Enya - vestige d'un meating mémorable.
Je tiens à dire pour ma défense que jamais je n'aurais acheté un cd de cette "chanteuse" et que le dit cd appartenait au temps jadis à tata Fée d'Août.
Je tombe donc sur ce skeud.
Je le regarde et j'me dis qu'il serait temps de l'écouter.
J'ouvre donc le fragile boitier en cristal de Baccara et insère le bout de plastique dans ma platine 33 tours.
Et là, merveille ! Magie !
Dès les premières notes, j'ai l'impression d'être téléporté dans l'ascenseur du Tati Barbès ou le rayon fruits et légumes de mon Mammouth préféré !

Pendant les deux heures quarante que dure l'album, je voyage aux sons de pianos et synthétiseurs tellement beaux qu'ils font passer Steinway pour du Playskool . Il y a également ces magnifiques rythmiques faites de carillons, de clochettes, de percussions australo-arabo-africaines et tous ces petits pif paf pouf tchick thcak douboudou rakatakatakatak exécutés sur une authentique batterie sitram. Mais le plus beau dans tout ça, ce sont les vocalises d'Enya !
Alors là, je crois n'avoir jamais rien entendu de plus beau depuis les chants de la Komandantur ! Surpassant de loin La Callas ou Renata Tebaldi, Enya s'impose comme la seule et unique soprane digne de ce nom. C'est sublime, puissant, émouvant, impressionnant. Les superlatifs me manquent pour qualifier la voix d'Enya. Mais une chose est sûre :si les anges parlent, alors ils parlent comme chante Enya !
Emerveillé au dernier degré par son fabuleux organe, je suis allé sur le net quérir quelques informations. Parmi les millions de fan-sites et autres skyblogs qui lui sont consacrés, j'ai trouvé une passionnante interview de la diva accordée au très sérieux Diapason Magazine. Je vous en livre un extrait :
Diapason Magazine : Enya, votre voix est une pure merveille ! Quand vous êtes vous rendue compte que vous aviez de l'or dans la gorge ?
Enya : J'avais cinq ans lorsque j'ai pris conscience de cet état de fait. Je m'en souviendrai toujours : je faisais un karaoké avec ma soeur. Nous reprenions allègrement le très sensuel Slowly We Rot d'Obituary lorsque, au lieu de grunter, j'ai chanté comme la Castafiore. Ce fut tellement puissant que la télé a explosé et que ma soeur a saigné des oreilles. J'ai eu très peur !
Diapason Magazine : Comment avez-vous fait pour maîtriser vos capacités ? Comment êtes vous parvenue au niveau que l'on connaît aujourd'hui ?
Enya : Dans un premier temps, j'ai cessé de chanter : j'avais trop peur de rendre mon entourage sourd. Après ça, j'ai pris confiance en moi et j'ai repris le karaoké. Mais ma voix était toujours aussi perçante : il me fallait trouver un moyen d'en amoindrir la puissance. J'ai donc commencé à fumer comme un pompier pour érailler ma voix. Ca l'a rendue rapidement beaucoup moins foudroyante. Je fumais trois paquets de gitanes blondes par jour à cette époque. Ca m'a coûté un poumon, mais que ne ferait-on pas pour la Musique, hein ?
Diapason Magazine : Sur votre dernier album, vous semblez maîtriser totalement le chant. Votre voix est encore plus belle, plus envoûtante. La production est elle aussi bien meilleure. Pouvez-vous nous dire comment se sont passées les séances d'enregistrement ?
Enya : Nous avons enregistré dans la salle de bain de Flemming Rasmussen, mon nouveau producteur. Ce fut une expérience riche à maints égards. Flemming fait partie de cette vieille école qui rejette massivement le travail de post production et préfère que l'artiste se donne totalement, expérimentant bien souvent de nouvelles techniques de chant. Ainsi, pour donner cet aspect plus feutré à ma voix, je chantais sous l'eau. Pour pouvoir descendre de quelques octaves, je chantais la bouche pleine de flan. Ce fût étrange mais le résultat est là et j'en suis fière !
Diapason Magazine : Impressionnant ! Vos textes sont également beaucoup plus profonds qu'auparavant, comme l'attestent les paroles de la chanson Adiemus:
Adiaaaaaaaaaaaaaaaaaa Adiaaaaaaaaaaa
Heeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee aaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhh
Haaaaaaaaaaaaaaaaa eeeeeeeeeeeeeeeeh Ahaaaaaadiaaaaaaaaaaaadiaa
Adiaaaaaaaaaa adiaaaaaaaaaaaa adiaaaaaaaaaaaa eeeeeeeeeeeeehh
Adiadiadiadia Adiaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa Adia diaaaaaaaaa
Ouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuhh aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhh
Dababababaaaaaaaaaaaaaaaaa ouuuuuuuuuuuuuuuuuuh haaaaaaaaaaaaaa
Ehhhhhhhhhhhhhh Eeeeeeeeeeeeeeeeh Adiadiaidiaidiaidaaaaaaaaaaaa
Enya : Oui, je me sens beaucoup plus investie dans l'écriture de mes textes. Je veux y mettre toute la détresse du monde et aussi toute sa beauté. Je veux que l'on saisisse immédiatement le propos, qu'on sache tout de suite de quoi il s'agit. Il faut dire aussi que je suis bien aidée dans ma tâche par mon co-parolier, qui n'est autre que mon fils de cinq ans.

Mais Enya n'est pas qu'une cantatrice révérée.
C'est aussi une femme d'engagement qui se bat pour les plus grandes causes. Ainsi, elle n'hésite pas à prêter généreusement sa voix pour les télécoms slovaques, pour des publicités de compagnies aériennes ou de célèbres chocolatiers. Elle est comme ça, Enya. C'est son côté Lady Di.
La belle irlandaise - comme Bjork - possède une loooooooooooongue discograpgie. Elle a a son actif pas moins de onze albums ! Les ventes d'albums d'Enya dépassent de loin celles d'Elton John et représentent près de 45% du chiffre d'affaire des maisons de disques. Mais tout ça, c'est jamais que des chiffres et ça, Enya, qui est qu'over pétée de thunes, elle s'en fout. Pour elle, ce qui compte, c'est la musique.
Et de la musique, en voila ( ça tombe bien, hein ?! ) :
Orinicoco Flow: arpèges de claviers, approche minimaliste et rythmique efficace pour un texte inspiré de la nature. Le clip est signé Abel Ferrari.
Saydouwé saydouwé saydouwé saydouwé saydouwé saydouwé saydouwé
Saydouwé saydouwé saydouwé saydouwé saydouwé saydouwé saydouwé
[Ad Libitum]
Only Time : le morceau le plus connu d'Enya. Une plaintive méditation sur le Temps, l'angoisse des jours qui défilent et l'incapacité intrinsèque de l'Humanité a saisir le bonheur lorsqu'il se présente. On dit que c'est en écoutant cette ode qu'Alain Finkielkraut a trouvé sa voie...
Storms in Africa. C'est sans nul doute possible le morceau le plus engagé d'Enya. Elle parle ici de l'injustice de l'Apartheid, de la souffrance du peuple noir et imagine le concept de négritude qui sera repris par Aimé Césaire. On sent dans la puissance des percussions toute la déchirure de cette Afrique meurtrie et qui tente de relever la tête. C'est juste beau.
Voila. C'était mon coup de coeur, ma révélation.
J'espère que vous aussi vous tomberez sous le charme d'Enya et que vous partagerez avec moi vos avis.
