Vos textes et poèmes

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Drlrleu
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Message par Drlrleu »

L'homme a beaucoup marché, ses pieds emprisonnés sont en sang.
- Tant pis, je mourrai ici.
Et il s'allonge ; et il attend la mort.
Comme elle ne vient pas, il reprend sa marche.
Plus tard, il croise un enfant qui suit une fourmi. Il a la saleté de son âge,
des vêtements trop grands pour lui, et une âme à sa taille.
L'homme au complet gris écrase la fourmi d'un pied douloureux, comme on éteint un mégot.
L'enfant pleure :
- Pourquoi fais-tu cela ?
- Je ne parlerai pas au nom de la mort.
- Je l'avais trouvée le premier !
- Tu étais en avance.
Et il l'abandonne.
- Vraiment, se dit l'homme, peu s'en est fallu que je ne meure avant elle.
Dernière modification par Drlrleu le lun. mars 30, 2009 1:22 pm, modifié 1 fois.
sandoval

Message par sandoval »

Ecrit à l'instant


---------------------
NDE.

Étrange signification. Du lilas prélevé dans la moelle épinière les jours, arides. Mon aridité est aussi fragile qu'une onde frappée à grande vitesse.

NDE.

Pour les jours à coloration uniforme. Bleue. Bleue. Compacte. Entière. Non diluée par la poussière. Je me promène un peu au hasard.

Le soleil approche. Le retour des écluses, aphones.

Il est inutile de compter sur ses jambes pour vivre.

NDE.

Le koala noir sur tes cheveux.

Un après-midi de gyrophare sans ruse ni déflagration. Juste la clameur des filets de vents.

Et le possible n'est pas celui que tu crois. Car il faut parvenir à dépasser l'égalité des murs et le choc des ferrailles anciennes. C'est le seul moyen pour ne pas sombrer.

NDE. Peut être. NDE déjà terminé. La combustion des balançoires.

Promiscuité inconfortable. Ton regard témoigne de la régénérescence, je connais ton nom, j'aimerais connaître ton âge, tes cernes moites, ton meilleur pollen, les voitures disloquées dans ta mâchoire, je veux énumérer les cils.

L'invisible, tu es la crémation passagère de mes pointillés.

Dans la grande rue, des filles, des garçons, des filles, des garçons, des filles, des garçons, des filles, des garçons, des filles, des garçons, des filles, des garçons, des filles, des garçons, des filles, des garçons, des filles, des garçons, des filles, des garçons, des filles, des garçons, des filles, des garçons, des filles, des garçons, des filles et des garçons.

La neige, elle, confond l'opératoire peine. Tu rages. Sursautes. Chutes. Détournes. Brises.

Mais, la partie supérieure des nénuphars, conduit au cauchemar, un éléphant sillonne la cathédrale, avec des yeux d'orfraie.

NDE et la profonde mutilation
NDE sous mon front

Ici
Kliban
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Message par Kliban »

Que la peur des idéologies fasse place au lent babil des organes.
Sans doute ai-je œuvré depuis des siècles à me débarrasser de cette vermine caparaçonnée de bonne conscience et de bonnes
raisons.

Chienne religieuse qui ne met bât que sciapodes et chimères - le corps ensilencé engendre des monstres.

Le désir de vérité est désir de guerre - aucun débat n'échappe à l'éristique - et la rhétorique ne peut jamais se moraliser vraiment. Comme la démocratie, Sisyphes de l'organisation humaine, qu'il faut bien imaginer heureux.

S'il nous fallait penser vraiment, c'est hors la guerre qu'il serait bon de chercher les ferments d'une façon d'être au langage - hors la recherche de l'unique et du seul meilleur. Hors toute théologie. Mais sommes nous prêts à abandonner le confort de la pensée uni(qu)e ?

Il y a toujours de bonnes raisons pour faire les choses. Maintenant, s'entendre sur ce qui est bon est un autre problème. Tuer des millions pour sauver des milliards ? Est-ce bon ? Cette question même fait-elle sens ? Sens pour qui ? Quand ? Au regard de quelle finalité imposée à notre action ? Répondre à cela réintroduit toujours quelque chose de théologique dans le discours. Ou un grand scepticisme. Ou un pragmatisme de semaine petite - ce sur quoi nous nous accordons, piètre viatique. Qui saura calmer nos soifs de transcendance, et l'amour de la guerre qui va avec lorsque nous ne parvenons pas à aller au bout du chemin qui s'écarte ?

Je suis dans l'adolescence de mon humanité, raide de chitines et d'os développés en tout sens, squelette sans souplesse parcouru du sang froid des concepts et des émotions que leur trop grande fréquentation peut apporter aux sans-moëlleux : rage, mépris, colère, violence, haine de soi et des autres, le tout du grand étrangement.

Il faut faire les guerres portées par et contre des idéologies. Mais choisir l'idéologie comme arme de tout conflit - opposer une certitude à une autre - c'est encore faire le jeu de la prochaine, plus terrible, qui détrônera, de l'intérieur parfois, celle qui était sensée apporter la paix. C'est tourner en rond dans le cercle des sentiments monstrueux.

Mais peut-être est-ce inévitable.
Dernière modification par Kliban le sam. avr. 04, 2009 10:30 pm, modifié 1 fois.
April
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Message par April »

En norvégien "igjen" signifie "encore", et "kanskje" serait l'équivalent de "peut-être"...

_________________________________________________


"Igjen."
"Igjen ?"
"Elven flykter."
Le fleuve s'échappe. En montre à gousset.

C. est assis sur le rebord de la fenêtre. Il ne dit rien. Fume une cigarette. Les crevasses sur sa bouche cintrée par ses piercings attestent du vent norvégien qui le traverse. Il a froid.
"Je suis à nu", souffle-t-il. "L'aube était si douce qu'elle m'a traîné dehors. Après tout, c'est comme ça, et mon caleçon me plait."
Je ris.
"Tu vas mieux, toi ?"
"C., ne t'inquiète pas. Aujourd'hui, je vais bien."
Silence.
"Dis, tu rentres quand ?"
Il hésite. Soupire. Ses jambes se balancent, survolant la neige. J'imagine en ses yeux la fraîcheur de l'haleine des courants qui le perturbent. Des courants qui le lassent. Je me sens suspendue, juste au-dessus du monde.

Alors que la réponse de C. tarde au bout du fil, Scarlett Thomas se rie des imbécilités humaines. Mythopoïétiques, les amants se consument. En Brocéliande se fondent les images des sages.
L'attente est latente. Vide.

"Je rentrerai", lâche-t-il.
"Bientôt ?"
"Au futur."

La montre à gousset file. Se perd. Son pendule bat la mesure du coeur.

"Igjen ?"
"Kanskje."
Kliban
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Message par Kliban »

Il y avait un parasol - les étoiles étaient trop vives, comme une pelote d'épingles. Je chantais, happé par la clarté des vagues et l'odeur d'algue, le goût sucré de l'algue, sa texture charnue au coin de l'œil, le lent balancement des laminaires. Il y avait alors de la droiture dans ma colonne, l'orbe d'un monde y traçait sa voie de lait et de bile veloutée, anneau coulissant de l'anus à la fontanelle jusqu'à la solitude sombre de la terre, la solitude exaltée du ciel.

Je chantais. La note sans doute donnait au rêve une justesse sans question. L'horizon accordait à la poitrine du monde l'espace supplémentaire d'un sourire. - Do ré fa la - si-b la sol fa sol la do - la - Au vent océan s'ouvrait ta venue, ronde-bosse sur les eaux. Tu ne savais pas encore, sans doute. Il y a toujours le recours à la peur sous la peau du désir. Je chantais.

Du dedans de ma main jaillit une île. C'était toi imprévu. Je la laissais grandir. Il faut du temps à la terre pour trouver l'équilibre de son humus et la volonté des grands arbres. Je ne vis bien qu'auprès des arbres, savais-tu ? qui donnent au vent sa langue et sa patience. Rehaussent d'un supplément de cruauté animale les étoiles imprécises. Forcent le rugissement des eaux. Divisent le ciel et la terre.

Il y avait de la droiture dans ma colonne.

Tu vins dans un silence, habité pourtant du vol des grands goélands bavards, tout habillés d'espace et d'encre. Ce silence me frappa. Je chantais. Quel autre langage que celui des rivages reliés aux navigations hauturières ? Tu vins et ta place était ouverte déjà dans les roches et les ombres des grandes chauves-souris nées joueuses des tendresses explosives que j'accorde aux crépuscules. Je t'enlaçais à la mer et aux sables et l'impatience des vents fut nôtre. Je chantais, encore et encore, le chant appris de la rectitude des grands arbres et des vagues ourlées du temps immense.

Rien ne passe. Tout grandit. Et nous rions, nous rions !

Édité le 12/04/09 ; le 21/04/09
Dernière modification par Kliban le lun. avr. 20, 2009 10:52 pm, modifié 2 fois.
Drlrleu
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Message par Drlrleu »

Je vous engage à faire un petit sondage au sein de mon entourage. Vous n’entendrez pas que des compliments, c’est entendu ; mais il y en a un qui reviendra dans toutes les bouches tel un saumon remontant le courant des reproches : j’ai le sang plus froid que celui d’un serpent. Des doigts se lèveront, chacun voudra y aller de sa petite anecdote ; vous les snoberez d’une aventure inédite.

Un jour, alors que je descendais dans ma cave pour procéder au ravitaillement, j’eus la surprise d’y découvrir un inconnu qui terminait tranquillement ma dernière bouteille de Chambertin. Je restai reptilien : le visiteur n’avait pas l’air gêné de voir le patron arriver ; après tout, peut être avait-il l’intention de passer régler sa note avant de partir.

« Vous savez ce que j’aime dans la vie ? me demanda-t-il d’un air pénétré.

- Picoler ? essayé-je à tout hasard en sentant confusément que ce n’était pas la réponse qu’il attendait de moi.

- Aussi, mon petit pote, aussi ; mais pas seulement. Non, ce que j’aime dans la vie, c’est partir en disant à tout à l’heure et revenir le lendemain. Il n’y a rien de tel pour entretenir le mystère, et le mystère est le secret des mariages réussis. Viva la libertad ! ajouta-t-il pour faire bonne mesure.

- Vous le faites souvent ? Découcher, je veux dire, précisai-je pour ne pas l’entendre me confesser qu’il venait régulièrement dépoussiérer son mariage en compagnie de mes meilleurs crus.

- Le plus souvent possible, mon petit pote.

- Alors vous entretenez la routine ; j’en connais une qui doit être blasée. Si vous voulez la reconquérir, titubez jusqu’au lit conjugal dans cet état plutôt que d’attendre demain pour bredouiller des excuses entre deux aspirines. Vous êtes un insoumis : chantez le à tue-tête, non d’un petit bonhomme !

Le type eut aussitôt l’air de celui qui se demande pourquoi il n’y a pas pensé plus tôt.

- Bon sang, mais vous avez raison ! Quelle sagesse ! Vous êtes marié ?

- Merci, mon petit pote : jamais entre les repas. Mais ne perdez pas de temps ; courrez la retrouver. Et emportez votre bouteille avec vous, c’est la maison qui régale. »

Après m’avoir remercié une bonne dizaine de fois, le maître du mystère remonta l’escalier et l’ombre de la nuit l’avala. Je m’assis sur le tonneau qui lui avait servi de comptoir, piochai une bouteille au hasard et bus un verre d’authentique piquette à la santé de la révolution. Après quoi, je rentrai épouser la forme que j’avais laissée dans mon fauteuil préféré. Hasta la victoria siempre, pensai-je avant de m’y endormir.
Jacques Álvares
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Message par Jacques Álvares »

Je vais poster petit poème en Portugais…
Je promets essayer de traduire l'un jour…
:oops:


Refazer com os cigarros que eu nuca fumei
teu corpo ameno
e rasgar minhas veias com as unhas sujas de baunilha
[há uma intenção]

Teus lábios não sabem ouvir o que gritam as pupilas dilatadas
Minha língua se move como um anjo deslizando entre dois corpos suados
E a voz que eu senti roçar os pelos rasos da minha nuca
cobrindo meus ouvidos de desejos entorpecentes
é o melífluo que eu anseio correndo em mim
[há o que sentir]

Me leva longe, me busca enquanto eu durmo
me beija antes de partir
e deixa teus cabelos finos em meus dedos ágeis
Se eu não alcanço as oitavas do meu piano velho
meus dedos conseguem os teus lábios úmidos
e minhas mãos chegam no teu corpo todo
[há o que fazer]

Me encontra na turba que canta desafinada
entre cinzas e latas vazias
E então eu me abandono no calor do teu hálito
Me abraça rompendo todo o Espaço e toda Arquitetura
E então eu Me sopro na tua boca
E sacio a tua sede.

[há que se apaixonar]

(15-02-09/01:45)
Kliban
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Message par Kliban »

Il disait le prix des cimes.

Cela m'a ramené dans mon corps, gifle vent de mer.

Mon dangereux amour des trop-bleu d'au dessus. Je m'y perdrais sans doute. Brouillon de diffusion photonique, d'infimes fulgurances font mentir ton monochrome, ciel reflet des intimes.

Désirer l'extrême ailleurs - c'est mon péril, il le savait, je pense, que d'aller m'enfouir au trop-loin. Tic de solitaire, et de pseudo-mystique. Je lui sais gré d'une phrase, prononcée sans y prendre garde peut-être, qui rend mon pied à la terre et la marche.

Lorsque je marche... le bruissement des voix autour de mon clavier affolé se taisent. Ne demeure que l'effort, joie diffuse qui n'est d'ailleurs. Me délie de cet autre construit des vents inconsistants de l'encyclopédie. Être mélèze ou bouleau, dans le flux instantané de la terre.


le papier bleu ciel
ne retient rien
de ce que dit le vent
mais délivre
tout


[Edité le 21/04/09 ; 22/04/09]
Dernière modification par Kliban le mar. avr. 21, 2009 8:26 pm, modifié 4 fois.
Drlrleu
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Message par Drlrleu »

Il marche, concentré sur sa trajectoire, sans tourner la tête. Comme le tonnerre gronde, il accélère le pas. Soudain, une rafale de vent plus forte que les autres emporte son parapluie. Il s’arrête, interdit, le regarde s’envoler au dessus de la mer des immeubles, semble hésiter entre les larmes et le rire, la colère et l’ironie, avant d’opter pour la résignation. Il tourne la tête et aperçoit l'auvent sous lequel j’ai trouvé refuge. Il ne s’offusque pas de voir cet abri de fortune occupé et m’y rejoint en trottinant : quand la tempête fait rage, une île est une île.

L’illusion est d’autant plus belle que la pluie s’intensifie. Ça dure, un peu ; puis la magie tourne court : quand la pluie cesse, un auvent n'est que pierres froides.
lowooh
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Message par lowooh »

M’entends tu dans tes rêves

Quand je te cris Amour
Ressens tu l’ivresse
De cette amour irréel,
Passion charnelle
Songe d’une étreinte mortelle,
L’oubli de nos êtres,
Pour n’être que l’instant du moment,
L’entité de l’amour,

Vibres tu oh mon ange,
Aux sons de nos âmes,
Qui s’effleurent, se touchent et s’unissent,
A l’unité de nos larmes qui coulent,
Au tempo de nos cœurs,
Qui battent chamaille afin,
Que le monde entende,
Au combien nous nous aimons,

Libérés des chaînes de la honte,
De la honte d’aimer nos Mêmes,
Libérés des critiques de ce monde,
Qui nous traitent de tares,
Car nous nous aimons,
Différent, mais indifférent
De ces protocoles encrés,
Dans mœurs et religions,
Qui nous haïssent  car nous avons le cran,
De vivre notre amour,

Goût de l’immortel,
Du vice, et de l’immaculé,
A l’infini de notre amour,
Nous vivrons éternels,
Passionnels
Encrés dans l’univers,
Notre amour brillera
Plus haut et plus fort,
Que même les dieux ne l’empêcheront,

Le trouble de l’amour,
C’est une vie sans toi,
Vidé de son sens propre,
Il n’a plus saveur autre que la mort,
Oublié des dieux, Hadès même n’en veut
Empli de sens figuré,
L’amour prend sa dimension
Par l’intensité qu’on le vit
et par la volonté qu’on lui porte !

Ps: vous oublierez les fautes....Hein..... Car moi et l'orthographe c'est pas ça ^^
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