Vos textes et poèmes
Silence d'argile
Bises
Patricia
mon recueil : sur le site de la maison d'édition :
http://www.edveri.com/
mes sites de poésie mis à jour le 9 juillet 2006 :
http://perso.wanadoo.fr/patricia-guenot/
http://patricia.guenot.free.fr/
Silence d’argile
--------------------
Ployé sous le regret dont le fiel se faufile
Dans son âme envahie de souvenirs amers,
L’arlequin se replie aux confins du désert,
Où les êtres maudits au cœur transi s’exilent.
Empêtré dans les rets de cauchemars hostiles,
Prophètes pernicieux du maître de l’enfer,
Il oppose au soleil qui lui brûle les chairs
Le désespoir glacé de son masque immobile.
L’esprit emprisonné dans un cruel hiver,
Il se laisse ronger par le sournois cancer
De l’abandon bardé d’un silence d’argile.
Lorsque des inconnus dardent un œil pervers
Sur son corps rabougri de pantin malhabile,
Il cache la frayeur dont les crocs le mutilent.
Patricia
mon recueil : sur le site de la maison d'édition :
http://www.edveri.com/
mes sites de poésie mis à jour le 9 juillet 2006 :
http://perso.wanadoo.fr/patricia-guenot/
http://patricia.guenot.free.fr/
Silence d’argile
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Ployé sous le regret dont le fiel se faufile
Dans son âme envahie de souvenirs amers,
L’arlequin se replie aux confins du désert,
Où les êtres maudits au cœur transi s’exilent.
Empêtré dans les rets de cauchemars hostiles,
Prophètes pernicieux du maître de l’enfer,
Il oppose au soleil qui lui brûle les chairs
Le désespoir glacé de son masque immobile.
L’esprit emprisonné dans un cruel hiver,
Il se laisse ronger par le sournois cancer
De l’abandon bardé d’un silence d’argile.
Lorsque des inconnus dardent un œil pervers
Sur son corps rabougri de pantin malhabile,
Il cache la frayeur dont les crocs le mutilent.
Hooo, J'peux en mettre un moi aussi ??! mais ça parle pas d'homosexualité hein.
Issu d'cette jeunesse qui cherche sa voie encore à taton,
dès que l'un de nous aboie, l'Etat répond par un coup de baton.
Ils voudrait nous voir sage, qu'on l'ouvre pas face à leur coup bas
alors qui faudrait les foutre en cage pour tous les crimes dont ils sont coupables.
Faut arréter, y a trop de méa-culpa, ils vont jusqu'à décider de nos vies,
nous bombarde de truc nocifs pour encourager chacun de nos vices.
Disent que c'est bien de se dévétir aux filles pour mieux divertir l'esprit de nos fils,
nous font aimer tout ce qui brille au point de vouloir le conquérir à tout prix.
Ils ont construit un monde futile décrit d'utile, leur propagande comme seul outil,
mais au fil du temps, l'écart social est devenu aussi imposant que leur broutilles.
Les gosse s'égare, des coups jeté à la mère par un père qui cache ses SOS dans la bouteille,
voilà leur system: on épargne même les sentiment dans une société où tout s'paye.
Tjs la soif d'argent même quand la coupe est pleine et tant pis pour ceux qui s'plaigne,
ils ont placé des rempart, en rampant on essaie de les suivre mais faut voir où ça mène.
C'est pas pour rien qu'ils sépare morfale et crevard, comme ça c'est chacun sa merde,
alors laisse moi dire à leur morale de batard qu'elle aille niquer sa mère !
J'en veux pas moi de leur monde instable où seul l'argent est maitre,
qu'il continue à marcher à 4 patte si ça leur plait, moi j'reve de tirer un trait sur les traitres.
C'est pour tous ceux qui essaie de s'relever, qui en on marre de voir comme on nous traite,
Tous ceux qui s'batte pour que la vérité soit révélé, ceux qui veulent être et ne plus paraitre.
Issu d'cette jeunesse qui cherche sa voie encore à taton,
dès que l'un de nous aboie, l'Etat répond par un coup de baton.
Ils voudrait nous voir sage, qu'on l'ouvre pas face à leur coup bas
alors qui faudrait les foutre en cage pour tous les crimes dont ils sont coupables.
Faut arréter, y a trop de méa-culpa, ils vont jusqu'à décider de nos vies,
nous bombarde de truc nocifs pour encourager chacun de nos vices.
Disent que c'est bien de se dévétir aux filles pour mieux divertir l'esprit de nos fils,
nous font aimer tout ce qui brille au point de vouloir le conquérir à tout prix.
Ils ont construit un monde futile décrit d'utile, leur propagande comme seul outil,
mais au fil du temps, l'écart social est devenu aussi imposant que leur broutilles.
Les gosse s'égare, des coups jeté à la mère par un père qui cache ses SOS dans la bouteille,
voilà leur system: on épargne même les sentiment dans une société où tout s'paye.
Tjs la soif d'argent même quand la coupe est pleine et tant pis pour ceux qui s'plaigne,
ils ont placé des rempart, en rampant on essaie de les suivre mais faut voir où ça mène.
C'est pas pour rien qu'ils sépare morfale et crevard, comme ça c'est chacun sa merde,
alors laisse moi dire à leur morale de batard qu'elle aille niquer sa mère !
J'en veux pas moi de leur monde instable où seul l'argent est maitre,
qu'il continue à marcher à 4 patte si ça leur plait, moi j'reve de tirer un trait sur les traitres.
C'est pour tous ceux qui essaie de s'relever, qui en on marre de voir comme on nous traite,
Tous ceux qui s'batte pour que la vérité soit révélé, ceux qui veulent être et ne plus paraitre.
Choses promises (y'a un moment), kass dédi à Nawak
Je recherche la vérité
C'est pour vous tous
C'est pour vous tous
Au fond de mon coeur / Je me rend compte que je suis tout seul
J'ai beau rapper / J'ai beau écrire / Je ne rend compte que je suis tout seul
Mais tout seul dans mon angle / Mon rayonnement est pire que celui / ...réunis
Qu'est ce tu dis ? / Je dis que ma douleur m'intrigue
Quest ce tu dis ?/ Je dis que tu me fatigues
Et être fatigué / n'est pas recommandé
Quand on veut atteindre l'harmonie, l'équilibre et le respect
Et c'est à quoi j'aspire
Montez votre empire mais ne me polluez pas l'air quand j'respire
Il y a toujours un moyen de s'en sortir
Rester vrai face à la souffrance, ne pas mentir
Un homme clairvoyant vaut toutes les richesses du monde
Une femme au contrôle de sa personne l'inonde
Il ne me reste que ma vérité pour ne pas flêchir
Profiter de ma vie, pour ne pas être déçu de mourir
Je ne veux pas être un maquereau, un gangster, un player
Je veux rester libre, et aspirer au meilleur
Mais la vie me rattrappe et me jette dans le gouffre du vice
Trop longtemps des bases instables, je souffre mais je glisse
Et si résoudre mes problèmes peut aider les autres
Et si résoudre mes dilemnes peut gommer mes fautes
Je serai le plus heureux des hommes
Le plus heureux des hommes (bis)
Au fond de mon coeur
Je recherche la vérité
Vu qu'à mes côtés
Très peu de fois j'l'ai touchée
Au fond de mon coeur apparaissent les gens que j'aime
Ceux pour qui j'existe
Les gens que j'aime
Je me rend compte que je suis nature
Et je veux toujours qu'on sauve la Planète même si ça paraît immature
Des refrains comme ça y'en a très peu dans le Hip Hop
Mais au fond de mon coeur
Je sais que c'est l'antidote...
To be continued...
Je recherche la vérité
C'est pour vous tous
C'est pour vous tous
Au fond de mon coeur / Je me rend compte que je suis tout seul
J'ai beau rapper / J'ai beau écrire / Je ne rend compte que je suis tout seul
Mais tout seul dans mon angle / Mon rayonnement est pire que celui / ...réunis
Qu'est ce tu dis ? / Je dis que ma douleur m'intrigue
Quest ce tu dis ?/ Je dis que tu me fatigues
Et être fatigué / n'est pas recommandé
Quand on veut atteindre l'harmonie, l'équilibre et le respect
Et c'est à quoi j'aspire
Montez votre empire mais ne me polluez pas l'air quand j'respire
Il y a toujours un moyen de s'en sortir
Rester vrai face à la souffrance, ne pas mentir
Un homme clairvoyant vaut toutes les richesses du monde
Une femme au contrôle de sa personne l'inonde
Il ne me reste que ma vérité pour ne pas flêchir
Profiter de ma vie, pour ne pas être déçu de mourir
Je ne veux pas être un maquereau, un gangster, un player
Je veux rester libre, et aspirer au meilleur
Mais la vie me rattrappe et me jette dans le gouffre du vice
Trop longtemps des bases instables, je souffre mais je glisse
Et si résoudre mes problèmes peut aider les autres
Et si résoudre mes dilemnes peut gommer mes fautes
Je serai le plus heureux des hommes
Le plus heureux des hommes (bis)
Au fond de mon coeur
Je recherche la vérité
Vu qu'à mes côtés
Très peu de fois j'l'ai touchée
Au fond de mon coeur apparaissent les gens que j'aime
Ceux pour qui j'existe
Les gens que j'aime
Je me rend compte que je suis nature
Et je veux toujours qu'on sauve la Planète même si ça paraît immature
Des refrains comme ça y'en a très peu dans le Hip Hop
Mais au fond de mon coeur
Je sais que c'est l'antidote...
To be continued...
Une habitude
Ces cicatrices me sont familières.
Quand je les ouvre, la douleur file comme une étoile.
J’écoute les reproches qui me sont faits
Quand je les ouvre et que mon regard se voile.
Pourquoi es-tu là ?
Je ne suis pas là...
Est-ce que t’écoute ?
Je n’écoute pas...
Je suis dans ma tête et je tournoies...
Quand j’attrape un objet tranchant,
Des choeurs d’anges semblent chanter
Des hymnes a la haine pour m’aider.
Et pendant que ma chair se fend
Je chéris la pensée révoltante
Que si je devais disparaitre j’accepterai
De continuer jusqu’en Enfer.
Pourquoi es-tu là ?
Je ne suis pas là...
Est-ce que t’écoute ?
Je n’écoute pas...
Je suis dans ma tête et je tournoies...
Et on dira que je me l’inflige
Et on dira que j’aime souffrir
Et on dira que je me détruis
Mais pourquoi voudrai-je me detruire ?
Toute cette logique me donne envie de vomir...
Ces cicatrices me sont familières.
Quand je les ouvre, la douleur file comme une étoile.
J’écoute les reproches qui me sont faits
Quand je les ouvre et que mon regard se voile.
Pourquoi es-tu là ?
Je ne suis pas là...
Est-ce que t’écoute ?
Je n’écoute pas...
Je suis dans ma tête et je tournoies...
Quand j’attrape un objet tranchant,
Des choeurs d’anges semblent chanter
Des hymnes a la haine pour m’aider.
Et pendant que ma chair se fend
Je chéris la pensée révoltante
Que si je devais disparaitre j’accepterai
De continuer jusqu’en Enfer.
Pourquoi es-tu là ?
Je ne suis pas là...
Est-ce que t’écoute ?
Je n’écoute pas...
Je suis dans ma tête et je tournoies...
Et on dira que je me l’inflige
Et on dira que j’aime souffrir
Et on dira que je me détruis
Mais pourquoi voudrai-je me detruire ?
Toute cette logique me donne envie de vomir...
-
sandoval
Voilà des p'tits textes que j'ai écris pendant mes trois semaines de vacances, ils sont pas joyeux je le concède mais bon,l'important c'est d'écrire non?
L'Adversaire
Lèvres de verre
Recul du ciel
Désir chuchoté des algues
Jeune ermite
Pendu
Perdu entre les feuilles
Et la lumière
Est-ce que tu goûtes aux vipères ?
Est -ce que tu te bats désormais
Entre les pattes d'une panthère?
Nuit bourdonnante
De voraces et d'insectes
On pénétre maintenant
Dans le fond de la gorge
Violemment
Percute la roche
Crâne fendu de la lune
Meurtre du nénuphar
Adversaire change d'esprit
Change de temps
Les fauves sont sur nous
Adversaire, Adversaire
Nos chemins migrent vers l'éclair
Bonjour crépuscule
Durant mes années reptiles
J'ai joué au con
Fuyant l'averse comme le baiser
Primate, ingrat primate aux larmes de cristal
Tu te crois heureux
Dans un recoin de nébuleuse
Scaphandre vide je sais ce qui te mines
La nuit a dit " vois tout ce que tu as manqué
Vois tout ce que tu risques de perdre
A force d'attendre"
Durant ces années de reptation
Un rêve bancal a pris forme
Chuchotis de cris fauves
Déambulation des chenilles
Furtif
Toujours
Poitrail ouvert
Poitrail d'homme-ver
Patient et périlleux ermite
Complice de la rivière
Mélange sa voix à celle de la peur
Bouscule comme du velours
Les branchages
Mon coeur implose
Se multiplie
Puis adopte la parure des oiseaux guerriers
La descente est raide
Jambes flétries
Mes peurs batraciennes renaissent
Il faut lutter
Je suis en train de changer ça t'étonnes ?
Vague éteinte éveille toi
Vague éteinte secoue toi
Change
Bondit
Tressaille
Je suis en train de naître...
voila....
L'Adversaire
Lèvres de verre
Recul du ciel
Désir chuchoté des algues
Jeune ermite
Pendu
Perdu entre les feuilles
Et la lumière
Est-ce que tu goûtes aux vipères ?
Est -ce que tu te bats désormais
Entre les pattes d'une panthère?
Nuit bourdonnante
De voraces et d'insectes
On pénétre maintenant
Dans le fond de la gorge
Violemment
Percute la roche
Crâne fendu de la lune
Meurtre du nénuphar
Adversaire change d'esprit
Change de temps
Les fauves sont sur nous
Adversaire, Adversaire
Nos chemins migrent vers l'éclair
Bonjour crépuscule
Durant mes années reptiles
J'ai joué au con
Fuyant l'averse comme le baiser
Primate, ingrat primate aux larmes de cristal
Tu te crois heureux
Dans un recoin de nébuleuse
Scaphandre vide je sais ce qui te mines
La nuit a dit " vois tout ce que tu as manqué
Vois tout ce que tu risques de perdre
A force d'attendre"
Durant ces années de reptation
Un rêve bancal a pris forme
Chuchotis de cris fauves
Déambulation des chenilles
Furtif
Toujours
Poitrail ouvert
Poitrail d'homme-ver
Patient et périlleux ermite
Complice de la rivière
Mélange sa voix à celle de la peur
Bouscule comme du velours
Les branchages
Mon coeur implose
Se multiplie
Puis adopte la parure des oiseaux guerriers
La descente est raide
Jambes flétries
Mes peurs batraciennes renaissent
Il faut lutter
Je suis en train de changer ça t'étonnes ?
Vague éteinte éveille toi
Vague éteinte secoue toi
Change
Bondit
Tressaille
Je suis en train de naître...
voila....
Texte déjà publié sur mon blog.
L'envol
J’ai reçu sa lettre hier. J’ai pris le courrier dans la boite aux lettres machinalement, comme tous les soirs. J’ai commencé à regarder chaque enveloppe une par une en montant l’escalier. Entre deux prospectus pour les hypermarchés du coin et la facture de téléphone, il y avait sa lettre. J’ai tout de suite reconnu son écriture sur l’enveloppe.
David était dans la même classe que moi au lycée, de la seconde jusqu’en terminale. Nous avions d’abord été de bons copains, on s’entendait bien, on discutait ensemble de temps en temps. Nous nous sommes rapprochés pendant les révisions du bac français, en fin de première. Nous avions révisé ensemble, nous sommes devenus amis. En terminale, il y eut des périodes où nous étions inséparables, et d’autres où nous étions en froid après des disputes banales sur des sujets sans importance.
À cette époque, je n’avais pas encore mis un nom sur ce que je ressentais pour lui, sur ce qui me poussait vers lui et parfois me le faisait haïr.
Aujourd’hui, je sais que j’étais amoureux de lui.
* * * * *
J’ai relu sa lettre une bonne dizaine de fois depuis hier soir. Il dit qu’il regrette l’époque du lycée, notre amitié. Il souhaite me revoir, il voudrait me parler de quelque chose d’important.
Il m’a donné dans sa lettre plusieurs moyens de le joindre. J’ai choisi de lui écrire un mail : c’est rapide, et cela m’évite l’angoisse d’un coup de téléphone. Je lui ai dit que cela me ferait plaisir de le revoir, je lui ai donné mon numéro de portable pour qu’il m’appelle et qu’on convienne d’un rendez-vous.
J’attends sa réponse, je clique sur l’icône « envoyer / recevoir » de mon logiciel de messagerie toutes les vingt secondes pour voir s’il m’a répondu. Je vérifie que mon portable est allumé, qu’il est bien connecté au réseau. Mon cœur bat très vite, très fort.
* * * * *
Le téléphone a enfin sonné. Sa voix n’a pas vraiment changé. La mienne a tremblé pendant toute la conversation. C’est étrange de parler avec quelqu’un avec qui j’avais perdu le contact depuis plusieurs années. C’est encore plus étrange de comprendre qu’il me manquait.
* * * * *
Nous avions rendez-vous cet après-midi dans un café du centre-ville. Il est arrivé quelques minutes après moi. Je l’ai vu arriver de loin, je l’ai reconnu aussitôt. Il est beau, c’est quelque chose que je n’avais pas vraiment remarqué au lycée. Il me plaisait, tout simplement.
Nous avons pris un café. Nous avons échangé quelques banalités, nous avons parlé des bons souvenirs que nous avons gardés du lycée. C’était il y a trois ans et beaucoup de choses ont changé pour nous depuis. Après le bac, il est allé étudier dans une ville, moi dans une autre, nous avions perdu contact.
Il me propose d’aller chez lui, ce sera plus tranquille pour discuter. Il a un appartement à cinq minutes du centre-ville.
Une heure plus tard, il m’a tout dit. Il a des maux de tête de plus en plus violents depuis plusieurs mois. Il a enfin consulté son médecin traitant il y a deux semaines. Après des examens poussés à l’hôpital, la sentence est tombée : tumeur au cerveau, inopérable. Un traitement douloureux et exigent peut prolonger sa vie de quelques mois, il n’est pas sûr que cela en vaille la peine.
Je suis sous le choc. David propose d’aller se promener dans le quartier, pour prendre l’air. La marche est silencieuse. Je marche à côté de lui, lentement. J’ai envie de le prendre par la main. J’ai envie de le prendre dans mes bras, de lui dire tout ce que je ne lui ai pas dit au lycée.
De retour chez lui, il m’explique qu’il n’a pas eu de meilleur ami que moi depuis le lycée, qu’il espère qu’il peut compter sur moi. Les prochaines semaines, les prochains mois peut-être, seront difficiles. Je le rassure, je serai là.
* * * * *
Il a pleuré ce soir. Nous avions dîné chez lui. Après le repas, il n’a pas voulu que je parte. Il pleurait, il avait peur de rester seul. Je suis resté, évidemment.
Il s’est allongé dans son lit, m’a proposé de m’allonger à ses côtés. Il s’est endormi, ma main dans la sienne, après avoir longuement évoqué des souvenirs du lycée. Je l’ai regardé dormir. Encore une fois j’avais envie de le prendre dans mes bras. J’ai osé caresser sa joue.
Je me suis endormi un peu plus tard. Il m’a réveillé ce matin, il avait préparé le petit déjeuner.
* * * * *
Il a fait un malaise ce matin. Une ambulance l’a conduit à l’hôpital. Ils l’ont gardé en observation, il pourra sans doute rentrer chez lui demain.
* * * * *
Il m’a dit « je t’aime » avant de s’endormir. Il dort près de vingt heures par jour. Je reste à son chevet, en alternance avec ses parents. Quand il est éveillé, il est très faible, il parle lentement et doucement. Il me parle des fous rires que nous avions en cours de biologie, en première. De la douce folie de notre professeur de mathématiques, en seconde. De notre sympathique prof d’histoire, avec qui nous discutions souvent après les cours en terminale.
Il y a quelques semaines, il m’avait dit que ce serait peut-être plus douloureux pour moi que pour lui. J’espère pour lui qu’il avait raison.
L'envol
J’ai reçu sa lettre hier. J’ai pris le courrier dans la boite aux lettres machinalement, comme tous les soirs. J’ai commencé à regarder chaque enveloppe une par une en montant l’escalier. Entre deux prospectus pour les hypermarchés du coin et la facture de téléphone, il y avait sa lettre. J’ai tout de suite reconnu son écriture sur l’enveloppe.
David était dans la même classe que moi au lycée, de la seconde jusqu’en terminale. Nous avions d’abord été de bons copains, on s’entendait bien, on discutait ensemble de temps en temps. Nous nous sommes rapprochés pendant les révisions du bac français, en fin de première. Nous avions révisé ensemble, nous sommes devenus amis. En terminale, il y eut des périodes où nous étions inséparables, et d’autres où nous étions en froid après des disputes banales sur des sujets sans importance.
À cette époque, je n’avais pas encore mis un nom sur ce que je ressentais pour lui, sur ce qui me poussait vers lui et parfois me le faisait haïr.
Aujourd’hui, je sais que j’étais amoureux de lui.
* * * * *
J’ai relu sa lettre une bonne dizaine de fois depuis hier soir. Il dit qu’il regrette l’époque du lycée, notre amitié. Il souhaite me revoir, il voudrait me parler de quelque chose d’important.
Il m’a donné dans sa lettre plusieurs moyens de le joindre. J’ai choisi de lui écrire un mail : c’est rapide, et cela m’évite l’angoisse d’un coup de téléphone. Je lui ai dit que cela me ferait plaisir de le revoir, je lui ai donné mon numéro de portable pour qu’il m’appelle et qu’on convienne d’un rendez-vous.
J’attends sa réponse, je clique sur l’icône « envoyer / recevoir » de mon logiciel de messagerie toutes les vingt secondes pour voir s’il m’a répondu. Je vérifie que mon portable est allumé, qu’il est bien connecté au réseau. Mon cœur bat très vite, très fort.
* * * * *
Le téléphone a enfin sonné. Sa voix n’a pas vraiment changé. La mienne a tremblé pendant toute la conversation. C’est étrange de parler avec quelqu’un avec qui j’avais perdu le contact depuis plusieurs années. C’est encore plus étrange de comprendre qu’il me manquait.
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Nous avions rendez-vous cet après-midi dans un café du centre-ville. Il est arrivé quelques minutes après moi. Je l’ai vu arriver de loin, je l’ai reconnu aussitôt. Il est beau, c’est quelque chose que je n’avais pas vraiment remarqué au lycée. Il me plaisait, tout simplement.
Nous avons pris un café. Nous avons échangé quelques banalités, nous avons parlé des bons souvenirs que nous avons gardés du lycée. C’était il y a trois ans et beaucoup de choses ont changé pour nous depuis. Après le bac, il est allé étudier dans une ville, moi dans une autre, nous avions perdu contact.
Il me propose d’aller chez lui, ce sera plus tranquille pour discuter. Il a un appartement à cinq minutes du centre-ville.
Une heure plus tard, il m’a tout dit. Il a des maux de tête de plus en plus violents depuis plusieurs mois. Il a enfin consulté son médecin traitant il y a deux semaines. Après des examens poussés à l’hôpital, la sentence est tombée : tumeur au cerveau, inopérable. Un traitement douloureux et exigent peut prolonger sa vie de quelques mois, il n’est pas sûr que cela en vaille la peine.
Je suis sous le choc. David propose d’aller se promener dans le quartier, pour prendre l’air. La marche est silencieuse. Je marche à côté de lui, lentement. J’ai envie de le prendre par la main. J’ai envie de le prendre dans mes bras, de lui dire tout ce que je ne lui ai pas dit au lycée.
De retour chez lui, il m’explique qu’il n’a pas eu de meilleur ami que moi depuis le lycée, qu’il espère qu’il peut compter sur moi. Les prochaines semaines, les prochains mois peut-être, seront difficiles. Je le rassure, je serai là.
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Il a pleuré ce soir. Nous avions dîné chez lui. Après le repas, il n’a pas voulu que je parte. Il pleurait, il avait peur de rester seul. Je suis resté, évidemment.
Il s’est allongé dans son lit, m’a proposé de m’allonger à ses côtés. Il s’est endormi, ma main dans la sienne, après avoir longuement évoqué des souvenirs du lycée. Je l’ai regardé dormir. Encore une fois j’avais envie de le prendre dans mes bras. J’ai osé caresser sa joue.
Je me suis endormi un peu plus tard. Il m’a réveillé ce matin, il avait préparé le petit déjeuner.
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Il a fait un malaise ce matin. Une ambulance l’a conduit à l’hôpital. Ils l’ont gardé en observation, il pourra sans doute rentrer chez lui demain.
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Il m’a dit « je t’aime » avant de s’endormir. Il dort près de vingt heures par jour. Je reste à son chevet, en alternance avec ses parents. Quand il est éveillé, il est très faible, il parle lentement et doucement. Il me parle des fous rires que nous avions en cours de biologie, en première. De la douce folie de notre professeur de mathématiques, en seconde. De notre sympathique prof d’histoire, avec qui nous discutions souvent après les cours en terminale.
Il y a quelques semaines, il m’avait dit que ce serait peut-être plus douloureux pour moi que pour lui. J’espère pour lui qu’il avait raison.