Vos textes et poèmes
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Katy Mini
Re: Vos textes et poèmes
***Ouvre la bouche et dis "T".***
Dernière modification par Katy Mini le dim. nov. 07, 2010 9:46 pm, modifié 1 fois.
Re: Vos textes et poèmes
Une lettre, encore. Ma forme d'écriture préférée. A une amie d'une autre vie, la dernière.
*** Ahh, cette fois, tu as tout bon ! Ucunt volentem fata, nolentem trahunt, comme disent les jeunes.
Déjà tes parents te croient folle : j'en déduis que le père A. n'a pas la cote, ce qui est bon signe. Ensuite, lier ton âme à celle d'un ancien braqueur dont le casier judiciaire ne tiendrait pas sur rouleau entier de papier toilette t'évitera à coup sûr la monotonie du couple bourgeois. Enfin, si tes calculs sont bons et que A. la malice continue de carburer au goudron comme un oiseau au large des côtes américaines, tu devrais hériter de son butin -probablement enterré dans un vieux cimetière comme le veut le code d'honneur du gang de postiches- avant d'être grand-mère.
Bref, comme on dit à l'académie du billard, c'est un coup en trois bandes que tu es en train de nous faire ! Chapeau bas. ***
Sans rire, t'as l'air heureuse ; et si la petite B. l'est encore plus, et bien, je le suis avec elle, et avec vous. Tu sembles avoir pris conscience que votre bonheur vaut tous les risques du monde ; autant dire que le risque auquel tu es le plus exposé, c'est bien d'être heureuse.
V. et wam sommes heureux également. Mon coeur s'est apaisé sans ralentir et mon sourire s'est élargi sans me trancher les lèvres. Je n'avais pas le choix : c'était ça, me détendre, ou je risquais d'avoir d'affreuses rides d'expression sur le front. Devant l'urgence, je me suis enfin alarmé et j'ai pris les choses à deux mains : ni une, ni deux, j'ai filé faire une petite psychanalyse accélérée et je n'ai pas tardé à beugler comme un possédé "c'est pas d'ma faute, putain, c'est pas d'ma faute, rha la la !" en me cognant la tête contre le mur. Alors, ma psy m'a répondu : "Oui, Drlrleu, c'est ça ! Dites-le ! Faites sortir la bête de sa prison ! Ouaiiis, mon pote, c'est le grand soir !" et plein d'autres trucs bienveillants, et après je me suis senti comme neuf et propre. Reparti pour un tour, comme le doudou de V. quand je le passe à la machine.
Voilà, j'ai un peu romancé mais crois-moi il y a du vrai dans ce que je te raconte. Et puis, il y a toutes les personnes formidables que j'ai rencontrées, qui ne m'ont pas jugé, qui n'ont pas pointé du doigt mon manque de courage, mes peurs, mes craintes, mes mensonges comme des mains qu'on met devant le visage pour se protéger, qui ont vu la peine et l'impuissance mêlées sous la lâcheté de façade.
Je reprends des études en septembre. T. quitte Paris ; je la laisse partir sans culpabiliser, et je respire. J'avais tant besoin d'un p'tit peu d'air ! tant besoin de sniffer la douceur des nuages ! tant et tant besoin d'être in the mood for sex ! Je me retrouve dans mes rêves, qui redeviennent romantiques et qui ne finissent plus si mal ; je me reconnais dans la glace, dans mes mots, dans les phrases que je couche à la faveur de la plume des oreillers, dans mon reflet dans mes paupières. Je crois bien que mon regard retrouve la première étincelle des feux de forêt.
Ma chance est venue. Je n'ai plus de noeuds dans le ventre le matin en allant travailler ; pas d'allégresse non plus, juste un café et des tartines, de quoi tenir jusqu'au déjeuner.
Drlrleu.
PS. Tu sais le souvenir que j'ai le plus de nous ? C'est cette fois où je nous ai conduit dans une impasse en essayant de rejoindre le parc par la route de gauche au rond-point. J'y suis resté longtemps, en fait. Je suis revenu de loin, tu sais, après être tombé si vite et de si haut. Toi, tu as été tellement constante, jusqu'au coeur des vagues les mieux roulées, jusqu'au choc sur les rochers, jusqu'au reflux des mers cruelles. Je ne t'admirerai jamais assez ; mais quelle énigme pour moi !
*** Ahh, cette fois, tu as tout bon ! Ucunt volentem fata, nolentem trahunt, comme disent les jeunes.
Déjà tes parents te croient folle : j'en déduis que le père A. n'a pas la cote, ce qui est bon signe. Ensuite, lier ton âme à celle d'un ancien braqueur dont le casier judiciaire ne tiendrait pas sur rouleau entier de papier toilette t'évitera à coup sûr la monotonie du couple bourgeois. Enfin, si tes calculs sont bons et que A. la malice continue de carburer au goudron comme un oiseau au large des côtes américaines, tu devrais hériter de son butin -probablement enterré dans un vieux cimetière comme le veut le code d'honneur du gang de postiches- avant d'être grand-mère.
Bref, comme on dit à l'académie du billard, c'est un coup en trois bandes que tu es en train de nous faire ! Chapeau bas. ***
Sans rire, t'as l'air heureuse ; et si la petite B. l'est encore plus, et bien, je le suis avec elle, et avec vous. Tu sembles avoir pris conscience que votre bonheur vaut tous les risques du monde ; autant dire que le risque auquel tu es le plus exposé, c'est bien d'être heureuse.
V. et wam sommes heureux également. Mon coeur s'est apaisé sans ralentir et mon sourire s'est élargi sans me trancher les lèvres. Je n'avais pas le choix : c'était ça, me détendre, ou je risquais d'avoir d'affreuses rides d'expression sur le front. Devant l'urgence, je me suis enfin alarmé et j'ai pris les choses à deux mains : ni une, ni deux, j'ai filé faire une petite psychanalyse accélérée et je n'ai pas tardé à beugler comme un possédé "c'est pas d'ma faute, putain, c'est pas d'ma faute, rha la la !" en me cognant la tête contre le mur. Alors, ma psy m'a répondu : "Oui, Drlrleu, c'est ça ! Dites-le ! Faites sortir la bête de sa prison ! Ouaiiis, mon pote, c'est le grand soir !" et plein d'autres trucs bienveillants, et après je me suis senti comme neuf et propre. Reparti pour un tour, comme le doudou de V. quand je le passe à la machine.
Voilà, j'ai un peu romancé mais crois-moi il y a du vrai dans ce que je te raconte. Et puis, il y a toutes les personnes formidables que j'ai rencontrées, qui ne m'ont pas jugé, qui n'ont pas pointé du doigt mon manque de courage, mes peurs, mes craintes, mes mensonges comme des mains qu'on met devant le visage pour se protéger, qui ont vu la peine et l'impuissance mêlées sous la lâcheté de façade.
Je reprends des études en septembre. T. quitte Paris ; je la laisse partir sans culpabiliser, et je respire. J'avais tant besoin d'un p'tit peu d'air ! tant besoin de sniffer la douceur des nuages ! tant et tant besoin d'être in the mood for sex ! Je me retrouve dans mes rêves, qui redeviennent romantiques et qui ne finissent plus si mal ; je me reconnais dans la glace, dans mes mots, dans les phrases que je couche à la faveur de la plume des oreillers, dans mon reflet dans mes paupières. Je crois bien que mon regard retrouve la première étincelle des feux de forêt.
Ma chance est venue. Je n'ai plus de noeuds dans le ventre le matin en allant travailler ; pas d'allégresse non plus, juste un café et des tartines, de quoi tenir jusqu'au déjeuner.
Drlrleu.
PS. Tu sais le souvenir que j'ai le plus de nous ? C'est cette fois où je nous ai conduit dans une impasse en essayant de rejoindre le parc par la route de gauche au rond-point. J'y suis resté longtemps, en fait. Je suis revenu de loin, tu sais, après être tombé si vite et de si haut. Toi, tu as été tellement constante, jusqu'au coeur des vagues les mieux roulées, jusqu'au choc sur les rochers, jusqu'au reflux des mers cruelles. Je ne t'admirerai jamais assez ; mais quelle énigme pour moi !
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sandoval
Re: Vos textes et poèmes
Un brouillon...
J'ai rêvé que j'étais un soleil analphabète. Cela a duré quelques siècles puis j'ai commis mon suicide. Cela m'a pris deux minutes.
Frisson est l'adage divisé de mes pétillements. Faire valoir aux tours de brindilles le sommeil lourd de mon habitant. Je crois toujours à la rémission de mon voisin. Que la neige tombe.
Une moisissure s'attache à la croupe du soir. Une peur durable, intense. Se fourvoyer encore. Une nage maladroite, absente. Inquiète.
Ta requête n'est pas aisée. L'adage divisé de mes pétillements.
Le flegme du vent traverse en rang la maison. J'attrape des carillons volants, me soustrais aux cris secs. Une nuit crevée, une bagnole démontée sur mon visage.
Une frappe indirecte.
Rien ne t'empêche de m'écrire.
Penser à la jonction des phalanges qui durcissent au soleil, soulever des étangs. Rien ne t'empêche de m'écrire, de lever tes lèvres dans ma direction, d'essuyer sur mon buste quelques cendres. Tu peux écrire, froncer les sourcils.
C'est une douane bleutée, une pluie rapide. Je considère ces mains comme perdues.
J'aime tes mèches fantômes.
J'ai appris à fixer la ténèbre durant ma quarantaine. Une tresse infecte réside en moi, la demi-ombre d'un rêve agité, le prolongement naturel de tes cheveux sur la colline.
Ta phalange droite s'éternise dans mon cœur.
J'ai rêvé que j'étais un soleil analphabète. Cela a duré quelques siècles puis j'ai commis mon suicide. Cela m'a pris deux minutes.
Je ne tempère rien, j'ai besoin d'un sabre, d'une sagacité retrouvée.
Rameur tiède, l'âme scélérate glissée dans mon cou.
J'ai rêvé que j'étais un soleil analphabète. Cela a duré quelques siècles puis j'ai commis mon suicide. Cela m'a pris deux minutes.
Frisson est l'adage divisé de mes pétillements. Faire valoir aux tours de brindilles le sommeil lourd de mon habitant. Je crois toujours à la rémission de mon voisin. Que la neige tombe.
Une moisissure s'attache à la croupe du soir. Une peur durable, intense. Se fourvoyer encore. Une nage maladroite, absente. Inquiète.
Ta requête n'est pas aisée. L'adage divisé de mes pétillements.
Le flegme du vent traverse en rang la maison. J'attrape des carillons volants, me soustrais aux cris secs. Une nuit crevée, une bagnole démontée sur mon visage.
Une frappe indirecte.
Rien ne t'empêche de m'écrire.
Penser à la jonction des phalanges qui durcissent au soleil, soulever des étangs. Rien ne t'empêche de m'écrire, de lever tes lèvres dans ma direction, d'essuyer sur mon buste quelques cendres. Tu peux écrire, froncer les sourcils.
C'est une douane bleutée, une pluie rapide. Je considère ces mains comme perdues.
J'aime tes mèches fantômes.
J'ai appris à fixer la ténèbre durant ma quarantaine. Une tresse infecte réside en moi, la demi-ombre d'un rêve agité, le prolongement naturel de tes cheveux sur la colline.
Ta phalange droite s'éternise dans mon cœur.
J'ai rêvé que j'étais un soleil analphabète. Cela a duré quelques siècles puis j'ai commis mon suicide. Cela m'a pris deux minutes.
Je ne tempère rien, j'ai besoin d'un sabre, d'une sagacité retrouvée.
Rameur tiède, l'âme scélérate glissée dans mon cou.
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MachineGun
- Messages : 775
- Inscription : mar. déc. 15, 2009 6:55 pm
Re: Vos textes et poèmes
Anger raised to the 4th power
Inutile de faire dans la poésie
Quand, sur toi, on ne peut que pester.
Va te faire foutre,
Enculé.
Inutile de faire dans la poésie
Quand, sur toi, on ne peut que pester.
Va te faire foutre,
Enculé.
Re: Vos textes et poèmes
Le soleil déversé ses rayons dans les rues, le long des murs encore froid de la nuit et moi je les regardais descendre vers le sol.
Quelques gouttes de rosées perlaient sur les fenêtres et son regard se perdait vers l'infini.
Son doux parfum me collait encore à la peau et je pouvais encore sentir son souffle chaud sur moi.
Étendue près de moi dans l'herbe, je pouvais lire sur son visage une expression que je ne lui connaissais pas.
Il était emplit de désire et de satisfaction, mais aussi d'angoisse et de frayeur. Pourtant elle souriait.
"Pourquoi est tu heureuse ?"
"Parce que le soleil brille !"
"Et la nuit ? "
"Par delà le ciel, au dessus de tout, le soleil brille toujours !"
J'ai su ce jour là que j'étais heureuse, parce qu'elle était le mien et qu'elle brillerai toujours !
Quelques gouttes de rosées perlaient sur les fenêtres et son regard se perdait vers l'infini.
Son doux parfum me collait encore à la peau et je pouvais encore sentir son souffle chaud sur moi.
Étendue près de moi dans l'herbe, je pouvais lire sur son visage une expression que je ne lui connaissais pas.
Il était emplit de désire et de satisfaction, mais aussi d'angoisse et de frayeur. Pourtant elle souriait.
"Pourquoi est tu heureuse ?"
"Parce que le soleil brille !"
"Et la nuit ? "
"Par delà le ciel, au dessus de tout, le soleil brille toujours !"
J'ai su ce jour là que j'étais heureuse, parce qu'elle était le mien et qu'elle brillerai toujours !
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MachineGun
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- Inscription : mar. déc. 15, 2009 6:55 pm
Re: Vos textes et poèmes
Trenditions
"Juxtapositionne-moi, et regarde-moi en vitrine."
Je néologise, trouve les nouveaux maux.
J'iconoclaste.
"Juxtapositionne-moi, et regarde-moi en vitrine."
Je néologise, trouve les nouveaux maux.
J'iconoclaste.
Re: Vos textes et poèmes
J'aime.Anger raised to the 4th power
Inutile de faire dans la poésie
Quand, sur toi, on ne peut que pester.
Va te faire foutre,
Enculé.
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sandoval
Re: Vos textes et poèmes
[Texte improvisé, c'est à dire réalisé dans l'instant, donc très faillible mais j'aime cette idée]
De la cour résonnent des géraniums qui récitent ton prénom. Benoît. Un vieux nom emprunté aux serpents de charbon. Je ne dors plus depuis quelques jours. J'ai envie de me réveiller en permanence pour ne pas te laisser m'approcher.
Il se peut que je meure dans un flacon d'orties bien trop étroit pour ma caboche.
J'empoigne ce camarade, ce matelas. Sublime ossature, j'écoute le battement du lilas, proche des variations périlleuses. J'ai envie de prendre des alcools qui me feraient me décaler, changer ma position, sur le coude appuyée, la nuque de Benoît hors d'atteinte.
Un mouvement involontaire, le poumon droit prend l'eau.
C'est une oscillation d'un temps égaré, visions d'un chien à la gueule posée sur mon buffet.
Ne pas se rendormir, murmure du tigre léchant la neige, sans m'apercevoir.
Mon poitrail est noir à présent. Que d'épicentres diurnes qui trottent dans ma tête et dans cette balle si consolée. Elle va me servir à oublier à Benoît, à oublier ces jours engourdis, carcasses.
Loquet, détonateur, tracez votre route fièrement, comme des loups défroqués dans ma sotte cervelle.
De la cour résonnent des géraniums qui récitent ton prénom. Benoît. Un vieux nom emprunté aux serpents de charbon. Je ne dors plus depuis quelques jours. J'ai envie de me réveiller en permanence pour ne pas te laisser m'approcher.
Il se peut que je meure dans un flacon d'orties bien trop étroit pour ma caboche.
J'empoigne ce camarade, ce matelas. Sublime ossature, j'écoute le battement du lilas, proche des variations périlleuses. J'ai envie de prendre des alcools qui me feraient me décaler, changer ma position, sur le coude appuyée, la nuque de Benoît hors d'atteinte.
Un mouvement involontaire, le poumon droit prend l'eau.
C'est une oscillation d'un temps égaré, visions d'un chien à la gueule posée sur mon buffet.
Ne pas se rendormir, murmure du tigre léchant la neige, sans m'apercevoir.
Mon poitrail est noir à présent. Que d'épicentres diurnes qui trottent dans ma tête et dans cette balle si consolée. Elle va me servir à oublier à Benoît, à oublier ces jours engourdis, carcasses.
Loquet, détonateur, tracez votre route fièrement, comme des loups défroqués dans ma sotte cervelle.
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sandoval
Re: Vos textes et poèmes
Maintenant que les découpeurs de tournesol m'ont renversé avec leur voiture aérienne, je peux dormir sur le ventre.
Mais j'ai un souhait, un sympathique élancement, qui me pilonne.
Me réveiller dans un hall de gare et toucher le silence.
C'est Benoît aux yeux de plongeur qui vient se poser sur mon visage, pour m'embrasser en versant du café sur mon éclosion.
J'ai appris l'éternité au contact de ses joues.
Mais j'ai un souhait, un sympathique élancement, qui me pilonne.
Me réveiller dans un hall de gare et toucher le silence.
C'est Benoît aux yeux de plongeur qui vient se poser sur mon visage, pour m'embrasser en versant du café sur mon éclosion.
J'ai appris l'éternité au contact de ses joues.
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Avital.Ronell
- Messages : 1447
- Inscription : dim. avr. 19, 2009 11:22 am
Re: Vos textes et poèmes
Sandoval. J'adore ton dernier poème. 