C'est un spleen ! Il s’accroche, il me lie les panards
et déteint dessus tout comme un papier carbone.
Me voici pauvre en liesse, moins mignon, béquillard,
un promeneur d’été sur un sentier d’automne.
Je respire, orphelin de toute mythologie…
ma jeunesse, ou que sais-je, m’ont ils donc éborgné ?
Du kevlar ! pour mes songes, opulentes pharmacies,
en attendant, sans vie, de la voir se figer.
Je les veux, ces contents et leurs grands yeux hagards,
une compresse de gaze en sang par dessus le coquard.
Il m’arrive certains jours de penser au grand saut,
aspirant au repos dans un coup de raccroc.
Des fantasmes geignards qui insistent et résistent
aux heureux recueillements que je livre à la bière.
Ils me bandent tout autant, ces délires (mon ossuaire !),
que déféquer du foutre en évoquant le Christ.
Et il faudra bien plus, pour ma propre sauvegarde,
qu'une tête épaisse au fourneau d'une bouffarde.
Sortez l’herbe, il m’en faut, ce sera mon dernier
or, déjà ce serment trahit quelques fumées.
Chicaneur silencieux, je flâne à pas feutrés,
car je n’ai que cette vie que je porte en nausée.
Ces vampires d’âcreté qui m’ont parfois châtré
font le grinçant pivot de mon identité.
Tout d’abord, pour commencer par le début et ainsi entamer l’écriture de ladite lettre, au commencement de toute chose, au départ de toute intention, de toute pensée, à la base de la naissance créatrice dont vont éclore les mots, il y a… LE MATÉRIEL
Une feuille, ou page, ou encore papier, ayant pour seul et unique but de servir de support et un stylo, crayon, bite à main, cracheur d’encre, bâton magique multi-couleurs ou mono-couleur, afin de souiller ledit produit végétal sus-cité.
Une fois donc ces ustensiles réunis auprès de vous, la prémisse de l’écriture, la conséquence du geste actionnant le frottement des deux parties entraînant au noircissement de l’une en dépit de l’autre, il y a… LA MAJUSCULE
(N’ayant nulle envie de m’obstruer l’esprit d’éléments futiles tels que : les coordonnées servant à la personne réceptionniste de son état puisque j’en ai décidé ainsi à son encontre en lui adressant la parole écrite qui lui aurait permis de me répondre, ou même la date, par laquelle elle aurait pu savoir de quelle époque proche ou lointaine le courrier lui était destiné. Je ne serais pas non plus encombrée de la lecture de sa réponse.) LA MAJUSCULE sert donc ici, dans le cas présent (je me permets d’ajouter cette information afin de mieux illustrer mes propos et d’éclaircir le débat), de début de phrase. Tout papelard encré à l’adresse d’autrui (ou de soi-même), commence par les consonnes « C » ou « M »∗.
Exemples :
- « C » comme « Cher » ou « Chère », « Chéri » ou « Chérie ».
- « M » comme « Madame », « Mademoiselle », « Monsieur » ou encore des possessifs « Mon », « Ma », « Mes ».
∗ En les rapprochant cela pourrait éventuellement former « C.M. », mais ne voyez surtout pas ici une signature déguisée de la part de l’auteur, autrement dit moi-même, ou en respectant l’ordre des lettres C’est Moi, en milieu de discours, ce qui serait incorrect, puisque ces choses-là ne se font traditionnellement qu’à la fin.
Après, il faut impérativement, obligatoirement, sans aucun recours possible, ne pouvant pas en réchapper, tout manquement à ce devoir serait sanctionné sur le champ par une damnation éternelle, écrire le nom de la personne à qui l’on s’adresse. Cela lui fera toujours plaisir et fait partie de ces petits « riens » qui forment de grands « tout ». Ces intentions d’apparence anodines qui font que l’on se souvient de vous, uniquement pour ces petits gestes délicats.
Ou alors tout simplement afin qu’aucune confusion ne soit possible et que le lecteur n’ait pas un sentiment de culpabilité à lire une lettre dont il ignore si elle est pour lui ou s’il viole l’intimité de quelqu’un d’autre en la souillant de son regard impie.
Au milieu du centre de la pagination, en son sein, son mamelon, son point « C » (Cardinal) où se regroupent, se retrouvent tous les mots qui, mis bout à bout, formeront de longue phrase délivrant, dans un code aussi subtil que celui formé par l’alliance de règles telles que la grammaire, l’orthographe, la conjugaison et la syntaxe, le message organisé d’une pensée saine, carrée et rationnelle.
À la fin, pour terminer le propos, clore l’échange monodique, arrêter tout versement superflu de paroles inutiles et sans intérêt, stoppant net, de manière brève, concise et directe, conclure par une signature sobre et chic, telle que :
Eagle 1 à Eagle 2 vous m’entendez?
Ça est mission accomplie, bombe larguée…
Le vol s’est bien passé, coming-out effectué.
Mais voilà les premières turbulences
Dans le cockpit ça explose et ça s’agite dans tout les sens.
Eagle 1 à Eagle 2, je rompt la formation
J’ai une aile touchée, je frôle l’explosion
Pas moyen d’atterrir, je suis en terrain ennemi
J’entends dans ma radio l’écho des cris.
Eagle 1 à Eagle 2 demande autorisation de repli.
On avait la Bombe H
Voilà la Bombe CO
C’est pas les même dégâts
Mais les risques sont aussi gros
On avait la Bombe H
Voilà la Bombe CO
C’est mon Hiroshima à moi
Mon presque chaos
Eagle 1 à Eagle 2, voilà la riposte
Je vois la flotte ennemie bien à son poste
Je les ais dans mon radar ils sont prêt à tirer
J’entend déjà les reproches à mes oreilles siffler
Eagle 1 à Eagle 2, cherche base pour se poser
Eagle 1 à Eagle 2 j’ai besoin de renfort
Les ennemis sont plus nombreux et plus fort
Leur flotte est mieux armée, plus équipée
J’ai besoin d’appui, qu’on vienne m’aider
Eagle 1 à Eagle 2, seule,je ne peux riposter
On avait la Bombe H
Voilà la Bombe CO
C’est pas les même dégâts
Mais les risques sont aussi gros
On avait la Bombe H
Voilà la Bombe CO
C’est mon Hiroshima à moi
Mon presque chaos