Ayant consciencieusement (et je sais être très consciencieuse) refusé de laisser parler (écouter, accepter, envisager,... au choix) ma non-hétérosexualité (pas de mot plus précis pour le moment), et ayant nié cette part de moi-même, il m'aura fallu, à 45 ans, la lecture de "Aristote et Dante découvrent les secrets de l'Univers", pour me prendre une énorme claque et comprendre que, cette fois-ci, il allait falloir que je me regarde dans le miroir (et qu'enfin je m'y voie).
C'était il y a un an. J'en ai été malade pendant une semaine. À la fin de la semaine, j'ai parlé à mon compagnon (depuis 20 ans, et mari depuis 15 ans). Ce ne fut certainement facile ni pour l'un ni pour l'autre, et sa réaction a été formidable de compréhension et d'empathie.
J'ai passé cette année dans un drôle d'état. Même si c'est un grand soulagement de m'être "trouvée", je me sens vraiment lamentable d'avoir vécu si longtemps en me voilant la face, de ne pas m'être déclarée aux femmes que j'ai aimées en silence, d'avoir eu des compagnons auxquels je n'ai jamais pu expliquer pourquoi ils m'inspiraient si peu physiquement, et tutti quanti. Du coup, je suis pas mal perdue et plutôt honteuse.
Bref, je suis arrivée sur ce forum par une nuit de navigation virtuelle sans boussole, et j'ai pensé que je trouverais peut-être ici, si ce ne sont des réponses, au moins des témoignages qui m'aideraient à retrouver ma route. Et comme je pense qu'il faut que j'arrête de me cacher, me voilà inscrite et me présentant à vous.
Bonjour, donc.