24 ans, toujours à la maison (mais j'espère très prochainement sur le départ, CDI peut-être en vue), une mère très chrétienne. Je voulais attendre tranquillement de partir de chez elle et d'avoir quelqu'un pour lui parler d'amour, pour lui dire que j'avais rencontré quelqu'un, que j'étais amoureux. Et éviter une situation au quotidien ingérable.
Mais ça s'est passé autrement. J'ai rompu avec mon copain dimanche dernier. Quelque chose n'allait pas dans mon comportement, ça se voyait.
Ma mère a demande à me parler sérieusement. On s'est assis autour d'une table. Elle m'a dit qu'elle avait trouvé des photos de moi enfant à la maison et qu'elle voulait les placer dans mon album photo d'enfance de ma chambre. Elle a dit qu'elle a trouvé à l'intérieur, caché, mon journal intime. Elle m'a avoué l'avoir lu et compris que j'avais une relation avec un garçon. Elle m'a demandé confirmation.
J'étais très énervé qu'elle ait violé mon intimité. Alors je l'ai crié haut et fort: "Oui, je suis gay!". S'en est suivie une longue et véhémente discussion où elle m'a dit qu'elle en souffrait beaucoup, qu'elle ne pouvait pas l'accepter, qu'elle n'accepterait jamais de rencontrer quelconque de mes éventuels partenaires. La religion a vite pris le dessus et elle m'a dit que j'aurais pu prier Dieu pour m'enlever ces passions, que je pouvais guérir et rester dans la chasteté. Je lui ai parlé d'amour, d'attachement sentimental avant tout, que j'avais le droit d'aimer quelqu'un.
Mais le Malin s'est emparé de moi. Je ne partagerai pas le Royaume des Cieux à ses côtés et elle en est très triste. Je lui ai conseillé de sérieusement regarder la Terre et de voir ses prochains avant de penser à l'éternité. De laisser le jugement à Dieu. Aussi n'arrive t-elle pas à concevoir que je croie toujours en Dieu en étant homosexuel...
C'est parti très vite en vrille. J'étais énervé. Elle avait violé mon intimité. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça, c'était pas le moment avec la rupture que je vis en ce moment. Et puis, j'ai toujours imaginé que j'aurais un copain à mes côtés à ce moment là pour me réconforter...
Elle m'a laissé une lettre le lendemain promettant de ne plus jamais entrer dans ma chambre, que ça ne changerait rien à l'ambiance à la maison, qu'on en discuterait plus. Qu'elle m'aimait et voulait mon bien. Mais que le Sida était au bout de mon chemin... (!)
Je ne l'ai pas revu depuis. J'appréhende maintenant tous les futurs échanges qu'on aura. Ce ne sera plus pareil, qu'elle le veuille ou non.
Je suis maintenant complètement outé. Si maman le sait, n'importe qui peut le savoir. Je n'ai plus rien à cacher. C'est quelque part un soulagement. Mon cousin m'a appelé ce soir pour me dire qu'il avait été au courant que quelque chose n'allait pas avec ma mère en ce moment. "Ben, il parait que je suis pédé!" lui ai-je lancé. "je pense pas que ce soit une grosse surprise pour tout le monde". Il a dit qu'il s'en foutait, que si j'assumais: tant mieux. Que je pouvais passer quand je voulais chez lui.
Mais j'avais imaginé tout ça se passer autrement.
Je n'ai aucune idée de la suite des événements.
Merci de m'avoir lu.