Pour mes amis, c'est arrivé peu après mes 18 ans, je me suis dit qu'étant majeure il était temps de m'assumer un peu et puis j'en avais vraiment marre de mentir à m'inventer des histoires par ci par la ou faire semblant de m'intéresser à des garçons.
Je sais que je suis lesbienne depuis mes 9ans ? c'est difficile de chiffrer en fait mais je me rappelle avoir été amoureuse d'une fille à 9 ans. J'étais assez garçon manqué, mais avec le temps j'ai appris à évacuer tout ce qui pouvait être lesbiennement détectable, tous mes cotés "masculins", je pense l'avoir fait surtout par peur d'être démasquée
Mon frère a été le seul au courant pendant une paire d'années, je ne sais même plus comment je lui ai dit mais en tout cas l'annonce ne l'a pas traumatisé loin de la ! Il s'en foutait complétement ( ou plutôt ne réalisais pas, je ne sais pas trop... ) et de toute façon ça m'arrangeais, j'avais besoin d'un confident. D'ailleurs je ne sais pas comment font les gays qui traversent cette épreuve terrible qu'est l'adolescence sans aucun soutien...Pour ma part, il était hors de question d'en parler à qui que ce soit. Ma meilleure amie de l'époque était super catho c'est pour dire...Même à l'heure actuelle j'aurais peur de sa réaction
Bref...à mes 18 ans, j'ai pris mes amis un par un, soit en face en face, soit sur msn etc...pour leur annoncer la grande nouvelle !
Ils l'ont tous très bien pris (sauf mon meilleur ami qui était amoureux de moi et qui forcément ne devait pas être super ravi sur le coup), étaient plus étonnés qu'autre chose, m'ont posé une tonne de questions "comment tu le sais ? T'es sure de toi ? Pourquoi tu ne me l'a jamais dit ?? etc etc...
Pour ma mère, le contexte était différent, je venais de rencontrer ma première copine donc gros changements dans ma vie, je sortais plus forcément, je dormais souvent chez elle et mes parents qui sont de nature à psychoter pour un rien se sont imaginés des tas de choses comme quoi je buvais ou je me droguais enfin du gros n'importe quoi ! LOL
Et bien évidemment, pas moyen de parler avec eux, les engueulades s'enchaînaient...
Du coup, j'en suis arrivée à un point où j'avais tellement leur pression et leur stress sur moi que j'ai décidé un aprem sur un coup de tête de tout dire à ma mère. Elle était à la cave, je suis descendue, lui ai tourné autour pendant 10 bonnes minutes essayant de me donner du courage. Au bout d'un moment, comme elle me voit tourner autour d'elle sans rien dire, elle brise la glace et me parle de L. ma copine que je dois justement voir le soir même : " tu vas chez L. ce soir ? " Je réponds un oui mal assuré et elle me sort d'un coup " tu aimes les filles ?"
Ce n'est pas la première fois qu'elle me pose la question mais j'avais toujours répondu par la négative. Je respire un grand coup et réponds "oui"
Elle s'arrête dans son travail, et répète " tu aimes les filles ?"
"oui"
Et la je me met à pleurer comme une gamine...Je crois même que je lui demande pardon.
Elle me prend dans ses bras, me dit que ce n'est pas grave, qu'elle m'aime comme je suis. C'est elle qui me console en fin de compte.
On remonte en haut, on fait comme si de rien n'était, elle m'a demandé de ne pas le dire à mon père, mais de toute façon je n'en aurais pas le courage pour l'instant.
Voila ! désolée pour le pavé, c'est pas un CO extraordinaire mais ça fait du bien de l'écrire.