Dans le placard, sous l'escalier

Sortez de l'ombre !
Ellayne
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Dans le placard, sous l'escalier

Message par Ellayne »

J'ai beau dire que je ne sais pas bien ce que j'attends de ce forum, je crois que c'était devenu une nécessité de venir parler. Comme je le dis dans mon post de présentation, j'ai l'impression de vivre une vie qui n'est pas (plus) la mienne. J'ai l'impression de traverser une grande perte de repères qui se traduit par des questions existentielles du genre Qui je suis vraiment, Qu'est-ce que je veux faire de ma vie, ou encore Comment je veux vivre ma vie ?

Il y a plusieurs problèmes qui se télescopent en ce moment dans ma vie. Il y a cette préférence pour les filles inavouée qui remonte à la surface depuis quelques mois, mais il y a aussi ma situation professionnelle plus que floue qui me mine le moral. Pour faire simple, après avoir pris mon indépendance dès mes 18 ans tout au long de mes études, me revoilà à 26 ans de retour à la case parentale. Sans emploi, et sans vraiment savoir ce que je veux faire de ma vie.

Je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression que ces deux problèmes sont liés, ou en tout cas je n'arrive pas à résoudre l'un sans l'autre. Dans les deux domaines, j'ai peur de faire des choix, peur de me lancer, peur de l'avenir, peur de l'inconnu.. Résultat, je suis paralysée, bloquée et je ne fais pas grand chose pour le moment.

Comme ce n'est pas trop l'endroit pour m'épancher sur mes doutes professionnels, je vais raconter ma situation concernant cette orientation sexuelle qui me fait poser beaucoup de questions.

Quand je me retourne maintenant sur mon passé, j'ai l'impression que j'ai toujours préféré les filles. Quand j'y repense, c'est tellement flagrant que je me demande comment j'ai pu refouler ça et oublier ces choses. Je me souviens qu'à l'école primaire déjà mes premiers sentiments amoureux était pour une fille de ma classe, mon premier bisou et les « jeux de docteur » je les ai partagé avec ma voisine. J'ai vécu le collège comme un enfer, je me sentais complètement à côté de la plaque, sûrement parce que les garçons ne m'intéressaient pas alors que toutes les filles commençaient à sortir avec leurs copains, ou peut-être parce que je me sentais mal dans ma peau, en tout cas, j'ai rayé la période collège de ma mémoire au point d'en avoir presque aucun souvenir... Au lycée j'ai commencé à comprendre que je n'étais pas comme les autres. Je regardais les filles et je ressentais des choses qui me dérangeaient beaucoup, mais je me disais que c'était des fantasmes d'adolescente, que je me « cherchais », que ça allait passer.
J'ai enfoui ça bien profondément, et je suis entrée en fac. Là-bas j'ai rencontré un garçon, on est devenus amis, et la suite logique a été de se mettre ensemble et je ne me suis plus posée de questions pendant longtemps. Ça a duré 5 ans.

Je sentais bien que ça n'allait pas dans ma tête, que quelque chose clochait mais j'étais incapable de savoir pourquoi. On était le couple idéal, j'avais tout pour être heureuse, pourquoi alors se poser tant de questions ?
On s'est finalement séparés pour un ensemble de raisons, mais je ne savais toujours pas ce qui n'allait pas. Puis par hasard j'ai un jour rencontré des lesbiennes, un groupe d'amies, certaines célibataires, d'autres en couple. Je trouve que c'est bête à dire maintenant mais c'était les premières que je côtoyais vraiment. Toutes étaient tout à fait « normales ». Je veux dire par là qu'elles étaient bien dans leurs têtes, bien dans leurs peaux et rien ne laissait penser qu'elles l'étaient. Je me souviens avoir pensé qu'elles semblaient bien vivre bien leurs « différences », que ça ne devait pas être si terrible de l'être et que ce n'était pas une tare. Depuis on s'est perdues de vue mais je crois que c'est à ce moment-là que j'ai commencé à gamberger (quand j'y repense, j'ai vraiment été longue à la détente)

Puis il y a un an, j'ai rencontre LA fille, celle qui m'a retourné le cœur. Et là j'ai eu l'impression de me réveillée, tout ce que j'avais soigneusement refoulé et enterré en moi est remonté à la surface. Il ne s'est rien passé concrètement avec cette fille, mais elle a été le déclic. Je suis passée par la phase c'est « elle, juste elle qui me fait ça » et j'ai vraiment essayé de m'en persuader. Sauf que la boite de Pandore était ouverte... Dans ma tête, je l'accepte de plus en plus, comme une réponse à mon mal-être.

En revanche dans ma vie sociale, je suis incapable de dire « voilà, je préfère les filles ». Ça a l'air tellement simple pourtant, mais je n'y arrive pas. Je me mets des barrières du genre « je le dirais quand j'aurai rencontré quelqu'un », sauf que je me rends bien compte que c'est un prétexte.

Voilà j'ai conscience que j'ai un gros travail à faire et je ne sais pas par où commencer.

Mon entourage m'a donc toujours connu hétéro, puisque je n'ai connu qu'un seul garçon. Ma famille était très attachée à lui et mes parents ont eu vraiment du mal à tourner la page... Je ne sais pas du tout comment aborder ma nouvelle orientation, d'autant plus qu'on n'est pas de grands bavards dans la famille et qu'on ne parle jamais de choses importantes comme ça...
Je me demande d'ailleurs si c'est utile de faire un coming-out, si ce n'est pas envisageable d'attendre à avoir quelqu'un à présenter ? Je jalouse un peu mon cousin, gay depuis toujours, qui n'a jamais eu à faire de grand coming-out, qui l'a juste dit (ou plutôt confirmé) comme ça au détour d'une conversation.

J'aimerais vraiment pouvoir me confier à des amis, mais depuis que j'ai du redescendre chez mes parents, je me suis aussi éloignée d'eux. Je ne les vois que de temps en temps et je n'arrive jamais à trouver le bon moment pour en parler...

C'est d'ailleurs cet isolement qui me pèse. Depuis que je suis revenue au bercail, je ne côtoie presque uniquement ma famille, j'ai énormément de mal à aller vers les gens... J'ai cherché des associations LGBT ou des groupes de paroles, ou n'importe quel organisme pour pouvoir parler de vive voix, échanger mais je n'ai rien trouvé par chez moi...


Navrée pour le pavé, mais ça me permet de poser par écrit ce qui me tracasse, et surtout j'espère que ça va m'inciter à avancer...

Merci à ceux qui ont eu le courage d'aller jusqu'au bout !
fullmetal2339
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Inscription : jeu. sept. 22, 2011 11:04 am

Re: Dans le placard, sous l'escalier

Message par fullmetal2339 »

C'est vrai que moi non plus je ne vois pas l'interêt de faire son coming-out au premier abord, mais c'est surtout aux parents qu'il faut se préserver de le faire je pense car on ne peut pas prévoir leur réaction qui peut être aussi bien calme que ...extrême.

En revanche s'il y a une chose que je ne regretterai pas, c'est de l'avoir dit à quelques amis, car ils m'ont compris et je ne me sens pas plus seul ou entouré qu'avant, et puis c'est même libérant car tu peux exprimer tes problèmes aux autres, je pense que l'assumer auprès de quelques amis qui te sont proches te libérera et tu te sentiras plus heureuse (c'est ce qui m'est arrivé), ca sera d'ailleurs l'occasion de voir si tes amis sont bel et bien tes amis.
Et si c'est l'isolement qui te pèse tu peux essayer de déménager, je ne sais pas trop mais même moi qui vit à Paris les centres lgbt ne sont pas vraiment d'une grande utilité, moi je n'ai pas vraiment été aidé là-bas (d'où mon inscription ici :^^: ) D'ailleurs je ne sais pas où tu vis et quel âge tu as mais tu es surement une fille bien et qui ne tente rien n'a rien alors essaie d'aller vers les autres, qu'est-ce que tu y perds après tout^^' ?

Ma réponse est courte à l'égard de ce que tu as écris mais j'espère qu'elle t'aura aidé^^', ça me fait plaisir de parler sur ce site, c'est tellement tabou l'homosexualité chez moi que je suis obligé de me connecter depuis mon lycée lol.
Tsuru
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Re: Dans le placard, sous l'escalier

Message par Tsuru »

C'est incroyable comme je me suis reconnue dans ton texte quand tu parles du truc qui cloche sans réussir à savoir quoi, et l'impression d'être à côté de la plaque quand tout le monde discute garçon.
Je pense que venir en parler ici et tout poser à plat c'est déjà un bon truc pour commencer. Une bonne chose serait d'en parler à un ami, mais là ça a l'air compromis... Et ce cousin gay, tu en es proche ? Tu as des moyens de le contacter ? Lui en parler pourrait être un bon début, et ça pourrait t'aider avec ta famille par la suite.
Sinon il y a tout plein de gens bien par ici qui peuvent t'aider ! N'hésites pas à poster surtout, et bon courage à toi :copain:
fiorentino
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Inscription : sam. avr. 23, 2011 11:55 pm

Re: Dans le placard, sous l'escalier

Message par fiorentino »

Coucou et bienvenue ici !

Je ne suis surement pas le mieux placé ici pour te donner des conseils, et d'autres ont beaucoup plus d'expérience que moi, puisqu'il y a pas si longtemps j'étais pile à ta place. Mais comme tu le dis dans ta présentation, rien que la démarche de venir ici et te présenter, c'est déjà un grand premier pas vers l'acceptation... en attendant les suivants.

Pour ce qui est du coming out à tes parents, si tu n'en ressens pas le besoin et que tout n'est pas clair dans ta tête, rien ne te presse à le faire, surtout si tu vis actuellement chez eux. Peut être attendre d'avoir quelqu'un, ou juste d'être prête et d'en avoir envie.
Si tes amis sont loin c'est vrai que c'est pas facile, d'autant plus que le peu que tu les vois, ce n'est jamais le bon moment pour aborder le sujet, normal ! Mais comme Fullmetal, je ne regrette vraiment pas d'en avoir parlé à quelques amis. Tu verras que rien le fait de pouvoir en parler à voix haute avec quelqu'un, ça te fera énormément de bien et ça t'aidera à avancer ! Et si tu es loin d'eux géographiquement, accorde toi un weekend, chope un train et va causer ! Juste une personne ça suffit, et si tu te dis que tu ne veux pas embêter quelqu'un avec toutes tes questions et tes préoccupations nombrilistes, dis toi que si un ami venait te voir pour la même raison, tu en discuterais avec lui sans regarder ta montre. L'isolement c'est jamais bon.
Je sais comment c'est d'être de retour chez ses parents et loin de ses amis, donc fais tout pour que ça dure le moins longtemps possible ! Et si tu es en galère pour le boulot, ça peut paraitre insurmontable de gérer tout ça de front, mais essaie de prioriser et de classer ça le plus vite possible. Je sais que vous les filles vous savez faire 2 choses à la fois, mais des fois c'est pas facile !

Voilà, moi aussi je suis d'habitude un adepte des pavés, mais ma résolution de rentrée c'est la con-ci-sion !

En tout cas, continue d'avancer et de vouloir avancer, tu es bien partie !
Cin
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Inscription : sam. mai 26, 2007 1:10 pm

Re: Dans le placard, sous l'escalier

Message par Cin »

J'ai tout lu!

racontage de vie on/
Je me retrouve dans certaines de tes phrases et tes phases. Le timing doit être sensiblement le même pour moi au niveau de l'âge.
La différence la plus flagrante, je pense, est que mes amis (les proches principalement, genre ex coloc) étaient au courant.

Pour résumer, j'ai aussi mis du temps a comprendre alors que maintenant je me rend compte que certaines choses étaient évidentes, je ne voulais pas me l'avouer à ce moment là simplement. Et pis, j'ai bloqué un jour sur une fille (en photo et vue 1 fois sans lui parler :s ) mais ensuite ça à changé bien des choses.
Évidement à chaque changement de situation, d'environnement, je revenais au point de départ (dans mes expériences à l’étranger puis retour chez mes parents aussi!) mais petit à petit, je le disais à de plus en plus de monde, je me créais mon univers pas très loin de personnes de confiance.

A 25ans (ya pas si lgtps), j'étais prête à rencontrer des gens, certainement pas à m'outer à ma famille. Malgré le soutien de mes amis (dont certains gays), j'ai eu aussi besoin de voir, parler à des homos, de me faire ma propre expérience, mes propres repères, mon propre entourage.. Mes ami(e)s étaient là mais des autres gens existaient aussi.J'avais déjà commencé à parler rapidement sur le forum, puis à faire des meating, ça s'est fait plutôt naturellement car j'en avais envie et besoin.. J’étais aussi, je pense disponible dans ma tête.

Et par la suite, j'ai ensuite attendu encore 1 an de relation avec ma copine pour le dire à mes parents. Plus par envie d'en finir avec les mensonges et de ne plus cacher ma copine que réel besoin de partage avec mes parents... (pas trop de bavardage non plus et surtout pas sur ma vie privée).
Ma famille n'avait aucun doute sur moi (sic), j'avais ramené beaucoup d'amis garçon, aucun qui était mon copain, mais dans leur tête, c'était clair et tout mes "camarades" étaient plus que ça!


Ça fait pas franchement avancer les choses pour toi, mais ça rassure peut être de voir que , bin, tout le monde à des haut et des bas, des périodes qu'on voudrait oublier et des façon d'avancer à son rythme..
4minutes33
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Inscription : mar. août 02, 2011 10:11 am

Re: Dans le placard, sous l'escalier

Message par 4minutes33 »

Je vais essayer de te répondre même si, en général, je zappe totalement cette partie du forum (bon, ok, c'est encore une fois ton titre de topic, je pense que tu as un à-propos dans le titre qui m'attire irrémédiablement).
Ellayne a écrit :En revanche dans ma vie sociale, je suis incapable de dire « voilà, je préfère les filles ». Ça a l'air tellement simple pourtant, mais je n'y arrive pas. Je me mets des barrières du genre « je le dirais quand j'aurai rencontré quelqu'un », sauf que je me rends bien compte que c'est un prétexte.
En fait, ce qui est compliqué c'est qu'on a tendance à rapprocher les situations des autres aux nôtres pour les comprendre, sauf que justement, on ne peut pas rapprocher l'expérience de l'autre à la sienne car cela la dénature puisqu'elle est, par essence, unique. Je fais part de cet écueil que je ne vais pas éviter seulement pour préciser que je vais te parler de la façon dont moi je traverse les choses et qui, peut-être mais peut-être pas, trouvera écho en toi mais qui n'est en aucun cas une réponse universelle.

Donc, après cette introduction qui a dû en débouté plus d'un, je dirais ceci: tu n'as pas à dire haut et fort "voilà, je préfère les filles". En fait tu n'as rien à dire tout fort du tout. Ce n'est pas quelque chose qui s'annonce comme cela car ce n'est pas une réalité fixe et définitive. Tu peux éventuellement te dire, pour te rassurer: "je sais qui je suis, je suis lesbienne" mais en fait, ça n'a pas plus de sens que l'année d'avant quand tu te disais hétéro car la sexualité n'est pas cette chose fixe et irrémédiable qui impose que l'on se place dans un petit carré. Tu voudrais avoir des relations avec des filles, fais-le. Quand tu voudras l'annoncer à tes parents, si tu n'en fais pas quelque chose d'important et bien il y a des chances que ça passe bien. En tout cas, mieux que si toi même tu penses que c'est quelque chose de tellement grave qui mérite un grand cérémonial.

Pour résumer: dédramatise la chose. J'ai l'impression que c'est toujours quelque chose de très compliqué à faire mais il faut remettre les choses en perspective. J'ai conscience que je n'ai pas eu besoin de faire des efforts pour prendre de la distance car lorsque j'ai eu ma première relation avec une fille, j'ai perdu la personne qui m'était la plus chère. Dans ce contexte, j'ai balancé la "nouvelle" qui n'en était pas une en ne donnant pas le choix aux personnes de mon entourage. Bon je dois aussi dire que c'était "facile" pour moi car je suis, et depuis longtemps, très loin de me soucier de ce que les quelques membres de ma "famille" peuvent penser. Mais ça aussi, c'est important à un moment dans sa vie de s'éloigner et de vivre pour soi, car si tu laisses voir aux autres que ton bonheur dépend de ce qu'ils pensent, ils ne se priveront pas d'exercer ce pouvoir sur toi.
Ellayne
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Re: Dans le placard, sous l'escalier

Message par Ellayne »

Merci à tous pour vos réponses ! Ça fait du bien, je me sens moi seule dans mes doutes et mes interrogations !
Fullmetal a écrit : C'est vrai que moi non plus je ne vois pas l’intérêt de faire son coming-out au premier abord, mais c'est surtout aux parents qu'il faut se préserver de le faire je pense car on ne peut pas prévoir leur réaction qui peut être aussi bien calme que ...extrême.
Pour le dire aux parents, disons que je ne saurais même pas quoi leur dire pour le moment... On ne parle pas vraiment de nos questions existentielles chez nous... Je préfère attendre que ce soit clair dans ma tête pour le dire. Et surtout, même si mes parents sont plutôt ouverts, j'aimerais être indépendante financièrement au cas où ça ne se passe pas si bien et que l'ambiance se gâte...
Fullmetal a écrit : En revanche s'il y a une chose que je ne regretterai pas, c'est de l'avoir dit à quelques amis, car ils m'ont compris et je ne me sens pas plus seul ou entouré qu'avant, et puis c'est même libérant car tu peux exprimer tes problèmes aux autres, je pense que l'assumer auprès de quelques amis qui te sont proches te libérera et tu te sentiras plus heureuse (c'est ce qui m'est arrivé), ça sera d'ailleurs l'occasion de voir si tes amis sont bel et bien tes amis.
Tsuru a écrit :Une bonne chose serait d'en parler à un ami, mais là ça a l'air compromis...
Même si ça me fait flipper et que je ne sais pas encore comment je vais l'aborder, je crois que ça va être une étape nécessaire pour me libérer d'un poids... Puis après tout, mes amis sont formidables puisque ce sont mes amis, ça ne devrait donc pas être si dur *essaie de se rassurer*

Florentino a écrit :Si tes amis sont loin c'est vrai que c'est pas facile, d'autant plus que le peu que tu les vois, ce n'est jamais le bon moment pour aborder le sujet, normal ! Mais comme Fullmetal, je ne regrette vraiment pas d'en avoir parlé à quelques amis. Tu verras que rien le fait de pouvoir en parler à voix haute avec quelqu'un, ça te fera énormément de bien et ça t'aidera à avancer ! Et si tu es loin d'eux géographiquement, accorde toi un weekend, chope un train et va causer !
J'ai une escapade prévue à Paris en novembre, je crois que je vais me préparer psychologiquement à en parler à ceux qui sont importants pour moi, que je compte sur les doigts de ma main... C'est bizarre, j'ai passé la soirée hier à imaginer comment leur dire, quels mots choisir, et ça me parait de moins en moins insurmontable... Et surtout de moins en moins comme une "obligation morale" mais comme une envie, un besoin...
Cin a écrit :A 25ans (ya pas si lgtps), j'étais prête à rencontrer des gens, certainement pas à m'outer à ma famille. Malgré le soutien de mes amis (dont certains gays), j'ai eu aussi besoin de voir, parler à des homos, de me faire ma propre expérience, mes propres repères, mon propre entourage..
Je crois que j'en suis là, j'ai besoin de le dire à haute voix, en parler avec d'autres, d’échanger nos questionnements. Pour l'instant tout ça est très virtuel entre mon dialogue intérieur et ce que je raconte sur Internet... Sur un autre forum, je suis entrée en contact avec une fille qui se découvre lesbienne depuis peu aussi. Elle habite pas loin de chez moi et elle a accepté d'aller boire un verre la semaine prochaine ! Ça peut semblait pas grand chose, mais ça concrétise la chose, ça rend tout ça plus réel... J'avoue que je flippe un peu et en même temps j'ai hâte d'y être...
Cin a écrit :Ça fait pas franchement avancer les choses pour toi, mais ça rassure peut être de voir que , bin, tout le monde à des haut et des bas, des périodes qu'on voudrait oublier et des façon d'avancer à son rythme..
Si, si, contrairement à ce que tu penses, ça fait bien avancer mon schmilblick ! Tout ça était encore assez abstrait dans ma tête et de voir que des gens ont vécu les mêmes choses et peuvent m'en parler, ça rassure énormément...
4minutes33 a écrit :Tu n'as pas à dire haut et fort "voilà, je préfère les filles". En fait tu n'as rien à dire tout fort du tout. Ce n'est pas quelque chose qui s'annonce comme cela car ce n'est pas une réalité fixe et définitive. Tu peux éventuellement te dire, pour te rassurer: "je sais qui je suis, je suis lesbienne" mais en fait, ça n'a pas plus de sens que l'année d'avant quand tu te disais hétéro car la sexualité n'est pas cette chose fixe et irrémédiable qui impose que l'on se place dans un petit carré.

Tu voudrais avoir des relations avec des filles, fais-le. Quand tu voudras l'annoncer à tes parents, si tu n'en fais pas quelque chose d'important et bien il y a des chances que ça passe bien. En tout cas, mieux que si toi même tu penses que c'est quelque chose de tellement grave qui mérite un grand cérémonial.

Pour résumer: dédramatise la chose. J'ai l'impression que c'est toujours quelque chose de très compliqué à faire mais il faut remettre les choses en perspective. Mais ça aussi, c'est important à un moment dans sa vie de s'éloigner et de vivre pour soi, car si tu laisses voir aux autres que ton bonheur dépend de ce qu'ils pensent, ils ne se priveront pas d'exercer ce pouvoir sur toi.
Merci !
Tu as raison sur le fait de dédramatiser tout ça... Depuis quelques semaines, ça me prend la tête au point de ne penser presque qu'à ça, alors que bon, ça ne change pas grand chose dans ma vie de tous les jours... Certes, ça apporte des centaines de questions et une profonde remise en question mais ça ne change pas qui je suis au fond de moi (enfin je ne crois pas)
Je crois que dans l'immédiat j'ai à organiser mes priorités, ne plus me focaliser sur ce "problème", me focaliser par contre sur ma recherche de boulots pour pouvoir être plus indépendante et financièrement, et "moralement".

Je vous dirai si j'arrive à en parler à mes amis, mais Novembre est encore loin. Pour l'instant, comme le disait Cin, j'ai besoin d'aller à la rencontre d'autres homos, d'en parler et de rendre tout ça un peu plus réel...

Merci pour votre soutien, je vous tiendrai au courant de mon avancement !
Ellayne
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Re: Dans le placard, sous l'escalier

Message par Ellayne »

Bonsoir à tous,

C'est ce soir que je devais rencontrer cette fille rencontrée sur un autre forum pour papoter de nos questions existentielles et autres réflexions...
Je flippais un peu parce que ça signifiait surtout rendre tout ça réel, parler à quelqu'un en chair et en os de choses dont je ne parle pour l'instant que sur Internet.

Et ça s'est très bien passé. :^^:
J'ai pas vu le temps passé, on a papoté pendant plus de deux heures autour d'un verre et ça m'a fait un bien fou. Si au début j'avais du mal à bien exprimer ce que j'avais sur le cœur, j'ai finalement pu mettre des mots sur toutes mes interrogations et appréhensions, et partager complètement ce ressenti avec elle qui est aussi sur le cheminement de l'acception. Bref, c'est un soulagement et je pense que je vais même continuer à rencontrer des filles de ma région pour des sorties conviviales, papoter et échanger nos ressentis...
Cin
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Re: Dans le placard, sous l'escalier

Message par Cin »

yepp!! Felicitation :gentil:

très bien, bin voila c’était pas si dur.. maintenant il va falloir un peu persévérer et certaines choses vont se débloquer d'elles même!
Rusalka
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Inscription : jeu. sept. 04, 2008 6:35 pm

Re: Dans le placard, sous l'escalier

Message par Rusalka »

Bravo !

Et bon courage pour continuer, même si tu as franchi une bonne partie des difficultés.
Comme je me suis reconnue dans certains aspects de ton récit (retour difficile à la case parents, notamment), je t'envoie plein de soutien :gentil: .
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