J'ai passé ma nuit, entre deux phases de sommeil, à retourner tout ça dans ma tête, à réfléchir encore et encore.
Pas très frais ce matin, j'ai expédié ma tournée et une fois chez moi, de nouveau j'ai gambergé: le téléphone, l'Email, MSN?
Je choisis le téléphone, car c'est encore ce que je préfère, dans le sens où je peux avoir la réaction en face immédiatement. C'est plus rassurant, je me dis qu'au moins, si mauvaise réaction il y a, on peut difficilement la masquer.
Donc, plein de courage et mort de trouille en même temps, je l'appelle. On parle de banalités, et plus ça passait, plus je me disais "Mais comment tu vas engager le sujet?" Et j'ai fini par lui demander ce qu'il voulait me faire dire, hier soir. Pas très courageux, j'avoue, mais j'étais un peu déstabilisé. Impossible pour moi d'aborder directement le sujet.
Et là, il me dit "Bon, ça veut pas sortir, alors je vais le demander direct: tu sors avec des mecs, c'est ça?" Petit moment de flottement chez moi, puis j'ai dit oui. Avec la belle boule dans la gorge, quand même.
On a bien passé ensuite une heure à en discuter. Ce que j'en retiens, c'est qu'il m'en a voulu d'avoir tant attendu avant de lui dire, et que, comme vous le suggériez, il pensait que je n'avais pas assez confiance en lui pour lui dire (ce qui le mettait en rage, visiblement).
J'ai voulu savoir depuis quand il se doutait de quelque chose. Ca faisait bien un an qu'il le pressentait, suite à quelques jours de vacances passés chez moi. Il avait remarqué, sur mes étagères, des films comme Brockeback Mountain ou Happy Together, mais surtout une photo encadrée de mon ex-compagnon. Une photo innocente, certes, mais comme il m'a dit en rigolant, il se doutait que ce n'était pas mon frère vu que je suis fils unique, donc le rapprochement dans sa tête a été vite fait. Rajoutez à ça que je ne parlais jamais de filles, etc... Il n'a pas mis longtemps à comprendre.
J'ai fini par lui demander s'il s'était mépris sur mes intentions, à quelque moment que ce soit. Ca me taraudait, même si seul en sa présence, j'ai toujours pris le plus de distance possible avec lui, pour éviter tout malentendu. Et il a eu une réponse qui m'a fait plaisir: "C'est pas parce que t'es homo que t'es un vicieux obsédé. Si j'avais cru que tu allais me sauter dessus, je ne serai pas resté plus longtemps pour ces vacances seul avec toi". Je cite de mémoire, mais c'est à peu près ça.
Ca m'a enlevé un sacré poids, car il aurait pu s'imaginer les pires choses. Comme quoi, je me suis fait un monde de ce qui n'avait pas lieu d'être. C'était lui le plus réfléchi et le plus mûr des deux, pour le coup, j'ai l'impression.
Je réalise que j'ai compliqué inutilement une situation qui s'avérait simple, mais j'avais besoin de vous en parler avant de faire ce coming-out là. Encore merci de vos conseils et avis.
Et je tenais à dire que je suis fier de ce fils "par alliance". Je pensais déjà que c'était un sacré petit gars, là il n'a fait que me le confirmer.
Edit: en effet, SebLyonnais, il sait ce qu'il représente à mes yeux, que c'est le fils que j'aurais rêvé d'avoir. Et il m'a répété plusieurs fois qu'il était heureux que je pense ça de lui. Et que lui me verrait toujours comme son grand frère, que mon orientation sentimentale n'y changeait rien.