Le non coming out.

Sortez de l'ombre !
Kliban
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Message par Kliban »

Lézard - sous sa mue
queue de paradis-
ier fauve chemise
embrasée presque
bleu nuit des nus
charlédwardesques

:)

Tibi, voisin ! :)
Drlrleu
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Message par Drlrleu »

J'ai lu tous vos messages. Que de sagesse !

Reparlons, voulez-vous, des effets secondaires... Ils ne sont pas toujours souhaitables, certes, mais si souvent sources de satisfaction :

L'étourdissement qui suit les ébats n'est-il pas délicieux ? La gueule de bois qui vous évitera à coup sur le retour de noce du cousin Jean-Mich n'a-t-elle pas malgré tout un goût de paradis ?

Les effets secondaires du coming out, les déceptions, les surprises, les peines et le grand ménage, n'en sont-ils pas en partie le sel ?

Bon, notez que si mon CO devait s'accompagner de manière plus primaire d'amour sincère, de la paix intérieure et de tout le tralala, on est d'accord, je ne ferais pas la fine bouche ; mais vous devez convenir que tout ce violon serait un peu maigre pour donner au grand père que je ne manquerai pas d'être une histoire à même de tenir éveillés ses petits enfants plus d'une minute.

Surtout, merci. J'ai eu des bons conseils. De gentils compliments. Vous avez eu sur mon moral l'effet que l'Ovomaltine procure à l'écolier : vous l'avez dopé.

Et c'est à ce moment que le téléphone a sonné. Mon portable a reconnu le numéro pour moi : c'était ma soeur. Elle et moi nous téléphonons à peu près une fois tous les six mois. Pourtant, nous nous entendions très bien lorsque j'étais étudiant dans la ville où elle travaillait. Je n'y avais jamais pensé, mais peut être bien qu'elle me manque.

"C'est la frangine ! Génial !, me suis-je dit, tel Apsyrtos recevant un coup de fil de Médée.

Je dois vous préciser que ma soeur a été nourrie au cinéma de Douglas Sirk et que son petit coeur ne bat que pour les causes perdues. Vous voyez où je veux en venir ? Dans le mille, Watson, vous faites des progrès stupéfiants.

Oui, j'ai tout balancé. Le boulot qui me gonfle, le masculin qui l'emporte sur le féminin comme au bon vieux temps de la grammaire, les envies de changements. Tout, vous dis-je. Pour la toute première fois à l'oral, sans l'aide de l'écriture, sans filet.

Ma soeur n'a pas été surprise. Elle m'a confié avoir toujours décelé dans mon regard un tendre éclat lorsqu'il croisait celui du pharmacien qui officiait au coin de la rue ; je me suis rappelé le pharmacien ; nous avons ri ensemble. Nous avons parlé d'autre chose, de tout et de rien. Je suis homo, elle est très contente pour moi, et elle le sera certainement plus encore le jour où j'aurai rencontré l'âme frère. Ne dites pas que j'ai pleuré, c'était une poussière dans mon oeil...

Et votre éclat plus tendre encore,
comme un vacarme en sourdine,
hurlait en langage des signes :
et alors ?

Cette diable de vie est tout sauf marigertrudienne, talentueux voisin, isn't it ?
nouuu

Message par nouuu »

Un régal à nouveau ce petit texte :D

Ravie de voir que ta sœur réagit bien, rien de tel que le soutien fraternel pour continuer d'avancer !
Régal Délice

Message par Régal Délice »

Magnifique ! :D

Moi aussi, je l'ai dit à ma soeur en premier, qui l'a très bien pris ; ça nous avait même rapprochés, en fait, car après je n'étais plus une énigme incompréhensible à ses yeux, j'avais gagné en consistance, j'étais devenu moins abstrait et plus humain... Bref. Tu dois te sentir un peu drôle, non ?

Je suis impatient de lire ton prochain post !
Rusalka
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Message par Rusalka »

Et bien tu vois, c'était pas si difficile ! En plus il s'est bien passé, je suis super contente pour toi :)

Et comme c'est un régal de te lire, dépêche-toi d'en faire d'autres et de venir nous les raconter !
Quant à la poussière dans l'oeil...ça t'apprendra à faire le ménage chez toi! Garnement ! :twisted:
Kliban
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Message par Kliban »

Tu as pleuré. C'était une poussière. Il en faut. Comment sinon ferait-on pour voir les halos autour des réverbères ? Tu as pleuré. A cause des réverbères. Et de l'envie des halos, qui nous tient. C'est la saison des sœurs, qui revient - je suis en carence de sœurs, et mon frère qui ne fait que des garçons ! A qui dirai-je, moi, la chance que nous avons de connaître un garçon qui ne refuse guère l'auréole à l'orée des réverbères éhalorés ? Allo ? Il y aura jours-nuits, il y aura. Il y eut. Passé décomposable. Futur recomposé. Un halo. Temps poussières - nous pleurons, parfois. C'est comme ça. Un peu de. Libération. sauv.age. Va !

C'est bon à manger, ce que tu nous livres - tu le sais ? :) !
Tempérance
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Message par Tempérance »

Emouvant, touchant, enthousiasmant, oui, c'est tout cela à la fois ton témoignage, les soeurs, bénies soient-elles quand elles vous font rire et quand leurs amours fraternels vous inondent et vous soutiennent quoi qu'il arrive, tu sais, tu lui a fait le plus grand des cadeaux, tu t'es laissé approché, c'est beau tout simplement :amour:
lino_grenoble
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Message par lino_grenoble »

drlrleu ta nouvelle vie peut passer par devenir écrivain...

essaye d'écrire des livres 8) serieusement

bisous à tous
Drlrleu
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Message par Drlrleu »

Ce qu'il y a de terrible avec l'outing, c'est cette satanée dépendance qui vous saisit à la gorge dès le premier shoot. Le bidule qui crée le bidule, le machin qui entraîne le machin, comme dirait Antoine Blondin : une fois passé le cap de la première fois apparaît en effet cet indéniable effet d'entraînement qui vous pousse à causer à toutes les soeurs qui passent à portée de confession.

Hélas, le stock n'est pas inépuisable.

A titre personnel, il se compose en tout et pour tout de deux frangines -exclusion faite de celle(s) dont je ne soupçonne que vaguement l'illégitime existence et qui ne mérite sûrement pas d'apprendre coup sur coup qu'elle a un frère caché, et que c'est une tapette. C'est ainsi que j'ai consommé en deux jours l'intégralité des réserves officielles de soeurs de la famille Drlrleu.

Au passage, j'en profite pour vous dire que mon CO vis à vis de la seconde s'est à peu près bien passé : si elle a poliment parlé d'autre chose, je suis à peu près sur de l'avoir entendue sourire après coup.

Non, mon vrai problème a été d'étoffer mon stock d'interlocuteurs dans le but de satisfaire une soif de vérité restée trop longtemps insatisfaite.

J'ai bien pensé à établir un roulement entre les deux frangines, mais la peur de lasser a eu raison de cette première idée.

Ensuite, j'ai logiquement envisagé de me confier à mon frangin, qui a l'avantage de boire suffisamment pour oublier la nouvelle en moins de vingt quatre heures et peut donc être ré-utilisé tous les soirs comme une cassette qu'on rembobine. J'ai également renoncé : son penchant pour le sauvignon l'empêchant de comprendre un traître mot de ce que je lui raconte, l'intérêt de rejouer avec lui le boléro de Ravel ne m'a pas paru évident.

Dans le même ordre d'idée, mes parents, qui ont l'art de façonner le monde à leur manière, ne comprendraient que ce qu'ils voudraient comprendre de mes révélations, et saperaient ma chère vérité de ce genre de manteau :

"Qu'est ce qu'il a dit, le petit ; il est gay ?
-Oui, gai, enfin, joyeux comme un pinson, tu sais.
-Ah, chic, vivement qu'il nous fasse des enfants alors.
-Hmmm, figure toi que mon instinct de mère me dit que ça ne va pas tarder..."

Ce qui, il faut en convenir, amoindrirait fortement ce plaisir immodéré que procure un coming out en bonne et due forme : briser en mille morceaux l'espoir que caressent nos chers géniteurs de nous voir marié et de leur assurer une descendance qui viendra plus tard les visiter chaque année à la Toussaint.

Exit donc les parents ; que me reste-t-il ? Pas d'ami, nous en avons déjà parlé. Aucun grand-parent : ils sont tous partis trop tôt, hélas, pour pouvoir être anéantis par la nouvelle.

Ah, mais si, quel tête en l'air je fais, il me reste une grand-mère ! Elle est si petite que je l'oublie toujours...

Las, je n'ai pas grand chose à attendre de la chère ancêtre : elle a la sale manie de tout pardonner. Pire, elle serait capable de me trouver des excuses, un traumatisme post natal expliquant mon comportement ou quelque chose dans le même goût ; et je crois que je supporterais assez mal de voir mon identité ainsi rangée dans le vaste coffre de la folie des hommes, quelque part entre la guerre de 14 et le réchauffement de la planète.

Voilà comment mon coming out s'est arrêté, faute de carburant.

C'est à ce stade de la réflexion que le souvenir de vos commentaires a vrillé mes tympans corrompus : et si, plutôt que de crier dans le vide, je le remplissais d'un peu de moi et de beaucoup d'autres pour venir y chuchoter ?


OFF-Topic :
[quote] essaye d'écrire des livres serieusement [/quote]

Je peux écrire des livres de bien des manières, mais pas sérieusement. Bien sur, si tu voulais dire sérieusement que je devrais écrire des livres, je serais obligé de trouver une pirouette pour te remercier sans rougir.
Dernière modification par Drlrleu le ven. déc. 18, 2009 8:21 pm, modifié 1 fois.
floridjan
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Message par floridjan »

Drlrleu a écrit :Au passage, j'en profite pour vous dire que mon CO vis à vis de la seconde s'est à peu près bien passé : si elle a poliment parlé d'autre chose, je suis à peu près sur de l'avoir entendue sourire après coup.
Une fois de plus, j'ai failli répondre à côté de la plaque^^
Emporté par le galop de ma lecture trépidante, en effet, j'avais lu "soupire" et non "sourire", ce qui ne donne absolument, complètement, définitivement pas lieu à la même interprétation...

Donc, ce que je voulais répondre tombe à l'eau.

Et mon poste est complètement inutile.

Merci de ne pas en tenir compte

et vu que vous n'en tenez pas compte, trop fort, je peux donc dire ce que je veux en total impunité !!!!

Youhou hou vive l'amour ! Vive les fleurs et les petits oiseaux. Et les sosies de Marilyn Monroe ! Pirlouit, t'es un méchant ! Peace and love ! I love you ! I love Paris ! Oh, I love myself ! Paris !
Dernière modification par floridjan le mar. mars 10, 2009 6:27 am, modifié 1 fois.
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