Rosslaew a écrit :edit : j'ai oublié de plussoyer Scarlett :
Je crois que nos trois posts (celui de Wilhelm, le tien Rosslaew, et le mien) sont complémentaires. On pointe tous dans une même direction ^^.
Rosslaew a écrit :edit : j'ai oublié de plussoyer Scarlett :
Désolé de t'avoir agacée.La Noiraude a écrit :J'ai pas lu toutes les réponses, agacée par les "tu as fait une erreur" ; je dirais que c'est bon, il le sait visiblement, et que ce n'est pas en le lui rappelant qu'on le fera avancer...
Tellement courant, tellement vrai, et tellement regrettable...La Noiraude a écrit :Ben voyons. C'est vrai qu'ils nous ont apporté beaucoup de bonheur en pensant à nous avant de penser à eux : les repas à table sans qu'ils s'adressent la parole car plus rien à se dire depuis des années, les rancunes et les rancoeurs tues, puis jetées subitement au visage de l'autre, avec de sympathiques engueulades à la clef (en oubliant bien sûr que les gosses ont des oreilles), toutes les tensions non dites mais tellement palpables, le silence entre eux, toujours, ce silence si pesant qu'il nous muselait mon frère et moi nous plongeant dedans de concert avec nos vieux... (oui, du silence de concert, je vous le dis, cela existe...)
De par ma très récente expérience en la matière (annonce de la séparation du couple conjugal aux enfants la semaine dernière), il me semble assez clair que les enfants ressentent tous ces malaises: Notre aîné (pas tout à fait 9 ans) nous a dit qu'il se doutait que ça arriverait un jour. Oui, avant 9 ans, il sentait le mal-être qui pesait au sein de la famille.La Noiraude a écrit :Je poste donc juste pour dire une chose qui n'engage que moi, et qui peut-être aura déjà été dite par d'autres.
J'ai été élevée par des parents qui de leur point de vue n'ont pas été égoïstes, mais ont placé le bonheur de leurs enfants avant le leur dans la mesure où ils sont restés à vivre sous le même toit "pour les gosses", histoire qu'ils aient un père et une mère, pas comme ses enfants de divorcés.
Ben voyons. C'est vrai qu'ils nous ont apporté beaucoup de bonheur en pensant à nous avant de penser à eux : les repas à table sans qu'ils s'adressent la parole car plus rien à se dire depuis des années, les rancunes et les rancoeurs tues, puis jetées subitement au visage de l'autre, avec de sympathiques engueulades à la clef (en oubliant bien sûr que les gosses ont des oreilles), toutes les tensions non dites mais tellement palpables, le silence entre eux, toujours, ce silence si pesant qu'il nous muselait mon frère et moi nous plongeant dedans de concert avec nos vieux... (oui, du silence de concert, je vous le dis, cela existe...)
Il faut essayer de ne pas mélanger vie public et intimité. Tu n'es pas heureux avec ta femme dans l'intimité. Ca devient difficile, si ce n'est impossible, de l'être en public. En revanche, tu l'as dit toi même, tu es heureux avec un homme dans ton intimité. (Cf "la plus belle période de ma vie".) Après, c'est vrai que c'est lourd de supporter les philistins et leur regard dès qu'on fait preuve d'affection en public. Mais c'est secondaire par rapport à ton bonheur intime. Et ça se dépasse avec l'habitude. (Et puis, s'enfermer dans un mode de fonctionnement qui nous déplait serait offrir une victoire à tout ces gens.)Pikpik28 a écrit :C'est vrai que je ne suis pas heureux dans cette situation. Mais l'autre situation que j'ai vécue avec mon dernier ami était difficile car elle m'a fait prendre conscience que je ne pourrai pas vivre exactement une relation avec un garçon comme avec une fille. J'étais naïf et pensais qu'on pouvait tenir la main de son ami et l'embrasser où bon me semblais. Mais le regard et les réflexions des autres m'a fait comprendre que tout n'est pas encore rentré dans les moeurs, même dans une ville comme Paris. J'ai du mal avec ça. Ca ne me correspond pas de devoir vivre en faisant attention en permanence. Mais c'est comme ça et ça sera certainement quelque chose qu'il faudra accepter, à défaut de ne pas pouvoir faire évoluer les mentalités aussi rapidement.
Wilhem a écrit :Ton raisonnement est tout à fait humain et compréhensible, une fois encore, malheureusement, notamment la 3eme raison, bien qu'émotivement forte, ne suffisent pas à justifier la conception d'un enfant. Il a un peu été érigé en rempart pour toi, en rempart contre tes doutes. On ne compense pas non plus une mort par une vie, mais je me doute que les choses se sont passées vite, que tu n'as pas forcément eu à te poser ces questions vu le doute dans lequel t'étais plongé.
Ca était effectivement difficile pour elle de prendre une décision. Elle avait même pris un 1er rdv à l'hopital pour pouvoir faire une IVG. Mais suite à une discussion téléphonique que nous avons eue juste avant ce rendez-vous, elle a fait machine arrière. Une des raisons évoquées par elle était qu'on ne pouvait pas pratiquer une IVG pour un bébé qui avait été désiré au moment de la conception et qui provenait d'une relation de plus de 8 ans. Ca n'avait pas de sens et j'étais d'accord avec cela, même si j'étais rempli de doutes à côté. Si je me souviens bien, ce rendez-vous avait été pris parce que notre couple battait de l'aile et non parce que je lui avais révélé mon attirance pour les hommes. Bien que le lien soit clairement établi entre ces deux points, je crois me souvenir que ma révélation était intervenue après la prise de rendez-vous. Donc le principe de ne pas garder l'enfant était basé sur le fait que nous nous querellions et non que j'étais homo. Ca change un peu les choses. Sans qu'elle le sache, les querelles provenaient de la distance que je mettais suite à ma relation avec mon ami. Moi je savais pourquoi il n'était peut être pas bon de garder ce bébé mais elle ne connaissait pas vraiment la raison principale. Et comment pratiquer un tel acte pour une question d'orientation sexuelle dont je n'étais pas certain? Pour tout cela, je ne regrette pas d'avoir conçu cet enfant. Il est venu à un moment où elle et moi le voulions. Je ne savais pas comment allaient évoluer les choses et aujourd'hui encore je ne connais pas l'avenir.J'imagine qu'après avoir tant voulu un bébé, le choix pour ta compagne a du être cornélien. Peut-être même n'a-t-elle pas voulu comprendre la totalité de ce que tes révélations impliquaient, par incapacité à gérer la déchirure que cela représentait dans ses espoirs et ses plans d'avenir.
Pour toutes ces raisons, amour inclus, elle a décidé de garder cet enfant...
Tu as certainement raison, mais je n'arrive pas à être aussi catégorique que toi.L'idée à présent, c'est d'arriver à évoluer tous les deux vers une situation saine. A savoir arrêter de se bourrer le mou mutuellement. Elle t'aime, ce n'est pas réciproque. Point.
C'est ton amie, ta soeur, ton alliée de toujours, tu la chéris comme telle, mais certainement pas comme ta femme (romantiquement et sexuellement parlant). Il est donc inutile, et douloureux, de chercher à prolonger ce mirage.
Rester avec elle dans cette optique va vous détruire tous deux, vous enfermer dans une vie faite de frustration et de mensonge, qui vous conduira peut-être à terme à vous haïr et à vous entre-déchirer, pour le plus grand désespoir de votre enfant.
C'est vrai. Je suis tombé sous le charme dès que je l'ai vu et elle aussi. On peut même parler de coup de foudre. Nous avons développé une très grande complicité. Elle a partagé 8 ans de ma vie. Ce n'est peut être rien en comparaison de couples qui se séparent au bout de 20 ans. Mais je ne peux pas l'effacer comme ça. Et je ne sais pas si j'en ai envie. Car je ne suis pas non plus très malheureux avec elle. C'est juste que je ne suis pas très épanoui. Mais le serai-je avec un garçon? Je l'étais avec mon dernier ami, mais tout en sachant qu'il allait partir. Ca ma protégeait car je connaissais la fin dès le début et me permettait de vivre quelque chose de court mais intense.Personnellement, j'ai l'impression que ta situation est d'autant plus difficile étant donné la personne qu'est cette demoiselle. De ce que tu dis j'ai l'impression que c'est une personne géniale, très amoureuse de toi et compréhensive, qui se donne à fond pour que ça marche et tout. Et j'ai l'impression que c'est ce que tu penses aussi (vu que c'est l'impression que j'ai eue en te lisant) et que pour tout ça tu tiens d'autant plus à elle.
Tout à fait d'accord avec ça et je vais lui dire dès que possible.D'ailleurs, si tu sens vraiment que le lien entre la mère et l'enfant est brouillé à cause de cela, je ne saurais que trop t'inciter à répéter dès que l'occasion se présente que le bébé n'y est pour rien, que les choses auraient évolué de cette façon avec ou sans lui. Car le pauvre bouchon risque sinon de doublement pâtir de ce fiasco.
Merci ^^. Je ne sais pas si je suis pertinente, en tout cas j'essaye d'être honnête avec toi quant à mon ressenti sur cette situation. Même si cela induit d'énoncer crûment certain point. A mon sens, c'est la partie la plus difficile de toute remise en cause (petite ou grande) : faire face à la réalité, et pas seulement sa propre réalité, mais aussi celle des gens impliqués.Pikpik28 a écrit :Scarlett, concernant la fin de ton message, là encore une fois je suis d'accord avec toi. Tu es de très bons conseils et je trouve que ce que tu dis est très pertinent, tout comme tous les autres messages que j'ai pu lire.
Que vous ayez tous deux voulu cet enfant, je n'en doutais pas. Que tu aimes ce bébé, je n'en doute pas non plus. Maintenant pour tout le reste (contexte, révélation, non-révélation, couple qui n'en est pas un etc), tu connais mon point de vue sur la question ^^ : c'est extrêmement casse-gueule.Pikpik28 a écrit : [...] Donc le principe de ne pas garder l'enfant était basé sur le fait que nous nous querellions et non que j'étais homo. Ca change un peu les choses. Sans qu'elle le sache, les querelles provenaient de la distance que je mettais suite à ma relation avec mon ami. Moi je savais pourquoi il n'était peut être pas bon de garder ce bébé mais elle ne connaissait pas vraiment la raison principale. Et comment pratiquer un tel acte pour une question d'orientation sexuelle dont je n'étais pas certain? Pour tout cela, je ne regrette pas d'avoir conçu cet enfant. Il est venu à un moment où elle et moi le voulions. Je ne savais pas comment allaient évoluer les choses et aujourd'hui encore je ne connais pas l'avenir.
Tu n'es pas "très" malheureux avec elle, mais tu n'es pas "très" épanouie. Finalement tu n'es pas "très" bien, en somme...Pikpik28 a écrit :Car je ne suis pas non plus très malheureux avec elle. C'est juste que je ne suis pas très épanoui. Mais le serai-je avec un garçon? Je l'étais avec mon dernier ami, mais tout en sachant qu'il allait partir. Ca ma protégeait car je connaissais la fin dès le début et me permettait de vivre quelque chose de court mais intense.
Je pense que tu as raison Scarlett. Si je reste dans cette situation, ça va peut être nous enfermer et nous frustrer (ce qui est déjà un peu le cas aujourd'hui) Mais je ne me voyais pas vivre sans elle avant la venue de l'enfant, alors je te laisse imaginer maintenant.
Tu nous dis qu'aucune réelle décision n'a été prise avec ta compagne à ce sujet, pourtant tu as aussi expliqué dans ton premier post que :Pikpik28 a écrit :C'est pour ça que mon psy m'avait donné le conseil de ne pas tout arrêter avec elle comme ça. Il me disait que toutes les situations existent. Par exemple, il me disait qu'un de ses clients (on parle de client car c'est un psychothérapeute), un homme homo et marié avec des enfants, a révèlé son homosexualité un jour à sa femme. Elle en encaissé l'onde de choc et accepte qu'il fasse ce qu'il souhaite en dehors mais ils restent "ensemble" quand même. La situation n'est pas invivable pour eux apparemment dans la mesure où les choses ont été clairement dites.
C'est pour ça que j'ai parlé à mon amie. Pour qu'elle connaisse ce que je ressens. Mais aucune vraie décision n'a été prise aujourd'hui suite à ça, ni par elle ni par moi.
Alors que c'est-il passé ? Une prise de conscience subite ? ...Pikpik28 a écrit :Mais j'ai choisi quand même de parler à mon amie il y a quelques mois en lui disant que les doutes de l'époque sur ma sexualité étaient fondés et que j'ai bien une attirance pour les hommes. Elle a compris mais m'a dit qu'elle ne supporterait pas l'idée que je sois avec elle et avec des garçons. Ce que je peux comprendre.
Si, si cela s'envisage... à deux. Et dans ton cas, dans un couple dit "libre" de surcroît. Quelque chose me dit que ta situation ne correspond pas au pré-requis, quelque soit l'envie que tu es de la faire matcher.Pikpik28 a écrit :Est-ce si impossible d'imaginer une vie différente des modèles qu'on connaît? N'y a-t-il pas une place pour une autre forme de couple? (je parle par exemple de bisexualité)
Voilà je ne suis plus au stade de me dire : pourquoi j'ai fait ça? etc. Ca m'a bouffé les premiers mois de la grossesse et j'ai envie de pouvoir apprécier les derniers mois qui restent.Ca m'a légèrement fait sourire. Car plein de gens font des enfants pour de mauvaises raisons. Ou pour des raisons qui ne semblent pas valable mais qui pour eux tiennent la route. Toujours est il que maintenant l'enfant est conçu, alors que les raisons soient valables ou pas, c'est sans grande importance. Surtout que ces dites "mauvaises raisons" ne doivent pas devenir une excuse. :s
Oui mais je n'arrive pas à me convaincre que je peux être plus heureux autrement. Je l'ai été durant ces 7 derniers mois avec mon ami. C'est peut être là-dessus qu'il faut que je me base pour pouvoir avancer.Tu n'es pas "très" malheureux avec elle, mais tu n'es pas "très" épanouie. Finalement tu n'es pas "très" bien, en somme...
Dans le mille! Et j'espère de tout coeur que le jour où on sera amené à se séparer réellement, on pourra garder une relation amicale, même si cela doit prendre du temps en effet.Vu de ma fenêtre, j'ai la nette impression que tu as peur de perdre ce point de repère qu'elle constitue, cette sécurité (à tes propres yeux comme à ceux du reste de la société "hétéro") ; que tu crains de devoir faire un trait sur votre affection (qui si elle n'est pas amoureuse, du moins pas de ton côté, n'en est pas moins réelle) et sur votre complicité. Mais ce n'est pas une obligation.
Oui elle ne supporterait pas l'idée que je puisse poursuivre ma relation avec elle tout en sachant que je pourrai aller voir ailleurs en même temps. Mais lorsque j'ai discuté de ça avec elle, il n'y a pas eu de véritable révolution dans notre vie de couple. Car elle connaissait déjà mes doutes sur ma sexualité lorsque je lui en avais fait part après mon premier flirt homo il y a 5 ans. Le problème est qu'elle m'a dit à chaque fois qu'il fallait que j'aille jusqu'au bout pour savoir si j'étais vraiment homo ou pas. J'y suis allé plusieurs fois, et notamment ces derniers mois. Mais je ne peux pas lui dire tel quel. Ca sous entendrait que je l'ai trompé durant sa grossesse et ça finirait de l'achever. Elle ne mérite pas ça.Alors que c'est-il passé ? Une prise de conscience subite ? ...
Bingo encore une fois!(...) elle très amoureuse de toi. Or elle t'as déjà clairement exprimée ce qu'elle ressentait à ce sujet. Selon moi ce revirement, ou cette indécision, est suspecte. J'ai la sensation qu'elle te sent sur le point de partir, et qu'elle va accepter n'ipmorte quoi pour te retenir. Y comprit quelque chose qui est aux antipodes de ce qu'elle ressent...
Non je n'ai pas envie de m'enfermer dans cette vie là, mais l'autre vie me fait peur comme tu l'as souligné Scarlett.Tu as vraiment envie de t'enfermer dans une vie de couple avec ta meilleure amie (pour mettre des mots sur tes sentiments. Car si tu l'as aimé comme ta femme, aujourd'hui ce n'est plus le cas), sachant que tu te coupes de fait la possibilité de construire un nouveau couple amoureux, en adéquation avec ton identité sexuelle ?
Il me semble que c'est la juste synthèse de ce par quoi tu passes. Tu as peur, tu renâcles, tu fuis plus ou moins ouvertement le changement qui semble pourtant s'imposer.Pikpik28 a écrit : Je me cherche certainement des excuses. Et c'est vrai que je ne peux plus agir de manière égoïste : il faut que je pense aussi à son bonheur et à celui de l'enfant. Mais je ne sais pas par où commencer. Je sais qu'il faut que je lui parle sérieusement, mais je n'arrive pas à trouver le courage. Il y a en ce moment une période de répis entre nous. Ca fait du bien après des mois de tensions et de pleurs... J'y arriverai mais j'ai encore besoin de temps.