Coming out d'un futur papa

Sortez de l'ombre !
Scarlett
Messages : 215
Inscription : ven. juil. 16, 2010 7:54 am

Re: Coming out d'un futur papa

Message par Scarlett »

Rosslaew a écrit :edit : j'ai oublié de plussoyer Scarlett :
:wink:

Je crois que nos trois posts (celui de Wilhelm, le tien Rosslaew, et le mien) sont complémentaires. On pointe tous dans une même direction ^^.
La Noiraude
Messages : 6664
Inscription : lun. avr. 03, 2006 7:14 am

Re: Coming out d'un futur papa

Message par La Noiraude »

J'ai pas lu toutes les réponses, agacée par les "tu as fait une erreur" ; je dirais que c'est bon, il le sait visiblement, et que ce n'est pas en le lui rappelant qu'on le fera avancer...


Je poste donc juste pour dire une chose qui n'engage que moi, et qui peut-être aura déjà été dite par d'autres.
J'ai été élevée par des parents qui de leur point de vue n'ont pas été égoïstes, mais ont placé le bonheur de leurs enfants avant le leur dans la mesure où ils sont restés à vivre sous le même toit "pour les gosses", histoire qu'ils aient un père et une mère, pas comme ses enfants de divorcés.

Ben voyons. C'est vrai qu'ils nous ont apporté beaucoup de bonheur en pensant à nous avant de penser à eux : les repas à table sans qu'ils s'adressent la parole car plus rien à se dire depuis des années, les rancunes et les rancoeurs tues, puis jetées subitement au visage de l'autre, avec de sympathiques engueulades à la clef (en oubliant bien sûr que les gosses ont des oreilles), toutes les tensions non dites mais tellement palpables, le silence entre eux, toujours, ce silence si pesant qu'il nous muselait mon frère et moi nous plongeant dedans de concert avec nos vieux... (oui, du silence de concert, je vous le dis, cela existe...)

Je n'ai aucun respect pour les parents qui pensent à leurs mômes avant de penser à eux : ce sont juste des lâches.
Ils n'assument pas leurs envies, ils ont peur de se projeter dans un futur dont ils ignorent tout, et préfèrent rester dans leur quotidien crasse en faisant endosser la responsabilité de cet état de fait à leur soi-disant altruisme.

Putain, les gens qui ont des mômes, je vous assure que c'est bien mieux de voir leurs parents séparés mais heureux chacun de leur côté, que sous le même toit avec zéro espoir de toucher un jour le bonheur. Comment vous pouvez imaginer qu'un gosse peut être heureux dans ces conditions ???

Se pose ensuite la responsabilité évoquée par tous d'un géniteur envers un foetus, mais mes idées étant très à contre courant et mon but n'étant pas de lancer ici une polémique, je me contenterai d'évoquer ce point, en espérant que Pikpiknuméro comprenne ce que j'entends par là...
Scarlett
Messages : 215
Inscription : ven. juil. 16, 2010 7:54 am

Re: Coming out d'un futur papa

Message par Scarlett »

La Noiraude a écrit :J'ai pas lu toutes les réponses, agacée par les "tu as fait une erreur" ; je dirais que c'est bon, il le sait visiblement, et que ce n'est pas en le lui rappelant qu'on le fera avancer...
Désolé de t'avoir agacée.
Mais vu qu'il est difficile d'exposer un point de vue en omettant le postulat de départ, et que chacun des posts ci-dessus fut écrit individuellement. Ben malheureusement il y a des répétitions désagréable :chaipas:...

La Noiraude a écrit :Ben voyons. C'est vrai qu'ils nous ont apporté beaucoup de bonheur en pensant à nous avant de penser à eux : les repas à table sans qu'ils s'adressent la parole car plus rien à se dire depuis des années, les rancunes et les rancoeurs tues, puis jetées subitement au visage de l'autre, avec de sympathiques engueulades à la clef (en oubliant bien sûr que les gosses ont des oreilles), toutes les tensions non dites mais tellement palpables, le silence entre eux, toujours, ce silence si pesant qu'il nous muselait mon frère et moi nous plongeant dedans de concert avec nos vieux... (oui, du silence de concert, je vous le dis, cela existe...)
Tellement courant, tellement vrai, et tellement regrettable...
Lolo
Messages : 1019
Inscription : mer. juil. 07, 2010 10:32 am

Re: Coming out d'un futur papa

Message par Lolo »

La Noiraude a écrit :Je poste donc juste pour dire une chose qui n'engage que moi, et qui peut-être aura déjà été dite par d'autres.
J'ai été élevée par des parents qui de leur point de vue n'ont pas été égoïstes, mais ont placé le bonheur de leurs enfants avant le leur dans la mesure où ils sont restés à vivre sous le même toit "pour les gosses", histoire qu'ils aient un père et une mère, pas comme ses enfants de divorcés.

Ben voyons. C'est vrai qu'ils nous ont apporté beaucoup de bonheur en pensant à nous avant de penser à eux : les repas à table sans qu'ils s'adressent la parole car plus rien à se dire depuis des années, les rancunes et les rancoeurs tues, puis jetées subitement au visage de l'autre, avec de sympathiques engueulades à la clef (en oubliant bien sûr que les gosses ont des oreilles), toutes les tensions non dites mais tellement palpables, le silence entre eux, toujours, ce silence si pesant qu'il nous muselait mon frère et moi nous plongeant dedans de concert avec nos vieux... (oui, du silence de concert, je vous le dis, cela existe...)
De par ma très récente expérience en la matière (annonce de la séparation du couple conjugal aux enfants la semaine dernière), il me semble assez clair que les enfants ressentent tous ces malaises: Notre aîné (pas tout à fait 9 ans) nous a dit qu'il se doutait que ça arriverait un jour. Oui, avant 9 ans, il sentait le mal-être qui pesait au sein de la famille.

Il vaut mieux vivre heureux séparés que malheureux ensemble. C'est mieux pour les enfants.
zphyr
Messages : 6444
Inscription : mer. janv. 30, 2008 6:10 pm

Re: Coming out d'un futur papa

Message par zphyr »

Alors qu'un couple qui se sépare sans hurlements et dans l'intérêt des enfants, ça marche bien !! (Enfin, au moins pendant 6ans :wink: ).
Zünisch
Messages : 6903
Inscription : mer. mai 30, 2007 7:15 pm

Re: Coming out d'un futur papa

Message par Zünisch »

Pikpik28 a écrit :C'est vrai que je ne suis pas heureux dans cette situation. Mais l'autre situation que j'ai vécue avec mon dernier ami était difficile car elle m'a fait prendre conscience que je ne pourrai pas vivre exactement une relation avec un garçon comme avec une fille. J'étais naïf et pensais qu'on pouvait tenir la main de son ami et l'embrasser où bon me semblais. Mais le regard et les réflexions des autres m'a fait comprendre que tout n'est pas encore rentré dans les moeurs, même dans une ville comme Paris. J'ai du mal avec ça. Ca ne me correspond pas de devoir vivre en faisant attention en permanence. Mais c'est comme ça et ça sera certainement quelque chose qu'il faudra accepter, à défaut de ne pas pouvoir faire évoluer les mentalités aussi rapidement.
Il faut essayer de ne pas mélanger vie public et intimité. Tu n'es pas heureux avec ta femme dans l'intimité. Ca devient difficile, si ce n'est impossible, de l'être en public. En revanche, tu l'as dit toi même, tu es heureux avec un homme dans ton intimité. (Cf "la plus belle période de ma vie".) Après, c'est vrai que c'est lourd de supporter les philistins et leur regard dès qu'on fait preuve d'affection en public. Mais c'est secondaire par rapport à ton bonheur intime. Et ça se dépasse avec l'habitude. (Et puis, s'enfermer dans un mode de fonctionnement qui nous déplait serait offrir une victoire à tout ces gens.) :wink:
Wilhem a écrit :Ton raisonnement est tout à fait humain et compréhensible, une fois encore, malheureusement, notamment la 3eme raison, bien qu'émotivement forte, ne suffisent pas à justifier la conception d'un enfant. Il a un peu été érigé en rempart pour toi, en rempart contre tes doutes. On ne compense pas non plus une mort par une vie, mais je me doute que les choses se sont passées vite, que tu n'as pas forcément eu à te poser ces questions vu le doute dans lequel t'étais plongé.

Ca m'a légèrement fait sourire. Car plein de gens font des enfants pour de mauvaises raisons. Ou pour des raisons qui ne semblent pas valable mais qui pour eux tiennent la route. Toujours est il que maintenant l'enfant est conçu, alors que les raisons soient valables ou pas, c'est sans grande importance. Surtout que ces dites "mauvaises raisons" ne doivent pas devenir une excuse. :s
Pikpik28
Messages : 7
Inscription : mer. juil. 21, 2010 2:22 pm

Re: Coming out d'un futur papa

Message par Pikpik28 »

J'ai l'impression d'avancer à pas de géant grâce à nos échanges et je vous redis encore une fois merci.
Certains écrits sont un peu douloureux à lire, mais c'est parce qu'ils correspondent à une réalité que je refusais délibérement d'affronter.

Pour rebondir sur les choses qui ont été dites :
J'imagine qu'après avoir tant voulu un bébé, le choix pour ta compagne a du être cornélien. Peut-être même n'a-t-elle pas voulu comprendre la totalité de ce que tes révélations impliquaient, par incapacité à gérer la déchirure que cela représentait dans ses espoirs et ses plans d'avenir.
Pour toutes ces raisons, amour inclus, elle a décidé de garder cet enfant...
Ca était effectivement difficile pour elle de prendre une décision. Elle avait même pris un 1er rdv à l'hopital pour pouvoir faire une IVG. Mais suite à une discussion téléphonique que nous avons eue juste avant ce rendez-vous, elle a fait machine arrière. Une des raisons évoquées par elle était qu'on ne pouvait pas pratiquer une IVG pour un bébé qui avait été désiré au moment de la conception et qui provenait d'une relation de plus de 8 ans. Ca n'avait pas de sens et j'étais d'accord avec cela, même si j'étais rempli de doutes à côté. Si je me souviens bien, ce rendez-vous avait été pris parce que notre couple battait de l'aile et non parce que je lui avais révélé mon attirance pour les hommes. Bien que le lien soit clairement établi entre ces deux points, je crois me souvenir que ma révélation était intervenue après la prise de rendez-vous. Donc le principe de ne pas garder l'enfant était basé sur le fait que nous nous querellions et non que j'étais homo. Ca change un peu les choses. Sans qu'elle le sache, les querelles provenaient de la distance que je mettais suite à ma relation avec mon ami. Moi je savais pourquoi il n'était peut être pas bon de garder ce bébé mais elle ne connaissait pas vraiment la raison principale. Et comment pratiquer un tel acte pour une question d'orientation sexuelle dont je n'étais pas certain? Pour tout cela, je ne regrette pas d'avoir conçu cet enfant. Il est venu à un moment où elle et moi le voulions. Je ne savais pas comment allaient évoluer les choses et aujourd'hui encore je ne connais pas l'avenir.

L'idée à présent, c'est d'arriver à évoluer tous les deux vers une situation saine. A savoir arrêter de se bourrer le mou mutuellement. Elle t'aime, ce n'est pas réciproque. Point.
C'est ton amie, ta soeur, ton alliée de toujours, tu la chéris comme telle, mais certainement pas comme ta femme (romantiquement et sexuellement parlant). Il est donc inutile, et douloureux, de chercher à prolonger ce mirage.
Rester avec elle dans cette optique va vous détruire tous deux, vous enfermer dans une vie faite de frustration et de mensonge, qui vous conduira peut-être à terme à vous haïr et à vous entre-déchirer, pour le plus grand désespoir de votre enfant.
Tu as certainement raison, mais je n'arrive pas à être aussi catégorique que toi.
Parce que comme dit Rosslaew :
Personnellement, j'ai l'impression que ta situation est d'autant plus difficile étant donné la personne qu'est cette demoiselle. De ce que tu dis j'ai l'impression que c'est une personne géniale, très amoureuse de toi et compréhensive, qui se donne à fond pour que ça marche et tout. Et j'ai l'impression que c'est ce que tu penses aussi (vu que c'est l'impression que j'ai eue en te lisant) et que pour tout ça tu tiens d'autant plus à elle.
C'est vrai. Je suis tombé sous le charme dès que je l'ai vu et elle aussi. On peut même parler de coup de foudre. Nous avons développé une très grande complicité. Elle a partagé 8 ans de ma vie. Ce n'est peut être rien en comparaison de couples qui se séparent au bout de 20 ans. Mais je ne peux pas l'effacer comme ça. Et je ne sais pas si j'en ai envie. Car je ne suis pas non plus très malheureux avec elle. C'est juste que je ne suis pas très épanoui. Mais le serai-je avec un garçon? Je l'étais avec mon dernier ami, mais tout en sachant qu'il allait partir. Ca ma protégeait car je connaissais la fin dès le début et me permettait de vivre quelque chose de court mais intense.

Je pense que tu as raison Scarlett. Si je reste dans cette situation, ça va peut être nous enfermer et nous frustrer (ce qui est déjà un peu le cas aujourd'hui) Mais je ne me voyais pas vivre sans elle avant la venue de l'enfant, alors je te laisse imaginer maintenant. C'est pour ça que mon psy m'avait donné le conseil de ne pas tout arrêter avec elle comme ça. Il me disait que toutes les situations existent. Par exemple, il me disait qu'un de ses clients (on parle de client car c'est un psychothérapeute), un homme homo et marié avec des enfants, a révèlé son homosexualité un jour à sa femme. Elle en encaissé l'onde de choc et accepte qu'il fasse ce qu'il souhaite en dehors mais ils restent "ensemble" quand même. La situation n'est pas invivable pour eux apparemment dans la mesure où les choses ont été clairement dites.
C'est pour ça que j'ai parlé à mon amie. Pour qu'elle connaisse ce que je ressens. Mais aucune vraie décision n'a été prise aujourd'hui suite à ça, ni par elle ni par moi. Est-ce si impossible d'imaginer une vie différente des modèles qu'on connaît? N'y a-t-il pas une place pour une autre forme de couple? (je parle par exemple de bisexualité)
Aujourd'hui il y a deux positions, en tout cas qui soient réellement reconnues dans notre société. Celle de l'hétérosexualité et celle de l'homosexualité. Il faut que j'aille dans une de ces positions. Il y en a une, l'hétérosexualité, que j'ai adoptée et qui ne m'a pas déplue. Si ça avait été le cas, je ne pense pas que j'aurai pu tomber amoureux de filles et avoir des relations pendant plusieurs années avec elles. Et puis l'autre position, l'homosexualité, que j'ai découverte sur le tard.
Aujourd'hui il faut que j'arrive à me situer par rapport à ces deux pôles, de manière à pouvoir trouver mon identité, quitte à faire des "ajustements" ensuite. C'est le travail que je fais en ce moment, mais qui prend du temps. C'est pour ça que je ne veux pas brusquer les choses.

D'ailleurs, si tu sens vraiment que le lien entre la mère et l'enfant est brouillé à cause de cela, je ne saurais que trop t'inciter à répéter dès que l'occasion se présente que le bébé n'y est pour rien, que les choses auraient évolué de cette façon avec ou sans lui. Car le pauvre bouchon risque sinon de doublement pâtir de ce fiasco.
Tout à fait d'accord avec ça et je vais lui dire dès que possible.

Scarlett, concernant la fin de ton message, là encore une fois je suis d'accord avec toi. Tu es de très bons conseils et je trouve que ce que tu dis est très pertinent, tout comme tous les autres messages que j'ai pu lire. Et il faudra beaucoup d'intelligence et de courage pour régler cette situation. Mais comme je l'ai dit auparavant, je ne veux rien précipiter. Ma décision sera lourde de conséquences et je ne peux pas me permettre de lui refaire le coup : je m'en vais parce que je crois que je préfère les mecs et revenir après en disant que je m'étais trompé. Pourquoi je n'arrive pas à savoir ce que je préfère? J'ai beau avoir apprécié ma relation avec mon dernier copain, beaucoup de choses pratiquées dans ma relation hétéro me manquaient dans cette situation. Peut être que je suis trop exigeant : je voudrais le beurre et l'argent du beurre? Je serai peut être un éternel insatisfait?


Wilhelm, je suis d'accord avec toi. Il faut savoir faire des sacrifices parfois. Je n'y suis pas arrivé dans le passé.
Peut être que je vais y arriver aujourd'hui. Mais encore une fois je suis d'un tempérament fonceur et quand j'ai quelque chose en tête il m'est difficile de le reporter. Alors je veux avoir les idées claires avant de faire quoique ce soit. Pour le bien être de tous.


Rosslaew, ne t'inquiètes pas je ne vais pas t'insulter ^^ car non tu n'es pas à côté de la plaque. C'est vrai que j'étais très amoureux d'elle comme je l'ai dit avant. Après bien entendu tout n'était pas parfait il y avait des points de sa personnalité qui ne me correspondaient pas bien entendu (comme pour elle également) Mais c'est vrai que si je choisis de continuer ma vie sans elle, j'espère vraiment qu'on pourra garder de bons rapports car c'est quelqu'un que je ne peux pas effacer de ma vie. Cet enfant, même s'il va arriver dans une situation peu banale, est la concrétisation de cette relation, même si elle peut paraître hors norme.

Enfin Noiraude, là encore je ne peux être que d'accord avec ce que tu avances.
J'ai moi même vécu une situation similaire avec des parents qui ne s'aimaient plus mais qui restaient ensemble car les enfants étaient encore petits et avaient besoin de leurs parents. Quelle connerie effectivement car s'ils ne sont pas heureux, les enfants ne le seront pas non plus. Ca paraît tellement évident!
Mais je ne sais pas si on peut blâmer tous les couples qui connaissent cette situation. Chaque cas est particulier. Certains restent pour des mauvaises raisons (comme celle évoquée précédemment par exemple), d'autres connaissent une zone de turbulences mais décident quand même de rester en laissant passer l'orage. Je peux comprendre qu'on puisse vouloir s'accrocher. Aujourd'hui, on aurait tendant à vivre sans vouloir affronter les problèmes et tout quitter à la moindre difficulté. Mais quand il y a des enfants et d'autres enjeux importants, ça peut valoir aussi le coup de s'accrocher. Car on peut garder espoir (c'est quand même un moteur dans la vie) et le voir se concrétiser. Après c'est à l'appréciation de chacun. On ne peut pas toujours savoir comment les choses vont évoluer.

Enfin La Noiraude, je pense avoir compris ton allusion sur la responsabilité du géniteur. Mon avis là-dessus est clair : je reconnaîtrai cet enfant et l'élèverai de la meilleure façon possible, que ce soit avec mon amie ou sans elle.
Scarlett
Messages : 215
Inscription : ven. juil. 16, 2010 7:54 am

Re: Coming out d'un futur papa

Message par Scarlett »

Je te l'ai déjà dit pikpik28 , mais je te le répète : merci pour ton honnêteté.

Clairement ce n'est pas donner à tout le monde d'avoir le cran d'exposer une situation si délicate, sachant pertinement ques avis peuvent être pénible à entendre, et d'être malgré tout capable de les lire et d'en débattre. Chapeau bas.

Il y a plusieurs points sur lesquels j'aimerai débattre, malheureusement je n'en ai pas le temps. Il va donc falloir que je fasse court ^^. Hum, ça ne m'est pas nécessairement naturel, comme tu as pu voir :innocent:
Alors...
Pikpik28 a écrit :Scarlett, concernant la fin de ton message, là encore une fois je suis d'accord avec toi. Tu es de très bons conseils et je trouve que ce que tu dis est très pertinent, tout comme tous les autres messages que j'ai pu lire.
Merci ^^. Je ne sais pas si je suis pertinente, en tout cas j'essaye d'être honnête avec toi quant à mon ressenti sur cette situation. Même si cela induit d'énoncer crûment certain point. A mon sens, c'est la partie la plus difficile de toute remise en cause (petite ou grande) : faire face à la réalité, et pas seulement sa propre réalité, mais aussi celle des gens impliqués.
Souvent c'est pas glop, mais pour contrsuire une réflexion efficace, il n'y a guère d'autre choix.

Pikpik28 a écrit : [...] Donc le principe de ne pas garder l'enfant était basé sur le fait que nous nous querellions et non que j'étais homo. Ca change un peu les choses. Sans qu'elle le sache, les querelles provenaient de la distance que je mettais suite à ma relation avec mon ami. Moi je savais pourquoi il n'était peut être pas bon de garder ce bébé mais elle ne connaissait pas vraiment la raison principale. Et comment pratiquer un tel acte pour une question d'orientation sexuelle dont je n'étais pas certain? Pour tout cela, je ne regrette pas d'avoir conçu cet enfant. Il est venu à un moment où elle et moi le voulions. Je ne savais pas comment allaient évoluer les choses et aujourd'hui encore je ne connais pas l'avenir.
Que vous ayez tous deux voulu cet enfant, je n'en doutais pas. Que tu aimes ce bébé, je n'en doute pas non plus. Maintenant pour tout le reste (contexte, révélation, non-révélation, couple qui n'en est pas un etc), tu connais mon point de vue sur la question ^^ : c'est extrêmement casse-gueule.

Pikpik28 a écrit :Car je ne suis pas non plus très malheureux avec elle. C'est juste que je ne suis pas très épanoui. Mais le serai-je avec un garçon? Je l'étais avec mon dernier ami, mais tout en sachant qu'il allait partir. Ca ma protégeait car je connaissais la fin dès le début et me permettait de vivre quelque chose de court mais intense.

Je pense que tu as raison Scarlett. Si je reste dans cette situation, ça va peut être nous enfermer et nous frustrer (ce qui est déjà un peu le cas aujourd'hui) Mais je ne me voyais pas vivre sans elle avant la venue de l'enfant, alors je te laisse imaginer maintenant.
Tu n'es pas "très" malheureux avec elle, mais tu n'es pas "très" épanouie. Finalement tu n'es pas "très" bien, en somme...

Vu de ma fenêtre, j'ai la nette impression que tu as peur de perdre ce point de repère qu'elle constitue, cette sécurité (à tes propres yeux comme à ceux du reste de la société "hétéro") ; que tu crains de devoir faire un trait sur votre affection (qui si elle n'est pas amoureuse, du moins pas de ton côté, n'en est pas moins réelle) et sur votre complicité. Mais ce n'est pas une obligation.
Mon ex et moi, séparés après 10 ans de vie commune, sommes restés les meilleurs amis du monde. Suelement voilà, ça ne se fait pas en 5 mn. Il faut passer par de longues discussions, où chacun mets les choses à plat ; et aussi par des avancées en douceur. A aucun moment il n'a été question de te conseiller de partir à l'arrachée, au contraire.

Pikpik28 a écrit :C'est pour ça que mon psy m'avait donné le conseil de ne pas tout arrêter avec elle comme ça. Il me disait que toutes les situations existent. Par exemple, il me disait qu'un de ses clients (on parle de client car c'est un psychothérapeute), un homme homo et marié avec des enfants, a révèlé son homosexualité un jour à sa femme. Elle en encaissé l'onde de choc et accepte qu'il fasse ce qu'il souhaite en dehors mais ils restent "ensemble" quand même. La situation n'est pas invivable pour eux apparemment dans la mesure où les choses ont été clairement dites.
C'est pour ça que j'ai parlé à mon amie. Pour qu'elle connaisse ce que je ressens. Mais aucune vraie décision n'a été prise aujourd'hui suite à ça, ni par elle ni par moi.
Tu nous dis qu'aucune réelle décision n'a été prise avec ta compagne à ce sujet, pourtant tu as aussi expliqué dans ton premier post que :
Pikpik28 a écrit :Mais j'ai choisi quand même de parler à mon amie il y a quelques mois en lui disant que les doutes de l'époque sur ma sexualité étaient fondés et que j'ai bien une attirance pour les hommes. Elle a compris mais m'a dit qu'elle ne supporterait pas l'idée que je sois avec elle et avec des garçons. Ce que je peux comprendre.
Alors que c'est-il passé ? Une prise de conscience subite ? ...
Tu l'as dit, elle très amoureuse de toi. Or elle t'as déjà clairement exprimée ce qu'elle ressentait à ce sujet. Selon moi ce revirement, ou cette indécision, est suspecte. J'ai la sensation qu'elle te sent sur le point de partir, et qu'elle va accepter n'ipmorte quoi pour te retenir. Y comprit quelque chose qui est aux antipodes de ce qu'elle ressent...
Fais bien attention à ne pas l'influencer sur une voie qui serait pour toi comfortable. Car on peut faire énormément de connerie par amour, et des grosses...
Pikpik28 a écrit :Est-ce si impossible d'imaginer une vie différente des modèles qu'on connaît? N'y a-t-il pas une place pour une autre forme de couple? (je parle par exemple de bisexualité)
Si, si cela s'envisage... à deux. Et dans ton cas, dans un couple dit "libre" de surcroît. Quelque chose me dit que ta situation ne correspond pas au pré-requis, quelque soit l'envie que tu es de la faire matcher.

Puis il ne s'agit là que de vie sexuelle. Nous n'avons pas même parler d'amour...

Tu as vraiment envie de t'enfermer dans une vie de couple avec ta meilleure amie (pour mettre des mots sur tes sentiments. Car si tu l'as aimé comme ta femme, aujourd'hui ce n'est plus le cas), sachant que tu te coupes de fait la possibilité de construire un nouveau couple amoureux, en adéquation avec ton identité sexuelle ?

Et elle ? Dans quoi cette situation la cloîtrerait-elle ? N'a-t-elle pas le droit d'aller chercher un véritable amour (je veux dire, un amour romantique, non platonique) qui correspondrait à sa vision d'une vie épanouissante ?

Et votre enfant ? Tu sais, il ne sera pas toujours un bambin. Un enfant ça comprend énormément de chose, à sa façon à lui, sans pour autant pouvoir y mettre des mots. Crois-tu qu'il ne finira pas par comprendre ce qui se passe autour de lui ?
Oh que si il va comprendre, et si cette situation est aussi peu naturelle que je crois qu'elle l'est, il en souffrira énormément.

Es-tu bien sûr que tu veux t'enliser là-dedans ? ... :erm:

Pour terminer, je dirais que je garde l'impression très forte que tu as surtout peur. Peur de perdre l'amitié de ta compagne, peur de ta sexualité, peur du regard de la société ; et que de ce fait tu te cherches des solutions biasées pour ne pas avoir à affronter la réalité.
Je te sens vraiment parti pour t'enfermer - et enfermer avec toi cette femme qui t'aime toujours - dans un couple factice, qui se verra du coup refuser le bonheur pour encore longtemps.


Tu es le seul décisionnaire au final. A toi de voir. Je ne peux que réïtérer l'expression de mes doutes et de mes inquiétudes : attention, je crois que tu te voiles sérieusement la face...

En tout cas, accroches-toi et continue le brainstorming :souris:. C'est comme ça que cela s'arrangera ^^


Edit sous forme de P.S : heureusement que j'étais censée faire court O_O
Pikpik28
Messages : 7
Inscription : mer. juil. 21, 2010 2:22 pm

Re: Coming out d'un futur papa

Message par Pikpik28 »

Ca m'a légèrement fait sourire. Car plein de gens font des enfants pour de mauvaises raisons. Ou pour des raisons qui ne semblent pas valable mais qui pour eux tiennent la route. Toujours est il que maintenant l'enfant est conçu, alors que les raisons soient valables ou pas, c'est sans grande importance. Surtout que ces dites "mauvaises raisons" ne doivent pas devenir une excuse. :s
Voilà je ne suis plus au stade de me dire : pourquoi j'ai fait ça? etc. Ca m'a bouffé les premiers mois de la grossesse et j'ai envie de pouvoir apprécier les derniers mois qui restent.
Maintenant je pense qu'il faut que j'aille de l'avant et voir comment concilier une situation qui ne l'est pas naturellement...
Tu n'es pas "très" malheureux avec elle, mais tu n'es pas "très" épanouie. Finalement tu n'es pas "très" bien, en somme...
Oui mais je n'arrive pas à me convaincre que je peux être plus heureux autrement. Je l'ai été durant ces 7 derniers mois avec mon ami. C'est peut être là-dessus qu'il faut que je me base pour pouvoir avancer.
Vu de ma fenêtre, j'ai la nette impression que tu as peur de perdre ce point de repère qu'elle constitue, cette sécurité (à tes propres yeux comme à ceux du reste de la société "hétéro") ; que tu crains de devoir faire un trait sur votre affection (qui si elle n'est pas amoureuse, du moins pas de ton côté, n'en est pas moins réelle) et sur votre complicité. Mais ce n'est pas une obligation.
Dans le mille! Et j'espère de tout coeur que le jour où on sera amené à se séparer réellement, on pourra garder une relation amicale, même si cela doit prendre du temps en effet.
Alors que c'est-il passé ? Une prise de conscience subite ? ...
Oui elle ne supporterait pas l'idée que je puisse poursuivre ma relation avec elle tout en sachant que je pourrai aller voir ailleurs en même temps. Mais lorsque j'ai discuté de ça avec elle, il n'y a pas eu de véritable révolution dans notre vie de couple. Car elle connaissait déjà mes doutes sur ma sexualité lorsque je lui en avais fait part après mon premier flirt homo il y a 5 ans. Le problème est qu'elle m'a dit à chaque fois qu'il fallait que j'aille jusqu'au bout pour savoir si j'étais vraiment homo ou pas. J'y suis allé plusieurs fois, et notamment ces derniers mois. Mais je ne peux pas lui dire tel quel. Ca sous entendrait que je l'ai trompé durant sa grossesse et ça finirait de l'achever. Elle ne mérite pas ça.

Bien sûr suite à notre discussion où je lui ai confirmé mon autre attirance, il y a eu une distance qui s'est rajoutée ensuite mais elle était déjà présente avant. Seulement on ne s'est pas dit : c'est fini ou on continue. C'est comme si on savait tous les 2 mais on continuait à avancer. Car comme tu l'as dit Scarlett :
(...) elle très amoureuse de toi. Or elle t'as déjà clairement exprimée ce qu'elle ressentait à ce sujet. Selon moi ce revirement, ou cette indécision, est suspecte. J'ai la sensation qu'elle te sent sur le point de partir, et qu'elle va accepter n'ipmorte quoi pour te retenir. Y comprit quelque chose qui est aux antipodes de ce qu'elle ressent...
Bingo encore une fois!
Tu as vraiment envie de t'enfermer dans une vie de couple avec ta meilleure amie (pour mettre des mots sur tes sentiments. Car si tu l'as aimé comme ta femme, aujourd'hui ce n'est plus le cas), sachant que tu te coupes de fait la possibilité de construire un nouveau couple amoureux, en adéquation avec ton identité sexuelle ?
Non je n'ai pas envie de m'enfermer dans cette vie là, mais l'autre vie me fait peur comme tu l'as souligné Scarlett.
Je me cherche certainement des excuses. Et c'est vrai que je ne peux plus agir de manière égoïste : il faut que je pense aussi à son bonheur et à celui de l'enfant. Mais je ne sais pas par où commencer. Je sais qu'il faut que je lui parle sérieusement, mais je n'arrive pas à trouver le courage. Il y a en ce moment une période de répis entre nous. Ca fait du bien après des mois de tensions et de pleurs... J'y arriverai mais j'ai encore besoin de temps.
Scarlett
Messages : 215
Inscription : ven. juil. 16, 2010 7:54 am

Re: Coming out d'un futur papa

Message par Scarlett »

Je ne répondrai pas dans le détail cette fois, car je me répèterais ^^. L'essentiel de ce que je ressentais je l'ai souligné dans mes précédents posts.
Pikpik28 a écrit : Je me cherche certainement des excuses. Et c'est vrai que je ne peux plus agir de manière égoïste : il faut que je pense aussi à son bonheur et à celui de l'enfant. Mais je ne sais pas par où commencer. Je sais qu'il faut que je lui parle sérieusement, mais je n'arrive pas à trouver le courage. Il y a en ce moment une période de répis entre nous. Ca fait du bien après des mois de tensions et de pleurs... J'y arriverai mais j'ai encore besoin de temps.
Il me semble que c'est la juste synthèse de ce par quoi tu passes. Tu as peur, tu renâcles, tu fuis plus ou moins ouvertement le changement qui semble pourtant s'imposer.

C'est normal. IL te faut du temps, à elle aussi, là aussi c'est normal. Si je peux dire encore une chose sur tout cela, c'est te répéter de ne surtout pas t'illusionner (ce que je sens encore très fort dans ton dernier post) sur ce que votre vie est et pourrait être.
Non ton amie ne sera pas heureuse dans un pseudo-couple platonique ou tu vivrais ton homosexualité dans ton coin, et non ce ne sera pas épanouissant pour toi non plus. Je n'y crois pas une seule seconde.

Votre seul avenir c'est d'arriver à muter en amis sincères. Toute autre voie me semble une voie sans issue. Ne te laisse pas aller dans ta réflexion, ne te réfugies pas dans la solution de facilité qui te semble pourtant si attrayante aujourd'hui, car demain tu le regretteras... et vous finirez par vous séparez plus douloureusement encore que ce que vous pourriez arriver à faire dès maintenant.

Courage :souris: !


[edit pour correction de boulette ^^]

[2nd edit :

Tu dis que tu ne sais pas par où commencer pour lui parler, eh bien peut-être justement ouvrir la discussion en commençant par lui dire que tu ne veux pas être égoïste en l'emprisonnant dans une vie de faux-semblants, qui vous rendrait aussi malheureux l'un que l'autre, serait une base de départ ?
Puis peut-être poursuivre en exprimant ton affection sincère à son égard, et ton angoisse de perdre son estime et son amitié...
Puis peut-être enchaîner sur le fait que ce bébé tu l'aimes énormément, et que tu souhaites que vous soyiez pour lui de bon parents. Et que donc de ce fait que vous vous devez de vous contruire en tant qu'individu équilibré, chacun dans la vie qui vous convient et vous épanouie, de façon à pouvoir lui offrir le meilleur de vous-même ?

Je ne suis pas à ta place bien sûr, j'essaye de trouver des idées :chaipas: ... ]
Répondre