La dictature du CO
Certes, mais le topic titre : "La dictature du CO" et je ne vois pas pourquoi on cherche des poux à ceux qui encouragent un ou une homo à se déclarer, se révéler d'abord pour elle(lui)-même puis pour se confronter aux regards des autres.
Après, les décortications identitaires sont intéressantes, mais le fait de personnes ayant déjà pas mal roulé en CO !
Après, les décortications identitaires sont intéressantes, mais le fait de personnes ayant déjà pas mal roulé en CO !
Bah, je crois le CO est avant tout une affaire personnelle. Un CO s'inscrit dans le cadre d'une relation. Selon le statut que l'on accorde à cette relation, le CO est futile ou utile.
C'est n'est qu'une part de la personnalité de l'individu concerné. Dans le cadre de certaines relations, le CO vient clarifier certains aspects, certaines interactions.
Au delà, il y a finalement mille et une manières de considérer l'intérêt, l'utilité ou la nécessité d'une telle démarche.
C'est n'est qu'une part de la personnalité de l'individu concerné. Dans le cadre de certaines relations, le CO vient clarifier certains aspects, certaines interactions.
Au delà, il y a finalement mille et une manières de considérer l'intérêt, l'utilité ou la nécessité d'une telle démarche.
La distinction faite par Kefka entre gay et homo me semble totalement obscure
Sinon, pour en revenir au point de départ, je constate que les partisan du placard partiel sont jeunes, ils me rappellent mon premier copain qui vivait avec moi au vu et au su de tous, y compris de ses parents, mais qui n'était officiellement homo pour personne, ce qui conduisait à des situations surréalistes et inconfortables pour moi. Lui aussi voulait distinguer vie publique et vie privée, n'assumait pas sa visibilité.
En y réfléchissant, je n'ai pas fait de CO depuis une dizaine d'années, tout en ayant rencontré plein de gens nouveaux, parce que quand on vit à 40 balais avec un autre mec, on est rapidement étiqueté et que ce n'est plus une question de vie privée mais d'état de fait public. Rien de dictatorial là-dedans, seulement une façon de vivre sa vie en accord avec sa nature profonde. Tant pis pour ceux que ça choque, tant mieux pour ceux que cela rassure ou amuse.
Profitez de votre placard s'il vous convient, ce qui n'a jamais été mon cas, mais ne dégoûtez pas les autres de faire leur CO : c'est un peu bizarre au début, mais profitable sur le long terme, parole de vieux.
Sinon, pour en revenir au point de départ, je constate que les partisan du placard partiel sont jeunes, ils me rappellent mon premier copain qui vivait avec moi au vu et au su de tous, y compris de ses parents, mais qui n'était officiellement homo pour personne, ce qui conduisait à des situations surréalistes et inconfortables pour moi. Lui aussi voulait distinguer vie publique et vie privée, n'assumait pas sa visibilité.
En y réfléchissant, je n'ai pas fait de CO depuis une dizaine d'années, tout en ayant rencontré plein de gens nouveaux, parce que quand on vit à 40 balais avec un autre mec, on est rapidement étiqueté et que ce n'est plus une question de vie privée mais d'état de fait public. Rien de dictatorial là-dedans, seulement une façon de vivre sa vie en accord avec sa nature profonde. Tant pis pour ceux que ça choque, tant mieux pour ceux que cela rassure ou amuse.
Profitez de votre placard s'il vous convient, ce qui n'a jamais été mon cas, mais ne dégoûtez pas les autres de faire leur CO : c'est un peu bizarre au début, mais profitable sur le long terme, parole de vieux.
Là c'est toi qui réduit un gay (ou un homo, pour moi c'est pareil) à son désir ou à un acte sexuel. Mais c'est aussi une personne qui a une vie sociale : un copain, par exemple, qui a lui même une famille. L'envie d'adopter, peut être. Ou simplement des gouts le portant sur un acteur plutôt qu'une actrice, où à ne pas remarquer telle femme dans la rue que les hommes hétéros remarquent. Tout cela, les hétéros en font étalage tous les jours.Kefka a écrit :Je m'assume et j'ai une (très ?) forte confiance en moi. Pourtant, je refuse de rendre public une affaire de désir, ça ne regarde uniquement que moi.
Est-ce que c'est de la vie privée ? Peu importe le mot au fond, mais cacher cette partie de sa vie alors que tout le monde la donne, c'est un mensonge par défaut.
Cette pression augmente au fil de l'âge, quand tu commence à bosser et à t'installer chez toi, par exemple, toute ta famille et tes amis te demandent en privé quand tu vas t'installer avec une copine. (tiens, toi Kefka qui est assumé et qui a confiance en toi, tu leur répondrais quoi ?). Les collègues de bureau ont des photos de leurs enfants, ou vous parlent de leurs vacances avec leur femme, ou de leur futur mariage, ou même de leur copine. Je change assez régulièrement de collègues, et je te garantis qu'en une semaine, tu sais tout de leur situation "matrimoniale".
Et quand tu as un copain que tu vois régulièrement (et encore plus quand tu veux vivre avec), c'est vraiment très difficile de le cacher à ses proches, à moins de couper les ponts avec eux.
Non, franchement, l'argument de la vie privée ne tient pas.
Honnêtement je pense que ceux qui l'avancent se retranchent derrière cet argument parce qu'ils ont honte de ce qu'ils sont, c'est à dire qu'ils ont peur de la réaction des autres (ce que je comprends d'ailleurs, ayant été dans ce cas longtemps)
Par contre il y a de vraies bonnes raisons pour ne pas faire de CO :
- ne pas être prêt
- risquer quelque chose (se faire jeter à la porte, par exemple)
- ne pas avoir trouvé le bon moment pour le faire
(La vie privée peut parfaitement faire sens. Je n'en ai d'ailleurs aucune vis à vis de mes collègues sans pour autant rien leur cacher. Ce ne sont pas des sujets que j'aborde.
Cela dit, on fera la différence entre un jeunot qui, de redouter le CO, se réfugie derrière tel ou tel argument pour donner un tour rationnel à ses peurs, et un plus vieux briscard du CO, qui a suffisamment roulé sa bosse pour que le sujet le plus souvent l'indiffère. Car il y a d'autres très bonnes raisons de ne pas faire de CO :
- on n'y pense même pas (ça n'a aucun enjeu) ;
- ça nuirait à la qualité d'une relation qu'on est content de voir se poursuivre comme telle.
Mais peut-être (?) faut-il s'être mis au clair avec soi-même suite à de nombreux CO pour en arriver à cette relative souplesse. L'idée ici n'est pas faire ou ne pas faire un CO, mais faire ce qui nous semble juste dans la situation donnée.)
Cela dit, on fera la différence entre un jeunot qui, de redouter le CO, se réfugie derrière tel ou tel argument pour donner un tour rationnel à ses peurs, et un plus vieux briscard du CO, qui a suffisamment roulé sa bosse pour que le sujet le plus souvent l'indiffère. Car il y a d'autres très bonnes raisons de ne pas faire de CO :
- on n'y pense même pas (ça n'a aucun enjeu) ;
- ça nuirait à la qualité d'une relation qu'on est content de voir se poursuivre comme telle.
Mais peut-être (?) faut-il s'être mis au clair avec soi-même suite à de nombreux CO pour en arriver à cette relative souplesse. L'idée ici n'est pas faire ou ne pas faire un CO, mais faire ce qui nous semble juste dans la situation donnée.)
Pour répondre à Fade Out, bien sûr que je réduis un homo à son désir sexuel car c'est le plus petit dénominateur commun : tous les homos ressentent un désir pour les personnes du même sexe. Par contre, il faut éviter de me prêter des intentions : cette réduction n'est pas statique, et n'implique pas que les homos ne sont que ça.
Ensuite, il est ennuyant (voire vexant) que vous fassiez l'assimilation systématique entre coming out et le fait de s'assumer. C'est forcément réducteur : comme le dit Kliban, l'enjeu du CO (hormis, peut-être, le premier) peut apparaître comme quasi-nul aux yeux des intéressés. Il n'a qu'une simple valeur informative, information dont je n'ai strictement rien à faire, puisque je ne me fonde absolument pas sur elle pour définir des relations.
Au final, la séparation sphère privée/sphère publique (ou professionnelle) ne doit pas être un vain mot et excuse absolument tout. Si je n'ai pas envie de faire des CO, ce n'est pas (je me répète) une marque de lâcheté ou d'un manque de confiance, c'est parce que j'estime qu'il n'y a rien là-dedans qui puisse concerner mon entourage professionnel, par exemple. Il est plein de choses dont je peux parler, mais il en est une dont je ne veux pas parler (et dont d'ailleurs, si je suis impliqué, je n'aborde quasiment jamais l'objet volontairement, à moins que mes interlocuteurs ne soient des gens en qui j'ai pleinement confiance) : la vie privée, relationnelle et amoureuse. Cela ne regarde explicitement que moi et donner cette partie de ma vie parce que tout le monde la donne me semble une grave erreur.
Au final, il serait peut-être temps de faire la différence, essentielle, entre s'assumer et s'outer. Le seul CO qui compte, c'est celui qu'on fait à soi-même, le reste n'est que du superflu.
Ensuite, il est ennuyant (voire vexant) que vous fassiez l'assimilation systématique entre coming out et le fait de s'assumer. C'est forcément réducteur : comme le dit Kliban, l'enjeu du CO (hormis, peut-être, le premier) peut apparaître comme quasi-nul aux yeux des intéressés. Il n'a qu'une simple valeur informative, information dont je n'ai strictement rien à faire, puisque je ne me fonde absolument pas sur elle pour définir des relations.
Au final, la séparation sphère privée/sphère publique (ou professionnelle) ne doit pas être un vain mot et excuse absolument tout. Si je n'ai pas envie de faire des CO, ce n'est pas (je me répète) une marque de lâcheté ou d'un manque de confiance, c'est parce que j'estime qu'il n'y a rien là-dedans qui puisse concerner mon entourage professionnel, par exemple. Il est plein de choses dont je peux parler, mais il en est une dont je ne veux pas parler (et dont d'ailleurs, si je suis impliqué, je n'aborde quasiment jamais l'objet volontairement, à moins que mes interlocuteurs ne soient des gens en qui j'ai pleinement confiance) : la vie privée, relationnelle et amoureuse. Cela ne regarde explicitement que moi et donner cette partie de ma vie parce que tout le monde la donne me semble une grave erreur.
Au final, il serait peut-être temps de faire la différence, essentielle, entre s'assumer et s'outer. Le seul CO qui compte, c'est celui qu'on fait à soi-même, le reste n'est que du superflu.
Quelqu'un qui dit qu'il s'assume, ce sont juste des paroles.Kefka a écrit :Au final, il serait peut-être temps de faire la différence, essentielle, entre s'assumer et s'outer. Le seul CO qui compte, c'est celui qu'on fait à soi-même, le reste n'est que du superflu.
Quelqu'un qui fait un coming out prouve qu'il s'assume.
Voilà mon opinion.
NB : Je ne pense pas pour autant que le coming out soit une fin en soi ou un but absolu a atteindre. Ni que quelqu'un qui a fait un CO soit supérieur à celui qui n'en n'a pas fait. C'est juste un signe, pour moi, que la personne va bien.
Autrement dit : comment fais tu la différence entre quelqu'un qui dit s'assumer mais qui ne s'oute pas, et quelqu'un qui ne s'assume pas ? Est-ce qu'il ne s'illusionne pas lui même ? Et il fait comment s'il a un copain ? Il le cache dans le placard s'il y a du monde ? Je ne suis pas sur que son copain pense qu'il s'assume...
Si je prend ton cas particulier, aurais tu autant de scrupules à parler de ta "vie privée" si tu étais hétéro ? Surtout si quelqu'un en qui tu as confiance te pose la question directement si tu as une copine (ça a du t'arriver, non ?).
Si tu t'assumes pour toi, que tu as confiance en toi, que tu aimes partager tes opinions avec tout le monde, que tu n'as pas de proches particulièrement homophobes... y'a quand même un truc qui cloche s'il ne se produit aucun CO !
Dernière chose, la vie privée a bon dos. Je ne vois pas ce qu'on révèle de sa vie privée dans un CO ! On ne parle pas de sa vie sexuelle, on dit pas même avec qui on sort, on dit juste "il est possible que je sortes un jour avec quelqu'un du même sexe". C'est à dire une information dont l'équivalent est connue pour tous les hétéros, une information on ne peut plus publique !
On est en train de faire dériver le topic vers une autre question : qu'est-ce que s'assumer ? et une question similaire mais non identique : quand peut-on dire de quelqu'un qu'il/elle s'assume ?
La seconde question a une composante sociale et politique : comme tu le dis FadeOut, c'est une question de signe que quelqu'un s'assume.
Mais cela peut aussi indiquer qu'il est plusieurs façons de s'assumer. Les signes extérieurs ne sont pas les mêmes.
- On s'assume en donnant les signes extérieurs attendus = on s'inscrit peu ou prou dans les lignes d'un scénario type ou d'un idéal type (phases du CO, questions pratiques du CO, à qui, quand, etc.) ;
- On s'assume mais en donnant des signes extérieurs non attendus = on ne suit pas les scénarios types du CO. On montre plus qu'on ne dit, par exemple, ou on dit comme si de rien n'était, parce qu'on n'y pense pas (Turing, si on veut un exemple célèbre).
- On s'assume, mais en ne donnant pas de signe extérieur. Ce qui peut être le cas lorsque par exemple on n'assume pas la publicité autour de traits qu'on considère être de l'ordre de sa vie privée - j'ai connu des hétéros comme ça. On peut aussi appeler cela de la pudeur, mais c'est valoriser le machin : ce peut tout autant être de la pudibonderie
Le problème, c'est qu'il n'est pas facile de distinguer entre certains cas où on ne s'assume pas et ceux où on donne des signes extérieurs du fait que l'on s'assume. Le second hic, c'est qu'il ne suffit même pas pour Mr/Mrs X de donner les signes propres aux scénarios types pour que l'on puisse reconnaître qu'il/elle s'assume psychologiquement (mais il est vrai qu'un CO peut être un chemin vers la possibilité de s'assumer à l'intérieur, que c'est même un bon outil pour ce faire, dans la plupart des cas).
A mon sens, il y a plusieurs façons de s'assumer, donc, socialement, politiquement, psychologiquement. Prétendre qu'on ne s'assume authentiquement que lorsque les trois sont réunis est une option possible, mais truffée de présupposées moraux et politiques. Ce n'est pas la seule. On peut admettre des disjonctions. Pour ma part, ne s'assume que celui ou celle pour qui son homosexualité n'est plus un problème qui le/la concerne, mais un problème pour autrui. Prétendre qu'un CO s'ensuit toujours me semble réducteur et de la diversité des psychés humaines, et de la complexité des relations sociales.
Bien sûr les scénarios types ont tendance à orienter les comportements dans une population donnée. Dans le cas qui nous concerne, ils sont aussi une réponse en moyenne saine, au vu de l'état de la société dans laquelle nous vivons. Mais il me semble qu'en faire une condition nécessaire de ce qu'est s'assumer relève soit de la définition de "s'assumer" auquel cas il n'y a pas de débat, soit d'une réduction de ce que "s'assumer" veut dire.
La seconde question a une composante sociale et politique : comme tu le dis FadeOut, c'est une question de signe que quelqu'un s'assume.
Mais cela peut aussi indiquer qu'il est plusieurs façons de s'assumer. Les signes extérieurs ne sont pas les mêmes.
- On s'assume en donnant les signes extérieurs attendus = on s'inscrit peu ou prou dans les lignes d'un scénario type ou d'un idéal type (phases du CO, questions pratiques du CO, à qui, quand, etc.) ;
- On s'assume mais en donnant des signes extérieurs non attendus = on ne suit pas les scénarios types du CO. On montre plus qu'on ne dit, par exemple, ou on dit comme si de rien n'était, parce qu'on n'y pense pas (Turing, si on veut un exemple célèbre).
- On s'assume, mais en ne donnant pas de signe extérieur. Ce qui peut être le cas lorsque par exemple on n'assume pas la publicité autour de traits qu'on considère être de l'ordre de sa vie privée - j'ai connu des hétéros comme ça. On peut aussi appeler cela de la pudeur, mais c'est valoriser le machin : ce peut tout autant être de la pudibonderie
Le problème, c'est qu'il n'est pas facile de distinguer entre certains cas où on ne s'assume pas et ceux où on donne des signes extérieurs du fait que l'on s'assume. Le second hic, c'est qu'il ne suffit même pas pour Mr/Mrs X de donner les signes propres aux scénarios types pour que l'on puisse reconnaître qu'il/elle s'assume psychologiquement (mais il est vrai qu'un CO peut être un chemin vers la possibilité de s'assumer à l'intérieur, que c'est même un bon outil pour ce faire, dans la plupart des cas).
A mon sens, il y a plusieurs façons de s'assumer, donc, socialement, politiquement, psychologiquement. Prétendre qu'on ne s'assume authentiquement que lorsque les trois sont réunis est une option possible, mais truffée de présupposées moraux et politiques. Ce n'est pas la seule. On peut admettre des disjonctions. Pour ma part, ne s'assume que celui ou celle pour qui son homosexualité n'est plus un problème qui le/la concerne, mais un problème pour autrui. Prétendre qu'un CO s'ensuit toujours me semble réducteur et de la diversité des psychés humaines, et de la complexité des relations sociales.
Bien sûr les scénarios types ont tendance à orienter les comportements dans une population donnée. Dans le cas qui nous concerne, ils sont aussi une réponse en moyenne saine, au vu de l'état de la société dans laquelle nous vivons. Mais il me semble qu'en faire une condition nécessaire de ce qu'est s'assumer relève soit de la définition de "s'assumer" auquel cas il n'y a pas de débat, soit d'une réduction de ce que "s'assumer" veut dire.