Estimés collègues, j'adoooooore Michou !!!
Publié : ven. août 15, 2008 12:41 am
Salut les filles !
Aujourd'hui j'ai la larme à l'oeil parce que je n'ai pas pu m'acheter de chaussures. Et aussi et surtout parce que je viens poster dans la partie coming out ! Ouaaaaaiiiis ! Je suis sur la voie de l'assumage public de ma pédésexualité ! Funkyyyyy !
Je vous raconte.
Pour celles qui l'ignorent, je bosse dans une boite de tourisme en qualité de commercial ( terme fourre-tout qu'il est inutile de développer ici ). Je fais partie d'une petite équipe composée de cinq autres commerciaux et suis souvent amené à collaborer avec deux donzelles du service comptabilité et quelques gus du service facturation. Voila en gros les personnes que je côtoie.
Sans entrer dans les détails, certaines des personnes sus-citées sont : très bas-du-front ( national ), hétérobeauf, pédéphobe, croyant, abruti, alcoolique ou simplement con. Ce qui ne m'empêche pas de m'entendre avec eux dans le cadre purement professionnel : chacun fait son boulot et tout va bien.
Or donc, depuis une semaine, les repas entre collègues - grands moments de solitude en ce qui me concerne - deviennent quasi quotidien. Et comme à chaque fois qu'on se retrouve à table, la discussion n'a plus uniquement trait au tapin : chacun raconte sa vie. Chacun sauf maggle. Vu le peu d'estime que j'ai pour eux et le manque total d'envie de souder des relations amicales avec ces pignoufs, je préfère la mettre en sourdine et laisser passer ce genre de moments.
Le hic, c'est qu'à chaque repas ils se sentent obligés de me faire la conversation. Et ces derniers temps, beaufitude et côtes du Rhone aidant, ils se lachent sur les vannes made in Bigard et me "taquinent" ( comprendre : me font copieusement chier ) sur le fait que je ne divulgue rien de ma vie. En général j'esquive leur ingérence dans mes affaires par une pirouette ou un regard bien senti. Hélas, ces cons ont la dent dure !
Ainsi, la semaine dernière, ils ont décidé de me chambrer sur le fait que j'étais célibataire ( mais pourquoi ne leur ai-je pas dit que j'étais hétéro, père de famille et propriétaire terrien ?!? ). Petit extrait - garanti 100% authentique du terroir :
Nan mais franchement, c'est l'été. Même si t'es célib, t'as des envies quoi. T'as pas à faire ta vie avec une meuf si tu veux pas. Ca s'comprend. Tu la prends, tu lui casses les pattes et tu passes à une autre.
Dixit A., 45 ans, père de deux enfants, marié à une chieuse ( sic ) et à Jack Daniel's.
Pendant dix interminables minutes j'ai enduré ce genre de propos. Je me suis mentalement focalisé sur autre chose ( le boulot, les chaussures et le beau petit cul du serveur ) et l'orage est passé. Seulement j'étais dans un état d'agacement profond. Je me suis promis de ne plus déjeuner avec eux - ce qui serait bon pour ma ligne et ma santé mentale.
Hélas, on ne fait pas toujours ce qu'on veut.
Si j'ai pu les esquiver une bonne partie de la semaine, j'ai du me les fader mercredi.
Mercredi, donc.
Restaurant, réunion informelle entre commerciaux à laquelle participe une blondasse de la comptabilité. La bouffe est bonne et le vin pas dégueulasse. Contrairement à l'ambiance qui s'est vite délitée. Passé les comptes, les chiffres, les mots d'ordre du jour, les objectifs à atteindre, les commissions à verser et les facturations à envoyer au plus vite, la discussion revient inexorablement sur l'affligeante médiocrité des vies de mes collègues. Et, inexorablement, les projecteurs se braquent sur moi.
Bon alors Guillaume ( oui, je m'appelle Guillaume, comme beaucoup de pédés ), on t'as pas beaucoup vu ces derniers temps. Surtout les midis. T'avais mieux à faire ?
*rires sournois*
Il s'est trouvé une copine et il nous oublie !
*rires gras*
Manger ou baiser, il faut choisir !
*éclats de rires*
*regard consterné de la blondasse de la compta*
A ce stade du repas, j'éprouvais autant de mépris à leur endroit qu'on peut en avoir pour une blatte. Froidement, mon attention fixée sur ma salade, j'ai donc lâché un très lapidaire :
Guillaume suce des bites.
*silence*
*regards ahuris*
*silence toujours*
*silence encore*
*balbutiements gênés*
Décidé à enfoncer le clou et à profiter du silence pour bien leur faire comprendre qu'ils avaient bien entendu et qu'il ne s'agissait pas d'une blague, j'ai repris de plus belle :
Oui oui, Guillaume suce des bites. C'est un pédé. Une pédale. Une tarlouze. Il aime les mecs.
Pour le coup, il ne savaient pas où se mettre. Donc j'ai continué :
Ne soyez pas gênés : je le vis très bien.
Ceci étant dit, à défaut de prendre le serveur, je vais prendre l'addition, mes affaires et retourner au travail. Bonne fin de journée.
En me dirigeant vers le comptoir pour régler ma part, j'ai entendu un "c'est une tapette !", ce qui m'a amusé plus qu'autre chose.
Sorti du restaurant, j'avoue que j'étais assez content de moi. Et de la façon cash de leur dire ( c'est un peu mon style ! ) et aussi de m'être outé : au moins ne viendront-ils pas me faire chier avec leurs histoires d'hétéros et leurs questions alakon.
Ca, c'est le côté funky de la chose.
Le côté moins glam ne m'est apparu qu'après.
Je suis rentré dans cette société grâce à une copine ( qui n'était pas là au déjeuner sus-mentionné ). Elle est gay friendly toussa seulement y'a deux problèmes : primo, elle ne sait pas tenir sa langue et si on lui confie un secret, on peut être sûr que tout Paris en sera informé dans l'heure qui suit. Secondo, c'est une amie de ma famille. Famille avec laquelle je n'entretiens quasiment plus aucun lien ( à part un cousin génial que je vois souvent auprès du quel je suis pas outé, mon frangin et ma frangine ( qui ne m'a pas cru quand je lui ai avoué mon doux secret )). Le hic c'est que mon CO viendra inéluctablement à ses oreilles et que, presque aussi inéluctablement, elle en informera ma famille ( qui aime bien les pédés - surtout morts ). Le problème, mineur en fin de comptes, est là : me faire outer aurpès d'une bande de cons par quelqu'un qui ne sait pas se taire.
Enfin bref, à ce niveau là, on verra quand ça viendra...
Pour finir sur une note plus funky, la blondasse de la compta est venue me parler.
Tu sais, Guillaume, il y a J. de la facturation qui est homo aussi et tu ne lui es pas indifférent. Tu devrais le rencontrer, c'est vraiment un garçon bien.
Outre le fait qu'elle vienne outer son collègue ( même si, pour lui, c'est écrit sur son front ), ce qui m'a fait sourire, c'est que j'ai déjà eu un rencard avec le J. en question. Il m'avait invité chez lui et je comptais bien le prendre comme dessert. Ca s'est fini en plan loose sans que rien ne se passe...
Tout ça pour dire que le coming out, c'est bien funky !
Aujourd'hui j'ai la larme à l'oeil parce que je n'ai pas pu m'acheter de chaussures. Et aussi et surtout parce que je viens poster dans la partie coming out ! Ouaaaaaiiiis ! Je suis sur la voie de l'assumage public de ma pédésexualité ! Funkyyyyy !
Je vous raconte.
Pour celles qui l'ignorent, je bosse dans une boite de tourisme en qualité de commercial ( terme fourre-tout qu'il est inutile de développer ici ). Je fais partie d'une petite équipe composée de cinq autres commerciaux et suis souvent amené à collaborer avec deux donzelles du service comptabilité et quelques gus du service facturation. Voila en gros les personnes que je côtoie.
Sans entrer dans les détails, certaines des personnes sus-citées sont : très bas-du-front ( national ), hétérobeauf, pédéphobe, croyant, abruti, alcoolique ou simplement con. Ce qui ne m'empêche pas de m'entendre avec eux dans le cadre purement professionnel : chacun fait son boulot et tout va bien.
Or donc, depuis une semaine, les repas entre collègues - grands moments de solitude en ce qui me concerne - deviennent quasi quotidien. Et comme à chaque fois qu'on se retrouve à table, la discussion n'a plus uniquement trait au tapin : chacun raconte sa vie. Chacun sauf maggle. Vu le peu d'estime que j'ai pour eux et le manque total d'envie de souder des relations amicales avec ces pignoufs, je préfère la mettre en sourdine et laisser passer ce genre de moments.
Le hic, c'est qu'à chaque repas ils se sentent obligés de me faire la conversation. Et ces derniers temps, beaufitude et côtes du Rhone aidant, ils se lachent sur les vannes made in Bigard et me "taquinent" ( comprendre : me font copieusement chier ) sur le fait que je ne divulgue rien de ma vie. En général j'esquive leur ingérence dans mes affaires par une pirouette ou un regard bien senti. Hélas, ces cons ont la dent dure !
Ainsi, la semaine dernière, ils ont décidé de me chambrer sur le fait que j'étais célibataire ( mais pourquoi ne leur ai-je pas dit que j'étais hétéro, père de famille et propriétaire terrien ?!? ). Petit extrait - garanti 100% authentique du terroir :
Nan mais franchement, c'est l'été. Même si t'es célib, t'as des envies quoi. T'as pas à faire ta vie avec une meuf si tu veux pas. Ca s'comprend. Tu la prends, tu lui casses les pattes et tu passes à une autre.
Dixit A., 45 ans, père de deux enfants, marié à une chieuse ( sic ) et à Jack Daniel's.
Pendant dix interminables minutes j'ai enduré ce genre de propos. Je me suis mentalement focalisé sur autre chose ( le boulot, les chaussures et le beau petit cul du serveur ) et l'orage est passé. Seulement j'étais dans un état d'agacement profond. Je me suis promis de ne plus déjeuner avec eux - ce qui serait bon pour ma ligne et ma santé mentale.
Hélas, on ne fait pas toujours ce qu'on veut.
Si j'ai pu les esquiver une bonne partie de la semaine, j'ai du me les fader mercredi.
Mercredi, donc.
Restaurant, réunion informelle entre commerciaux à laquelle participe une blondasse de la comptabilité. La bouffe est bonne et le vin pas dégueulasse. Contrairement à l'ambiance qui s'est vite délitée. Passé les comptes, les chiffres, les mots d'ordre du jour, les objectifs à atteindre, les commissions à verser et les facturations à envoyer au plus vite, la discussion revient inexorablement sur l'affligeante médiocrité des vies de mes collègues. Et, inexorablement, les projecteurs se braquent sur moi.
Bon alors Guillaume ( oui, je m'appelle Guillaume, comme beaucoup de pédés ), on t'as pas beaucoup vu ces derniers temps. Surtout les midis. T'avais mieux à faire ?
*rires sournois*
Il s'est trouvé une copine et il nous oublie !
*rires gras*
Manger ou baiser, il faut choisir !
*éclats de rires*
*regard consterné de la blondasse de la compta*
A ce stade du repas, j'éprouvais autant de mépris à leur endroit qu'on peut en avoir pour une blatte. Froidement, mon attention fixée sur ma salade, j'ai donc lâché un très lapidaire :
Guillaume suce des bites.
*silence*
*regards ahuris*
*silence toujours*
*silence encore*
*balbutiements gênés*
Décidé à enfoncer le clou et à profiter du silence pour bien leur faire comprendre qu'ils avaient bien entendu et qu'il ne s'agissait pas d'une blague, j'ai repris de plus belle :
Oui oui, Guillaume suce des bites. C'est un pédé. Une pédale. Une tarlouze. Il aime les mecs.
Pour le coup, il ne savaient pas où se mettre. Donc j'ai continué :
Ne soyez pas gênés : je le vis très bien.
Ceci étant dit, à défaut de prendre le serveur, je vais prendre l'addition, mes affaires et retourner au travail. Bonne fin de journée.
En me dirigeant vers le comptoir pour régler ma part, j'ai entendu un "c'est une tapette !", ce qui m'a amusé plus qu'autre chose.
Sorti du restaurant, j'avoue que j'étais assez content de moi. Et de la façon cash de leur dire ( c'est un peu mon style ! ) et aussi de m'être outé : au moins ne viendront-ils pas me faire chier avec leurs histoires d'hétéros et leurs questions alakon.
Ca, c'est le côté funky de la chose.
Le côté moins glam ne m'est apparu qu'après.
Je suis rentré dans cette société grâce à une copine ( qui n'était pas là au déjeuner sus-mentionné ). Elle est gay friendly toussa seulement y'a deux problèmes : primo, elle ne sait pas tenir sa langue et si on lui confie un secret, on peut être sûr que tout Paris en sera informé dans l'heure qui suit. Secondo, c'est une amie de ma famille. Famille avec laquelle je n'entretiens quasiment plus aucun lien ( à part un cousin génial que je vois souvent auprès du quel je suis pas outé, mon frangin et ma frangine ( qui ne m'a pas cru quand je lui ai avoué mon doux secret )). Le hic c'est que mon CO viendra inéluctablement à ses oreilles et que, presque aussi inéluctablement, elle en informera ma famille ( qui aime bien les pédés - surtout morts ). Le problème, mineur en fin de comptes, est là : me faire outer aurpès d'une bande de cons par quelqu'un qui ne sait pas se taire.
Enfin bref, à ce niveau là, on verra quand ça viendra...
Pour finir sur une note plus funky, la blondasse de la compta est venue me parler.
Tu sais, Guillaume, il y a J. de la facturation qui est homo aussi et tu ne lui es pas indifférent. Tu devrais le rencontrer, c'est vraiment un garçon bien.
Outre le fait qu'elle vienne outer son collègue ( même si, pour lui, c'est écrit sur son front ), ce qui m'a fait sourire, c'est que j'ai déjà eu un rencard avec le J. en question. Il m'avait invité chez lui et je comptais bien le prendre comme dessert. Ca s'est fini en plan loose sans que rien ne se passe...
Tout ça pour dire que le coming out, c'est bien funky !