Premier CO facile.... Le deuxième me fait peur.
Publié : mer. juil. 07, 2010 11:44 am
Bonjour à tous tes à toutes.
J'ai découvert "et Alors" il y a quelques jours seulement, et je me décide à m'ouvrir un peu, j'ai besoin de soutien, d'aide, comme beaucoup ici.
Je me présente un peu (en fait... je déballe tout..):
Je suis un mec de 37 ans, marié, 3 enfants dont le plus âgé n'a pas encore 10 ans. Je vis avec ma femme depuis 17 ans.
Mon drame, c'est que je suis gay. 100% gay. Je ne me retourne même plus pour faire semblant de regarder les filles dans la rue. Enfin mon drame.... C'est à voir.
J'ai accepté ma gaytitude en 2005, commençant à avoir des relations régulières avec pas mal de mecs le soir, à la sauvette. D'abord sur les lieux de drague extérieur, puis depuis quelques mois de temps en temps un sauna, un bar cruise... J'avais trouvé mon rythme, accepté cette bivalence: la famille d'un côté, mon jardin secret de l'autre. Tout allait presque bien. Du moins, cette routine cachait la forêt.
Car à la maison, le mal est discernable pour peu qu'on ouvre les yeux: je suis renfermé, toujours de mauvaise humeur. Et ma femme, elle, n'est pas heureuse. Faut dire: je l'ai moins touchée en 17 ans que ce que je fais chaque semaine avec des inconnus. J'ai récemment ouvert les yeux, ma femme, elle, ne réalise pas encore.
Tout à commencé il y a quelques mois. Jusque-là, pour moi, le sexe avec les mecs, c'était "purement sexuel": je ne m'intéressais strictement qu'à la zone qui se situe au milieu du corps, à l'avant... Les câlins, les caresses, les bisous.... les sentiments.... Tout ça m'était étranger, improbable. L'idée d'embrasser me dégoûtait, qu'un mec un rien plus âgé que moi me caresse un peu me répugnait.
Et puis il est arrivé. Un soir, il m'a rencontré lors d'une de mes "chasses" destinées à assouvir mes pulsions. Il était plutôt mignon, il a eu un comportement étrange... Il me regardait comme si j'étais un apollon, moi qui n'ai jamais été à l'aise avec mon physique. On a fait notre petite affaire, mais.... Il avait des caprices, auxquelles je n'ai pas su résister: embrasser, caresser..... J'ai brutalement découvert combien c'est bon. Le coup de grâce m'a été asséné lorsqu'il a voulu me photographier et tenu à m'inviter chez lui. Je rencontrais déjà des mecs chez eux, mais là, c'était différend. J'ai appris à aimer prendre et donner les caresses, les bisous. Sans rentrer dans les détails, il m'a poussé à pratiquer certaines choses que je ne fais pas d'habitude. En le quittant, j'étais sur un nuage, imaginant un avenir radieux. Pour ceux et celles qui aiment la prose, j'ai publié cette aventure sur un site. Je ne sais pas si c'est conforme à la charte ici, donc je donnerais le lien en MP ou ici si on me confirme que c'est possible. J'y décris bien mieux qu'ici l'ouverture de mon être à ces nouvelles sensations..
Bien sûr il n'y avait pas de réciproque. Pour lui, j'étais juste "un habitué" de plus à proximité. Mais le mal était fait. Le soir, je ne sortais plus, restant au bureau, quêtant une invitation de sa part. Il m'a fait découvrir l'amour. J'ai compris que j'étais prêt à aimer un homme, que je ne pourrais pas vieillir sans connaître ça, que je ne pourrais jamais être heureux si je ne pouvais me réveiller le matin aux côtés d'un mec, de MON mec.
Depuis, mon moral joue le yoyo... Même ma femme s'en est rendu compte. J'ai bien sûr rencontré d'autres mecs depuis, mais la nouveauté, c'est que je discute un peu avec eux. Incroyable le nombre de mecs qui ont été marié et ont dû un jour se résoudre à avouer leur vérité. Chez ceux qui n'ont jamais été marié, même constat: la vérité avant tout. On a qu'une vie.
J'ai finalement compris et admis l'idée qu'un jour ou l'autre, je ferais mon coming-out. Et j'ai finalement compris que ça ne servirait à rien d'attendre plus longtemps. La semaine dernière, j'ai décidé qu'il était temps. Qu'il était absurde de reporter pour une raison ou une autre: il y aura toujours une raison pour justifier de reporter ce "saut" dans l'inconnu, dans l'incertitude. En effet, il y a plusieurs éléments qui inviteraient plutôt à reculer l'échéance: l'âge de mes enfants, mes ressources (je suis co-gérant d'une société qui ne nous fait pas encore vivre...). Mais à quoi bon attendre? Je sombre chaque jour un peu plus dans la dépression, mon couple fait naufrage même si ma femme refuse de voir la vérité en face. Nous pouvons inventer un avenir où nous serons tous heureux, ma femme, nos enfants, et moi.
Fin de semaine dernière, j'ai donc découvert ce site et quelques autres en recherchant des sites qui traitent du coming-out. Mes premières lectures n'ont fait que me conforter dans ma décision, m'arrachant des larmes toutes les heures, au bureau au milieu de mes collègues...
J'ai fait mon premier CO lundi midi, avec mon associé, qui est aussi un ami, me "conforment" ainsi à plusieurs articles qui préconisent de se confier à un proche dont on a toute confiance. Je l'ai invité à venir avec moi dehors pour discuter, chose facile étant donné mon état et ma productivité qui régresse dangereusement depuis plusieurs mois. Je l'ai fait monter dans ma voiture pour lui faire comprendre que c'était sérieux. Lui s'attendait à quelque chose de purement professionnel. J'ai bredouillé un peu pendant 1 ou 2 min. avec des blanc et la gorge qui se tordait. Puis c'est sorti. Je ne lui ai pas dit directement que j'étais gay, je lui ai dis: "Je vais faire mon coming-out".
Il a très bien réagi. Presque trop... Comme si c'était banal. Une fois le mot lancé, tout a été très rapide, facile, naturel. Nous n'avons pu discuter que 20min. mais c'était fait. Il faudra quand même qu'on revienne sur le sujet un de ces jours, mais... voilà: j'ai pris mon élan pour sauter ce ravin qui me sépare de cet avenir vers lequel mon regard est rivé.
Maintenant, le plus dur reste à venir... Il faut que je trouve la force et le courage de lui parler à elle, ma femme, qui partage mes jours depuis 17ans déjà, qui m'a fait 3 merveilleux enfants, et qui est semble-t-il toujours éperdument amoureuse de moi. Cette simple pensée fait couler mes yeux, serrer ma gorge, là, tout de suite.
Je m'arrête là, je ne sais plus quoi dire. mes collègues vont rentrer d'un instant à l'autre, il faut que je sèche mes larmes.
Loïc
J'ai découvert "et Alors" il y a quelques jours seulement, et je me décide à m'ouvrir un peu, j'ai besoin de soutien, d'aide, comme beaucoup ici.
Je me présente un peu (en fait... je déballe tout..):
Je suis un mec de 37 ans, marié, 3 enfants dont le plus âgé n'a pas encore 10 ans. Je vis avec ma femme depuis 17 ans.
Mon drame, c'est que je suis gay. 100% gay. Je ne me retourne même plus pour faire semblant de regarder les filles dans la rue. Enfin mon drame.... C'est à voir.
J'ai accepté ma gaytitude en 2005, commençant à avoir des relations régulières avec pas mal de mecs le soir, à la sauvette. D'abord sur les lieux de drague extérieur, puis depuis quelques mois de temps en temps un sauna, un bar cruise... J'avais trouvé mon rythme, accepté cette bivalence: la famille d'un côté, mon jardin secret de l'autre. Tout allait presque bien. Du moins, cette routine cachait la forêt.
Car à la maison, le mal est discernable pour peu qu'on ouvre les yeux: je suis renfermé, toujours de mauvaise humeur. Et ma femme, elle, n'est pas heureuse. Faut dire: je l'ai moins touchée en 17 ans que ce que je fais chaque semaine avec des inconnus. J'ai récemment ouvert les yeux, ma femme, elle, ne réalise pas encore.
Tout à commencé il y a quelques mois. Jusque-là, pour moi, le sexe avec les mecs, c'était "purement sexuel": je ne m'intéressais strictement qu'à la zone qui se situe au milieu du corps, à l'avant... Les câlins, les caresses, les bisous.... les sentiments.... Tout ça m'était étranger, improbable. L'idée d'embrasser me dégoûtait, qu'un mec un rien plus âgé que moi me caresse un peu me répugnait.
Et puis il est arrivé. Un soir, il m'a rencontré lors d'une de mes "chasses" destinées à assouvir mes pulsions. Il était plutôt mignon, il a eu un comportement étrange... Il me regardait comme si j'étais un apollon, moi qui n'ai jamais été à l'aise avec mon physique. On a fait notre petite affaire, mais.... Il avait des caprices, auxquelles je n'ai pas su résister: embrasser, caresser..... J'ai brutalement découvert combien c'est bon. Le coup de grâce m'a été asséné lorsqu'il a voulu me photographier et tenu à m'inviter chez lui. Je rencontrais déjà des mecs chez eux, mais là, c'était différend. J'ai appris à aimer prendre et donner les caresses, les bisous. Sans rentrer dans les détails, il m'a poussé à pratiquer certaines choses que je ne fais pas d'habitude. En le quittant, j'étais sur un nuage, imaginant un avenir radieux. Pour ceux et celles qui aiment la prose, j'ai publié cette aventure sur un site. Je ne sais pas si c'est conforme à la charte ici, donc je donnerais le lien en MP ou ici si on me confirme que c'est possible. J'y décris bien mieux qu'ici l'ouverture de mon être à ces nouvelles sensations..
Bien sûr il n'y avait pas de réciproque. Pour lui, j'étais juste "un habitué" de plus à proximité. Mais le mal était fait. Le soir, je ne sortais plus, restant au bureau, quêtant une invitation de sa part. Il m'a fait découvrir l'amour. J'ai compris que j'étais prêt à aimer un homme, que je ne pourrais pas vieillir sans connaître ça, que je ne pourrais jamais être heureux si je ne pouvais me réveiller le matin aux côtés d'un mec, de MON mec.
Depuis, mon moral joue le yoyo... Même ma femme s'en est rendu compte. J'ai bien sûr rencontré d'autres mecs depuis, mais la nouveauté, c'est que je discute un peu avec eux. Incroyable le nombre de mecs qui ont été marié et ont dû un jour se résoudre à avouer leur vérité. Chez ceux qui n'ont jamais été marié, même constat: la vérité avant tout. On a qu'une vie.
J'ai finalement compris et admis l'idée qu'un jour ou l'autre, je ferais mon coming-out. Et j'ai finalement compris que ça ne servirait à rien d'attendre plus longtemps. La semaine dernière, j'ai décidé qu'il était temps. Qu'il était absurde de reporter pour une raison ou une autre: il y aura toujours une raison pour justifier de reporter ce "saut" dans l'inconnu, dans l'incertitude. En effet, il y a plusieurs éléments qui inviteraient plutôt à reculer l'échéance: l'âge de mes enfants, mes ressources (je suis co-gérant d'une société qui ne nous fait pas encore vivre...). Mais à quoi bon attendre? Je sombre chaque jour un peu plus dans la dépression, mon couple fait naufrage même si ma femme refuse de voir la vérité en face. Nous pouvons inventer un avenir où nous serons tous heureux, ma femme, nos enfants, et moi.
Fin de semaine dernière, j'ai donc découvert ce site et quelques autres en recherchant des sites qui traitent du coming-out. Mes premières lectures n'ont fait que me conforter dans ma décision, m'arrachant des larmes toutes les heures, au bureau au milieu de mes collègues...
J'ai fait mon premier CO lundi midi, avec mon associé, qui est aussi un ami, me "conforment" ainsi à plusieurs articles qui préconisent de se confier à un proche dont on a toute confiance. Je l'ai invité à venir avec moi dehors pour discuter, chose facile étant donné mon état et ma productivité qui régresse dangereusement depuis plusieurs mois. Je l'ai fait monter dans ma voiture pour lui faire comprendre que c'était sérieux. Lui s'attendait à quelque chose de purement professionnel. J'ai bredouillé un peu pendant 1 ou 2 min. avec des blanc et la gorge qui se tordait. Puis c'est sorti. Je ne lui ai pas dit directement que j'étais gay, je lui ai dis: "Je vais faire mon coming-out".
Il a très bien réagi. Presque trop... Comme si c'était banal. Une fois le mot lancé, tout a été très rapide, facile, naturel. Nous n'avons pu discuter que 20min. mais c'était fait. Il faudra quand même qu'on revienne sur le sujet un de ces jours, mais... voilà: j'ai pris mon élan pour sauter ce ravin qui me sépare de cet avenir vers lequel mon regard est rivé.
Maintenant, le plus dur reste à venir... Il faut que je trouve la force et le courage de lui parler à elle, ma femme, qui partage mes jours depuis 17ans déjà, qui m'a fait 3 merveilleux enfants, et qui est semble-t-il toujours éperdument amoureuse de moi. Cette simple pensée fait couler mes yeux, serrer ma gorge, là, tout de suite.
Je m'arrête là, je ne sais plus quoi dire. mes collègues vont rentrer d'un instant à l'autre, il faut que je sèche mes larmes.
Loïc