Ca fait quelques mois que j'ai commencé à dire qui j'étais autour de moi. Que j'aime les filles. Ben ouais. J'aime les filles.
D'abord aux ami(e)s proches, puis à ceux un peu plus éloignés, je ne l'ai pas fait pour tous, mais pour une bonne majorité. Je suis bien entourée, tous l'ont accepté et certains m'ont même demandé, pourquoi je me sentais le besoin de le dire, parce qu'ils s'en foutent comme de leur première brosse à dents.
Des personnes qui partagent mon quotidien, il me reste deux bons amis avec qui j'ai fait mes études et quelques uns que j'ai laissé en Bretagne aussi. Mais à eux, je ne sais pas pourquoi, je ne sens pas le besoin de le dire expressément, je suppose que ça viendra en son temps.
Les seuls qui manquaient, c'est la famille. La seule qui soit proche de moi en ce moment c'est ma cousine que je vois beaucoup, avec qui je partage beaucoup et ça me faisait bizarre de ne pas la mettre au courant. Mais là c'est plus les amis, c'est la famille. Pas pareil. Une crainte plus grande. Ca me travaillait depuis des semaines. Comment je vais pouvoir lui dire ? Et puis hier soir, sortie ciné, je lui dis que j'ai besoin d'une soirée fille, ce qui sous entend chez nous qu'on a besoin de se parler. On revient chez moi, et elle finit par me harceler pour savoir ce que je veux lui dire de si important. Puis voilà, "j'suis homo, j'aime les filles". Sa réaction ? La meilleure que j'aurais pu espérer : "Si t'es heureuse comme ça écoutes, je m'en fiche. Le plus important pour moi, c'est que tu sois bien. J'ai pas d'avis à avoir là dessus, ce qui se passe dans ton lit, ça te regarde". Puis on a discuté, du reste de la famille notamment. Elle m'a rassuré, m'a dit que selon elle j'avais pas de craintes à avoir. Ce qui m'a donné lé courage de le dire ce matin à ma mère. Le plus naturellement du monde.
Ma mère, depuis que je m'accepte, je veux lui dire. Mais bon elle est à plus de 10000km a ses propres soucis, pourquoi je l'embêterai avec ça ? Oui mais quand même. C'est ma mère. Et j'aurais toujours eu l'impression de me cacher si elle n'était pas au courant. Alors courage à deux mains, téléphone. Pour une fois elle répond. Inspiration.
-"Maman, je crois qu'il ne faut pas tu t'attendes à ce que je te présente de nouveau un mec.
-Ah. Bon. Ok. Une fille peut-être ?
-Plus certainement, oui.
-Ok. D'accord. Ben écoutes, c'est ton choix, c'est ta vie, moi j'ai pas de problèmes avec ça. Sois heureuse ma fille."
Voilà. Libre. Le reste de la famille, je ne me sens pas "d'obligation" envers eux, alors ça viendra quand ça viendra mais je sais maintenant que j'aurais la force de le dire et si besoin de les affronter. Je suis moi. Enfin entièrement moi et bien dans mes baskets.
J'me sens légère, légèèère.
J'aime l'automne.