nos propres barrières

Sortez de l'ombre !
Zelvaran
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nos propres barrières

Message par Zelvaran »

J'avais seize ans lorsque j'ai commencé à en parler autour de moi.
Auprès de mes amis ça n'a jamais été un probleme, beaucoup de rigolades du genre "tu fais ce que tu veux avec ton cul", j'ais même eu le droit à une pelleté de remerciement du genre "merci de m'avoir fait connaitre ce qu'était un gay quand j'était jeune, ça à beaucoup changé ma perception des choses", et si je devais les prendre au mot, je serais bientôt parrain d'une bonne cinquantaine de mômes!

Mes soeur ça à été plus agaçant, bon la cadette (qui est comme ma jumelle depuis ma plus tendre enfance), m'as regardé d'un oeil vitreux en me balançant un "et alors?c'est nouveau?", ce que je prend pour une "bonne réaction", l'aînée à est un peu plus... étouffante, depuis que je lui ai dit je suis devenu la célébrité number one, elle ne manque jamais de le mentionner à ses amis ou au gens qu'elle rencontre comme ça... bon je vais pas me plaindre hein! Elle me répète sans arrêt qu'elle est fière de moi ect, ect... vaux mieux ça que l'inverse^^.

Je n'avais pas vu mon père depuis deux ans, à la suite d'un divorce complexe, bourré de non-dits, je décidait un beau jour de débarquer chez lui et de tout lui balancer. Après tout je n'avais rien à perdre, on ne se parlait plus, il avait même oublié mon anniversaire cette année là! Donc, je débarque avec les quelques morceaux de courage offerts par mes amis. Assis dans son salon, on parle de l'école et autres sujets croustillants quand je coup court à la discussion et balance d'une voix étranglée "J'aime les garçons." Et là j'était wendy au pays imaginaire, alice au pays des merveilles, j'était assommé, déconcerté, troublé, tant le visage de mon père irradiait de bonheur. Je n'ais jamais vu mon père plus heureux que ce jour là. Il a bondit sur son étagère, en à sortit tout un paquet de livres, on lu de la poésie, on a parlé de lui que je ne connaissait pas, de son histoire... pendant un court moment le temps c'est arrêté, il m'a confié qu'il avait eu des amants lui aussi, quand il avait été jeune, que je devais profiter de la chance que mon époque me proposait comparée à la sienne... je devait vivre ce que j'avais à vivre sans aucune barrières ("à condition de ne pas tomber dans la drogue et la prostitution"). Bref, je rentrait chez ma mère avec un énorme sourire qui mis longtemps à me lâcher (l'usure du quotidient oblige), je piquait des fou rires tout seul, je dansait dans l'appart, ma mère m'a même demandé si "j'allais bien".... bref, là encore, j'avais eu la chance avec moi.

C'est après que ça se complique...

J'ais toujours éprouvé pour ma mère une admiration sans bornes. Elle reste pour moi la femme qui à élevé trois enfants seules, qui à traversé des périodes sombre, mais qui à toujours sût se relever et être un modèle de droiture et une inspiration quotidienne pour moi. C'est une grande voyageuse, elle à passé une partie de son enfance à Kaboul, en Inde, ect.... elle nous à un peu élevé comme ça, on déménageait tout les deux ans maximum. La maison était toujours pleine de monde, d'amis, ou juste de gens qu'elle recueillait dans la rue...
La fascination que j'éprouvait pour elle était telle que je n'osais lui parler de mon homosexualité que l'année dernière.
On avait fait une fête chez elle, on était tout deux un peux saouls... on parlait de la famille et de ses secrets destructeurs et on se jurai solenellement que nous n'aurions jamais aucuns secret l'un pour l'autre. Alors je lui ai dit.
Elle souriait, ses yeux dans le vide pleuraient des larmes lourdes de tristesse et elle me dit ceci "Je ne suis pas la plus objective pour parler de ces choses... ce n'est clairement pas ce que je souhaitais pour toi", j'appris ce soir là que mon père était parti de la maison parce qu'il avait rencontré un homme. Elle m'as dit qu'elle se sentait trahi, qu'elle n'arrivait pas à pardonner, qu'elle n'arrivait pas à encaisser avoir donné 18 années de sa vie et trois enfants à un homme pour qu'il parte sur un "ça ne me correspond pas"
Quand je lui demandait "et si je rencontrait un homme avec qui je veux vivre jusqu'à la fin, quelque'un qui compte et que je voudrais te faire rencontrer... je pourrait partager ça avec toi?"
Elle m'a embrassé et juste dit "Je ne refuserais jamais de te voir. Jamais."
Depuis ça va de mieux en mieux... lentement, elle change petit à petit, là ou elle disait PD, elle dis Homosexuels quand je suis là, elle m'a même défendu face à sa mère...
Bref, je ne serais jamais assez reconnaissant pour le combat qu'elle mène pour pouvoir continuer à m'aimer, même je me sent toujours coupable pour la déception que je lui ai apporté.

Ma vie sentimentale n'est pas rose pour autant, je suis dans le doute permanent. Je ne parviens pas à construire quelque chose, je n'assume pas que ma vie puise être comme ça.
Parfois même je me dit que je devrais simplement me mettre avec une fille que j'aime bien, avoir les enfants dont je rêve, puis terminer la grande course au petit trot pour avoir assez de souffle pour tirer une révérence convenable... mais même dans ces moments là je sais très bien qu'il me manquera un homme. Je suis un grand pratiquant de la fuite en avant et un grand radin, pour tout les pauvres copains que j'ais eu, jamais je n'ais permis à quiconque d'entrer dans mon intimité, dès que ça commence à devenir sérieux, dès que ça peux le devenir, je prend le vent du nord et file comme un serpent jusqu'à ce qu'il n'y ai plus trace de ce qui à été ou aurait pu être... bref, je suis un gros, gros, gros névrosé :^^: , c'est mon problême, et même si ça peut être dur, je tente de vivre avec.

Voilà qui aide un peu à me connaître... désolé si je me repend en détails inutiles ou anecdotes superflues, quoiqu'il en soit ne voyez pas en ce message un texte larmoyant écrit par un pleurnichard pensant être le premier humain à faire face à ce genre de situation, c'est loin d'être le cas et c'est aussi une des raisons de ma venue sur ce forum, le partage de nos histoires.
:wink:
Blinded
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Re: nos propres barrières

Message par Blinded »

Témoignage intéressant. C'est sur que pour ta mère, ça ravive une blessure, mais bon, en même temps, tu n'as pas à te sentir coupable de cette déception. Déjà parce que malgré qu'elle dise "ce n'est clairement pas ce que je souhaitais pour toi", de toute façon, ça reste ta vie. Les aspirations de ta mère quant à ton devenir sont secondaire. On est jamais exactement comme nos parents désireraient qu'on soit. Et heureusement.

Autrement, je me pose une question : Comment tes relations avec ton père ont évolué depuis ?
Zelvaran
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Re: nos propres barrières

Message par Zelvaran »

Les aspirations de ta mère quant à ton devenir sont secondaire. On est jamais exactement comme nos parents désireraient qu'on soit. Et heureusement.
Oui j'en suis conscient, j'essaye de m'en convaincre... pas toujours évident :euh:
Je me suis beaucoup rapprocher de mon père après ça, j'ai trouvé quelqu'un d'assez proche de moi qui avait vécu une experience similaire, le problème est qu'il commence à se faire vieux et qu'il n'est pas d'une santé de fer, du coup, je joue un peu contre la montre pour avoir ma chance de le connaître et de l'apprécier pleinement pour la personne qu'il est et ce qu'il a vécu avant qu'il ne soit trop tard.
J'ai beaucoup aimé ton témoignage, sincèrement. Tu es le dernier des trois donc ?
Merci ^^, oui je suis le dernier et le seul garçon.
wherearethehopes
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Re: nos propres barrières

Message par wherearethehopes »

Ton histoire est très poignante :)

Et tu as raison d'admirer ta mère. Je trouve ça vraiment beau la façon dont elle à réagis alors qu'elle à beaucoup souffert de l'histoire avec ton père. Ca fait plaisir d'entendre que parfois cela peut resserrer la famille :)
tkf
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Re: nos propres barrières

Message par tkf »

Ouh la la, je ne sais pas comment j'aurais réagi si mon père m'avait dit un truc pareil. A mon avis, je me serais décomposé sur place...
Beau témoignage en tout cas. :copain:
Viridis
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Re: nos propres barrières

Message par Viridis »

Tout d'abord bienvenu (je ne suis pas passé par ton sujet dans la section accueil)

Depuis ce jour, j'ai toujours lu sur ce forum des histoires de personnes qui divorcent car l'un des deux a choisi de ne plus se mentir. Ton témoignage est intéressant car il est d'avoir le point de vue d'un des enfants ayant vécu la séparation. Tes co ajoutent un plus puisqu'ils ont permis à te parents de parler clairement ce qui aurait pu être passé sous silence si tu avais eu une vie différente.
Même si les blessures sont encore présentes pour ta mère, c'est une belle histoire. J'espère qu'elles pourront se refermer un jour, saches que tu n'en es pas la cause. Ce qui me gène dans ce que tu nous livres, c'est que tu risques de reproduire les mêmes choses en te mentant à toi même simplement parce que la culpabilité te bride alors que tu as toutes les cartes en main pour aller de l'avant.
Indirectement, cela t'as peut-être mis le cerveau en vrac. L'indécision, le doute, la fuite en avant ... tout doit être lié. Plus tu te laisseras bouffer, plus tu auras du mal à en sortir alors que tu es jeune et sans barrières extérieures (tu les as toutes franchies). Je dirais que tu n'es pas un névrosé, tu ne veux pas souffrir et faire souffrir, mais pour avancer, tu dois absolument prendre ce risque. :wink:
Lolo
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Re: nos propres barrières

Message par Lolo »

Tu as plutôt de la chance : ta mère l'a pris avec philosophie, tu as pu renouer avec ton père, ça se passe bien avec tes sœurs. Bref, c'est peut-être toi qui est le moins à l'aise avec toi-même.
Zelvaran a écrit :Parfois même je me dit que je devrais simplement me mettre avec une fille que j'aime bien, avoir les enfants dont je rêve, puis terminer la grande course au petit trot pour avoir assez de souffle pour tirer une révérence convenable...
Alors là, NON ! Ton orientation te travaillera toute ta vie. Ne penses pas à l'apparente facilité de cette vie, penses à ton bonheur, et aussi au bonheur de cette fille "que tu aimes bien" : elle a droit d'être aimée "plus que bien". Ne reproduits pas avec une fille ce que ta mère a vécu avec ton père. Et penses aux enfants qui naîtront de cette union : tu ne seras jamais épanoui si tu mènes une vie qui va contre ta nature. Et que tu ne sois pas heureux, tes enfants, ils le sentiront, ça pèsera sur leur bien-être, sur leur équilibre.

Tu as la chance d'avoir su t'accepter jeune, ne gâches pas cette chance. Que tu souhaites avoir des enfants est louable, mais il ne faut pas promettre une vie de couple idéale à une fille "que tu aimes bien" juste pour "rentrer dans le moule" et faire des enfants.
kubbalibre
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Re: nos propres barrières

Message par kubbalibre »

C'est une belle histoire que la tienne.
Et ton titre est vraiment bien choisi.
Nos propres barrières... Celles qui ont poussé ton père à vivre 18 ans en couple avec une femme (bon, mais n'oublions pas le beau côté de la chose, c'est les 3 enfants et la vie plutôt riche de rencontres et de pays que vous avez eu), celles qui empêchent pour le moment la blessure de ta mère de cicatriser, celles qui te pousse à t'envoler dès qu'une histoire devient sérieuse ou qui te font te poser la question de ne vivre qu'à moitié, en couple avec une bonne amie.
Malgré toutes ces barrières, malgré tous les aspects + difficiles de vos vies à chacun, l'aventure, on le voit dans ton témoignage vaut belle et bien la peine d'être vécue!
Pour ce qui est de la réaction de ta mère, que cela ne soit pas une blessure pour toi, c'est la première réaction d'une mère qui ne voit pas l'un de ses rêves réalisés, mais ça n'est pas aux enfants de réaliser les rêves de leurs parents et surtout elle a exprimé aussi toute la tendresse qu'elle a pour toi et c'est bien le principal : il ne s'agit pas de comprendre ceux qu'on aime, juste de les aimer tels qu'ils sont.
Pour ce qui est de la question qui t'effleure dans les moments difficiles, choisir ou pas de se caler avec une gentille femme pour vivre une vie ... plus confortable, je ne crois pas que ce soit la bonne question, pour plusieurs raisons :
- tu as seulement 22 ans
- si il te prend un jour l'envie de voir ce que c'est d'être en couple avec une femme, libre à toi (à quoi bon s'enfermer dans une case?) mais pas besoin de faire des enfants de suite : tu découvriras bien vite si tu t'épanouis ou pas dans cette relation, et s'il te manque un homme dans ta vie, alors tu sauras prendre ta décision.
- en étant conscient de ta tendance à fuir dès que la relation devient sérieuse, tu as largement le temps de travailler sur cette petite névrose si tu souhaites la faire évoluer, et avec le temps si tu le souhaites, je suis sûre que tu pourras ouvrir ton intimité à quelqu'un, et construire une vie à 2. On ne change pas du tout au tout mais on évolue, on se pose, et c'est quand même un des beaux aspects de la vie!
Bon courage pour la route!
floridjan
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Re: nos propres barrières

Message par floridjan »

Joli témoignage en effet ! :D

Tu sembles sur le bon chemin, des coming out à la pelle qui ne se passe pas trop mal, faut pas tourner le dos à ton homosexuelité en commettant l'erreur de te mettre avec une fille : ce ne serait pas correct pour toi ni pour elle. Et puis, imagine que tu finisses par pêter un câble et par la quitter après avoir rencontré un mec ? Tu lui ferais vivre ce que ton père a fait vivre à ta mère ?

Bon courage pour ta recherche d'un amoureux.
C'est pas plus facile pour les hétéro de trouver l'âme soeur, faut pas croire ! :wink:
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