P'tite Logik veut devenir grande...
Publié : lun. avr. 01, 2013 9:44 pm
Un énième sujet. P'tite Logik veut devenir grande mais elle a bien remarqué qu'être grande, c'était pas facile.
"Je te le dis et je te l'ai déjà dit, tu sais que c'est vrai. Tu dois avoir le courage d'en parler à ta mère ! Ça te bouffe. Tu pensais être mieux loin d'eux à vivre à Reims mais en vérité tu te sens obligée de rentrer, tu ne te sens pas indépendante et tu souffres de ne pas te sentir bien avec eux car tu ne dis pas qui tu es... Ça te bouffe."
Elle a raison, ma meilleure amie. Je pensais qu'être lâche c'était pas si mal, je pensais qu'être plus loin et ne plus les voir quotidiennement aller m'aider. Bien sûr, faut pas mentir, ça m'a aidé. Mais putain voilà deux mois que cette boule a repris sa place dans mon ventre, deux mois qu'une boule du même type, dans ma gorge, a bien pris place, à chaque retour en train, à chaque week-end. Deux mois où c'est de plus en plus dur de rentrer et de faire semblant. Deux mois à réellement me déguiser parce que je sais que d'ici quelques heures j'y serais à nouveau.
Il y a cinq ans, j'ai tué la relation fille-enfant qu'il devait exister quelque part entre nous, à trop vouloir cacher qui je suis.
"Je ne veux pas finir en HP"
C'est ce que je lui ai dit, à ma meilleure amie. A force de me cacher, je ne sais même plus qui je suis réellement. Ces derniers mois j'ai envisagé des choses qui me font peur à moi-même. Les envies d'en finir n'étaient pas nouvelles, même si elles sont moins présentes ces derniers temps. Les envies de fuir, disparitions volontaires à l'étranger, envies même de me forcer, de changer, de rencontrer un garçon. Pour leur reconnaissance.
Depuis deux mois cette chose que j'ai en moi, ancrée au plus profond, recommence à me bouffer, comme un monstre qui voudrait sortir de mon corps. Eczéma, crises de larmes, problèmes de sommeil et ce que ça entraîne.
P'tite Logik a 18 ans, et à 18 ans on ne pleure plus, on marche la tête haute. La suite, on verra bien.
La suite est annoncée. J'ai tout calculé, hier ça n'allait vraiment pas, à nouveau. Je suis soutenue, gentiment poussée à le faire depuis trois putains d'années par ma meilleure amie. J'ai déjà fait des tas de sujet parlant de mon futur coming-out parental, je le sais.
Peu importe.
Cette semaine-ci, mon père ne sera pas là, ma mère sera seule. Le 10 avril, p'tite Logik aura 18 ans et un mois, et elle fera sa première grande action d'adulte. Bien sûr, j'ai peur, je suis terrifiée, mais je ne veux plus reculer. Je ne PEUX plus reculer. Le 10 avril, j’appellerais ma mère et je lui dirais.
"Je te le dis et je te l'ai déjà dit, tu sais que c'est vrai. Tu dois avoir le courage d'en parler à ta mère ! Ça te bouffe. Tu pensais être mieux loin d'eux à vivre à Reims mais en vérité tu te sens obligée de rentrer, tu ne te sens pas indépendante et tu souffres de ne pas te sentir bien avec eux car tu ne dis pas qui tu es... Ça te bouffe."
Elle a raison, ma meilleure amie. Je pensais qu'être lâche c'était pas si mal, je pensais qu'être plus loin et ne plus les voir quotidiennement aller m'aider. Bien sûr, faut pas mentir, ça m'a aidé. Mais putain voilà deux mois que cette boule a repris sa place dans mon ventre, deux mois qu'une boule du même type, dans ma gorge, a bien pris place, à chaque retour en train, à chaque week-end. Deux mois où c'est de plus en plus dur de rentrer et de faire semblant. Deux mois à réellement me déguiser parce que je sais que d'ici quelques heures j'y serais à nouveau.
Il y a cinq ans, j'ai tué la relation fille-enfant qu'il devait exister quelque part entre nous, à trop vouloir cacher qui je suis.
"Je ne veux pas finir en HP"
C'est ce que je lui ai dit, à ma meilleure amie. A force de me cacher, je ne sais même plus qui je suis réellement. Ces derniers mois j'ai envisagé des choses qui me font peur à moi-même. Les envies d'en finir n'étaient pas nouvelles, même si elles sont moins présentes ces derniers temps. Les envies de fuir, disparitions volontaires à l'étranger, envies même de me forcer, de changer, de rencontrer un garçon. Pour leur reconnaissance.
Depuis deux mois cette chose que j'ai en moi, ancrée au plus profond, recommence à me bouffer, comme un monstre qui voudrait sortir de mon corps. Eczéma, crises de larmes, problèmes de sommeil et ce que ça entraîne.
P'tite Logik a 18 ans, et à 18 ans on ne pleure plus, on marche la tête haute. La suite, on verra bien.
La suite est annoncée. J'ai tout calculé, hier ça n'allait vraiment pas, à nouveau. Je suis soutenue, gentiment poussée à le faire depuis trois putains d'années par ma meilleure amie. J'ai déjà fait des tas de sujet parlant de mon futur coming-out parental, je le sais.
Peu importe.
Cette semaine-ci, mon père ne sera pas là, ma mère sera seule. Le 10 avril, p'tite Logik aura 18 ans et un mois, et elle fera sa première grande action d'adulte. Bien sûr, j'ai peur, je suis terrifiée, mais je ne veux plus reculer. Je ne PEUX plus reculer. Le 10 avril, j’appellerais ma mère et je lui dirais.