Un premier coming-out au goût amer...
Un premier coming-out au goût amer...
Je me suis accordé beaucoup de temps avant de faire ce post. Du temps pour réfléchir. Du temps pour encaisser… A la suite de mon premier coming-out, j’ai dû faire face à une réaction quelque peu déconcertante, troublante même.
C’était il y a deux semaines environ, en début de soirée. Je devais retrouver ma meilleure amie devant les marches de l’Opéra Garnier. Auparavant, par téléphone, je m’étais embourbé à justifier ce rendez-vous de dernière minute en prétextant « une chose importante à dire ». Une façon pour moi de ne pas reculer, d’être au pied du mur.
A 21h30, nous nous retrouvons donc Place de l’Opéra. Puis, tout en échangeant quelques banalités sur nos vies respectives, nous marchons tranquillement en direction du Musée du Louvre. Je suis mal à l’aise et quelque peu tendu à l’idée de tout lui avouer. La gorge sèche, je tente de ne rien laisser transparaître. J’évite de croiser son regard en laissant le mien errer aux hasards des passants que nous croisons. La balade jusqu’au Louvre me semble interminable. Arrivés devant la Pyramide de verre, je propose que nous prenions quelques minutes de pause sur le rebord de la fontaine, Place Carrée. J’aime l’ambiance de cet endroit, ses lumières, son calme… Je me suis alors dit que ce devait être là ; le lieu ou je ferais mon premier coming-out. C’est sans doute ridicule de sacraliser ainsi ce moment, de lui donner un côté théâtral, mais, j’avais dans l’idée d’en faire un point de repère à ma vie…
Une fois posés sur le bord de la fontaine, je me lance dans des explications vaseuses et dénuées de tout sens. Mes idées fusent, mes propos ne sont pas clairs, tout comme mon esprit.
Devant mon incapacité à formuler simplement le fait d’être gay, je tente une autre méthode. En la fixant dans les yeux, je lui demande : « As-tu une idée de ce qu’est «la chose importante» que j’ai à te dire ? ». Elle part dans un éclat de rire et commence à faire une liste quelque peu saugrenue de situations catastrophiques qui seraient susceptibles de me mettre si mal à l’aise. Tout y passe, sauf l’homosexualité. J’insiste un peu, je la pousse jusqu’au bout de ses raisonnements. C’est alors qu’elle me lance en ricanant : «Quoi ? Tu es homosexuel ? ». Je déglutis difficilement et, tout en laissant mon regard se perdre dans les eaux de la fontaine, je murmure un peu courageux : « Euh, oui, voilà… c’est ça… ». Du tac au tac, elle me demande avec un sourire figé : « Tu rigoles ? ». Et moi, de lui répondre faiblement : « Non, pas du tout… ». Silence.
Je suis incapable de parler. J’ai la sensation que tout s’écroule autour de moi. Elle se lève. Je la suis. Sans un mot, nous traversons le Pont des Arts. Rive gauche, nous descendons sur les quais et, à ma demande, nous nous asseyons sur un banc. C’est à ce moment qu’elle me confie tous ses sentiments à mon égard. Et, il ne s’agit plus d’amitié Elle m’annonce que cet aveu la remet profondément en question, qu’elle ne sait plus quoi penser. Son débit de parole s’accélère. Je ne dis plus rien. Mon coming-out devient alors son exutoire. Elle passe du rire aux larmes. Moi qui espérait égoïstement un soutien de sa part, je me retrouve dans un double rôle : celui du coupable (qui n’a pas déclaré son homosexualité plut tôt) et celui du psy (qui l’aide à se confronter à ses vrais problèmes). De moi, il n’est plus question. Nous reprenons notre marche, en direction du Quartier Latin. Ses mots se font de plus en plus durs, ses reproches de plus en plus cinglants.
Arrivés chez elle, nous restons de longues minutes sans parler. Je me décide à partir. Elle prononce alors des mots que j’ai encore un mal à digérer : « Je ne sais pas quand je te rappellerai, ni même si j’aurai à nouveau envie de te voir. Je vais avoir besoin de temps. »
Je jette un dernier coup d’œil à son appartement, ce lieu que je connais si bien, dans lequel j’ai passé de si bons moments. Je n’ose pas trop croiser son regard. Je sors de chez elle. J’ai l’impression qu’une page se tourne. Malgré le soulagement d’avoir été jusqu’au bout de ma démarche, d’avoir enfin annoncé mon homosexualité à une personne proche, je reste quelque peu troublé. En fait, je devrais plutôt dire déçu. J’aurais voulu connaître un coming-out simple, parfait comme beaucoup d’entre vous. Le mien me laisse un goût amer. Bien sûr, je ne compte pas rester sur ce demi échec. Mais, pour le moment, j’encaisse difficilement cette douche froide…
Quelques jours plus tard, j’ai tenté de prendre contact avec elle. J’ai reçu en retour un SMS mortifiant qui disait en substance qu’elle n’avait pas très envie de me parler, encore moins de me voir…
Voilà, je suis désolé pour la longueur du post. J’espère ne pas vous avoir ennuyer !
Merci aux personnes qui ont été là pour me soutenir dans cette démarche (elles se reconnaîtront) car, malgré tout, je suis heureux de l’avoir fait.
@+
Mogwaï
C’était il y a deux semaines environ, en début de soirée. Je devais retrouver ma meilleure amie devant les marches de l’Opéra Garnier. Auparavant, par téléphone, je m’étais embourbé à justifier ce rendez-vous de dernière minute en prétextant « une chose importante à dire ». Une façon pour moi de ne pas reculer, d’être au pied du mur.
A 21h30, nous nous retrouvons donc Place de l’Opéra. Puis, tout en échangeant quelques banalités sur nos vies respectives, nous marchons tranquillement en direction du Musée du Louvre. Je suis mal à l’aise et quelque peu tendu à l’idée de tout lui avouer. La gorge sèche, je tente de ne rien laisser transparaître. J’évite de croiser son regard en laissant le mien errer aux hasards des passants que nous croisons. La balade jusqu’au Louvre me semble interminable. Arrivés devant la Pyramide de verre, je propose que nous prenions quelques minutes de pause sur le rebord de la fontaine, Place Carrée. J’aime l’ambiance de cet endroit, ses lumières, son calme… Je me suis alors dit que ce devait être là ; le lieu ou je ferais mon premier coming-out. C’est sans doute ridicule de sacraliser ainsi ce moment, de lui donner un côté théâtral, mais, j’avais dans l’idée d’en faire un point de repère à ma vie…
Une fois posés sur le bord de la fontaine, je me lance dans des explications vaseuses et dénuées de tout sens. Mes idées fusent, mes propos ne sont pas clairs, tout comme mon esprit.
Devant mon incapacité à formuler simplement le fait d’être gay, je tente une autre méthode. En la fixant dans les yeux, je lui demande : « As-tu une idée de ce qu’est «la chose importante» que j’ai à te dire ? ». Elle part dans un éclat de rire et commence à faire une liste quelque peu saugrenue de situations catastrophiques qui seraient susceptibles de me mettre si mal à l’aise. Tout y passe, sauf l’homosexualité. J’insiste un peu, je la pousse jusqu’au bout de ses raisonnements. C’est alors qu’elle me lance en ricanant : «Quoi ? Tu es homosexuel ? ». Je déglutis difficilement et, tout en laissant mon regard se perdre dans les eaux de la fontaine, je murmure un peu courageux : « Euh, oui, voilà… c’est ça… ». Du tac au tac, elle me demande avec un sourire figé : « Tu rigoles ? ». Et moi, de lui répondre faiblement : « Non, pas du tout… ». Silence.
Je suis incapable de parler. J’ai la sensation que tout s’écroule autour de moi. Elle se lève. Je la suis. Sans un mot, nous traversons le Pont des Arts. Rive gauche, nous descendons sur les quais et, à ma demande, nous nous asseyons sur un banc. C’est à ce moment qu’elle me confie tous ses sentiments à mon égard. Et, il ne s’agit plus d’amitié Elle m’annonce que cet aveu la remet profondément en question, qu’elle ne sait plus quoi penser. Son débit de parole s’accélère. Je ne dis plus rien. Mon coming-out devient alors son exutoire. Elle passe du rire aux larmes. Moi qui espérait égoïstement un soutien de sa part, je me retrouve dans un double rôle : celui du coupable (qui n’a pas déclaré son homosexualité plut tôt) et celui du psy (qui l’aide à se confronter à ses vrais problèmes). De moi, il n’est plus question. Nous reprenons notre marche, en direction du Quartier Latin. Ses mots se font de plus en plus durs, ses reproches de plus en plus cinglants.
Arrivés chez elle, nous restons de longues minutes sans parler. Je me décide à partir. Elle prononce alors des mots que j’ai encore un mal à digérer : « Je ne sais pas quand je te rappellerai, ni même si j’aurai à nouveau envie de te voir. Je vais avoir besoin de temps. »
Je jette un dernier coup d’œil à son appartement, ce lieu que je connais si bien, dans lequel j’ai passé de si bons moments. Je n’ose pas trop croiser son regard. Je sors de chez elle. J’ai l’impression qu’une page se tourne. Malgré le soulagement d’avoir été jusqu’au bout de ma démarche, d’avoir enfin annoncé mon homosexualité à une personne proche, je reste quelque peu troublé. En fait, je devrais plutôt dire déçu. J’aurais voulu connaître un coming-out simple, parfait comme beaucoup d’entre vous. Le mien me laisse un goût amer. Bien sûr, je ne compte pas rester sur ce demi échec. Mais, pour le moment, j’encaisse difficilement cette douche froide…
Quelques jours plus tard, j’ai tenté de prendre contact avec elle. J’ai reçu en retour un SMS mortifiant qui disait en substance qu’elle n’avait pas très envie de me parler, encore moins de me voir…
Voilà, je suis désolé pour la longueur du post. J’espère ne pas vous avoir ennuyer !
Merci aux personnes qui ont été là pour me soutenir dans cette démarche (elles se reconnaîtront) car, malgré tout, je suis heureux de l’avoir fait.
@+
Mogwaï
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La Noiraude
- Messages : 6664
- Inscription : lun. avr. 03, 2006 7:14 am
alors tout d'abord, parce que c'est de circonstances: toutes mes félicitations! Comme je le dis à chacun d'entre vous, c'est toujours un grand pas de faire son premier coming out.. Et donc même si la réaction ne se veut pas celle attendu, c'est assez énorme pour te féliciter!!
Maintenant c'est vrai que c'est triste mais quelque chose me dit que ton amie (qui avait des sentiments) a simplement besoin de temps pour avaler la pilule.. et que lorsque cela sera fait, elle reviendra vers toi doucement...
C'est pas toujours facile d'accepter son homosexualité, on le sait tous.. on a parfois eu besoin de beaucoup de temps soi même, et une fois que c'est fait, on demande à notre entourage de l'accepter du jour au lendemain! c'est un peu exagéré non? Eux aussi ont parfois besoin de temps, surtout si (comme je l'ai compris à moins que je sois totalement à côté de la plaque) la personne avait des sentiments qu'elle se voilait, et qu'il faut aujourd'hui composer autrement suite à un nouveau paramètre..
Elle reviendra, j'en reste persuadée!
En attendant, savoure ce premier grand pas que tu as fait, et qui n'est que le premier de tous les autres!
Maintenant c'est vrai que c'est triste mais quelque chose me dit que ton amie (qui avait des sentiments) a simplement besoin de temps pour avaler la pilule.. et que lorsque cela sera fait, elle reviendra vers toi doucement...
C'est pas toujours facile d'accepter son homosexualité, on le sait tous.. on a parfois eu besoin de beaucoup de temps soi même, et une fois que c'est fait, on demande à notre entourage de l'accepter du jour au lendemain! c'est un peu exagéré non? Eux aussi ont parfois besoin de temps, surtout si (comme je l'ai compris à moins que je sois totalement à côté de la plaque) la personne avait des sentiments qu'elle se voilait, et qu'il faut aujourd'hui composer autrement suite à un nouveau paramètre..
Elle reviendra, j'en reste persuadée!
En attendant, savoure ce premier grand pas que tu as fait, et qui n'est que le premier de tous les autres!
Effectivement, c’est triste.
Et je crains de ne pouvoir t’aider plus.
Dans la mesure où elle refuse tout contact, ça rend les choses plus difficiles encore.
Tu ne peux faire que des suppositions.
Ce qui me semble primordial dans une telle situation c’est de te protéger, toi, même si ça paraît égoïste.
Tu ne dois pas te sentir coupable de quoi que ce soit.
Il est possible que des éléments de l’histoire personnelle de cette jeune fille expliquent sa réaction. Mais tu ne peux pas y changer grand-chose.
Je crains d’avoir été un peu maladroit, je te prie de m’en excuser.
Je doute que ça t’avance à grand-chose mais si tu en ressens le besoin n’hésite pas à en parler ici.
Et courage pour tes prochains c.o. !
Et je crains de ne pouvoir t’aider plus.
Dans la mesure où elle refuse tout contact, ça rend les choses plus difficiles encore.
Tu ne peux faire que des suppositions.
Ce qui me semble primordial dans une telle situation c’est de te protéger, toi, même si ça paraît égoïste.
Tu ne dois pas te sentir coupable de quoi que ce soit.
Il est possible que des éléments de l’histoire personnelle de cette jeune fille expliquent sa réaction. Mais tu ne peux pas y changer grand-chose.
Je crains d’avoir été un peu maladroit, je te prie de m’en excuser.
Je doute que ça t’avance à grand-chose mais si tu en ressens le besoin n’hésite pas à en parler ici.
Et courage pour tes prochains c.o. !
D'abord Félicitation, c'est pas facile à faire, surtout au début...
Ensuite, effectivement, c'est délicat. Il va lui falloir du tout. Il t'as fallu du temps pour que tu t'accepte déjà toi, alors les autres aussi, surtout lorsqu'ils sont proches ou très proches
Maintenant, comme tu dis, c'est une amie, elle finira par accepter.
Avec mon premier CO, j'avais (j'ai) toujours un sentiment de culpabilité, sauf que c'était mon amie qui m'avait parlé de ses sentiments avant que je lui parle. Ça m'avait bloqué et il a fallu 6 mois pour que lui fasse mon premier CO je supose qu'il lui a fallu à elle aussi un peu de temps pour encaisser (elle n'a jamais rien montré) et maintenant c'est toujours ma meilleure amie.
Courage, ça finira bien par s'arranger, j'espère pour toi.
En tout cas encore bravo, ne t'arretes pas là
Ensuite, effectivement, c'est délicat. Il va lui falloir du tout. Il t'as fallu du temps pour que tu t'accepte déjà toi, alors les autres aussi, surtout lorsqu'ils sont proches ou très proches
Maintenant, comme tu dis, c'est une amie, elle finira par accepter.
Avec mon premier CO, j'avais (j'ai) toujours un sentiment de culpabilité, sauf que c'était mon amie qui m'avait parlé de ses sentiments avant que je lui parle. Ça m'avait bloqué et il a fallu 6 mois pour que lui fasse mon premier CO je supose qu'il lui a fallu à elle aussi un peu de temps pour encaisser (elle n'a jamais rien montré) et maintenant c'est toujours ma meilleure amie.
Courage, ça finira bien par s'arranger, j'espère pour toi.
En tout cas encore bravo, ne t'arretes pas là
Tres beau texte, tres belle plume comme dit Thunder Bird.
En tout cas, je vais peut etre me repeter par rapport aux dires plus haut, Felicitation pour ce 1e pas. C'est jamais facile, mais tu l'as fait c'est le principal.
Elle doit maintenant elle meme faire un travail soi meme pour accepter tes dires, comme toi tu lavais fait jusqu'a maintenant. Le temps et seul le temps pourra lui faire du bien
En tout cas,nesite pas a venir parler et discuter de tout, on est la pour ca
En tout cas, je vais peut etre me repeter par rapport aux dires plus haut, Felicitation pour ce 1e pas. C'est jamais facile, mais tu l'as fait c'est le principal.
Elle doit maintenant elle meme faire un travail soi meme pour accepter tes dires, comme toi tu lavais fait jusqu'a maintenant. Le temps et seul le temps pourra lui faire du bien
En tout cas,nesite pas a venir parler et discuter de tout, on est la pour ca