Le Bilan des Coming Out

Sortez de l'ombre !
Daisy.Adair
Messages : 3567
Inscription : dim. mars 01, 2009 1:10 am

Re: Le Bilan des Coming Out

Message par Daisy.Adair »

Ce qui fait donc pour que ce topic soit utilisé correctement :

247 positifs et 18 négatifs
kayro
Messages : 28
Inscription : lun. août 15, 2016 3:36 pm

Re: Le Bilan des Coming Out

Message par kayro »

---
Dernière modification par kayro le sam. déc. 25, 2021 4:45 pm, modifié 1 fois.
Hedryan
Messages : 1
Inscription : jeu. sept. 14, 2017 4:06 pm

Re: Le Bilan des Coming Out

Message par Hedryan »

À mon tour de participer à cette loooongue conversation !
Donc pour ma part il faut savoir que je fais partie depuis assez longtemps d'une bande d'amies, et qu'il y a trois ans j'ai commencé à avoir des sentiments pour une de ces amies, appelons la A ; je n'en parle qu'à une seule autre de mes amies, disons B, qui à l'époque le prend... ben normalement en fait, étant habituée à mes amours fluctuantes et jamais très longues, et je crois qu'à l'époque aucune de nous deux ne s'est dit "merde, c'est une fille, ça veut dire que je/elle ne suis/n'est pas hétéro" mais "merde, c'est une amie, ça risque de compliquer nos relations". Donc à l'époque je ne me pose pas de questions sur mon orientation sexuelle surtout que je me sentais aussi attirée par les gars et que la bisexualité restait un concept abstrait pour moi. Finalement, ces sentiments s'estompent.
Puis, deux ans plus tard (donc il y a un an), je rencontre une fille, bi également, et je commence à ressentir de l'attirance pour elle ; ne lui en parlant pas mais plutôt de mes doutes en matière d'orientation sexuelle, on en discute pas mal et après cette conversation, je me sentais suffisamment informée et sûre de moi pour me déclarer bisexuelle.
Sachant que les filles de mon groupe d'amies (mes quatre amies les plus proches) avaient suivi mon long cheminement jusqu'à ce que j'aie enfin la réponse à toutes mes questions (ce qui les avait agacées d'ailleurs puisqu'étant incertaine je changeais d'opinion comme de chemise :lol: ), aucune ne s'est étonnée et n'a d'ailleurs mal réagi, donc je n'appelle pas vraiment ça un CO puisqu'elles étaient déjà plus ou moins au courant...
Puis j'en ai parlé à pas mal de personnes autour de moi, histoire de pouvoir m'éloigner directement si je croisais des gens ayant un problème avec ça (ce que j'ai d'ailleurs continué à faire), sans jamais pour autant en parler à ma famille ; et si au début je pensais attendre d'avoir une hypothétique copine pour leur en parler, plus je patientais et plus je sentais comme un poids le fait de ne pas m'assumer dans ma propre famille...
Alors que je suis en week-end dans les Pyrénées, seule avec ma mère, je prends donc une décision : c'est le moment im jamais. Pendant que nous rentrons d'une promenade, seules dans la nuit, je rassemble donc mon courage (j'avais essayé de le faire toute la journée sans jamais y parvenir) et le lui dis.
Sa réaction, je m'y attendais ; on en avait déjà parlé de manière hypothétique quelques mois auparavant. Elle m'a dit que, bien sûr, ça ne changeait rien, que de toute manière ça ne me changeait pas moi et qu'elle m'aimerait toujours et voulait avant tout que je sois heureuse, ect, ect, même si elle n'était pas fondamentalement ravie car, selon elle, cela rendrait ma vie plus compliquée. On en a encore parlé quelques temps, puis tout est revenu à la normale (elle l'a accepté et cela n'a en rien modifié nos rapports).
La véritable surprise est donc venue de mon père... elle m'avait demandé si je préférais qu'elle lui en parle ou que je le fasse, et, n'étant pas certaine de rassembler mon courage pour un deuxième CO, je lui ai dit que cela m'arrangeait qu'elle le fasse (un peu lâche certes mais efficace).
Trois jours plus tard donc, mon père vient me trouver et me dit :
"Bon, ta mère m'a dit pour ta petite révélation...
-Ah...
- Oui... J'espère au moins que tu n'as pas honte ?"
Et là, à ma grande surprise (et mon grand bonheur), il se met à me faire tout un speech comme quoi il faut que je m'assume, que je n'hésite surtout pas à leur en parler, qu'il ne faut pas que j'en aie honte et que c'est tout à fait normal... bref presque essayer de me convaincre de ce que je savais déjà ! Réaction géniale en somme.
Bref, voilà, je n'aurais pas pu imaginer meilleurs COs même si ce n'est pas encore fini (ma famille plus lointaine, grands-parents, tantes ect étant TRES catholique je n'envisage pas de le faire dans l'immédiat même si je sais qu'ils ne me rejetteraient pas totalement, et je pense que ma soeur est trop jeune (8 ans) pour bien le comprendre et l'accepter)... et depuis je me sens beaucoup mieux, plus libre, assumée !
Donc : 248 positifs pour 18 négatifs
EM''
Messages : 1
Inscription : jeu. mai 03, 2018 5:38 pm

Re: Le Bilan des Coming Out

Message par EM'' »

J'ajoute, moi aussi, ma pierre à l'édifice bien que celle-ci soit relativement petite !
J'ai commencé mes premiers CO il y a seulement quelques mois auprès d'amies (2 en fait) en qui j'avais totalement confiance.
Expérience très positive puisque je ne l'ai pas juste annoncé, on a pu en discuter ce qui est très libérateur lorsque l'on a mis 3 ans à assumer et en parler pour la première fois !
Il reste tout de même encore des amis du lycée, des nouveaux amis de fac et surtout la famille !

Bilan donc très positif pour l'instant bien que succinct : 249 positifs contre 18 négatifs
chris77
Messages : 31
Inscription : jeu. oct. 04, 2018 9:00 pm

Re: Le Bilan des Coming Out

Message par chris77 »

Même si je dois encore prévenir une où l'autre personne me concernant, mis à part mes collègues, je parle surtout famille et amis, je dirais bilan POSITIF, pour moi mais j'ai une chance de ne pas avoir une grande famille ça aide beaucoup, et les personnes prévenues m'avaient bien cerné, ça aide aussi :^^:

Donc on peut dire 250 positif contre 18 négatifs
sevenken
Messages : 346
Inscription : jeu. mai 10, 2018 8:54 pm

Re: Le Bilan des Coming Out

Message par sevenken »

Bon ben je veux bien faire part de mon CO même si certain internautes le connaissent déjà. Mais ce n'est pas grave.

En faite même si il aurais potentiellement pu mal se passer ca c'est bien terminé. En vérité ce n'était pas un CO mais plusieurs mini CO que j'ai fait à des membres de ma famille de manière séparé et à des périodes différentes. Et ils ont tous tres très bien réagis. Même ceux qui n'étaient pas de ma famille on étais cool. Tous sauf mon père qui déjà en plus d'être homophobe était déjà mysogine et raciste ( vous imaginez le tableau ) Enfin bon Un jour je fait mon CO à ma mère qui comme tous les autres avant elle a été très surprise. A ce moment elle me fait promettre de ne pas en parler à mon père car il ne pourrait pas l'accepter et qu'il déteste les gays. Du coup je n'en ai jamais parlé à mon père. Ensuite 3 semaines après il est mort à l'hopital. C'est pour cette raison que j'ai écrit au début du topic que mon CO aurait potentiellement pu mal se passer. En plus malheureusement je ne sait pas comment cela ce fait mais je pense qu'il a deviné mon "secret" car avant sa mort il ne c'est pas gêné pour me faire des tas de petites remarques et sous entendus à caractère limite homophobe. Enfin bon malgré ce côté un peu sombre je dirait quand même que mes CO ce sont bien passés dans l'imediat.

Donc verdict

251 contre 18
Constantinople
Messages : 79
Inscription : mar. juin 13, 2017 3:31 pm

Re: Le Bilan des Coming Out

Message par Constantinople »

Mince, j'avais zappé ce topic...
Moi aussi je vais un peu redire des trucs dits par ailleurs dans le forum.
Mon premier coming-out, c'était à mon mari, il y a deux ans et demi. Pas facile, trouille monstrueuse, mais beaucoup d'écoute et d'empathie de sa part. Quelques mois après (le temps que moi-même je digère l'information), j'ai parlé avec deux amis très proches, et des personnes dont les écrits m'ont aidée à me comprendre. Ce fut très positif.
Mon binôme de travail et ami est au courant aussi et me soutient à 200% et c'est super important.
Puis, depuis quelques mois, j'ai complètement accepté qui je suis. J'ai parlé avec ma mère cet été, au téléphone (je vis loin de mes parents, qui ont 70 ans). C'était assez hallucinant, puisqu'elle a commencé par me répondre "Non.". Pas un non horrifié, ni incrédule, juste un non catégorique, du style "tu te trompes complètement, ma pauvre fille." Je ne m'attendais pas vraiment à cette réaction-là. Après une longue discussion, je pense qu'elle a fini par admettre que, bon, à 47 ans, j'avais une petite idée de ce que je pouvais ressentir. Mais elle m'a demandé de ne pas en parler à mon père qui est du genre à penser que l'homosexualité est contre-nature, ce genre de joyeusetés. Comme c'est quelqu'un de malade (physiquement et psychologiquement), je n'ai pas passé outre la demande de ma mère.
Mon fils de 14 ans est au courant depuis cet été lui aussi, et sa réaction a été juste intelligente, en gros, aucun souci, c'est ma vie, je fais ce que je veux avec.
Il y a maintenant peu de monde qui ne soit pas au courant, et quand c'est le cas, je remédie assez vite à ça.
Voilà... mise à jour des statistiques :
252 contre 18
Minipoussin
Messages : 382
Inscription : jeu. avr. 30, 2015 8:54 pm

Re: Le Bilan des Coming Out

Message par Minipoussin »

Mes coming out, j'ai un peu le sentiment que ça remonte aux calendes grecques.

A l'époque du lycée, j'ai lâché l'info à la pire pipelette possible en mode "c'est un secret" ... comme ça je m'épargnais la corvée de devoir l'annoncer à tout le monde. Globalement, le résultat a été plutôt sympa. Les gens m'invitaient dans leur soirée en tant que lesbienne de service alors que j'étais plutôt dans la catégorie à fuir avant. Bon, ça restait hyper superficiel mais c'est mieux que d'être dans la catégories des indésirables voire des harcelés.

Le côté négatif : l'une de mes rares amies proches a décidé de faire comme si je n'existais plus. J'ai pas eu d'insultes, ou de mots déplacés dans la figure...mais c'était presque pire : je lui parlais en face et elle faisait comme si je n'existais pas. Du jour au lendemain , ça a été plutôt violent. Il n'y a jamais eu de possibilités d'explication. Un adulte dirait que ça n'est pas une grosse perte, pour un ado c'est un peu la fin du monde.

Avec mes frères, ça c'est très bien passé. Je pense que, dans le fond, ils préféraient ça. Pas de concurrence, pas trop d'inquiétude vis à vis de potentiels prétendants forcément mal intentionnés qu'il aurait fallu surveiller. Et puis, dans le fond, ça semblait logique.

Plus tard, quand j'étais étudiante, c'est venu aussi assez vite. Les amis de mon groupe d'étudiant me charriaient régulièrement sur les mecs pour tester quelque chose...quelqu'un a dit "ben quoi, tu préfères quand même pas les filles ?" en mode blague , j'ai répondu que si, de façon sérieuse. C'était une petite promo, ça a vite fait le tour. Il y avait beaucoup d'homos dans l'école ( tous des mecs d'ailleurs ) , c'était plutôt un environnement gay friendly.
Il y a eu quelques petites choses presque "habituelles", entre la fille égocentrée qui pense que j'ai forcément des vues sur elle parce que je suis lesbienne ( ben oui, comment résister à son charme ? :s ), ou une amie mal à l'aise avec sa propre sexualité, qui évitait la promiscuité de peur de ... ben je sais pas, dès fois que ça serait contagieux ?


Le plus gros morceau, ça a été d'affronter ma mère. Il a fallu trois coming out pour que le message passe, et parvenir à la coincer en tête à tête au restaurant. Elle a sorti le truc du "tout ce qui compte pour moi c'est ton bonheur" ... mais j'ai eu un écho différent par mes frères un peu plus tard. Ma mère ayant été une vraie grenouille de bénitier pendant plusieurs décennies, l'idée de l'homosexualité était forcément pour elle quelque chose signifiant un ratage, une erreur, un état ne pouvant pas mener au bonheur.
D'un côté, je savais pertinemment que je ne serais pas rejetée pour autant, de l'autre, ça a été la guerre froide pendant plus d'un an. Communication superficielle et lointaine, mais plus le rapport mère fille. Elle me faisait sentir sa déception , peut être avec l'impression que ça me ferait changer ... je lui faisait sentir la mienne. C'était un peu à laquelle des deux craquerait en premier. Ça a été elle. Elle a beaucoup évolué au fil du temps.

Mon père est mort pendant mon adolescence donc il n'a jamais été au courant.

Dans le monde du travail, ça dépendait de si ça se présentait. Quand j'avais une connivence suffisante avec un(e) ou des collègues, je finissais pas le dire, assez simplement.
Dans mon emploi actuel, j'ai été outée par une collègue pendant une soirée arrosée.
Comme c'est une PME d'une trentaine de personnes, je sais que chaque nouvelle personne arrivant dans l'entreprise est mise au courant de suite par radio potin ( il suffit qu'elle reste sur place pour déjeuner ) sans que j'ai à faire un quelconque effort pour ça. Ça m'arrange, j'ai pas la gêne de devoir contredire quelqu'un ou préciser quoi que ce soit. Personne n'oserait me dire quelque chose, mais je n'ai pas le sentiment d'être mise en danger à cause de mon orientation de toute façon.

Je me dis que le plus gros du morceau, ça a été de me confronter à mes propres rejets, à ma propre homophobie intériorisée quand j'étais ado...et à partir du moment où j'étais au clair avec moi même, c'est comme si je m'étais sentie inattaquable la dessus. Et, par chance, ça a toujours suffit à ce que ça se passe bien. Par chance toujours, je savais que j'évoluais dans une famille qui m'aimait inconditionnellement.

Je n'aurais jamais pu imaginer une vie cachée de toute façon.

Bilan positif donc

253 contre 18
Captain51
Messages : 361
Inscription : ven. août 24, 2018 12:14 pm

Re: Le Bilan des Coming Out

Message par Captain51 »

Bien, alors pour être tout à fait honnête, cela fait un petit moment que le je lorgne sur ce topic et me dis qu'il est temps de vous faire partager aussi mon expérience. Donc c'est parti ...

Déjà, pour commencer, je me suis rendu compte assez tôt dans ma jeunesse que je ne me sentais pas attirer par les filles de manière générale et préférais la compagnie des garçons mais pas seulement en mode copain ou pote uniquement. Certains m'attiraient tout simplement. Par contre, cela était absolument tabou pour moi et j'ai donc refoulé ça au plus profond de moi pendant une grande partie de ma jeunesse en faisant comme si de rien n'était. Sauf que du coup, je n'ai eu aucune vie sexuelle avant la fin de mon adolescence et que ma première tentative avec une fille a eu lieu autour de mes 21-22 ans. Nous étions très proches et avons tenté qqch qui s'est soldé par un échec. Cela m'a confirmé que le sexe avec une fille n'était vraiment pas pour moi. Mais pareil, l'ayant compris, j'ai gardé cela pour moi et terminant mes études en habitant chez mes parents, j'en suis resté là.

Il n'y a que qqs années plus tard, vers 24 ans, que je me suis définitivement émancipé et que j'ai coupé le cordon pour finir mes études en stage hors cocon familial. Là, la décision a été dure pour moi de passer à l'acte mais j'ai fini par tenter le coup avec un mec. Je vous passe les détails car à l'époque (il y a 20 ans environ maintenant), Internet, les applis, les réseaux sociaux, ... n'existaient pas ou peu et donc les moyens de rencontrer du monde sans "fréquenter" le milieu étaient vraiment très limités. Bref, quand j'ai sauté le pas, j'ai pris la claque de ma vie. Ayant eu la chance de tomber sur qqn de vraiment bien qui m'a mis vraiment à l'aise et en confiance, ma première fois a été une révélation et s'est vraiment très bien passée. C'est malheureusement la prise de recul sur ce qui m'attendait après, les conséquences liées au fait de devoir faire la démarche de s'assumer, etc ... qui m'ont fait traverser une période noire, très noire, pleine de doutes et de questionnements (pourquoi moi ? Qu'est ce que j'ai fait ?... bref).

Passé cette période à devoir vivre une double vie cachée de tout mon entourage familial, amical et professionnel, je me suis dit que cela ne pouvait plus durer comme ça : j'avais l'impression de mentir à tout le monde et à moi-même. Et enfin est venu le moment (l'année de mes 25 ans) où je me suis dit que je ne pouvais plus garder ça pour moi et que surtout, il fallait que je puisse partager échanger, et trouver un soutien dans mon entourage proche.
Après de multiples hésitations, j'en ai parlé à ma meilleure amie de l'époque et quelle ne fut pas sa réaction ? Je me suis fait engueulé de ne pas lui avoir dit plus tôt ! :-P Et qu'elle ne comprenait pas comment j'avais fait pour intérioriser cela autant de temps. Et là, je ne vous cache pas que je me suis senti tout d'un coup d'une légèreté .... je n'en revenais pas à quel point cela avait été facile, et sa réaction tellement touchante que direct, je me suis senti pousser des ailes. Après avoir élaboré qqs stratégies avec elle, j'ai commencé à en parler à ma soeur qui l'a également très bien pris. Et c'est ensemble que nous l'avons annoncé à ma mère : je savais que cette étape était la plus délicate et je ne me sentais pas capable du tout de le faire tout seul. Ma mère a été très digne et d'une grande compréhension même si je sais que cela a été très difficile à encaisser pour elle. Elle aussi a dû passer par les questionnements habituels sur l'origine de cette orientation sexuelle (dont notamment l'éducation, ... ) mais ne me l'a jamais fait ressentir. Il restait malgré tout encore une étape à franchir (car pour moi, le reste de mon entourage n'était plus qu'une simple formalité) : mon père. Et là, n'ayant jamais été proche de lui et n'ayant avec lui que des rapports "superficiels", je ne voulais pas que notre "première grande discussion" soit pour lui annoncer ça. Alors, avec le recul, je considère avoir été d'une grande lâcheté et j'ai laissé ma mère lui annoncer. De ce que j'en sais, la pillule a été dure à avaler mais avec le temps, elle est passée. Je n'ai jamais eu de remarque déplacée, ni de signes d'hostilité et je n'en ai jamais reparlé à mon père.
Ils ont accepté de rencontrer sans aucune difficulté mes compagnons avec lesquelles ma relation était suffisamment avancée pour que je juge que cela pouvait se faire. Cela s'est toujours très bien passé et ensuite, le reste a coulé de source : une grand-mère, le reste de ma famille proche, mes amis, ... il n'y a qu'au boulot (travaillant dans le monde industriel automobile encore très "macho" si je puis dire) que j'ai vraiment sélectionné les personnes de confiance avec qui je tissais aussi des liens extra-professionnels et au final tout s'est toujours vraiment bien passé. N'ayant vraiment pas le fond méchant, j'avais passé beaucoup de temps à préparer les stratégies de contre-attaque au cas où qqn aurait décidé de m'en faire baver à cause de cela, et au final, je n'ai jamais eu à en user.

Le dernier CO important (pour moi) en date s'est fait il y a juste 3 ou 4 ans, avec mon chef : un homme de 55 ans, que je respecte et avec qui je partais fréquemment en déplacement et cela devenait un vrai casse-tête d'éluder les questions sur la vie de famille, les week-ends, etc ... vu le nombre d'années que nous nous connaissions. Et vu comment il me parlait de sa famille, sa femme, ses enfants, l'importance que cela avait pour lui, je m'étais plus ou moins fait des films sur le fait que vu sa conception de la famille, ce que j'avais à lui annoncer allait forcément coincer. Et je n'avais vraiment pas la moindre idée de ce qu'il allait pouvoir se passer dans nos relations professionnelles si je lui en parlais. Encore une fois, j'ai préparé le terrain en informant une personne de confiance aux RH de ma boîte que j'allais annoncé mon homosexualité (pour me libérer d'un poids) à mon chef, et que si cela devait mal se passer, que j'aurai peut-être besoin d'un "médiateur" pour m'aider à gérer la situation.
Finalement, à force de tourner en rond, j'ai fini par provoquer un "entretien" au boulot, pour finalement vider mon sac. Vu la tournure solennelle que cela avait pris, lorsque j'ai finalement dit ce que j'avais à dire, il s'est senti soulagé : il pensait que j'allais lui filer ma démission. Et aussi sec, je l'ai senti presque "ému" et embêté aussi pour moi d'avoir eu à porter ce fardeau avec lui aussi longtemps. Bref, je m'étais encore tourné qqs films pour rien. Et depuis nos relations se sont encore améliorées.

En fait, pendant ce dernier coming-out, ma vie était un vrai bordel : j'ai perdu ma dernière grand-mère, et puis très peu de temps après, ma mère aussi s'est éteinte. Ma relation de 12 ans avec mon copain de l'époque se terminait également .... J'étais au fond du trou, en dépression et tous les petits signes de réconfort étaient les bienvenus. Mon chef a su trouver les mots et le fait de pouvoir lui parler de ce qui me chamboulait dans ma vie perso, a été d'un grand secours et c'est même lui qui m'a demandé de faire une pause "médicale" pour me reconstruire.
Donc certes, je pense ne me remettre que difficilement du décès de ma maman (pourtant partie il y a plus de 4 ans maintenant) qui a toujours été là pour moi en toutes circonstances et sans qui, je n'en serai certainement pas où j'en suis aujourd'hui. Mais tous les liens que j'ai pu créer ou renforcer en pouvant être moi-même (sans me cacher), en pouvant me confier, m'ont vraiment permis de grandir et de me ressourcer.
Donc à tous ceux qui hésitent ou qui se posent des questions, j'ai envie de dire : oui, se lancer est difficile parfois, il ne faut pas se mentir. Oui faire son CO auprès des gens qui vous sont les plus chers, revêt toujours un caractère symbolique très particulier et est souvent assez délicat. Mais au final, cela vaut vraiment la peine tellement les bénéfices à en retirer sont importants. OK, je n'ai pas eu à faire face à des gens hostiles, indélicats, carrément homophobes, ... mais c'est tellement mieux de pouvoir se sentir enfin soi-même que je pense que cela vaut bien tous les sacrifices.

Donc un bilan TRES positif pour moi.

254 contre 18

PS : désolé pour le pavé, je ne pensais m'étendre aussi longuement mais tout a été si fluide ... :wink: et je ne voulais pas écrire les choses à moitié du coup.
Harley.Quinn
Messages : 263
Inscription : ven. déc. 13, 2013 10:34 pm

Re: Le Bilan des Coming Out

Message par Harley.Quinn »

Je me rends compte après 5 ans de présence sporadique que je n'ai encore jamais participé à ce comptage.

Bon. Je ne sais pas comment me situer. De tous mes CO, j'ai vu s'éloigner une amie mais globalement, que ce soit parmi les collègues que j'ai mis au courant par le passé, les ami.e.s ou les nouvelles rencontres, tout a été globalement très positif.

Côté famille, le contexte est bien plus compliqué, quelques cousines, ma soeur et mon père le savent et sont d'un grand soutien. Mais pour ma mère... J'ai fait face à une montage de violence. Elle m'a menacée de se suicider, elle m'a dit des choses atroces qui, bien que je sache n'être nullement en tort ni n'être l'horrible personne qu'elle pense que je suis, m'ont suffisamment affectée un temps pour ne plus avoir envie d'y penser. Disons que ses paroles sont "secondaires" maintenant, mais savoir que je n'aurai probablement jamais son soutien, qu'elle ne m'aimera que sous ses conditions - à savoir, évidemment, si je me range dans une vie hétéro classique - reste assez difficile à digérer. Je suis adulte et je vivrai ma vie comme je l'entends, mais ce serait un peu trop facile et simpliste de dire que je peux juste décider que ça ne me touche pas. Et une grande partie de la famille de son côté se range à ses opinions de manière générale donc je n'ai même pas envie d'évoquer le sujet avec eux (ils ne sont pas au courant, mais je ne veux pas d'une seconde vague de violence, en tout cas pas maintenant, je ne suis pas prête à affronter ça. Je préfère m'accrocher à autre chose et à l'heure actuelle je vis suffisamment librement pour ne pas avoir besoin d'informer plus de personnes côté famille. On verra aux faire-parts de mariage, hein).

Donc je ne sais pas trop quoi faire des comptes. Je peux ajouter 1 partout, je suppose.

255 contre 19

C'est presque surréaliste d'être parmi ces CO dits négatifs. J'ai vraiment eu l'impression d'être dans un film tellement ses répliques étaient cliché, relatées par tant de personnes queer rejetées par leur famille avant moi.
Répondre