Ce sont deux questions qui sont souvent très douloureuses pour moi, au point que j'évite le plus souvent d'y penser.
Concernant les enfants, j'ai comme beaucoup l'instinct d'en désirer. Mais j'ai choisi d'assumer totalement ma sexualité, j'en assume donc aussi les conséquences négatives... Je me rassure en me disant que j'aurais sans doute été un très mauvais père. La blessure est là, mais on apprend à vivre avec ; mon père m'a dit un jour : "
toi, tu ne laisseras rien derrière toi, tu n'auras pas d'enfants !" Je peux vous dire que c'est une sacrée claque. Mais ça m'a permis aussi de réaliser que je laisserai autre chose, enfin j'espère. Et puis il y a mes petites nièces, que j'adore ; ma soeur, dont je suis très proche, a lutté contre le reste de la famille pour que je sois le parrain de la première. Quand elle me dit "
Parrain, je t'aime", c'est aussi touchant...

Donc, je n'ai pas d'enfant, mais je m'efforce de faire ce que je peux pour apporter un peu de bonheur aux enfants qui ne sont pas les miens. Et dans mon métier de guide, j'accompagne souvent des groupes scolaires ; là aussi, je m'efforce de transmettre, ma passion, le savoir que j'ai eu la chance de recevoir, un peu de rêve aussi...
Concernant la vieillesse, c'est la peur panique...

Etant seul actuellement, j'en mesure encore plus la perspective effrayante. Je sais qu'il y a de grandes chances que je finisse seul (sentimentalement parlant, bien sûr, puisqu'il y a toujours les amis et la famille) quand je serai plus vieux, et je m'y prépare quand j'ai le courage de l'affronter... Il faudra avoir d'autres centres d'intérêt, s'investir pour donner un maximum aux autres... Et puis là aussi il y aura mes nièces ; j'espère rester l'oncle un peu excentrique qui sera présent à leurs côtés...

Et puis, sait-on jamais, Inch Allah, aurais-je d'ici-là un compagnon avec qui cela durera suffisamment longtemps.
Et de toute façon, la solitude est une réalité de la vieillesse en général, je suis bien d'accord. Même si de plus en plus de personnes âgées connaissent des histoires d'amour à un âge avancé (c'est très beau, d'ailleurs, un sacré pied de nez aux tabous

).
Bref, il ne faut pas trop se projeter dans l'avenir, sinon on passe à côté du présent. Chaque chose en son temps. Il faut goûter chaque âge, et s'efforcer d'en tirer le meilleur... Carpe Diem...
