Un second point :
Je ne vois pas en quoi cela serait un problème. Il n'y a rien d'objectif dans la légitimation du pouvoir - je demande à voir démontrer le contraire. Ou peut-être cette objectivité est-elle toujours en cours de construction, ainsi que semble l'indiquer l'écart que tu constate entre un choix effectué il y a deux cents ans et le non aboutissement de l'ensemble des conséquences que ce choix aurait dû entrainer.Aldo a écrit :Pourtant, que ce soit dans l'estimation de l'apport des minorités, de sa qualité ou de son intérêt, comme dans le choix moral qui consiste à faire prévaloir cet apport que l'on jugerait indispensable sur d'autres principes, il n'y a rien d'objectif.
Les raisons que l'on donne à des choix politique ont un fondement pragmatique, inscrit dans la conjoncture et dans ce qui est audible ou pas au moment où elles sont énoncées. La question de leur force, et donc de leur justification, se pose toujours de façon aiguë, précisément parce qu'il n'y a pas de raison qui puisse en soi absolument emporter l'adhésion.
Par voie de conséquence, la question reste toujours posée : est-ce que je continue à parler et essayer de convaincre avec des moyens difficiles, ou est-ce que, la parole faite impossible entre interlocuteurs usant de moyens incompatibles ou dénoncés comme tels, je romps la communication et je rentre dans une forme de confrontation qui n'aura pas la parole comme médiation - et fort probablement un degré supplémentaire dans la violence ?
C'est dans le cadre de cette négociation incessante des valeurs et des lois que se posent mes interrogations. J'ai abandonné l'idée d'un point de vue objectif - tout à fait illusoire - sur ces questions depuis nos derniers échanges précisément. Ce qui ne signifie pas que je juge tout argument irrationnel, mais qu'en le domaine, je m'interroge toujours sur la force de sa rationalité en situation - contextualisée.
Il me semble qu'alors t'incombe la charge de la preuve de la non recevabilité de ces deux points. Deux thèses :Aldo a écrit :Mais ce point de départ instille tout de même l'idée qu'au moins une personne, ou un groupe, pourrait déterminer ce qui est bon pour la société, et que ce qui est bon pour la société doit nécessairement primer. Je refuse ces deux points.
- ce qui est bon pour la société doit primer de façon nécessaire -> à réfuter
- un groupe (réduit éventuellement à un individu) peut déterminer ce qui est bon pour la société -> à réfuter
Je te sais trop subtil (ce n'est pas de l'ironie) pour tenter une reconstruction périlleuse de ces réfutations que tu pourrais proposer, je suis donc curieux d'en avoir au moins les grandes lignes.
PS : j'ai tendance à m'exaspérer beaucoup, en cas de rupture de contrat dialogique, de la non justification de cette rupture - mais je n'ai rien contre la rupture elle-même. C'est ainsi que je prends ton "Que répondre à un tel argumentateur ? Rien : je refuse ce débat." S'il y a de bonnes raisons de le refuser, autant les énoncer. S'il n'y en a pas, c'est de l'escroquerie. Bonnes habitudes issues de la sévérité de certains professeurs de math : si c'est évident, indiquez pourquoi, sinon, c'est que vous tentez de faire passer pour clair ce qui ne l'est pas.