@Nicofoto : je sais que tu n'aimes pas qu'on se pose la question du "pourquoi les choses sont comme ça ?". C'est pourtant une question qu'on se pose depuis des lustres - et on n'aurait pas d'ordinateurs si on ne se l'était pas posée

. Il y a des comportements homosexuels, il y a des comportements hétérosexuels, il y a des attirances préférentielles pour tel ou tel genre, il y a le fit qu'on se reconnaît de tel ou tel genre, etc. Toutes ces choses là sont des choses qu'on peut observer. La question du "pourquoi ?" vient naturellement à un esprit curieux.
Le problème est quand on lie la question du "pourquoi ?" à celle du "Comment le modifier parce que ce n'est pas bien." C'est là que les choses ne vont plus. (il y a d'autres problèmes, plus diffus, sans doute plus fondamentaux, qui sont liés aux représentations de l'homme, de soi, de la société qu'entrainent les réponses à ces "pourquoi ?", je passe, ce n'est pas le propos, même si c'est une source d'angoisse pour pas mal de gens.)
Il est donc légitime de se poser la question "pourquoi ?" tant qu'on n'a pas de visée morale. On cherche juste à comprendre le fonctionnement de certaines régularités. Et ici la question intéressante est, non pas "pourquoi des homos" mais : "qu'est-ce qui se passe dans le cerveau/dans le psychisme qui fasse qu'on est attiré par tel ou tel sexe ?".
@Chute_libre : la question hormonale est débattue depuis longtemps. Ta collègue est en retard d'en gros un siècle.
1. Il est totalement impossible de modifier le comportement d'un homo ou d'un hétéro par injection d'hormones ;
2. Les taux circulant d'hormones dans le sang d'un homo est identique à celui d'un hétéro ;
3. Il n'y a pas de kyste ou de problème de récepteur - ça peut arriver, c'est assez rare, et ça mène plutôt à des cas d'hermaphrodisme, ou, par exemple, de féminisation (ou plutôt : non-virilisation) totale (aux gonades près, je dis bien gonade : les organes sexuels sont d'apparence féminine) d'un homme.
En revanche, les modèles animaux semblent indiquer que le choix d'objet peut être influencer par le taux de certains hormones (de la famille de la testostérone) circulant dans l'environnement de l'embryon, aux alentours, je crois me souvenir, de la 5è semaine de gestation. Ces modèles animaux _pourraient_ être confirmés par des observations chez l'homme, mais c'est encore peu clair. Tu trouveras toutes informations dans ce
bouquin-ci, qui résume de façon très très claire l'état des étude biologiques sur le choix d'objet - et un peu sur l'identité sexuelle.
Bien sûr, ça ne s'arrête pas au biologique : le social influe sur la facilité avec laquelle un individu donné va pouvoir exprimer ou non tel ou tel de ses désirs. Le biologique ne détermine pas absolument ce que nous serons - mais il détermine tout de même pas mal de choses : c'est tout de même pour ça qu'on est des homo sapiens et pas telle espèce de gros rat, ou qu'on a plein de mélanine dans la peau, ou très peu.
Ce n'est donc pas une maladie. Au pire, on pourrait parler de malformation épigénétique - ou congénitale. Je dis bien "au pire". Parce que si c'était réellement une malformation, le taux de prévalence ne serait pas (estimation basse) de 2% mais...2 pour mille (comme le bec de lièvre !). Une prévalence de 2% (minimum !) est le signe de ce que ce caractère n'est _pas_ indésirable au regard de l'évolution naturelle. Pourquoi ? On ne le sait pas - des hypothèses ont été émises, que je ne développe pas ici.
Conclusion : l'homosexualité, quand bien même elle aurait une base biologique, n'est pas une maladie et n'est pas curable, même avec des hormones (chose tentée dans les année 50 aux Sates, non ?).