C'est une vision réductrice de l'UE et de la politique...Olivierz a écrit :Il y aura bien un moment où l'UE devra trancher, entre le fédéralisme et le souverainisme. Et le Traité de Lisbonne, sans surprise et comme tous ses prédécesseurs, évite systématiquement la question.Certains disent en effet qu'on surestime l'importance du traîté de Lisbonne, qui n'était peut-être pas si nécessaire que ce qu'on a voulu faire croire. Une chose est à peu près sûre en tout cas, c'est que ce traîté a été tellement douloureux à obtenir qu'il n'y en aura pas d'autre de sitôt.
Or la politique, ce n'est pas un consensus mou mais prendre des décisions et les assumer.
Le choix serait plutôt entre une dictature éclairée des bureacrates et la construction d'un Etat politique "classique". Il a été fait dès le départ ou presque : il s'agit, dans les faits, d'une dictature de bureaucrates. L'organe le plus important de l'UE reste quand même la Commission, qui n'a rien d'un appareil démocratique classique et qui dispose de pouvoirs exorbitants (pouvoir de contrôle, de sanction, d'initiative...). Le parlement n'exerce la plupart du temps qu'un pouvoir limité, et seulement sur certains textes. Sans compter le pouvoir que se sont arrogées les juridictions de l'UE (CJCE) au fur et à mesure de l'évolution de la jurisprudence, à l'aide d'interprétations "téléologiques" des textes (en gros on décide ce qu'on veut en considérant que c'est ce que les rédacteurs auraient voulu maintenant). Bref, l'UE ne peut pas, pour moi, être comparée à un état et les notions de souverainisme et fédéralisme me semblent inapplicables.
Quand au fait que la politique, c'est prendre des décisions et les assumer... J'imagine que chaque état membre a pris des décisions et les a assumées. Après, il faut bien trouver un consensus entre les EM ! L'Europe n'est pas la France, elle est multiculturelle et tous les courants politiques sont représentés : comment pourrait-on trancher drastiquement dans un sens ou dans l'autre ? C'est totalement impossible. C'est pour cette raison, à mon sens, que la bureaucratie éclairée reste le "moins pire" des modes de fonctionnement pour un organe tel que l'UE (je prends exemple sur ce que je connais, mais les grandes avancées pour les citoyens en matière de droits de la défense et de libertés fondamentales qui ont été obtenues grâce à l'UE ne l'auraient jamais été sans l'indépendance de la Commission et de la CJCE)
Sinon, concernant l'article, il est effectivement assez mauvais et très réducteur. Mais le fond du problème est là : la possibilité de refuser l'application d'un texte protégeant les libertés publiques. Il faut comprendre les pays qui ont refusé la charte : ils ont déjà vu les effets dévastateurs de la Convention Européenne des Droits de l'Homme sur leurs politiques disciminatoires et attentatoires aux libertés, les pauvres ne veulent pas subir en plus la dictature d'une nouvelle charte encore plus protectrice des citoyens !
Par contre, je ne vois vraiment pas le rapport avec les gays. En tout cas pas spécifiquement. Les discriminations sont déjà interdites par la CEDH et les traités, de toute facon... Cela n'a pas empêché les juridictions européennes d'éviter soigneusement d'autoriser le mariage gay au niveau européen car la majorité des EM n'étaient pas prêts socialement et politiquement à l'accepter.