hybride a écrit :Le truc, c'est que je sais très bien à quel point ma mère peut être chiante avec l'idée qu'elle se fait de comment ses enfants devraient vivre leur vie, comment ils devraient être, etc. Et même si ce n'était pas conscient, je pense que ce n'est pas par hasard si je vis loin de Montpellier depuis près de 5 ans.
Seulement, j'ai aussi compris que je devais la prendre comme elle est. A force de lutte, il y a maintenant des sujets qu'elle n'aborde plus (mon absence de féminité supposé ruiner ma vie par exemple), et d'autres sur lesquels elle a changé d'avis (mes études). Et pour ce qui me saoule encore dans son comportement, je fais avec, le minimum syndical: un coup de fil de temps en temps, et une semaine de vacances chez elle par-ci par-là.
Eh ben ? Tu as une partie de ce que tu dois expliquer à ton frère, là : oui, votre mère est exigeante, mais il est possible de gérer la situation sans aller jusqu'au silence radio. Tu comprends l'étouffement de ton frère parce que tu l'as vécu avant lui, et il peut sans doute le gérer aussi bien que toi (enfin évite le "aussi bien que" si ta mère vous compare sans arrêt).
Ensuite, ouais, si tu veux vraiment t'impliquer dans cette affaire, il faut que tu essaies de rendre ta mère un peu moins radicale, et je te souhaite bon courage. Si ton frère a l'impression que tu essaies d'intercéder en sa faveur, il aura peut-être moins peur de revenir.
Hypothèse, aussi : il pense peut-être que revenir, ce serait admettre qu'il a eu tort de partir. Peut-être que par orgueil, il ne peut pas rebrousser chemin, et qu'il a un peu peur (et du coup, pas envie) de se prendre une rafale de reproches le jour où il reprendra contact. Dans ce cas, il faudra le rassurer sur ce point (d'où l'intérêt du paragraphe précédent).
Lui dire que ta mère souffre, c'est nécessaire, je pense. S'il a grandi, il doit être capable d'affronter certaines réalités et d'assumer les conséquences de ses actes. Pas la peine de lui envoyer cette souffrance au visage avec l'agressivité que tu pourrais vouloir y mettre, mais l'exposer objectivement et sans passion me semble assez légitime.
Enfin, et je me répète : prends du recul. Tu n'es responsable de rien dans cette histoire, ne te mine pas le moral parce que ton frère n'est pas à la hauteur. Je ne sais pas si tu es comme moi du genre à te coller la pression pour rendre ta mère fière et lui faire un peu oublier les écarts de l'autre, mais si oui, sache qu'en fait c'est totalement inutile et que c'est une perte énorme d'énergie. Fondamentalement, c'est à eux de régler leurs problèmes entre eux. Tu peux jouer les médiateurs, déverrouiller une porte et peut-être avoir une action déterminante, mais ce n'est pas toi qui apporteras la solution, à moins d'être capable de kidnapper ton frère, de lui coller deux baffes et de l'amener de force devant ta mère.
Je ne sais pas si ce paragraphe est très clair.
Je suis assez d'accord avec la stratégie de popy. Par contre, pour répondre à Zphyr, le soutien fraternel, ça va bien 5 minutes. C'est quand même Hybride qui reste et qui doit du coup gérer (à tort ou à raison) la crise engendrée par l'absence du frère. 19 ans, un gamin, oui, mais ce n'est pas une raison pour lui dire que son comportement est sain et mâture. Ce n'est pas en lui disant "Je gère, passe ton bac et on verra après" qu'il finira par prendre ses responsabilités. Ce n'est pas une petite chose fragile, hein, il est capable de prendre des décisions radicales, donc il est capable d'entendre des vérités désagréables.