Mon frère, ce dégonflé

Un de vos proches est homo, bi,trans ? Vous êtes homo, bi, trans, et les relations avec votre famille vous posent questions ? Cette section vous est dédiée.
puck
Messages : 921
Inscription : jeu. janv. 10, 2008 5:31 pm

Re: Mon frère, ce dégonflé

Message par puck »

Bon, j'arrive encore plus tard que les autres. Peut-être mon expérience personnelle pourra-t-elle ajouter quelque chose, même si la mère de ton frère n'est pas la mienne et que je ne suis pas lui.
Mais je suis probablement un dégonflé lâche, égoïste, etc...

Je ne parle plus à ma mère depuis juin dernier. C'est une réaction de fuite. Pourquoi fuir plutôt que se battre ? J'ai bien mieux à faire que me colleter avec ma famille.
Pourquoi suis-je dans cette situation ?
Alors,
Etant petit j'ai été élevé surtout par ma mère. Mon père, par son boulot puis études puis boulot, je l'ai surtout connu au lycée. Ca n'allait pas avec ma mère, qui coupait les ponts à l'extérieur mais était très "directrice" dans notre famille. Ce qu'elle ne juge pas digne d'intérêt ne peut l'être pour personne, quoi qu'ils en disent. Elle ne se trompe jamais, et quand on débat de n'importe quoi avec elle elle reprend à la seconde ou elle s'est arrêtée quoi qu'on ai pu dire. On peut dire d'elle qu'elle est une mère poule. On peut dire aussi possessive. Peut être toxique aussi...
Je précise que je suis fils unique.

A côté de ça, ma réussite professionnelle. Ha ha. Petit, on a hésité à m'envoyer en école spécialisée; Enfant précoce, au top tout le temps juste en écoutant en cours, avec des résultats en baisse année après année jusqu'au redoublement au lycée. Pendant tout ce temps, "ah puck, c'est fatiguant de te voir travailler" ( je précise qu'elle tenait à ne pas bosser, même un mi-temps ) et foutage de gueule quand en prenant mon courage à deux mains j'étais allé la voir au collège pour dire que j'arrivais pas à travailler.
Depuis le bac, j'ai tenté médecine. J'ai bossé. Puis fait école d'infirmier.
Elle m'a toujours découragé de travailler dans la santé, ce qui me tient à coeur. Je veux un travail avec un minimum d'intellec impliqué ?
Elle me répète tous les jours ( où je lui parle: elle habite loin maintenant ) que je serais tellement mieux plombier, cuisinier, j'ai tellement de facilités mais que je gâche !, elle me dit ça pour mon bien, etc...
Elle veut le meilleur pour moi. Du moins c'est ce qu'elle dit. Dire et répéter quelque chose ne le rend pas vrai. Elle a toujours fait beaucoup de choses à ma place; Pour mon bien !
Aujourd'hui, je me rends compte que c'était peut-être pour pouvoir me traiter de nul -ben oui, n'ayant jamais fait, je ne savais pas faire-, et me contrôler, surveiller -elle a toujours fouillé mes affaires.

Parallélisme amusant: Quand j'ai tenté médecine, j'avais toujours mes problèmes de révisions. Mes parents m'ont indiqué, par téléphone, qu'ils divorçaient, la veille de la rentrée. Je me faisais engueuler avec mes factures de téléphone parce que j'avais besoin de parler à des amis loin. Une personne de ma famille est morte. La soeur d'une copine est morte. La deuxième année, j'avais une petite copine -qui avait sa dose de problèmes, y avait de quoi- qui cauchemardait tout le temps rapport à des évènements de sa vie, et je séchais les cours, me tapais deux heures de train, la consolait, repartais en fin de journée et essayais de choper les cours.
Je n'avais que peu de chances d'avoir le concours. Mais c'était important, je pouvais être une exception, qu'avais-je à perdre ?, et surtout ma mère m'encourageais à faire des choses que je ne voulais pas faire.

Et le pompon, en juin dernier. Je me faisais une fête de l'accueillir chez moi. J'avais préparé un festin, elle a préféré aller manger dans un restau. J'ai insisté des années pour ne pas être impliqué dans les histoires entre elle et mon père ( qu'elle insulte tout le temps ), et elle m'a indiqué qu'elle cachait quelque chose ( genre revenu ) à mon père -ils divorcent-, mais que je ne devais pas lui en parler.
Quand je lui ai dit que je n'appréciais pas -textuellement-, elle est devenue infernale. Cris, engueulades, mauvaise foi. Rentrés à la maison, j'ai reçu en clair ce qu'elle me disait toutes ces années: Je suis nul. Je l'ai toujours déçue, depuis ma naissance. Je n'arriverai jamais à rien. Je n'aurais jamais le permis ni mon diplôme.
Le tout en boucle jusqu'à 11h. A titre d'exemple, le soir, quand au bout d'une demie-heure je me suis tourné de 90° dans le canapé -lui avais laissé le lit- elle m'a dit "mais tu es complètement dingue. A enfermer !". En effet, tant de bruit était insoutenable.

Je suis donc un petit peu remonté contre elle. La considère néfaste à mon bien-être, surtout tant que j'ai des problèmes personnels non réglés.
Et comme j'ai mieux à faire que de me battre, je ne lui parle plus, au moins jusqu'à ce que j'ai permis et diplôme. C'est amusant, mais je m'en sors bien mieux depuis. Je respire.

Du côté de ma famille, ça se passe modérément bien: les plus proches ne me croient pas quand je leur conte la teneur des paroles de ma génitrice.
Tous, que je maintiens le silence radio pour lui faire du mal -elle est triste aussi, son fils unique ne lui parle plus !-; Je ne le fais pas pour la "punir" -je m'en moque-, mais pour me protéger.
Après, on verra.

Elle m'aime ? Dans une certaine mesure, oui. Moi aussi. Elle a besoin de moi ? Sans mon père et moi, personne à dominer. Dur. D'ailleurs, le reste de la famille qui se l'est coltinée, l'a trouvée insupportable, et me comprend un peu mieux, mais trouve que ça ne justifie en rien mon silence.
Ouais, eux ne se la sont pas payée 20 ans. Sous son autorité. Seuls.

Voilà. Le silence, c'est justement, pour moi, lui tenir tête. Parce que la discussion est stérile avec elle. Parce que je veux réussir ma vie dans la mesure de ce qui est encore possible.

De ton côté... Pour ta lettre, le "ca n'excuse rien" est clairement un jugement, et agressif. tu ne lui demandes pas plus d'éléments -certes, il n'en donne pas- , mais ça peut comme ç'a été dit plus le conduire à se renfermer que parler.
J'ai pas franchement envie de parler à des gens qui me reprochent ma décision "parce que ma mère c'est ma mère"; Ton jugement peut y ressembler par certains côtés; Vu à travers le prisme de la colère/souffrance, ça peut être mal pris. Il essaye de se construire sur de nouvelles bases, même si elles sont en partie foireuses, ça peut être mieux que les anciennes.

Il a toujours dit oui ? Toujours toujours ou il a arrêté il y a des années ? Personnellement, je n'ai jamais menti à môman jusqu'au f*utage de g*eule pré-cité concernant les révisions. Pourquoi dire autre chose que tout va bien, puisque quelque chose va mal n'amène rien de bon ? C'est d'ailleurs à mettre en parallèle avec la qualité du travail: Un devoir bossé cinq heures ou torché en dix minutes me vaudra de toutes façons une eng*elade et sera à refaire. Pourquoi se casser la tête ?

Tu n'aimes pas voir les gens souffrir. C'est encore pire si c'est quelqu'un que tu aimes. Mais une personne douce avec toi peut être pour le moins dure voir injuste avec quelqu'un d'autre. Peut-être est-ce le cas, peut-être que non... En tout cas, il ne semble pas t'en vouloir à toi...( Ca me fait penser au refrain de goldeneye :D ) Mais ta prise de parti l'a peut-être refroidi.
Il pourrait être utile de lui expliquer ce que tu ressens, et que ne pas avoir son point de vue biaise le tien. Que le sentiment d'impuissance et d'ignorance t'ont mise en colère...
Mais qu'il agit égoïstement, et est inexcusable, même si peut-être en partie vrai, est probablement contre-productif. Surtout sans le reste... Et même si l'explication diplomatique sur la préférence envers toi de ta mère -qui a pu le faire souffrir, je vois encore ma grand-mère et sa soeur, l'une comme une fleur l'autre pleine de ressentiment enfoui quand à leur mère qui a toujours soutenu une et rabaissé l'autre- était une main tendue, elle -me- paraît un peu légère, et trop fortement tempérée par la suite immédiate.

Encore une fois, mon expérience n'est pas la sienne. donc...
Je ne sais pas. Mais lui parler de toi pourrait être plus profitable à votre relation que lui faire des reproches avant de savoir... C'est dur pour tout le monde. Vous pouvez vous expliquer et vous comprendre, en tout cas je vous le souhaite. Bises ! :copain:
hybride
Messages : 2917
Inscription : mar. oct. 10, 2006 7:42 am

Re: Mon frère, ce dégonflé

Message par hybride »

Puck : ton témoignage est touchant. Je suis sûre que tu as vécu quelque chose de dur, et je ne me permettrai pas de juger ta décision, ne connaissant ni toi, ni ta mère. Mais ta mère n'est pas ma mère. Pas du tout.
Ma mère n'a jamais traité mon frère de nul, elle a toujours débouché (comme pour moi) la bouteille de mousseux à chaque bon bulletin de fin trimestre (et c'était assez régulier, même si pas systématique). Enfin bref, je ne vais pas détailler toute notre vie familiale, mais c'est juste que ma mère est assez différente de la tienne, même si je l'ai reconnue dans certains traits tout de même (entêtée notamment).

Ensuite, j'ai déjà demandé à mon frère ce qu'il ressentait. Je lui ai demandé pourquoi il s'éloignait d'elle, puis de moi. Je lui ai envoyé des messages pour lui parler de moi, lui demander de ses nouvelles, sans le moindre reproche ni sujet grave. Je n'ai eu que des réponses sporadiques, puis le silence.
Si je juge mon frère aujourd'hui, c'est parce que j'ai le besoin de donner du sens à ce qu'il fait, et qu'il ne me donne aucun élément. Je juge à charge, et il ne me donne aucun élément pour sa défense.

Ce qui se passe dans les réponses que j'ai eu dans ce topic, c'est que pour beaucoup, vous vous basez sur son texto, le premier signe de vie depuis plus de 6 mois, pour expliquer tout son comportement. Personne n'a remis la sincérité de ses quelques mots en doute. Moi, si. Je ne dis pas qu'il ment, je m'interroge juste, parce que je trouve qu'un texto pour répondre à des mois et une bonne dizaine de messages, c'est un peu léger.

Il parle de la pression de ma mère, vous en déduisez une souffrance insupportable ayant mené à la rupture. C'est une hypothèse que je prends en compte, bien sûr. Mais je ne peux pas partir du principe que c'est forcément la vérité, avec le peu d'éléments dont je dispose.
Quand je relis nos derniers échanges, je ne vois rien qui aille dans ce sens. A part dire en soufflant "Maman me saoule, elle est chiante" comme tous les ados, comme moi-même j'ai pu le dire, il ne s'est jamais vraiment plaint d'une pression insoutenable.
Voici un extrait d'un de ses derniers messages:
D'ailleurs je ne la comprends pas .. c'est notre mère, elle me connait pas et elle ne supporte pas mais non-appel pendant les semaines. Elle ne se rends pas compte que mon père a vécu comme ca pendant une bonne dizaine d'année et elle au bout de 3 ans elle me pète un plomb ...
Il veut dire par là que ma mère se plaignait d'avoir peu de nouvelles de mon frère alors qu'il habitait chez son père. Elle s'attendait à un coup de fil par semaine, mais lui, occupé par sa vie (ce que je conçois parfaitement, c'est relou de devoir appeler ses parents) tardait un peu trop. Et il pointe qu'il n'était pas plus assidu dans ses coups de fil à son père, quand il habitait chez notre mère, ce qui est vrai.
Ce que je comprends ici, c'est qu'il a simplement la flemme. Et que ça le lourde qu'on lui réclame des nouvelles, qu'on lui fasse des reproches. Il a peut-être décidé de faire le mort pour cette raison, puis de couper les ponts avec moi aussi quand j'ai insisté à mon tour. Ça aussi c'est une hypothèse, différente de la première. Là non plus je ne peux pas savoir si c'est la vérité, vu le peu d'éléments dont je dispose.

Voilà, et je reste dans cet état d'impuissance et de frustration. Il ne m'a toujours pas répondu. Ce sera peut-être pour ce week-end, quand il aura plus de temps. Ou peut-être pas, on verra.
Mais pendant ce temps, ma mère, avec ses défauts et ses névroses, continue à se rendre malade, et ça me fait toujours du mal.

Je ne me sens pas obligée de soutenir ma mère. Je n'en veux pas à mon frère pour le fardeau qu'il me colle. Je ne me sens aucune responsabilité supplémentaire du fait de l'absence de mon frère. Je suis simplement mal de voir quelqu'un que j'aime - ma mère - dans un sale état, et j'en veux à la personne responsable de cet état. Ni plus ni moins.
J'aurais sûrement de la compassion pour mon frère s'il m'avait fait part de ses états d'âme, mais ça n'est jamais arrivé... C'est triste, je le regrette, mais c'est comme ça, et je ne pense pas que ça soit de ma faute.

S'il revient vers moi, je mettrai certains de vos conseils en application, je retiendrai mes reproches, j'essaierai d'alléger les échanges. C'est effectivement la chose à faire, à la fois pour mieux le comprendre, pour réparer notre relation cassée, pour lui apporter quelque chose si je le peux, et pour donner des nouvelles à notre mère (sans toutefois tout lui dire: il y a des choses qui doivent rester entre nous, j'ai toujours été persuadée de ça).

Je vous tiendrai au courant s'il me répond... Sinon, et ben on continuera comme ça, et puis c'est tout...
Rusalka
Messages : 3885
Inscription : jeu. sept. 04, 2008 6:35 pm

Re: Mon frère, ce dégonflé

Message par Rusalka »

Bon... beaucoup de choses dans ce fil.

Alors, pour commencer, moi, j'aime bien ta démarche, et ta lettre hybride :copain: !
Avec ma sœur, on est aussi, à tour de rôle, l'interface entre les parents et l'autre. C'est pas toujours très bon parce que ça crée des tensions entre nous, alors qu'en fait, on s'entend très bien et on n'a pas de sujets de tension autre que ceux-là :s . Du coup, petit à petit on (et surtout je. Comme toi, je suis l'aînée et endosse un peu trop facilement un rôle d'adulte), évite ce genre de sujets, c'est beaucoup mieux.
C'est là que je rejoins ce que disent les autres quand ils te parlent d'un rôle de sœur plutôt que celui d'une mère. Parce que si tu énonces un avis qui est très proche de celui de ta mère, mais que tu tiens parce qu'il est important pour toi, ton frère ne l'entendra pas forcément comme ton avis, mais comme une redondance de ceux de votre mère.
D'où les conseils de modération de tes propos et sujets donnés par les précédents commentateurs de ton sujet.
Vois-tu ce que je veux dire ?

En tout cas, j'espère que vous retrouverez un contact tous les deux, et que petit à petit, la situation avec votre mère s'arrangera pour tout le monde, même si vos visions d'arrangement ne sont pas les mêmes (qu'il y aura donc, un compromis :wink: ).
Pirlouit
Messages : 3689
Inscription : mar. sept. 06, 2005 10:29 am

Re: Mon frère, ce dégonflé

Message par Pirlouit »

Deux questions auxquelles tu n'es pas obligée de répondre:

Est-ce qu'au moins la communication entre ta mère et le père de ton frère fonctionne bien? Quelle est la position de son père sur le sujet?

Je me répète sinon, mais je ne pense vraiment pas que tu puisses juger un "coupage" de pont de la même façon qu'un caprice d'ados. C'est pourtant une des pistes que tu laisses entrevoir. Il y a un monde entre traîner des pieds pour donner des nouvelles et couper radicalement les ponts avec sa mère. Quand on le fait, ça n'est pas anodin.

Je crois enfin qu'il faut faire gaffe aux interprétations hâtives. Evidemment, une mère qui félicite, c'est toujours mieux à prendre qu'une mère qui rabaisse et humilie. Maintenant, il faudrait aussi voir comment lui il a vécu les choses et comment ta mère a fait passer les messages. Il existe des parents qui aiment leurs enfants, mais qui les aiment trop au point de les étouffer, au point de leur faire comprendre, même si ça n'est jamais dit clairement, qu'il faudrait qu'ils (leurs enfants) soient comme ceci ou comme cela..... Ca c'est certain, ces parents-là aiment leurs enfants. Je suis toutefois désolé de le dire comme ça: l'amour parental, ça n'excuse pas n'importe quel comportement et / ou attitude. Encore une fois, je suis incapable de dire si ta mère est dans ce cas ou pas, j'attire juste ton attention sur le fait de ne pas rester à la surface des choses. Quand je te lis, j'ai systématiquement l'impression que tu refuses l'idée selon laquelle ta mère ait pu faire des conneries dans sa relation avec son fils. Tu rappelles systématiquement l'amour qu'elle vous porte et tu relativises tout ce qui pourrait être en sa défaveur. Tu vas me dire que tu le fais, parce que ton frère ne t'en a pas parlé..... Soit. Mais peut-être tout simplement qu'il n'en a pas envie. A quoi bon? A quoi bon chercher à se justifier si il sent que ton seul but c'est de le rapprocher de ta mère? Peut-être aussi qu'il a besoin de passer à autre chose et que pour lui l'affaire est réglée. A quoi bon espérer que ça change? Il s'est peut-être résigné en pensant qu'elle (ta mère) ne changerait jamais?

Pour étayer ce que je dis sur le thème "l'amour n'excuse pas tout", je vais faire une petite parenthèse 36 15 ma life. La chose ne me concerne pas directement mais concerne mon cousin, âgé d'un an de plus que moi, et dont j'étais super proche à l'adolescence. Du jour au lendemain après sa 1ère année en école, il a voulu arrêter les études, a coupé les ponts radiccalement avec ses parents (et avec tte la famille au passage) pour aller faire un boulot basique et vivre seul. Et aujourd'hui encore, je suis incapable de dire pourquoi il a fait ça. Ses parents l'aimaient, ne le rabaissaient pas, le soutenaient dans ses projets..... Sauf que pour faire ce qu'il a fait, il fallait une bonne dose de courage. Ca voulait dire abandonner une situation confortable pour sauter vers l'inconnu et se retrouver à ne pouvoir compter que sur lui. Comment expliquer ça? Je sais pas. Peut-être que sous couvert de l'aimer très fort et de le soutenir, ses parents lui mettaient une pression de dingue. Peut-être que sans jamais le dire, on chercher à trop orienter sa vie... C'est ce que je veux dire lorsque j'insiste sur les conneries que des parents peuvent faire soi-disant par amour. Malheureusement en plus, c'est parfois plus subtil / moins aisément détectable que des trucs du genre "tu seras médecin ou rien"; mais il ne faut pas sous-estimer les pressions / jugements implicites ou les attitudes néfastes (du genre chantage affectif). Mon but n'est pas de dire que c'est forcément cette explication-là qui est la bonne, juste de dire que tu ne peux pas t'appuyer uniquement sur l'amour de ta mère pour chercher à "excuser" son comportement.

Un dernier truc: Ce qui revient souvent dans tes propos, c'est le fait de dire que ta mère n'a pas agi avec SES enfants comme ci ou comme ça. Tu fais peut-être erreur en pensant que ta mère a eu le même type de relation avec ton frère qu'avec toi. Il est aussi possible qu'elle est agi différemment et que si la relation avec sa fille demeurait vivable, ça n'était pas le cas de celle qui s'était instaurée avec ton frère. C'est une possibilité que tu ne peux pas non plus écarter.
hybride
Messages : 2917
Inscription : mar. oct. 10, 2006 7:42 am

Re: Mon frère, ce dégonflé

Message par hybride »

J'ai l'impression qu'on tourne en rond. C'est pas contre toi Pirlouit, c'est sûrement que je m'exprime mal. Je recommence :
Est-ce qu'au moins la communication entre ta mère et le père de ton frère fonctionne bien? Quelle est la position de son père sur le sujet?
La communication entre les deux parents de mon frère fonctionne très très mal, et ce depuis le divorce, entamé depuis plus de dix ans. On ne connait pas la position de son père sur le sujet, puisqu'il ne s'exprime pas dessus, ni à ma mère, ni à moi.
Je crois enfin qu'il faut faire gaffe aux interprétations hâtives. Evidemment, une mère qui félicite, c'est toujours mieux à prendre qu'une mère qui rabaisse et humilie. Maintenant, il faudrait aussi voir comment lui il a vécu les choses et comment ta mère a fait passer les messages.
C'est justement ce que je lui reproche : de ne jamais m'avoir fait comprendre ce qu'il ressent, ce qu'il vit, alors que je me montrais prête à le soutenir.
Quand je te lis, j'ai systématiquement l'impression que tu refuses l'idée selon laquelle ta mère ait pu faire des conneries dans sa relation avec son fils.
C'est faux, je suis très consciente des défauts de ma mère. Je sais qu'elle est étouffante, parfois de mauvaise foi, je sais qu'elle est lourde. Je sais qu'elle croit faire ça pour le bien de ses enfants mais que bien souvent on se passerait de ses "conseils". Je n'excuse pas ce comportement (d'ailleurs j'incite mon frère à lui tenir tête, et ça ne date pas de mon dernier message), je trouve simplement la réponse de mon frère inappropriée.
De la même manière qu'on ne condamne pas à mort un braqueur de banque, on ne devrait pas couper radicalement les ponts avec sa mère chiante. C'est sur cette position que je suis rigide et que vous ne me suivez pas tous, mais je ne nie ni ne minimise le comportement néfaste de ma mère.
Mais peut-être tout simplement qu'il n'en a pas envie. A quoi bon? A quoi bon chercher à se justifier si il sent que ton seul but c'est de le rapprocher de ta mère? Peut-être aussi qu'il a besoin de passer à autre chose et que pour lui l'affaire est réglée. A quoi bon espérer que ça change? Il s'est peut-être résigné en pensant qu'elle (ta mère) ne changerait jamais?
C'est ça que j'appelle de la lâcheté, et que vous appelez peut-être autrement...

En tout cas, toujours pas de réponse de sa part... :(
Indigo
Messages : 1307
Inscription : mer. oct. 15, 2008 12:04 am

Re: Mon frère, ce dégonflé

Message par Indigo »

hybride a écrit : De la même manière qu'on ne condamne pas à mort un braqueur de banque, on ne devrait pas couper radicalement les ponts avec sa mère chiante. C'est sur cette position que je suis rigide et que vous ne me suivez pas tous, mais je ne nie ni ne minimise le comportement néfaste de ma mère.
On tourne en rond parce que depuis le début, beaucoup de gens te disent qu'elle est peut être un peu plus que chiante. Genre toxique. Donc oui, tu minimises. Tu n'es pas ton frère, tu ne sais pas quelle relation il a eue avec elle. Là il t'envoie des nouvelles, tu embrayes direct sur ta mère. C'est pas surprenant qu'il mette du temps à te répondre, si jamais il te répond.
hybride
Messages : 2917
Inscription : mar. oct. 10, 2006 7:42 am

Re: Mon frère, ce dégonflé

Message par hybride »

Bon, OK, partons du principe que ma mère est une psychopathe gravement atteinte qui harcèle mon frère de phrases assassines à chaque fois qu'elle lui adresse la parole. C'est sûrement un poil exagéré, mais peu importe, admettons.

Ma façon de penser, c'est : il n'habite plus avec elle, et il est majeur. Rien ne l'oblige à subir sa "toxicité" comme tu le dis. J'attends juste de sa part un coup de fil de temps en temps (genre 10-15mn tous les 15 jours*) et une visite de temps en temps (genre un dîner par mois*), soit en encaissant les conneries qu'elle a à dire, soit en lui disant "ta gueule, je suis grand, c'est moi qui gère".
Juste de quoi rassurer ma mère sur le fait que son fils est en bonne santé, et de quoi conserver avec moi une relation à peu près existante. De plus, je suis là pour le soutenir quand ma mère abuse. Quand c'est moi qui m'en aperçois, je le fais de moi-même, quand je ne m'en aperçois pas, il n'a qu'un mot à dire.

* les fréquences sont données à titre indicatif, il gère comme il peut. je tiens juste à un contact, quel qu'il soit.
lestump
Messages : 2624
Inscription : jeu. août 23, 2007 5:32 pm

Re: Mon frère, ce dégonflé

Message par lestump »

moi mais seulement moi, je crois au lien d'une mére avec son enfant, ta mére n'est pas toxique, elle aime peut être mal, peut être trop, peut être pas assez, je ne sais pas, mais elle n'a rien fait de mal a ton frére, des parents parfaits ca n'existe pas, voir les longues complaintes sur les parents qui jalonnent les topics, ca ne donne pas forcément des parents et des enfants qui s'ignorent... je suis pour couper les ponts quand une mére se montrent violente, nocive, ou indigne, mais je crois que ton frére cherche un peu une excuse dans ses echecs, facile, c'est la faute de la maman !!!

hybride le vrai problème que tu as c'est comment te placer vis a vis des 2, tu n'es pas la cause de leurs problèmes, tu en es l'excuse.. comme je le dis ton frére a besoin de grandir, il lui faudra du temps et de ta compréhension, il n'y a pas de justice dans une fratrie, les enfants ne sont pas aimé de façon égale, l'assimiler c'est déja comprendre ses parents...
ta mére a besoin de comprendre que son fils est devenu un homme, il n'est plus son fils, elle est sa mère...

garder le contact avec lui, attendre que se fasse en lui le besoin de revenir vers elle, tant que tu seras là il ne pourra pas ignorer ta mère, il ne pourra pas faire comme si elle n'existait plus, trop facile ! garde contact avec lui malgré tout, malgré ses hmueurs, malgré son besoin de fuir, et laisse le temps faire son office... ce n'est pas juste pour toi, mais c'est un moyen, pas une solution...

voilà c'est juste mon avis, rien d'autre, je ne juge personne, je comprend parfois les problèmes familliaux, mais forcément je les calques a ma famille comme tout le monde, donc mon avis est subjectif...
hybride
Messages : 2917
Inscription : mar. oct. 10, 2006 7:42 am

Re: Mon frère, ce dégonflé

Message par hybride »

lestump a écrit : garder le contact avec lui, attendre que se fasse en lui le besoin de revenir vers elle, tant que tu seras là il ne pourra pas ignorer ta mère, il ne pourra pas faire comme si elle n'existait plus, trop facile ! garde contact avec lui malgré tout, malgré ses hmueurs, malgré son besoin de fuir, et laisse le temps faire son office... ce n'est pas juste pour toi, mais c'est un moyen, pas une solution...
Tu entends par là qu'il faut que je continue à lui écrire même s'il ne me répond pas ? (vraie question, ton neutre, je veux être sûre de comprendre ce que tu dis)
lestump
Messages : 2624
Inscription : jeu. août 23, 2007 5:32 pm

Re: Mon frère, ce dégonflé

Message par lestump »

oui c'est exactement celà, lui envoyer un message de temps en temps, pour prendre de ses nouvelles, pas d'accusation, juste des messages d'une soeur a son frére, peut être l'inviter dans quelques temps a un repas, il veut croire qu'il n'a jamais eu de famille, et tout ce qu'il obtenu il a eu de son fait, c'est trés commun chez les hommes, de croire qu'il se sont fait tout seul malgré leur famille, qu'ils ont lutté pour obtenir ce qu'ils ont... gardez le contact, l'oblige a se rappeler qui il est, il reviendra, peut être pour gueuler, peut être pour se disputer, peut être pour te rendre coupable, mais il reviendra, peut être quand il considéra avoir réussi sa vie et pouvoir rivaliser avec toi... j'en suis persuadé, je répétte ce n'est pas juste pour toi, c'est une chose trés dur a faire, et je ne sais même pas si tu as envie de le faire, mais voilà les familles n'ont rien de justes, elle sont comme elles sont, on peut faire avec, ou les ignorer, le choix t'appartient...
Répondre