Mais je suis probablement un dégonflé lâche, égoïste, etc...
Je ne parle plus à ma mère depuis juin dernier. C'est une réaction de fuite. Pourquoi fuir plutôt que se battre ? J'ai bien mieux à faire que me colleter avec ma famille.
Pourquoi suis-je dans cette situation ?
Alors,
Etant petit j'ai été élevé surtout par ma mère. Mon père, par son boulot puis études puis boulot, je l'ai surtout connu au lycée. Ca n'allait pas avec ma mère, qui coupait les ponts à l'extérieur mais était très "directrice" dans notre famille. Ce qu'elle ne juge pas digne d'intérêt ne peut l'être pour personne, quoi qu'ils en disent. Elle ne se trompe jamais, et quand on débat de n'importe quoi avec elle elle reprend à la seconde ou elle s'est arrêtée quoi qu'on ai pu dire. On peut dire d'elle qu'elle est une mère poule. On peut dire aussi possessive. Peut être toxique aussi...
Je précise que je suis fils unique.
A côté de ça, ma réussite professionnelle. Ha ha. Petit, on a hésité à m'envoyer en école spécialisée; Enfant précoce, au top tout le temps juste en écoutant en cours, avec des résultats en baisse année après année jusqu'au redoublement au lycée. Pendant tout ce temps, "ah puck, c'est fatiguant de te voir travailler" ( je précise qu'elle tenait à ne pas bosser, même un mi-temps ) et foutage de gueule quand en prenant mon courage à deux mains j'étais allé la voir au collège pour dire que j'arrivais pas à travailler.
Depuis le bac, j'ai tenté médecine. J'ai bossé. Puis fait école d'infirmier.
Elle m'a toujours découragé de travailler dans la santé, ce qui me tient à coeur. Je veux un travail avec un minimum d'intellec impliqué ?
Elle me répète tous les jours ( où je lui parle: elle habite loin maintenant ) que je serais tellement mieux plombier, cuisinier, j'ai tellement de facilités mais que je gâche !, elle me dit ça pour mon bien, etc...
Elle veut le meilleur pour moi. Du moins c'est ce qu'elle dit. Dire et répéter quelque chose ne le rend pas vrai. Elle a toujours fait beaucoup de choses à ma place; Pour mon bien !
Aujourd'hui, je me rends compte que c'était peut-être pour pouvoir me traiter de nul -ben oui, n'ayant jamais fait, je ne savais pas faire-, et me contrôler, surveiller -elle a toujours fouillé mes affaires.
Parallélisme amusant: Quand j'ai tenté médecine, j'avais toujours mes problèmes de révisions. Mes parents m'ont indiqué, par téléphone, qu'ils divorçaient, la veille de la rentrée. Je me faisais engueuler avec mes factures de téléphone parce que j'avais besoin de parler à des amis loin. Une personne de ma famille est morte. La soeur d'une copine est morte. La deuxième année, j'avais une petite copine -qui avait sa dose de problèmes, y avait de quoi- qui cauchemardait tout le temps rapport à des évènements de sa vie, et je séchais les cours, me tapais deux heures de train, la consolait, repartais en fin de journée et essayais de choper les cours.
Je n'avais que peu de chances d'avoir le concours. Mais c'était important, je pouvais être une exception, qu'avais-je à perdre ?, et surtout ma mère m'encourageais à faire des choses que je ne voulais pas faire.
Et le pompon, en juin dernier. Je me faisais une fête de l'accueillir chez moi. J'avais préparé un festin, elle a préféré aller manger dans un restau. J'ai insisté des années pour ne pas être impliqué dans les histoires entre elle et mon père ( qu'elle insulte tout le temps ), et elle m'a indiqué qu'elle cachait quelque chose ( genre revenu ) à mon père -ils divorcent-, mais que je ne devais pas lui en parler.
Quand je lui ai dit que je n'appréciais pas -textuellement-, elle est devenue infernale. Cris, engueulades, mauvaise foi. Rentrés à la maison, j'ai reçu en clair ce qu'elle me disait toutes ces années: Je suis nul. Je l'ai toujours déçue, depuis ma naissance. Je n'arriverai jamais à rien. Je n'aurais jamais le permis ni mon diplôme.
Le tout en boucle jusqu'à 11h. A titre d'exemple, le soir, quand au bout d'une demie-heure je me suis tourné de 90° dans le canapé -lui avais laissé le lit- elle m'a dit "mais tu es complètement dingue. A enfermer !". En effet, tant de bruit était insoutenable.
Je suis donc un petit peu remonté contre elle. La considère néfaste à mon bien-être, surtout tant que j'ai des problèmes personnels non réglés.
Et comme j'ai mieux à faire que de me battre, je ne lui parle plus, au moins jusqu'à ce que j'ai permis et diplôme. C'est amusant, mais je m'en sors bien mieux depuis. Je respire.
Du côté de ma famille, ça se passe modérément bien: les plus proches ne me croient pas quand je leur conte la teneur des paroles de ma génitrice.
Tous, que je maintiens le silence radio pour lui faire du mal -elle est triste aussi, son fils unique ne lui parle plus !-; Je ne le fais pas pour la "punir" -je m'en moque-, mais pour me protéger.
Après, on verra.
Elle m'aime ? Dans une certaine mesure, oui. Moi aussi. Elle a besoin de moi ? Sans mon père et moi, personne à dominer. Dur. D'ailleurs, le reste de la famille qui se l'est coltinée, l'a trouvée insupportable, et me comprend un peu mieux, mais trouve que ça ne justifie en rien mon silence.
Ouais, eux ne se la sont pas payée 20 ans. Sous son autorité. Seuls.
Voilà. Le silence, c'est justement, pour moi, lui tenir tête. Parce que la discussion est stérile avec elle. Parce que je veux réussir ma vie dans la mesure de ce qui est encore possible.
De ton côté... Pour ta lettre, le "ca n'excuse rien" est clairement un jugement, et agressif. tu ne lui demandes pas plus d'éléments -certes, il n'en donne pas- , mais ça peut comme ç'a été dit plus le conduire à se renfermer que parler.
J'ai pas franchement envie de parler à des gens qui me reprochent ma décision "parce que ma mère c'est ma mère"; Ton jugement peut y ressembler par certains côtés; Vu à travers le prisme de la colère/souffrance, ça peut être mal pris. Il essaye de se construire sur de nouvelles bases, même si elles sont en partie foireuses, ça peut être mieux que les anciennes.
Il a toujours dit oui ? Toujours toujours ou il a arrêté il y a des années ? Personnellement, je n'ai jamais menti à môman jusqu'au f*utage de g*eule pré-cité concernant les révisions. Pourquoi dire autre chose que tout va bien, puisque quelque chose va mal n'amène rien de bon ? C'est d'ailleurs à mettre en parallèle avec la qualité du travail: Un devoir bossé cinq heures ou torché en dix minutes me vaudra de toutes façons une eng*elade et sera à refaire. Pourquoi se casser la tête ?
Tu n'aimes pas voir les gens souffrir. C'est encore pire si c'est quelqu'un que tu aimes. Mais une personne douce avec toi peut être pour le moins dure voir injuste avec quelqu'un d'autre. Peut-être est-ce le cas, peut-être que non... En tout cas, il ne semble pas t'en vouloir à toi...( Ca me fait penser au refrain de goldeneye
Il pourrait être utile de lui expliquer ce que tu ressens, et que ne pas avoir son point de vue biaise le tien. Que le sentiment d'impuissance et d'ignorance t'ont mise en colère...
Mais qu'il agit égoïstement, et est inexcusable, même si peut-être en partie vrai, est probablement contre-productif. Surtout sans le reste... Et même si l'explication diplomatique sur la préférence envers toi de ta mère -qui a pu le faire souffrir, je vois encore ma grand-mère et sa soeur, l'une comme une fleur l'autre pleine de ressentiment enfoui quand à leur mère qui a toujours soutenu une et rabaissé l'autre- était une main tendue, elle -me- paraît un peu légère, et trop fortement tempérée par la suite immédiate.
Encore une fois, mon expérience n'est pas la sienne. donc...
Je ne sais pas. Mais lui parler de toi pourrait être plus profitable à votre relation que lui faire des reproches avant de savoir... C'est dur pour tout le monde. Vous pouvez vous expliquer et vous comprendre, en tout cas je vous le souhaite. Bises !