Page 1 sur 1

Comme je regrette...

Publié : jeu. déc. 10, 2009 12:29 am
par Cancanneuse
Quand je vois le thème de cette partie du forum, ça me fait penser à la pire crasse que j'ai fait subir à une femme dans ma vie:

J'ai rencontré Sophie en 2005, début Mai, et ça a été ma première histoire d'amour homo, car je n'avais connu que des histoires de Q avant elle.
Pendant deux mois, nous avons vécu à 100 à l'heure, jour et nuit, nous sortions dans tout les clubs gays de la ville, les bars, on s'est exibées ensembles à la gay pride, vraiment c'était le pied. Elle vivait chez sa mère, et avait 22 ans, et moi j'habitais déjà plus chez mes parentsdepuis un an; javais 17 ans .

Ce qui était bien c'est que sa mère avait connaissance de son homosexualité et n'y voyait aucun mal, surtout que sa soeur et sa cousine l'étaient aussi: donc chez eux c'était très courant.

Moi ma mère m'as toujours dit que si un jour une de ses fille devenait homo, elle ferai tout pour la "soigner"(!!!!! :shock: )

Cependant , ce que pensait ma mère, je m'en contrefichait totalement.

Jusqu'au jour ou nous sommes parties en saison dans le sud à Argeles, où nous dormions avec les autres saisonniers dans un camping. Au début on a essayé de se cacher, mais au bout de 4 jours tout le monde nous avait grillé...
Bref, tout ça pour en arriver aux faits: cela faisait 15 jours que nous étions parties, et je sentai de drôles de sensations en moi, et plus les jours passaient, plus je me sentai "sale". Un jour jai pété les plombs et je me suis mise à detester Sophie, au point où je lui ai crié dessu en lui disant qu'elle était qu'une sale lesbienne et que je n'avais rien à voir avec elle.
J'imaginais ma mère me voyant avec elle et ressentais de la honte .

C'est très étrange ce qui s'est passé: ma mère avait réussi à influencer mon inconscient au point où ses principes sur l'homosexualité m'ont envahie! J'ai donc quitté Sophie, et c'est environs 6 mois plus tard que ma vraie personnalité à refait surface, mais bien sûr il était trop tard, j'avais tout gaché.

Vous est-il arrivé des histoires semblables, où vous vous êtes surpris(es) à vous écoeurer vous même à cause des idées de vos proches?

Publié : jeu. déc. 10, 2009 8:04 am
par Lyanes
Et bien, ce qui t'es arrivé s'appelle de l'homophobie intériorisée si je ne m'abuse.
C'est très étrange ce qui s'est passé: ma mère avait réussi à influencer mon inconscient au point où ses principes sur l'homosexualité m'ont envahie! J'ai donc quitté Sophie, et c'est environs 6 mois plus tard que ma vraie personnalité à refait surface, mais bien sûr il était trop tard, j'avais tout gaché.

Vous est-il arrivé des histoires semblables, où vous vous êtes surpris(es) à vous écoeurer vous même à cause des idées de vos proches?
Sans avoir eu ta violence dans les mots, je pense que toute mon attitude hurlait la même chose. J'étais mal au dedans de moi, et j'en voulais à la personne en quelque sorte "responsable" de ça.

Comme toi, ça c'est passé avec ma première. Mais, c'est assez facile à comprendre: tu te découvres lesbienne PARCQU'amoureuse d'une femme.
L'acceptation de l'homosexualité passe par des phases plus ou moins douloureuses. Dans les phases les plus dures, ou donc ton homophobie intériorisée (issue de ton éducation, tes valeurs, tes proches ...) remonte avec force, tu t'en prends à celle qui t'a "revelée"'.
C'est pas très malin, mais c'est humain! :roll:

Publié : jeu. déc. 10, 2009 8:47 pm
par Rusalka
Pour moi, je le vis de manière plus fourbe, presqu'au quotidien.
Je ne me trouve pas sale, mais tous les rêves et projets que j'élabore plus ou moins consciemment se fondent (surtout depuis mon retour at home) sur le couple hétéro et les projets de mes parents pour moi.
Sur le modèle qu'on m'a inculqué depuis mon enfance.

Et inversement, c'est plutôt avec ce modèle-là que je me dégoûte mais bon, c'est un autre problème :? !!!!

Publié : jeu. déc. 10, 2009 9:36 pm
par Cancanneuse
Merci les filles pour vos réponses.

Ce qui est étrange c'est que la relation que l'on a avec notre mère ou notre père semble changer dès qu'ils apprennent notre homosexualité.

Pour se la jouer Freudien, je crois que certaines mères se sentent "trahies "par leur fils quand elles apprennent qu'ils sont homos , un peu comme s'ils avaient tué le mythe du petit garçon amoureux de sa mère. Inversement pour les pères et leurs filles . Ce n'est bien évidemment pas toujours le cas :lol:

Sophie m'avait raconté qu'au début, quand sa mère a appris son orientation sexuelle, elle est devenue distante, voire méfiante. Elle avait presque peur que sa fille la drague :shock:
Du coup quand Sophie venait pour lui faire un bisous elle avait un sursaut de recul.

C'est bizarre hein? A part une autre thèse Freudienne (et encore :roll: ) je ne saurai comment expliquer cette attitude.

Car en temps "normal" un père ne craint pas de se faire draguer par sa fille hétéro, ou une mère par son fils hétéro?

Serai-ce à cause de cette image qu'on les gens, des homos obsédés du Q sautant sur tout (toute autre personne du même sexe) ce qui bouge? :?: :!: :shock:

Publié : jeu. déc. 10, 2009 10:13 pm
par Zünisch
Rusalka a écrit :Je ne me trouve pas sale, mais tous les rêves et projets que j'élabore plus ou moins consciemment se fondent (surtout depuis mon retour at home) sur le couple hétéro et les projets de mes parents pour moi.
Sur le modèle qu'on m'a inculqué depuis mon enfance.

Et inversement, c'est plutôt avec ce modèle-là que je me dégoûte mais bon, c'est un autre problème :? !!!!
En même temps, c'est compliqué de détruire d'un coup de baguette magique des années d'éducation. Et puis, quand on a en face de soi quasiment que des couples hétéros ( indépendamment de l'éducation ), on a pas trop le choix dans les modèles. Et je crois qu'il est difficile de se construire en inventant complètement son propre modèle. ( Mais pas impossible, la preuve sur le forum. ) Tout ça pour dire que c'est assez "normal" comme comportement Rusalka. Après, il faut aussi arriver à faire la part des choses entre ses désirs et le modèle ( mais ça ne nécessite pas forcément un rejet en bloc dudit modèle ). :D
Cancanneuse a écrit :Car en temps "normal" un père ne craint pas de se faire draguer par sa fille hétéro, ou une mère par son fils hétéro?

Serai-ce à cause de cette image qu'on les gens, des homos obsédés du Q sautant sur tout (toute autre personne du même sexe) ce qui bouge
Outre le fait que l'histoire de l'œdipe inversé ne me convainc pas mais que je suis trop fatiguée pour en discuter maintenant... J'aurais tendance à penser qu'en temps normal, le parent ne considère pas son enfant comme ayant une sexualité ( du moins pendant un certain temps ). Or le Co amène forcément une composante sexuelle dans l'esprit du parent. Et il faut arriver à assimiler ça. Ce qui plus expliquer un changement, provisoire ou pas, dans le comportement du parent.

Cela dit, il y a des parents qui ne changent pas d'un iota après un CO. 8)

Dodooooooooooooo !

Publié : ven. déc. 11, 2009 9:03 am
par Rusalka
Zünisch a écrit :
Cancanneuse a écrit :Car en temps "normal" un père ne craint pas de se faire draguer par sa fille hétéro, ou une mère par son fils hétéro?

Serai-ce à cause de cette image qu'on les gens, des homos obsédés du Q sautant sur tout (toute autre personne du même sexe) ce qui bouge
Outre le fait que l'histoire de l'œdipe inversé ne me convainc pas mais que je suis trop fatiguée pour en discuter maintenant... J'aurais tendance à penser qu'en temps normal, le parent ne considère pas son enfant comme ayant une sexualité ( du moins pendant un certain temps ). Or le Co amène forcément une composante sexuelle dans l'esprit du parent. Et il faut arriver à assimiler ça. Ce qui plus expliquer un changement, provisoire ou pas, dans le comportement du parent.

Cela dit, il y a des parents qui ne changent pas d'un iota après un CO. 8)
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec Cancanneuse : les parents d'hétéros sont très flattés d'attentions "amoureuses" de leurs enfants, une mère de son fils, un père de sa fille. Ces attentions sont filiales, mais elles se traduisent souvent par des attitudes qui sont de toute manière séductrices.
Alors quand les habitudes sont bouleversées par un CO, je pense que ça fait cogiter les parents... mais que tout ça se passe plutôt dans l'inconscient hein !

Après, j'irais aussi dans le sens de Zü, mais j'ajouterais que puisque les parents pensent de facto que leurs enfants sont hétéro, la question sexuelle n'est même imaginée puisqu'elle est "naturelle". Du coup, mettre le doigt sur quelque chose qu'ils n'avaient pas envisagé, ben... ça coince !

Publié : ven. déc. 11, 2009 5:09 pm
par Péronnelle
Ton histoire me rappelle la mienne, mais j'avais le rôle de Sophie. J'étais sa première copine (et elle ma première aussi), je savais qu'elle m'aimait mais le regard des autres lui a fait péter les plombs et adopter une attitude de rejet total envers moi. Au départ je n'y comprenais absolument rien!

Comme toi sa maman vivait très mal le fait qu'elle soit homo (ou les doutes qu'elle avait à son propos).
Ce fut extrêmement douloureux de mon côté, car elle m'a quittée alors que je savais qu'au fond d'elle elle m'aimait.
Elle a fini par regretter tout ça des années après mais nous n'avons pas pu reprendre une relation solide. Trop de temps et de tristesse étaient passés par là.

Par rapport à la relation à la mère, j'ai eu une phase de rejet moi aussi. Comme elle n'acceptait pas mon homosexualité, nous étions en conflit (ou plutôt en "froid" car on n'en parlait pas) la plupart du temps. Mais, chose très étrange, lorsqu'elle essayait de me toucher, j'avais un sursaut de recul, un dégoût, je ne supportais plus aucun contact physique (et sur ceci, on pourrait aussi élaborer des explications mi-freudiennes mi-vaseuses :) )

Ce que je pense plus simplement, c'est que nous percevons les sentiments de nos parents bien plus que ce dont nous avons conscience. On "absorbe" leurs émotions (comme les petits bébés ^^) et inconsciemment on "sent" lorsqu'on les déçoit, même s'ils ne le montrent pas forcément. Du coup on veut rétablir l'équilibre, et essayer de répondre à leurs attentes. D'où les réactions excessives de mon ex. Je ne lui en ai pas toujours voulu, mais j'en veux encore à sa maman aujourd'hui.

Publié : sam. déc. 12, 2009 2:00 pm
par Sibyllina
Cancanneuse a écrit :Pour se la jouer Freudien, je crois que certaines mères se sentent "trahies "par leur fils quand elles apprennent qu'ils sont homos , un peu comme s'ils avaient tué le mythe du petit garçon amoureux de sa mère.
Ça va même plus loin que ça parfois... Ça, c'est la partie la plus immergée et freudienne qui renvoie tout au cul (Freud était un foutu pervers de toute façon).
Dans mon cas, ma mère s'est sentie trahie, comme mon père. Pourquoi ? Parce que... J'allais devenir stérile ! (et le suis déjà).
Bin oui... Vous pondez un gosse, c'est pas que pour être parent ! C'est aussi pour être... Grand parent ! Et paf dans les dents...

Il m'a fallu BEAUCOUP de discussion pour leur faire admettre qu'ils auraient un petit enfant, mais qu'il sera adopté. Et même ainsi... Ça leur paraît douloureux, car il ne sera pas "de leur sang". Et repaf, alors que mes parents sont très ouverts intellectuellement...

Rajoutez qu'ils ont éduqué un garçon, et que... Ils se retrouvent avec une femme !
"Où est-ce que j'ai merdé ?" "Qu'est-ce que j'ai mal fait ?"
Ça, ils n'ont jamais osé me le dire de face... Mais je les connais trop bien et ai trop vu leurs interrogations sur leur visage pour ne pas savoir qu'ils se les sont posées, ces questions...




Sinon, dans les horreurs que j'ai faite, je n'en citerai qu'une...
Avant tout mon schmilblick, j'ai tenté la relatin homo. J'avais 21 ans, lui 42. On s'était "rencontrés" sur un tchat de rencontre sur... téléphone...
J'étais mal, très mal... Je songeais à des choses pas belles comme la prostitution et j'avais BESOIN de me sentir aimée, désirée.
J'ai fait la connerie donc d'accepter la rencontre, de sortir avec lui, qui est allé jusqu'à m'offrir des vacances.
On n'a jamais dépassé les préliminaires et j'ai beaucoup souffert de son regard, vu qu'il aimait le "garçon" qu'il voyait, et pas ce qu'il y avait réellement derrière que j'avais pas encore identifié clairement.

Je l'ai plaqué peu avant un Noël... Par courrier...
Une lettre, c'est pire que tout... Pas de voix, pas d'intonation, pas de pleurs, pas de possibilité de répondre, pas de possibilité de fuir, de se cacher, de demander d'arrêter les attaques une seconde...

Cette lettre, je la maudis, comme je maudis ma réaction stupide.
L'avoir plaqué, au final, je ne le regrette pas... Ce n'était pas la bonne solution, il souffrait inutilement d'un amour à sens unique (j'aimais être aimée, pas lui).
Mais... Mon dieu ce que je regrette la méthode que j'ai employée...

Il était suicidaire...

...

J'ai réussi à avoir un sms de sa part deux ans après... Ça m'a au moins soulagée de la terreur qu'il ait fait la grosse connerie...

Publié : lun. déc. 14, 2009 12:38 am
par Cancanneuse
D'après ce que j'ai compris, Sybillina, tu était Adam avant de devenir Eve.

J'imagine bien le genre de situation, la tête de tes parents quand tu leur as dit ( :shock: )
J'ai pas mal de copains qui sont transfrmistes, dont une trans. Elle est juste magnifique, c'est en fait l'une des plus belles femme que je connaisse, et de plus elle est vraiment adorable, drôle, touchante...

Pour elle ça a été très dur dans le genre de ta situation avec tes géniteurs. Mais avec le temps, sa mère (en premier, et c'est souvent comme ça; dans c cas les papas mettent plus de temps: comme quoi ya bien du freudien là dedans) l'a acceptée, et surtout est devenue sa plus grande admiratrice! Il faut dire que sa "nouvelle" fille est meneuse de revue dans un cabaret et incarne à la perfection des personnages comme Piaf, Marilyn, Cher.. en tant que transfo.

Donc j'éspère qu'un jour, à ta manière tu en sera à ce stade où, par ta prestence de femme, tu les rendra fièrs.

Tu le mérite certainement, c'est tout le bonheur que je te souhaite. Quand ils verront à quel point tu es bien dans ta peau, bien dans ta tête, ils se diront que leurs inquiètudes n'etaient pas fondées.

Et j'éspère surtout que tu sais (ou sauras) te plaire à TOI.

Pleins de bisous de goudoudou. :D