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Mon beau-père

Publié : lun. janv. 02, 2012 5:29 pm
par Imaginary
Le mari de ma mère, je précise, et pas le père de ma copine.

Je voudrais vous raconter quelque chose. C'est une histoire de famille personnelle et l'exercice est donc un peu difficile, mais je vais essayer d'être le plus objective possible parce que j'aimerais savoir si d'autres personnes ont ce genre de personne dans leur entourage familial et si elles en souffrent/en ont souffert comme moi.

Mon beau-père est un homme très autoritaire du genre "valeurs catholiques", "éducation à l'ancienne", qui ne supporte pas qu'on le contredise et qu'on ne lui obéisse pas. Même aujourd'hui, alors que je ne vis plus chez eux et que je suis majeure, il considère qu'il a le droit de m'insulter et de chercher à m'intimider quand bon lui semble, même si je ne lui aie objectivement rien fait. Il peut se mettre dans des états de colères et de violences verbale assez impressionnants pour des motifs ridicules. Chose importante: à la suite de ces choses là, il est impossible d'en reparler, il semble oublier aussi sec comme si de rien n'était, il n'y a aucune discussion possible mais à la crise de colère suivante il ressort tous les "dossiers" oubliés si je puis dire pour bien trainer plus bas que terre.

Je dois dire qu'il se dispute parfois avec ma mère et avec ses filles (de son ex femme) et qu'il les traine également parfois plus bas que terre mais ça ne prend jamais les proportions que ça prend avec moi car je suis la seule dans la famille à lui tenir tête et à oser exprimer mon désaccord avec lui. Les autres savent très bien ce qui le déclenche et préfèrent faire profil bas pour éviter les conflits. Ils ont même tous peur de lui.

Ma mère, elle, lui donne raison. C'est moi qui ne sais pas la mettre en veilleuse qui est "trop brutale" et que sais-je encore.

Paradoxalement en dehors de ses moments "d'intimidation" il peut être sympa, on peut discuter avec lui, on peut trouver un terrain d'entente, il est loin d'être inculte, s'intéresse à des trucs, sait rigoler et à de l'humour, etc... Il est apprécié de beaucoup de personnes, personne ne le contredit dans la famille et moi je passe pour folle, si je le contredit, il me rabaisse, si il ne se passe rien, il est sympa avec moi. Et après les insultes, il semble oublier aussitôt et passer à autre chose et il redevient "sympa". Il dit "salut" le matin, alors qu'il y a eu une soirée épouvantable et embraye sur totalement autre chose. Bref. Ces crises sont très peu fréquentes mais les petites piques humiliantes et "supérieures" et vouloir que tout aille dans son sens c'est tout le temps, et ça c'est avec tout le monde, y compris ma mère. On est sans cesse sur le fil du rasoir avec lui, il faut savoir ce qui le déclenche. Ma mère elle même le dit, même si elle dit que j'ai tort et que c'est lui qui a raison.

C'est le seul de la famille à ne pas être au courant de mon homosexualité. Quand j'étais petite, il disait que c'était une maladie. Depuis, il semble avoir un peu évolué, mais c'est toujours pas très reluisant. Ma mère lui cache depuis deux ans que je suis homosexuelle alors que j'ai vécu une relation sérieuse et que je viens parfois manger chez eux. Pourtant je lui aie dit qu'elle pouvait le glisser dans la conversation. Rien à faire, elle veut pas "c'est pas mes affaires t'as qu'à lui dire toi même." Alors que je le vois une fois tous les trente six du mois et que je connais ses opinions sur ces deux sujets.

Lui et ma mère disent que je suis parano et que je me crois persécutée sans raison. Que c'est parce que mon père a été trop laxiste que je ne peux pas supporter ça. Moi je ne comprends pas que je sois la seule dans la famille à ne pas m'écraser. Je suis partie vivre loin, libre, pour échapper à ça, et maintenant je ne vois plus du tout les deux filles de cet homme avec qui j'ai grandi et que je considérais comme des soeurs. Elles, elles sont restées dans le coin, et sont toujours proches. Moi j'ai l'impression d'être la branche pourrie de cette famille, car je suis trop différente et totalement hors de leurs valeurs et j'ai vraiment peur qu'un jour ça pète pour de bon et ça me fait carrément chier pour ma mère. (elle est loin d'être toute blanche, mais avec elle j'arrive maintenant un minimum à parler et elle m'aide bien sur certaines choses) Qu'est ce qui va se passer le jour ou il apprendra mon homosexualité, il va péter une crise et je verrais plus ma mère, c'est ça?

Alors maintenant la question est très simple: c'est moi qui débloque ou c'est lui qui a un grain? Comment expliquez vous le fait que, malgré que j'habite maintenant seule à 100 bornes de chez eux et que je ne dépends plus de lui d'aucune manière, je me préoccupe toujours beaucoup trop de ce qu'il pense de moi et que j'ai peur qu'il vienne à apprendre certaines choses?

Re: Mon beau-père

Publié : lun. janv. 02, 2012 5:35 pm
par La marquise d'O
http://violence.morale.over-blog.com/ar ... 14598.html

Je te colle rapidement ce test (d'isabelle Nazare Aga, une psychologue qui a bien étudié les manipulateurs) qui m'a bien aidé pour y voir plus clair en ce qui concerne un proche...
Courage :gentil:

Re: Mon beau-père

Publié : lun. janv. 02, 2012 5:44 pm
par Nomis
Ouch... ça a l'air violent.
Imaginary a écrit : je me préoccupe toujours beaucoup trop de ce qu'il pense de moi et que j'ai peur qu'il vienne à apprendre certaines choses?
Je passerai sur les histoire de manteau et autres sujets de disputes, mais je pense que cette phrase est révélatrice. Pourquoi tu te préoccupes tellement de ce qu'il pense? Dans la mesure ou tu es adulte et indépendante, tu n'as aucun compte à lui rendre. Je pense qu'il se rend compte qu'il a une influence sur toi et qu'il en profite. Quand il te fait un reproche comment réagis-tu? Si tu le contredis à chaque fois, que tu essaye de le convaincre, ça lui montre que son avis compte. Je pense que la solution consiste à montrer que tu te fiches éperdument de ce qu'il peut penser de toi, et que ce n'est pas à lui de décider... même si je réalise que c'est difficile. Courage :copain:

Re: Mon beau-père

Publié : mar. janv. 03, 2012 9:15 am
par Imaginary
Ben les "histoires de manteau" je les détaille pour bien montrer à quel point c'est surréaliste et que c'est des pétages de plombs gratuits pour affirmer sa soi-disant supériorité. Son truc c'est l'intimidation physique et mentale. Il ne frappe pas les gens ça non, il se met juste bien devant moi en essayant d'en imposer et de me faire peur et en poussant un peu éventuellement, pour faire genre, tout en insultant et dénigrant.

Marquise, j'ai regardé ton site et bien que certaines affirmations correspondent je ne pense pas qu'on puisse affirmer que j'ai affaire à ce type de personne comme ça sans le savoir. Et puis c'est difficile de faire ce test seule j'ai peur de ne pas être objectif je peux juste me baser sur les comportements que j'observe avec moi et la famille et sur mes ressentis, pas sur comment il est quand je le vois pas (où il est très aimable et serviable et fiable de toute façon d'ailleurs). Je pense qu'il faut être prudent avec ce genre de choses, j'essaie quand même d'être objective, le but n'est pas de l'accabler mais de comprendre un peu pourquoi il fait ça pour mieux me défendre psychologiquement à l'avenir sans me soumettre comme le reste de la famille. (et sans avoir à couper les ponts avec eux si possible. Bien que le jour où mon homosexualité sera révélée ça risque un peu d'être le cas, ou alors de rester mais d'être considérée un peu comme ayant un "problème" faut que je m'y prépare et c'est dur)

Nomis, ce que tu me dis ça c'est le rationnel, ce qu'on sait en "théorie". Mais le problème c'est qu'on parle pas d'un inconnu mais de quelqu'un qui m'a quasiment élevée et a fait office pour moi de "père bis", qui est là en + de mon propre père et qui régente beaucoup la famille, il est très difficile de se détacher de ça. Essaie d'imaginer ce genre de chose avec ton père ou quelqu'un de ta "proche famille" que tu ne peux cesser de côtoyer sans risquer de couper les ponts avec tout le monde, et tu comprendras aisément ce que je veux dire. Personne n'aime etre insulté et rabaissé, "passer outre" me parait compliqué sans comprendre, surtout que c'est irrationnel et qu'il est sympa tant que tout va comme il veut, c'est pourquoi je voudrais des conseils pour mieux gérer ça, pour le moment m'en foutre me parait compliqué, je n'y arrive pas encore. J'aimerais avoir des témoignages de gens qui ont eu à cotoyer ce genre de personnalité, et j'aimerais aussi savoir si vous pensez que j'exagère ou si il y a vraiment un problème car je n'aie aucun point de vue extérieur et parfois j'en viens à douter de ma propre raison, ça me démolit.

Re: Mon beau-père

Publié : mar. janv. 03, 2012 9:59 am
par chtitdemone
Il y a manifestement un problème, tu as raison de t'en inquiéter, de ne pas trouver ça normal et de ne pas te laisser faire.

De ce que tu racontes, on dirait quand même de la violence domestique. Il n'a absolument aucun droit de vous traiter de cette manière ! Peut-être que j'exagère comme je n'ai que ton point de vue, mais je ne pense pas.

Je te dirais bien que la solution serait de lui faire prendre conscience de sa manière totalement irrationnelle de réagir face à la contradiction afin qu'il apprenne à gérer sa "colère" (ou du moins ce qu'il ressent dans ces moments là qui lui fait totalement péter un câble). Je n'ai pas l'impression qu'une discussion face à face serait d'une grande utilité, mais il faudrait lui dire ce qu'il fait subir à sa famille (par lettre ? ).

Le plus difficile dans l'histoire sera de ne plus te laisser impressionner par ses insultes et son mépris. Il ne pense pas ce qu'il te dit dans ces moments là, il utilise tes faiblesses pour assurer sa domination. Il faut que tu prenne conscience que tout ça ne contient pas une once de vérité. Je comprend que ce que je te dis ne paraisse pas faisable, mais il faut travailler à te détacher de ce qu'il te fait subir.

Je rappelle au passage que je ne suis pas psy et qu'il est donc probable que je sois à côté de la plaque. En tout je te souhaite plein de courage :copain:

Re: Mon beau-père

Publié : mar. janv. 03, 2012 1:14 pm
par Nomis
Imaginary a écrit : et j'aimerais aussi savoir si vous pensez que j'exagère ou si il y a vraiment un problème car je n'aie aucun point de vue extérieur et parfois j'en viens à douter de ma propre raison, ça me démolit.
Rien que le fait que tu te sens mal au point de venir en parler montre qu'il y a un problème. On voit que tu doutes, que tu te remets en question, mais est-ce qu'il le fait lui? de l’extérieur et sur les quelques éléments objectifs que tu nous présente, j'ai l'impression qu'il y a vraiment un problème. Il n'a pas à te crier dessus ni à te rabaisser, et tu n'est pas (plus) sous son autorité. Ça me fait penser à ces femmes battues qui minimisent ce qu'on leur fait, et c'est inquiétant. Je sais bien qu'on en est pas à ce point la, mais il est clair qu'il te fait du mal et que tu ne dois pas lui trouver d'excuses. Tu as droit au respect, point.
Imaginary a écrit :Nomis, ce que tu me dis ça c'est le rationnel, ce qu'on sait en "théorie". Mais le problème c'est qu'on parle pas d'un inconnu mais de quelqu'un qui m'a quasiment élevée et a fait office pour moi de "père bis", qui est là en + de mon propre père et qui régente beaucoup la famille, il est très difficile de se détacher de ça. Essaie d'imaginer ce genre de chose avec ton père ou quelqu'un de ta "proche famille" que tu ne peux cesser de côtoyer sans risquer de couper les ponts avec tout le monde,
Tu n'es pas obligée de cesser de le côtoyer, ce n'est pas ce que je dis. Il faut juste lui faire comprendre que tu es adulte, responsable, et que tu fais ce que tu veux. Il n'a pas à t'engueuler comme un gamine quand tu ne fais pas ce qu'il veut, namého! Je pense qu'il faut que tu lui montre que tu n'es pas sous son contrôle et que tu n'as pas à l'être. Quand il se met à t'engueuler pour une broutille, ne te fatigue pas à lui répondre et à argumenter pendant deux heures. Sois ferme et directe : "je suis allée chercher mon manteau parce que j'étais déjà à mi-chemin et il n'y a pas besoin d'en faire tout un plat". Si il persiste à t'engueuler, tu l'écoute en te forçant à garder un air détaché (oui je sais, c'est facile à dire de l'extérieur) et quand il a fini ou qu'il s'arrête pour reprendre son souffle, tu signifie clairement que ce n'est rien et que tu fais ce que tu veux. Si tu rentre dans son jeu et que tu tentes de le faire fléchir, que tu t’engueules avec lui, tu lui donne l'impression qu'il exerce un contrôle sur toi, que tu as besoin de son accord ne serait-ce que pour aller chercher ton manteau.
Encore une fois je réalise que tu es dans une situation compliquée mais je crois qu'il faut que tu prenne du recul. Tu n'es pas obligée de lui faire la gueule, de l'éviter ou de lui tenir tête, contente toi de rester sur tes positions avec le moins d’agressivité possible. Tu peux essayer de le faire culpabiliser aussi, des trucs du genre "mais pourquoi tu t'énerves? c'est rien", si c'est dit avec le sourire ça peut marcher. Le truc c'est qu'en lui tenant tête, en tenant compte de son avis ou en cherchant à lui faire admettre qu'il est horrible avec toi, tu lui donne une sensation de pouvoir sur toi : il comprends qu'il a de l'importance pour toi et qu'il produit un effet en te critiquant.
chtitdemone a écrit :Le plus difficile dans l'histoire sera de ne plus te laisser impressionner par ses insultes et son mépris. Il ne pense pas ce qu'il te dit dans ces moments là, il utilise tes faiblesses pour assurer sa domination. Il faut que tu prenne conscience que tout ça ne contient pas une once de vérité. Je comprend que ce que je te dis ne paraisse pas faisable, mais il faut travailler à te détacher de ce qu'il te fait subir.
Voila, je dis pareil. Courage courage, ne te laisse pas impressionner :copain:

Re: Mon beau-père

Publié : mar. janv. 03, 2012 2:13 pm
par Imaginary
...

Re: Mon beau-père

Publié : mer. janv. 04, 2012 9:45 am
par Nomis
Imaginary a écrit : Où est la limite entre autorité familiale et violence psychologique?
La limite, c'est que tu en souffres. Donc elle est franchie. Je pense qu'il faut vraiment que tu te détaches de tout ça, que tu te blindes contre cet homme. Les autres membres de ta famille se taisent, probablement parce qu'elles n'ont pas comme toi le courage de lui tenir tête, et d'autre part parce que leur mode de vie est assez proche de ses attentes. Je ne suis pas sûr qu'on soit vraiment les mieux placés pour t'aider à gérer tout ça. Je ne suis pas sûr de ce que je dis, mais peut être qu'en parler à un psy, ou a une association d'écoute pourrait t'aider, d'une part à y voir plus clair, d'autre part à mieux gérer l'effet qu'a sur toi ton beau père ainsi qu'a comprendre comment il fonctionne. En tout cas tu as clairement identifié qu'il y avait un problème, puisque tu te sens mal, et tu en as parlé, c'est déjà une avancée. Maintenant je pense qu'il faut que tu en parles à quelqu'un qui s'y connait sur le sujet de la manipulation et de la violence pour t'aider à mieux cerner le problème et y réagir de façon adéquate.
Câlin de soutien :copain: !

Re: Mon beau-père

Publié : mer. janv. 04, 2012 11:27 am
par Imaginary
Mais c'est répandu ce genre de comportement dans les familles ou pas? Et si oui, suis-je la seule à en souffrir à ce point là ou alors les gens arrivent en général à s'en détacher une fois qu'ils vivent leur vie? J'ai discuté au téléphone avec mon ex qui semble penser qu'il y a bien un problème car elle a eu quelqu'un de ce genre dans sa famille, mais elle elle a réussi à s'en détacher contrairement à moi, elle dit que ça prend du temps mais moi j'ai juste peur du temps que ça va prendre et j'ai aussi peur des conséquences au niveau de la famille et je ne sais toujours pas comment réagir pour éviter ces crises sans me soumettre comme le reste de la famille.

Re: Mon beau-père

Publié : mer. janv. 04, 2012 7:57 pm
par Laharl
Imaginary a écrit :Mais c'est répandu ce genre de comportement dans les familles ou pas?
Entre ton voisin et ton beau-père, tu n’es vraiment pas gâtée.
Dans ma famille, qui est assez particulière, ce genre de comportement est anormal et donnerais lieu à des claquages de portes définitifs (ce qui doit expliquer pourquoi j’ai des racines aux quatre coins du monde).

Personnellement, mon propre père m’a sorti ce genre de comportement lorsque j’avais environ onze ans. Ne pouvant claquer la porte, la seule arme à ma disposition fut un silence froid pendant un an et demi. Pas une parole envers lui, aucun contact. Un silence monacal. Il a vite compris je suppose. Mais je doute que tu aies ma capacité à annihiler les sentiments.
Quoiqu’il en soit, tu ne lui dois rien. Et si tu es indépendante, claque la porte. Ou alors prends de l’espace (ça c’est la solution de ma mère, de mon père, de mon grand-père paternel, de mon arrière-grand-père maternel, etc). Tu n’as pas à supporter, ou même à te contraindre pour quelque chose dont le renoncement t’apporterais un plus grand bénéfice.