C’est mon frère, ma bataille.
Publié : ven. mai 25, 2012 1:56 pm
Je viens d’avoir mon frère au téléphone, je viens de continuer ma lecture des contributions des dessinateurs à la journée du 17 Mai (ici) et me voilà.
Mon frère a eu un parcours quelques peu chaotique -la vie n’a pas toujours été tendre avec lui et il lui a bien rendu, on va dire ça comme ça- et aujourd’hui à l’aube de ses 22 ans, il se retrouve en grande difficulté; à savoir à la rue, sans diplômes et sans projection d’avenir. En ce moment il vit à Mayotte dont vous avez peut-être entendu parler suite aux manifestations contre la vie chère qui ont eu lieu en fin d’année dernière.
Mayotte c’est paumé, ça tourne en vase clôt sans ouverture sur l’extérieur (jusqu’à il y a à peine quelques semaines, le seul débit Internet possible était ce bon vieux 56k et la possibilité de se connecter était plus qu’aléatoire). Je ne vais pas m’étaler plus mais en gros, les possibilités de formations, d’aides, etc y sont fortement réduites.
Après des semaines d’angoisse et sans nouvelles depuis que ma mère l’a mise dehors en tout début d’année, je viens enfin de l’avoir au téléphone. Il réfléchit, il veut s’en sortir et il voudrait quitter Mayotte pour avoir des ouvertures, des possibilités de faire quelque chose.
Cela fait un moment que j’espère qu’il prenne cette décision et il est pour l’heure question que je l’accueille chez moi, à la condition qu’il se bouge réellement pour faire quelque chose de concret et qu’il ne se contente pas de squatter mon studio en se tournant les pouces à longueur de journée.
Ce qui m’amène à vous parler de tout ça, c’est qu’en plus de son attitude de jeune rebelle écervelé mon frère n’est pas super ouvert sur la question de l’homosexualité. Il sait pour moi mais sa réaction a été du genre “ouais mais toi c’est pas pareil, t’es ma sœur, je t’aime”. Seulement, si pour l’instant il vit à 10 000km, l’éventualité qu’il débarque chez moi un jour, dans ma vie, se fait de plus en plus concrète et je crains ce que pourrait être sa réaction face à la réalité du quotidien.
Je ne sais pas comment je vais pouvoir aborder le sujet pour lui en parler. Pour être sure qu’il a absorbé l’information comme étant concrète et qu’il pourra vivre avec sans être insupportable. Je crois, tout du moins j’espère, qu’il s’agit avant tout d’ignorance (moi-même avant de sortir de Mayotte, je n’avais aucune idée de ce que pouvait être l’homosexualité. Je rêvais juste d’être un garçon pour pouvoir faire des trucs avec des filles) et qu’en prenant le temps de lui montrer que ses réactions sont aussi débiles qu’horribles, il pourrait se remettre en question.
Seulement comment lui en parler ?
Surtout que je doute de pouvoir beaucoup le faire avant qu’il soit là, en chair et en os, chez moi, pour une durée indéterminée vu qu’il n’y a pas vraiment moyen de le joindre. Et je redoute de le mettre en face de ma vie du quotidien et qu’il n’accepte pas et que ça finisse par mal se passer entre lui et moi...
Mon frère a eu un parcours quelques peu chaotique -la vie n’a pas toujours été tendre avec lui et il lui a bien rendu, on va dire ça comme ça- et aujourd’hui à l’aube de ses 22 ans, il se retrouve en grande difficulté; à savoir à la rue, sans diplômes et sans projection d’avenir. En ce moment il vit à Mayotte dont vous avez peut-être entendu parler suite aux manifestations contre la vie chère qui ont eu lieu en fin d’année dernière.
Mayotte c’est paumé, ça tourne en vase clôt sans ouverture sur l’extérieur (jusqu’à il y a à peine quelques semaines, le seul débit Internet possible était ce bon vieux 56k et la possibilité de se connecter était plus qu’aléatoire). Je ne vais pas m’étaler plus mais en gros, les possibilités de formations, d’aides, etc y sont fortement réduites.
Après des semaines d’angoisse et sans nouvelles depuis que ma mère l’a mise dehors en tout début d’année, je viens enfin de l’avoir au téléphone. Il réfléchit, il veut s’en sortir et il voudrait quitter Mayotte pour avoir des ouvertures, des possibilités de faire quelque chose.
Cela fait un moment que j’espère qu’il prenne cette décision et il est pour l’heure question que je l’accueille chez moi, à la condition qu’il se bouge réellement pour faire quelque chose de concret et qu’il ne se contente pas de squatter mon studio en se tournant les pouces à longueur de journée.
Ce qui m’amène à vous parler de tout ça, c’est qu’en plus de son attitude de jeune rebelle écervelé mon frère n’est pas super ouvert sur la question de l’homosexualité. Il sait pour moi mais sa réaction a été du genre “ouais mais toi c’est pas pareil, t’es ma sœur, je t’aime”. Seulement, si pour l’instant il vit à 10 000km, l’éventualité qu’il débarque chez moi un jour, dans ma vie, se fait de plus en plus concrète et je crains ce que pourrait être sa réaction face à la réalité du quotidien.
Je ne sais pas comment je vais pouvoir aborder le sujet pour lui en parler. Pour être sure qu’il a absorbé l’information comme étant concrète et qu’il pourra vivre avec sans être insupportable. Je crois, tout du moins j’espère, qu’il s’agit avant tout d’ignorance (moi-même avant de sortir de Mayotte, je n’avais aucune idée de ce que pouvait être l’homosexualité. Je rêvais juste d’être un garçon pour pouvoir faire des trucs avec des filles) et qu’en prenant le temps de lui montrer que ses réactions sont aussi débiles qu’horribles, il pourrait se remettre en question.
Seulement comment lui en parler ?
Surtout que je doute de pouvoir beaucoup le faire avant qu’il soit là, en chair et en os, chez moi, pour une durée indéterminée vu qu’il n’y a pas vraiment moyen de le joindre. Et je redoute de le mettre en face de ma vie du quotidien et qu’il n’accepte pas et que ça finisse par mal se passer entre lui et moi...