L'amour est-il une construction culturelle?

Débats Gay et Lesbien
Imaginary
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L'amour est-il une construction culturelle?

Message par Imaginary »

Toute relation a une date de péremption. Quand on ne se quitte pas ou qu'on ne se perd pas de vue, c'est la mort qui sépare. Dans ce cas là, à quoi bon s'acharner à nouer des relations alors que tout sera balayé dans le néant dans deux jours, dans six mois, dans un an, dans un peu + pour les chanceux?

On est condamnés à perdre les gens qu'on aime à plus ou moins longue échéance: ses parents, ses grands-parents, éventuellement ses frangins et ses amis, et surtout, son conjoint. Les relations amoureuses au final je pense que c'est que du vent car il faut être lucide, on ne peut pas aimer la même personne pendant toute une vie, et d'ailleurs est-ce vraiment souhaitable? Et dans le cas où la réponse est non, à quoi bon construire, connaître, aimer, pendant je ne sais pas combien de temps si tout doit disparaitre et qu'il faut qu'il n'en reste rien pour "faire son deuil" et recommencer le même cirque absurde ailleurs?

Et d'ailleurs, est-ce que l'amour existe? Je veux dire, on sait tous que le couple est une invention des hétéros pour perpétuer les richesses et la transmission des liens généalogiques et qu'à l'origine il n'avait pas pour but l'amour. Puisque c'est tellement récent l'amour dans la culture, serait-il possible qu'il ne soit qu'une construction culturelle destinée soit à nous aveugler, soit à nous faire supporter un peu mieux la réalité du monde? Après tout le modèle dominant partout ça a toujours été les mariages arrangés, les gens ne recherchaient pas l'amour car c'était pas dans leur culture, non?

Il paraît que l'amour c'est chimique, que c'est de la pure biologie et une addiction hormonale semblable à une drogue et que si les couples se séparent, c'est quand ils se sont accoutumés l'un à l'autre et que les hormones se calment, ne provoquant plus la fulgurance des débuts. Il paraît que ça a pour but la perpétuation de l'espèce, que les hétéros tombent amoureux du patrimoine génétique le plus différent où je ne sais trop quoi, quid des homos alors? Il est évident qu'on existe, on est 5000 à être inscrits ici, sérieux, on sert à quoi en vrai biologiquement si c'est pas à pondre, et comment expliquer nos attirances?

Si on prend ces théories de l'amour biologique et qu'on y ajoute la construction socioculturelle du couple, il paraît évident que l'amour n'est qu'un leurre non, et que ce qui nous met dans un tel état c'est juste les hormones et une projection idéalisée plus ou moins consciente par rapport à ce que nous montre la culture, les séries, les films, etc, non?

Bon, désolée c'était la réflexion du soir, ce genre de questions existencielles me vient pas mal actuellement et dire que ça m'angoisse et me bouffe la vie serait à peine exagéré. J'ai peur de perdre les gens que j'aime, de la mort de mes proches, et des séparations de toute sorte. D'ailleurs quand il y a une séparation totale avec quelqu'un du genre coupage de ponts et on se revoit plus jamais, je considère que dans ce cas c'est que tout a été du vent. Et que dans le cas où il faut survivre à la mort de son conjoint, la vie n'a plus grand intérêt. Mais pour autant je pense qu'on ne peut pas aimer une personne toute sa vie, que ça n'existe pas, que les 50 ans de mariage viennent de l'habitude d'avant car nos vieux ne pouvaient pas divorcer aussi facilement qu'aujourd'hui et s'accomodaient simplement de la présence de l'autre. Je pense aussi que le couple fusion et la dépendance affective est mauvaise et que c'est comme un leurre qu'il faut combattre. Je pense aussi que la fidélité sexuelle pendant des dizaines d'année à quelqu'un, ça ressemble à une prison, et que le meilleur compromis si on se rencontre jeune, c'est le couple libre avec cependant beaucoup de règles sur ce qu'on a le droit ou pas. Suis-je la seule dans ce cas?
inconnu n

Re: L'amour est-il une construction culturelle?

Message par inconnu n »

Je ne vais pas apporter grand chose au débat, mais je suis d'accord avec toi sur un point : l'amour-fusion est un leurre qu'il faut à mon avis ne pas entretenir.

J'avais lu dans un topic une fois, en gros
L'amour fusionnel, c'est horrible quand ce n'est pas réciproque, mais quand c'est réciproque... :niais: :niais:
Et ça m'a un peu choqué. Parce que ça reste une addiction, même et SURTOUT quand c'est mutuel, et qu'on ne dirait pas
L'alcoolisme, c'est... :niais: :niais: .
(remplacez alcoolisme par toxicomanie/dépendance à Wow/biffez la mention inutile).

C'est limite pire, cette addiction là. Parce que justement, plein de gens pensent que c'est "trop cool" et qu'il faut l'entretenir, encouragent les autres en ce sens...et qu'on ne s'en méfie pas.

Je précise que je ne parle pas des relations amoureuses, mais des relations de couple fusionnelles.
Kefka
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Re: L'amour est-il une construction culturelle?

Message par Kefka »

Imaginary a écrit : Les relations amoureuses au final je pense que c'est que du vent car il faut être lucide, on ne peut pas aimer la même personne pendant toute une vie, et d'ailleurs est-ce vraiment souhaitable?
Ah ? Et pourquoi donc ? Il manque un maillon argumentatif. Pourquoi penses-tu ça ? Et qu'est-ce qui fonde cette opinion ? Peux-tu le démontrer ?
unpseudonul
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Re: L'amour est-il une construction culturelle?

Message par unpseudonul »

Oui enfin malgré tout c'est coule l'amour :amour: (au depart j'avais ecrit un long message philosophique et incomprehensible alors je prefere le resumer)
Mizc
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Re: L'amour est-il une construction culturelle?

Message par Mizc »

Je pense que tu es dans une mauvaise période qui te fait voir les choses du côté dark ... mais qu'un jour, l'optimisme te reviendra.

Même si sur le fond (mais c'est également contextuel pour ma part) j'avoue me poser le même type de questions que toi quant à la pérennité des relations amoureuses. Disons que certaines personnes parviennent à s'aimer toute une vie, et pour d'autres, l'amour laisse place à quelque chose d'autre mais de tendre mais fort qui permet au couple de durer, parfois les couples tiennent grâce à (ou à cause de) l'institution du mariage, et parfois même les couples ne tiennent pas.

Quand je te lis, j'ai l'impression de lire que le temps passe et que rien ne dure ni ne reste ni nous ni les relations que nous tissons à grand peine. C'est vrai, en un sens, tout est éphémère et surtout nos vies propres. Mais sans le lien social et affectif, tout cela n'a que peu de sens, et d'une certaine façon c'est la croix du genre humain que de jouer les Sisyphe à remonter sans cesse leur gros caillou tout en haut de la montagne lorsque l'érosion du temps le fait continuellement dégringoler en bas. En pleine connaissance de cause, parce que nous n'avons d'autres choix, que c'est ça ou baisser les bras ce qui serait tout de même dommage.

Et comme le disent les autres, l'amour c'est quand même coule (enfin, je ne suis pas sûre non plus, à voir :ninja: ), et chaque nouvelle romance a cette formidable faculté que de colorier la vie en rose, et de gommer ce genre de questionnement sur l'inanité des jeux de l'amour, tout du moins pour quelques temps.
Cactus moribond
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Re: L'amour est-il une construction culturelle?

Message par Cactus moribond »

Qu'est ce que ça me parle...Rien de spécial à ajouter, mais juste pour te dire que dans tes questionnements tu es loin d'être seule.

Putain, tout meurt, TOUT. Et à chaque histoire, on peut croire (possibilité, par certains "signes"), on veut croire (volonté farouche, parce qu'on a que ça pour tenter d'approcher le "bonheur"), que cette fois on va gagner contre la mort (parce qu'au final, il s'agit de ça, faire durer pour tenter d'échapper à l'issue, non ?) ; alors que non, une relation se termine, et même si on y a mis tout, ses tripes, ses larmes, son cœur, son âme et son cul, bin elle crève, belle et bien. Quand ça arrive, et qu'on a ces idées en tête, bin c'est juste approcher un peu de la fin et du néant à chaque fois, alors, personnellement, je me dis pourquoi ne pas s'anéantir un peu plus...

J'ai pas de solution ni de réconfort à t'apporter, c'était la note optimiste du jour. :mrgreen:
Blinded
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Re: L'amour est-il une construction culturelle?

Message par Blinded »

Je ne souhaite pas rentrer dans le débat, simplement si l'argumentation c'est "puisque rien n'est éternel, autant ne rien vivre", c'est pauvre et vaguement désabusé. A ce compte là, si vous chercher des instants d'éternité, rentrez en religion...
Lolo
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Re: L'amour est-il une construction culturelle?

Message par Lolo »

Imaginary a écrit :Toute relation a une date de péremption. Quand on ne se quitte pas ou qu'on ne se perd pas de vue, c'est la mort qui sépare. Dans ce cas là, à quoi bon s'acharner à nouer des relations alors que tout sera balayé dans le néant dans deux jours, dans six mois, dans un an, dans un peu + pour les chanceux?
Vu sous cet angle là.... A quoi bon vivre, puisqu’à la fin, on meure. A quoi bon se lever le matin, puisqu'il faut se recoucher le soir. A quoi bon construire une maison, puisqu'elle finira par être démolie.
La vie est un miracle, un bref instant de conscience dans l'éternité. Nous sommes comme ces papillons qui dansent à la recherche de la lumière... Notre lumière, c'est l'amour, on s'y brûle les ailes, mais on en a besoin, c'est comme ça, c'est notre danse.
Imaginary a écrit : On est condamnés à perdre les gens qu'on aime à plus ou moins longue échéance: ses parents, ses grands-parents, éventuellement ses frangins et ses amis, et surtout, son conjoint. Les relations amoureuses au final je pense que c'est que du vent car il faut être lucide, on ne peut pas aimer la même personne pendant toute une vie, [...]
J'ai envie de dire : "Et alors ?" (décidément notre forum porte bien son nom !). Aussi longtemps que la relation amoureuse s'exprime, on n'est pas seul.
Imaginary a écrit :[...]et d'ailleurs est-ce vraiment souhaitable? Et dans le cas où la réponse est non, à quoi bon construire, connaître, aimer, pendant je ne sais pas combien de temps si tout doit disparaitre et qu'il faut qu'il n'en reste rien pour "faire son deuil" et recommencer le même cirque absurde ailleurs?
Souhaitable, par rapport aux alternatives, non ? Est-il souhaitable de rester seul, de ne pas se sentir aimé, de ne pas compter pour quelqu'un, de ne pas lui apporter son réconfort ?
Imaginary a écrit :Et d'ailleurs, est-ce que l'amour existe? Je veux dire, on sait tous que le couple est une invention des hétéros pour perpétuer les richesses et la transmission des liens généalogiques et qu'à l'origine il n'avait pas pour but l'amour.
Tu te trompes dans ta définition : le couple est une invention pour perpétuer les richesses. Mais le couple n'est pas l'amour. L'amour peut être présent au sein d'un couple, comme il peut n'en jamais faire partie. Que penser des espèces animales qui restent en couple toute leur vie même lorsqu'ils ne se reproduisent plus, sachant qu'ils n'ont pas de patrimoine à perpétuer (c'est juste pour semer le trouble, faire penser à la poésie de la nature...)
Imaginary a écrit : Puisque c'est tellement récent l'amour dans la culture, serait-il possible qu'il ne soit qu'une construction culturelle destinée soit à nous aveugler, soit à nous faire supporter un peu mieux la réalité du monde?
Il existe des récits amoureux depuis que l'écriture existe, il n'y a à mon avis aucune raison pour que l'amour n'ait pas existé auparavant.
Imaginary a écrit : Après tout le modèle dominant partout ça a toujours été les mariages arrangés, les gens ne recherchaient pas l'amour car c'était pas dans leur culture, non?
Oui, mais bien souvent, dans les couples arrangés, l'amour apparaît a posteriori... Et lorsque ce n'est pas le cas, il n'est pas rare qu'il y ait des amours interdits en dehors de ce couple arrangé. Là encore, tu critiques le couple, pas l'amour.
Imaginary a écrit : Il paraît que l'amour c'est chimique, que c'est de la pure biologie et une addiction hormonale semblable à une drogue et que si les couples se séparent, c'est quand ils se sont accoutumés l'un à l'autre et que les hormones se calment, ne provoquant plus la fulgurance des débuts. Il paraît que ça a pour but la perpétuation de l'espèce, que les hétéros tombent amoureux du patrimoine génétique le plus différent où je ne sais trop quoi, quid des homos alors? Il est évident qu'on existe, on est 5000 à être inscrits ici, sérieux, on sert à quoi en vrai biologiquement si c'est pas à pondre, et comment expliquer nos attirances?
Oui, chimiquement, hormonalement, l'amour "coup de foudre", fusionnel, peut durer entre quelques heures et quelques mois, rarement plus d'un an. Bien souvent, il s'estompe ensuite pour laisser place soit à un grand vide (et donc une séparation ou de la tristesse pour de longues années), ou alors il est remplacé par une complicité, une tendresse, une affection construite mais qui peut très bien être sincère et qualifiée d'amour.
Imaginary a écrit : Si on prend ces théories de l'amour biologique et qu'on y ajoute la construction socioculturelle du couple, il paraît évident que l'amour n'est qu'un leurre non, et que ce qui nous met dans un tel état c'est juste les hormones et une projection idéalisée plus ou moins consciente par rapport à ce que nous montre la culture, les séries, les films, etc, non?
Non, car là encore c'est le couple de cohabitants que tu critiques, pas l'union sentimentale de deux êtres qui suivent leur p'tit bout de chemin à deux, se soutenant l'un l'autre avec tendresse.
Imaginary a écrit : Bon, désolée c'était la réflexion du soir, ce genre de questions existencielles me vient pas mal actuellement et dire que ça m'angoisse et me bouffe la vie serait à peine exagéré. J'ai peur de perdre les gens que j'aime, de la mort de mes proches, et des séparations de toute sorte.
Tu es en train de démontrer là que l'amour n'est pas une construction de l'esprit : tu redoutes plus que tout la perte de ceux que tu aimes.
Imaginary a écrit : D'ailleurs quand il y a une séparation totale avec quelqu'un du genre coupage de ponts et on se revoit plus jamais, je considère que dans ce cas c'est que tout a été du vent.
Tu te forces à réduire la portée de ce genre de relation car tu es profondément affectée par les séparations : c'est de l'amour brisé, tu ne fais que te protéger après t'être brûlé les ailes. C'est pour cette raison que je ne ferme jamais, jamais, la porte définitivement. Pardonner à ceux qui nous on fait du mal, ou savoir faire amende pour obtenir leur pardon, ça rend la vie moins difficile.
Imaginary a écrit : Et que dans le cas où il faut survivre à la mort de son conjoint, la vie n'a plus grand intérêt. Mais pour autant je pense qu'on ne peut pas aimer une personne toute sa vie, que ça n'existe pas, que les 50 ans de mariage viennent de l'habitude d'avant car nos vieux ne pouvaient pas divorcer aussi facilement qu'aujourd'hui et s'accomodaient simplement de la présence de l'autre. Je pense aussi que le couple fusion et la dépendance affective est mauvaise et que c'est comme un leurre qu'il faut combattre.
Tu ne peux pas combattre ce leurre, c'est comme si un papillon niait l'existence de cette bougie qui l'attire si fortement, et sur laquelle il va se brûler les ailes. L'amour fait partie de nous, il apporte son lot de souffrances, mais il nous en avons besoin pour vivre.
Imaginary a écrit : Je pense aussi que la fidélité sexuelle pendant des dizaines d'année à quelqu'un, ça ressemble à une prison, et que le meilleur compromis si on se rencontre jeune, c'est le couple libre avec cependant beaucoup de règles sur ce qu'on a le droit ou pas. Suis-je la seule dans ce cas?
Rapportée à l'amour, la considération de la fidélité sexuelle n'est qu'une question de confiance, de connaissance de l'autre, de preuves de son amour. Si je suis intimement convaincu que mon amour m'aime vraiment, cela ne me blessera pas qu'il profite un peu de son corps avec d'autres. C'est même une grande preuve d'amour que de lui accorder ma confiance en sans jalousie. A l'inverse, si j'aime vraiment mon compagnon et que cela peut le blesser que j'aille "voir ailleurs", c'est tout simplement qu'il a besoin de plus de preuves d'amour, la meilleure d'entre-elle étant dans ce cas la fidélité sexuelle. Je pense que c'est un sujet qu'il faut évoquer très tôt dans une union sentimentale, et je pense également qu'il faut du temps pour que les tourtereaux soient sûrs de l'amour qu'ils ont l'un pour l'autre, suffisamment sûrs pour ne pas se faire du mal en papillonnant un peu chacun de leur côté.

Pour conclure et répondre à la question posée dans le titre "L'amour est-il une construction culturelle?", voilà ma vision : L'amour n'est pas une construction culturelle, la culture est une construction de l'amour.
inconnu n

Re: L'amour est-il une construction culturelle?

Message par inconnu n »

Lolo a écrit :
Imaginary a écrit :Toute relation a une date de péremption. Quand on ne se quitte pas ou qu'on ne se perd pas de vue, c'est la mort qui sépare. Dans ce cas là, à quoi bon s'acharner à nouer des relations alors que tout sera balayé dans le néant dans deux jours, dans six mois, dans un an, dans un peu + pour les chanceux?
Vu sous cet angle là.... A quoi bon vivre, puisqu’à la fin, on meure. A quoi bon se lever le matin, puisqu'il faut se recoucher le soir. A quoi bon construire une maison, puisqu'elle finira par être démolie.
La vie est un miracle, un bref instant de conscience dans l'éternité. Nous sommes comme ces papillons qui dansent à la recherche de la lumière... Notre lumière, c'est l'amour, on s'y brûle les ailes, mais on en a besoin, c'est comme ça, c'est notre danse.
Là dessus je suis pas d'accord. C'est une des sources possibles du bonheur, mais ce n'est pas "une lumière dont on a besoin", "ni une danse" pour des "papillons". Ou alors la carrière l'est tout autant (il y a des gens qui préfèrent faire ce qu'ils aiment ou vivre confortablement, avec un certain standing, et qui ne supporteraient pas d'en être privés, même quitte à sacrifier l'amour). De même pour l'amitié.
Et non la vie n'est pas un miracle. C'est un phénomène biologique et chimique, qui statistiquement est arrivé (et est probablement arrivé à plein d'autres endroits de l'Univers sur 100 milliards de galaxies, dans le présent, le passé, et dans le futur aussi). Le concept de "miracle de la vie" n'a aucune réalité scientifique -pas plus que celle du fardeau d'ailleurs, encore que celle du fardeau est biologiquement plus vraie puisque le but, à la base de la vie, est de se reproduire, pas pour soi-même mais pour perpétuer l'espèce, les gènes (voir les maris des mantes religieuses).
Imaginary a écrit : On est condamnés à perdre les gens qu'on aime à plus ou moins longue échéance: ses parents, ses grands-parents, éventuellement ses frangins et ses amis, et surtout, son conjoint. Les relations amoureuses au final je pense que c'est que du vent car il faut être lucide, on ne peut pas aimer la même personne pendant toute une vie, [...]

J'ai envie de dire : "Et alors ?" (décidément notre forum porte bien son nom !). Aussi longtemps que la relation amoureuse s'exprime, on n'est pas seul.
Parce qu'en son absence on est forcément seuls ? Et quand bien même, ne vaut-il mieux pas savoir s'en passer et faire son chemin seul plutôt que d'avoir besoin de ça ? Ce besoin est quand même une sacrée faiblesse (quand on voit toutes les conneries que les gens font pour ça, ne serait-ce que sacrifier leur carrière par amour, c'est bien la preuve d'ailleurs). La vie est plus simple quand on sait s'en passer.
Imaginary a écrit :[...]et d'ailleurs est-ce vraiment souhaitable? Et dans le cas où la réponse est non, à quoi bon construire, connaître, aimer, pendant je ne sais pas combien de temps si tout doit disparaitre et qu'il faut qu'il n'en reste rien pour "faire son deuil" et recommencer le même cirque absurde ailleurs?
Souhaitable, par rapport aux alternatives, non ? Est-il souhaitable de rester seul, de ne pas se sentir aimé, de ne pas compter pour quelqu'un, de ne pas lui apporter son réconfort ?[/quote]

Pourquoi ce ne serait pas souhaitable, de rester seul, de ne pas se sentir aimé (encore une fois je parle bien de l'amour dans le sens du topic, pas des sentiments que se portent parents et enfants, amis... avant que quelqu'un ne vienne pinailler), de ne pas compter pour quelqu'un et de ne pas lui apporter son réconfort ?

De un, les trois premières aspirations que tu cite ici (la quatrième c'est discutable) sont carrément égoïstes.
De deux, avoir besoin de ça, c'est une faiblesse et une preuve de faiblesse (par définition celui qui sait marcher sans béquille est plus fort que celui qui a besoin d'une béquille). Concrètement, avoir besoin de ça pour affronter la vie (difficultés professionnelles, familiales...) est quand même un Talon d'Achille. Celui qui affronte tout ça sans problème seul s'en sortira mieux que celui qui a besoin de se coucher à côté de quelqu'un le soir et des bons petits plats, Un an de couple et autres niaiseries pour traverser ça.
Et de trois, quand ces aspirations sont reportées sur UNE seule personne (et c'est généralement le cas) c'est carrément malsain.

Précision : je ne dis pas ça parce que je ne "sais pas ce que c'est". J'ai déjà connu le sentiment (même si il n'était pas réciproque), et je sais à quel point c'est grisant, excitant, tout ce qu'on veut. Mais finalement en voyant les histoires des autres, sur EA et ailleurs, je me dis que ces râteaux que je me suis pris sont une énorme chance, ça m'a évité de tomber dans cette spirale, et ramené sur Terre.
Yohko
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Inscription : mar. sept. 27, 2011 12:58 pm

Re: L'amour est-il une construction culturelle?

Message par Yohko »

Imaginary a écrit :Toute relation a une date de péremption. Quand on ne se quitte pas ou qu'on ne se perd pas de vue, c'est la mort qui sépare. Dans ce cas là, à quoi bon s'acharner à nouer des relations alors que tout sera balayé dans le néant dans deux jours, dans six mois, dans un an, dans un peu + pour les chanceux? On est condamnés à perdre les gens qu'on aime à plus ou moins longue échéance: ses parents, ses grands-parents, éventuellement ses frangins et ses amis, et surtout, son conjoint.
Et pourquoi pas ? Pourquoi se lever le matin si c'est pour se coucher le soir ? Parce que ça peut être super entre les deux.
Je sais plus qui a dit ça mais :
"La mort c'est la meilleure partie de la vie.
La preuve c'est que tout le monde préfère la garder pour la fin."
Que les choses aient une fin n'est pas négatif en soit. C'est comment on vit cette fin, comment on la perçoit qui change tout.
Les relations amoureuses au final je pense que c'est que du vent car il faut être lucide, on ne peut pas aimer la même personne pendant toute une vie, et d'ailleurs est-ce vraiment souhaitable? Et dans le cas où la réponse est non, à quoi bon construire, connaître, aimer, pendant je ne sais pas combien de temps si tout doit disparaitre et qu'il faut qu'il n'en reste rien pour "faire son deuil" et recommencer le même cirque absurde ailleurs?
De une, si, aimer toute une vie c'est possible. J'en ai pas mal d'exemples autours de moi, à commencer dans ma famille.
ET donc oui c'est souhaitable. Si on s'y prend pas n'importe comment.
Il paraît que l'amour c'est chimique, que c'est de la pure biologie et une addiction hormonale semblable à une drogue et que si les couples se séparent, c'est quand ils se sont accoutumés l'un à l'autre et que les hormones se calment, ne provoquant plus la fulgurance des débuts.

Alors là, de ce que je pense, il y a une ENORME différence entre être amoureux ( pour moi ceci défini le coup de foudre, chimique, irrationnel, expression d'un manque d'affection, d'un vide issu d'une blessure, que l'on veut combler par quelqu'un, ce qui est au final impossible et voué à rester un désir insatisfait. Souvent, on tombe amoureux de quelqu'un sans même le connaître, sans même savoir si on pourra l'AIMER. ) et donc aimer ( pour moi cela est un processus plus conscient. On est conscient de qui est l'autre. On est émerveillé par ce qui est beau en lui/elle, on est conscient de ses faiblesses, certes pas toutes ( on ne connait jamais vraiment l'autre entièrement ) mais celles qu'on voit ne nous rebutent pas. Ou même si elles nous rebutent, on peut passer outre. Et surtout, il n'y a aucune recherche de réciprocité. On s'en fout que l'autre nous aime ou pas. On l'aime, point. On veut son bien. Sans s'oublier soi-même pour autant. Quelque chose d'équilibré. Et me dites pas que c'est utopique je l'ai vécu moi-même. Alors ça peut faire mal si l'autre nous déteste carrément, mais ça n'est pas l'important. Et si c'est réciproque, c'est là que c'est encore mieux. Car on ne cherchait pas spécialement ça. Et c'est ça qui pour moi peut construire une histoire durable. Et donc vu que c'est un phénomène plus conscient, il y a aussi le fait de CHOISIR d'aimer l'autre dans les moments difficiles. De se souvenir de pourquoi on l'aime. Si on ne trouve rien, c'est qu'on s'est trompé au départ, que l'on ne s'est pas mis avec lui/elle par amour. Mais par attirance, par addiction, par ce que tu veux. Sauf par amour. Et ça aussi je l'ai vécu. )
Et après bien sûr il y a l'attirance physique, qui est encore autre chose.

Personnellement je n'ai pas trop peur de la mort. Ni de la mienne ni de celle des autres. Je sais que je serai triste, voire dévasté de la mort de quelqu'un de proche. Mais comme je l'ai lu je sais plus où, une mère sur son lit de mort disait à son fils "ne fais pas de ma mort l'événement de ta vie".
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