Et un topic de plus pour m'aider à procrastiner, yeah.
Alors la fidélité j'ai tendance à penser qu'on ne peut pas la définir que par rapport à l'autre, parce que le couple n'est pas que constitué de notre fidélité à l'autre (ou de la fidélité de l'autre à notre égard) mais aussi de la fidélité à soi (et de la fidélité de l'autre à lui-même). Donc pour moi la "loyauté" c'est de trouver le bon compromis entre fidélité à soi-même et fidélité à l'autre. En d'autres termes, si rester avec l'autre implique de renoncer à soi, immanquablement il me semble qu'un jour arrive où la tristesse et les affects négatifs l'emportent sur le plaisir d'être ensemble, parce qu'on finit sans le vouloir par éprouver de la rancœur vis-à-vis de cette relation qui sacrifie une partie de nous-mêmes. Donc si être soi-même implique d'aimer exclusivement l'autre, ou que sais-je, de ne coucher qu'avec l'autre, si c'est ça qu'on ressent, alors la fidélité à soi et à l'autre consiste à être exclusif (que ce soit sentimentalement ou sexuellement ou les deux). Mais si c'est pas le cas, si on fait ça "par principe" seulement, pour moi, c'est pas ça, être authentique, être fidèle.
Le risque est d'arriver à une situation où bien qu'on ne soit pas "mal" avec notre partenaire, le coeur reste "ailleurs", et migre vers un amour qu'on s'interdit au nom de principes moraux et finalement au nom d'une idée (héritée du judéo-christianisme ?) que l'amour consiste à se sacrifier soi-même, et qui nous fait donc renoncer à nous-mêmes. À ce stade, du coup, au lieu d'être entiers et francs envers soi-même et l'autre, certains choisissent l'adultère (qui se définit pour moi toujours avec l'idée de mensonge : s'il n'y a pas mensonge et s'il y a accord de l'autre, il n'y a pas adultère mais "polyfidélité"). Ou encore ils "renoncent" à ce nouvel amour. Je n'aime pas cette idée : je suis convaincue que l'amour marche mieux s'il est fondé sur la spontanéité et le plaisir d'être ensemble, et aussi sur l'idée qu'on aime l'autre pour qui il est, et non pour celui qu'on voudrait qu'il soit. Donc si ça implique qu'il aime aussi en plus de nous quelqu'un d'autre, soit. Si ça fait partie de son bonheur, l'en empêcher finalement c'est pas vraiment l'aimer.
Si l'amour commence à impliquer plus de culpabilité et de renoncement à soi que de joie, moi, je passe mon tour, je suis mauvaise chrétienne. Ce qui ne m'empêche pas d'avoir des amours qui durent dans le temps... et dans l'espace.
Donc la fidélité monogame : je dis oui À LA CONDITION que le coeur y soit, que le consentement ne soit pas un simple "je vais faire un effort", mais un vrai acquiescement, et que ce soit pas juste une sorte de sacrement, de principe au nom duquel on finit par renoncer à soi... et peut-être un jour par détester l'autre. Sinon on finit à mon sens par perdre tout ce qui fait la saveur de l'amour : spontanéité et plaisir d'être ensemble.
Bon, allez, topic suivant ! faut bien que je procrastine encore un peu.
