le militantisme...
Alors...
Le militantisme c'est bien mais à petite dose... Je m'explique : heureusement qu'il y a des gens qui sont capables de se bouger pour faire évoluer les choses, parce que si le monde était rempli de personnes comme moi, on serait mal barré.
Seulement je fais de plus en plus le même constat alarmant : les homos qui militent ont tendance à être extrémistes. Combien de fois ai-je entendu des homos dirent qu'être gay c'était affreux ou invivable, que les hétéros les persécutaient etc... Certes tout n'est pas rose, mais tout n'est pas noir non plus. Il ne faut pas renier les avancés qui ont été faite, ni celles qu'il nous fait faire mais il ne faut pas tomber dans la victimisation non plus.
Et je finirais par dire que le discours des militants "de base" (aucune connotation négative, à prendre au vrai sens) me gêne un peu : à savoir que les homos sont comme les hétéros, exactement pareil, qu'on veut tous avoir une maison avec un chien et des enfants. Alors pardon mais il y a aussi des homos qui ne veulent pas ça ! Comme il y a des hétéros qui ne veulent pas ça non plus ! Arrêtons d'être consensuel, c'est chiant franchement. Si on est gay et qu'on a envie de sortir et de s'amuser, et bien qu'on le fasse ! Et pareil pour les hétéros.
Au final mon avis : arrêtons de tout généraliser. L'homophobie non, devenir exactement pareil que les hétéros, non. On est homo, on n'a pas à essayer de se faire passer pour ce qu'on n'est pas pour se faire accepter.
Le militantisme c'est bien mais à petite dose... Je m'explique : heureusement qu'il y a des gens qui sont capables de se bouger pour faire évoluer les choses, parce que si le monde était rempli de personnes comme moi, on serait mal barré.
Seulement je fais de plus en plus le même constat alarmant : les homos qui militent ont tendance à être extrémistes. Combien de fois ai-je entendu des homos dirent qu'être gay c'était affreux ou invivable, que les hétéros les persécutaient etc... Certes tout n'est pas rose, mais tout n'est pas noir non plus. Il ne faut pas renier les avancés qui ont été faite, ni celles qu'il nous fait faire mais il ne faut pas tomber dans la victimisation non plus.
Et je finirais par dire que le discours des militants "de base" (aucune connotation négative, à prendre au vrai sens) me gêne un peu : à savoir que les homos sont comme les hétéros, exactement pareil, qu'on veut tous avoir une maison avec un chien et des enfants. Alors pardon mais il y a aussi des homos qui ne veulent pas ça ! Comme il y a des hétéros qui ne veulent pas ça non plus ! Arrêtons d'être consensuel, c'est chiant franchement. Si on est gay et qu'on a envie de sortir et de s'amuser, et bien qu'on le fasse ! Et pareil pour les hétéros.
Au final mon avis : arrêtons de tout généraliser. L'homophobie non, devenir exactement pareil que les hétéros, non. On est homo, on n'a pas à essayer de se faire passer pour ce qu'on n'est pas pour se faire accepter.
-
Katy Mini
Homo but not gay
Avant tout je voudrais juste faire remarquer que et alors forum est accompagné de la mention « gay et lesbienne »…
Les gays sont historiquement et, dans une moindre mesure, geographiquement situés. Rappellons que Gay est l'acronyme anglais Good as you (même si certains en doutent fortement) et que le mouvement, totalement dissociable du fait de l'homosexualité, émérge à la fin des années soixante à New-york.
En outre, l’homosexualité (en tant qu’idée de rapport sexuel) indispose encore pas mal de gens, et c’est peut être une raison suffisante pour certains homosexuels pour se communautarisé. Je peux le comprendre parfaitement. Mais pour ma part, je ne suis pas gay, je ne consomme pas gay, et ayant comme la plupart des jeunes homosexuels faillit adopter le modèle gay comme seul modèle possible de mon homosexualité, je peux dire qu’il m’a fallu réfléchir à deux fois à la question avant de commencer à me détourner de cette culture qui n’est pas la mienne. Je n’ai pas à militer pour cette culture qui comme la culture hétéronormée m’a fait bien du mal (mais cela est une autre histoire !), que je trouve ségrégationniste, putassière et qui ne résout en rien le désarroi de la jeune personne qui veut donner la juste place et les bonnes mesures a sa sexualité pour qu’elle s’épanouisse. Car quoi qu’en disent les plus malins, la maladie, l’exclusion et la peur de se confier ne disparaissent absolument pas en communauté (à part dans les clips des villages people), au contraire. Mais si vous estimez que ce n’est pas le rôle de la communauté (et à fortiori de la société) de tenter de libérer les individus, et nombres d’arguments pourraient abonder en ce sens, on pourrait en débattre longuement. Néanmoins je prêche pour ma paroisse : s’affranchir est une affaire de groupe avant tout, nul moyen d’être libre en pensant qu’à sa gueule.
C’est vrai que les gays, par leur couverture médiatique, ont fait beaucoup pour des causes aussi importantes que l’information sur la maladie ou le droit à la visibilité des minorités sexuelles mais cela n’oblige personne à épouser une culture sclérosée par la consommation et la normalisation des individus. Au passage Act up n’est pas une association gay (bien que beaucoup de ses fondateurs et acteurs le soient), mais une association dont l’action est de plus en plus floue mais qui reste principalement ancrée dans le secteur de la discrimination sur critères sexuels. Quant aux politiques gays et autres vous avez remarqué comment femmes, gays et blacks sont mis dans le même train en termes d’évolution des mœurs… On voit tout de suite qui a distribué les places !
Pour l’effet de sortie, je finis par Hélène Frappa (sur Nietzche), et vous laisse réfléchir à cela : « seul l’affrontement avec la violence de sa finitude permettra à l’Homme moderne de se réinventer à partir d’une nouvelle origine », c’est trop beau, chui grave trop bon
…
Les gays sont historiquement et, dans une moindre mesure, geographiquement situés. Rappellons que Gay est l'acronyme anglais Good as you (même si certains en doutent fortement) et que le mouvement, totalement dissociable du fait de l'homosexualité, émérge à la fin des années soixante à New-york.
En outre, l’homosexualité (en tant qu’idée de rapport sexuel) indispose encore pas mal de gens, et c’est peut être une raison suffisante pour certains homosexuels pour se communautarisé. Je peux le comprendre parfaitement. Mais pour ma part, je ne suis pas gay, je ne consomme pas gay, et ayant comme la plupart des jeunes homosexuels faillit adopter le modèle gay comme seul modèle possible de mon homosexualité, je peux dire qu’il m’a fallu réfléchir à deux fois à la question avant de commencer à me détourner de cette culture qui n’est pas la mienne. Je n’ai pas à militer pour cette culture qui comme la culture hétéronormée m’a fait bien du mal (mais cela est une autre histoire !), que je trouve ségrégationniste, putassière et qui ne résout en rien le désarroi de la jeune personne qui veut donner la juste place et les bonnes mesures a sa sexualité pour qu’elle s’épanouisse. Car quoi qu’en disent les plus malins, la maladie, l’exclusion et la peur de se confier ne disparaissent absolument pas en communauté (à part dans les clips des villages people), au contraire. Mais si vous estimez que ce n’est pas le rôle de la communauté (et à fortiori de la société) de tenter de libérer les individus, et nombres d’arguments pourraient abonder en ce sens, on pourrait en débattre longuement. Néanmoins je prêche pour ma paroisse : s’affranchir est une affaire de groupe avant tout, nul moyen d’être libre en pensant qu’à sa gueule.
C’est vrai que les gays, par leur couverture médiatique, ont fait beaucoup pour des causes aussi importantes que l’information sur la maladie ou le droit à la visibilité des minorités sexuelles mais cela n’oblige personne à épouser une culture sclérosée par la consommation et la normalisation des individus. Au passage Act up n’est pas une association gay (bien que beaucoup de ses fondateurs et acteurs le soient), mais une association dont l’action est de plus en plus floue mais qui reste principalement ancrée dans le secteur de la discrimination sur critères sexuels. Quant aux politiques gays et autres vous avez remarqué comment femmes, gays et blacks sont mis dans le même train en termes d’évolution des mœurs… On voit tout de suite qui a distribué les places !
Pour l’effet de sortie, je finis par Hélène Frappa (sur Nietzche), et vous laisse réfléchir à cela : « seul l’affrontement avec la violence de sa finitude permettra à l’Homme moderne de se réinventer à partir d’une nouvelle origine », c’est trop beau, chui grave trop bon
Selon moi il y a encore beaucoup à changer dans la société vis à vis de l'homosexualité :
- toutes les insultes et blagues qu'on entend à longueur de journée (qui ne nous sont pas forcément directement adressées, d'ailleurs)
- plus généralement : la dévalorisation de l'homosexualité
- la difficulté de s'accepter pour beaucoup de gays et lesbiennes
- la réaction négative et déstabilisante de quasiment tous les parents au CO d'un de leurs enfants
- la réaction négative d'un certain nombre de ses connaissances
- les difficultés supplémentaires liées aux religions
- le taux de suicide plus de 10 fois supérieur
- l'éloignement avec une partie de la famille, la difficulté de vivre une vie de couple et de garder le lien avec la famille dans certains cas
- les discriminations à l'embauche et à l'avancement, le harcèlement parfois
- les harcèlements/injures/agressions dans certains milieux (entreprises, écoles, cités...)
- les discriminations en terme de droit du couple
Si vouloir changer ça c'est être militant, alors je le suis à fond.
Mais en 2008, être militant ça passe pas forcément par adhérer à Act Up, ou passer sa vie dans le Marais.
Ma manière de militer c'est plutôt... d'avoir fait un CO au boulot et à quasiment toutes mes connaissances... et de participer à ce forum pour aider les autres à s'assumer
- toutes les insultes et blagues qu'on entend à longueur de journée (qui ne nous sont pas forcément directement adressées, d'ailleurs)
- plus généralement : la dévalorisation de l'homosexualité
- la difficulté de s'accepter pour beaucoup de gays et lesbiennes
- la réaction négative et déstabilisante de quasiment tous les parents au CO d'un de leurs enfants
- la réaction négative d'un certain nombre de ses connaissances
- les difficultés supplémentaires liées aux religions
- le taux de suicide plus de 10 fois supérieur
- l'éloignement avec une partie de la famille, la difficulté de vivre une vie de couple et de garder le lien avec la famille dans certains cas
- les discriminations à l'embauche et à l'avancement, le harcèlement parfois
- les harcèlements/injures/agressions dans certains milieux (entreprises, écoles, cités...)
- les discriminations en terme de droit du couple
Si vouloir changer ça c'est être militant, alors je le suis à fond.
Mais en 2008, être militant ça passe pas forcément par adhérer à Act Up, ou passer sa vie dans le Marais.
Ma manière de militer c'est plutôt... d'avoir fait un CO au boulot et à quasiment toutes mes connaissances... et de participer à ce forum pour aider les autres à s'assumer
c'estdéja pas mal, mais pour le reste il va bien falloir que quelqu'un s'y colle !!! on ne peut se contenter de faire chacun son "truc" dans son coin en espérant que celà va produire un effet commun... mais bon j'avais parler d'act up pour tout le bien qu'ils nous avaient apportés sur la reconnaissance des malades, on peut adhérer ou pas a leur initiative mais on ne peut pas leur enlever le résultat de beaucoup de leurs actions...
moi j'ai une question qui me trotte dans la tête, tout le monde a l'air de dire que les homos militants ont tendance a être extrémiste, je dois pas suivre assez l'info, ca c'est vrai, mais est que quelqu'un pourrait m'informer et me dire dans les derniers mois quels actions ont été mené par des homos militants que l'on peut considérer comme extrémiste hormis act-up... ou même la dernière année...
moi j'ai une question qui me trotte dans la tête, tout le monde a l'air de dire que les homos militants ont tendance a être extrémiste, je dois pas suivre assez l'info, ca c'est vrai, mais est que quelqu'un pourrait m'informer et me dire dans les derniers mois quels actions ont été mené par des homos militants que l'on peut considérer comme extrémiste hormis act-up... ou même la dernière année...
Dernière modification par lestump le mer. sept. 10, 2008 2:14 am, modifié 1 fois.
Je voulais aussi dire que maintenant Internet permet de créer de nouveaux types de réseaux, et que donc les moyens d'action se sont diversifiés.
En terme d'efficacité pure, je pense avoir rendu plusieurs dizaines de personnes plus gay friendly, et aidé plusieurs dizaines de personnes à s'assumer gay plus rapidement. Je ne pense pas que j'aurais été plus efficace en entrant dans une assoce, sauf à rédiger des communiqués de presse particulièrement brillants (ou peut être à SOS Homophobie en allant parler à des classes).
De toutes façons chacun son type d'action selon son caractère : clairement les "action coup de poing" je n'y arriverai pas !
En terme d'efficacité pure, je pense avoir rendu plusieurs dizaines de personnes plus gay friendly, et aidé plusieurs dizaines de personnes à s'assumer gay plus rapidement. Je ne pense pas que j'aurais été plus efficace en entrant dans une assoce, sauf à rédiger des communiqués de presse particulièrement brillants (ou peut être à SOS Homophobie en allant parler à des classes).
De toutes façons chacun son type d'action selon son caractère : clairement les "action coup de poing" je n'y arriverai pas !
-
Katy Mini
Moi je vais vous dire... j'ai jamais eu à faire de coming out! J'ai toujours refusé de penser que c'était un secret. Et mon attitude évidente et affirmée n'a permis à personne de remettre en question mes choix. Déjà parce que de mes choix, on s'en fout un peu s'il ne concerne que moi (c'est déjà pas mal à défaut d'encouragement). Ensuite parce que nul peut se prétendre mon ami (ou de ma famille) s'il considère que je vis dans le vice et l'erreur. Je n'ai pas donné le "choix" aux autres de m'accepter ou de me rejeter, seulement le choix de me fréquenter ou non, ouvertement, sans cérémonie et emphase inutile.
Quand au milieu professionnel, hé ben c'est le milieu professionnel! C'est la société, c'est le jeu social, vous le connaissez bien ce livre bidon "les hommes viennent de mars et les femmes de vénus", ça résume parfaitement les interactions "prohétéro/antihomo" (puisque c'est de cela dont vous parlez) qui sévissent au boulot. Perso je n'ai jamais eu de problème à entendre mes collègues ou mes camarades d'université dire qu'unetelle avait une grosse chatte ou qu'untel était une petite tafiole. Vous savez pourquoi, parce que je n'attends pas mieux d'eux, et qu'il faudrait arrêter de demander l'escalade de l'Annapurna face nord à des gens qui ne portent que des sandales de plages. Faites vous aux cons, et sachez apprécier ceux qui ne le sont pas. La moyenne humaine (et homos ou pas, ce n’est pas le critère de distinction) est bien en dessous de sa culture.
J'ai lu aussi un vieil argument rhétorique : les pays où l'homosexualité est un crime. Dans ces pays là, sachez que d'être une femme est un crime, d'être profane une abomination, d'être discret une obligation et d'être parano une nécessité. Je vous vois arriver avec vos gros sabots, sur la malheureuse pendaison des deux jeunes iraniens en 2005. Sachez que l'Iran, en matière de restriction, n'est pas à une horreur près. Ils n’en veulent pas aux homos en particulier, ils en veulent à l'étranger, à celui qui n'est pas conforme, au différent et à celui qui marche seul. Si vous voulez changer quelque chose à cela, il faut vous intéressez au ressort de la structure politico-religieuse de la culture iranienne et comprendre la mentalité des iraniens, et non pas les montrer du doigts comme des monstres en érigeant vos panneaux "assez, assez, arrêtez les barbares", vous ne ferez qu'attiser la haine et finalement obtenir le contraire de ce que vous recherchiez. Je ne dis pas de sympathiser avec l'ennemi, mais, et c'est notre grande spécialité alors pas de chichi, de les prendre par derrière, de le défaire de l'intérieur. Bien sûr cela demande de la stratégie, de la réflexion et des actions complexe. Mais l’homophobie ne s’est pas construite en un jour, alors pour la défaire…
Et à bien y regarder je vois des gens mourir d’avoir été de telle ethnie, de telle couleur politique, de tel sexe, de tel pays chaque jour (il suffit de lire et de regarder les informations) et je trouve ça horrible, horrible comme tuer des gens pour leur orientation sexuelle. Ce que je veux dire c’est qu’il faut combattre cette idée de crime justifié, de montrer qu’il n’y en a pas, et même entre les mains d’un état.
Il faut militer humain contre toutes les formes de discriminations, pas juste pour la cause des homosexuels, parce que là c’est encore de l’individualisme et du pour soi. Après, il est vrai, comme Kant le dit que « pour que la société avance, il faut que chacun aie un tache, et plus précise est la tâche de chacun, plus la société des Hommes évoluera » (F. Métaphysique des mœurs). Alors oui pour spécifier le champ de l’action (si tout le monde devait militer pour tout en s’en sortirait plus), mais pas celui de la tolérance : en terme d’horreur et de rejet les homos sont logés à la même enseigne que les autres, et à chaque fois que l’on parle de mise à mort ou de passage à tabac de n’importe qui, n’importe quand, n’importe où, c’est cela que l’on devrait rejeter en bloc. Car c’est de faire reculer toute forme de violence qui fera avancer la tolérance pour tous et par tous.
Pour une autre forme de "militantisme" donc
Quand au milieu professionnel, hé ben c'est le milieu professionnel! C'est la société, c'est le jeu social, vous le connaissez bien ce livre bidon "les hommes viennent de mars et les femmes de vénus", ça résume parfaitement les interactions "prohétéro/antihomo" (puisque c'est de cela dont vous parlez) qui sévissent au boulot. Perso je n'ai jamais eu de problème à entendre mes collègues ou mes camarades d'université dire qu'unetelle avait une grosse chatte ou qu'untel était une petite tafiole. Vous savez pourquoi, parce que je n'attends pas mieux d'eux, et qu'il faudrait arrêter de demander l'escalade de l'Annapurna face nord à des gens qui ne portent que des sandales de plages. Faites vous aux cons, et sachez apprécier ceux qui ne le sont pas. La moyenne humaine (et homos ou pas, ce n’est pas le critère de distinction) est bien en dessous de sa culture.
J'ai lu aussi un vieil argument rhétorique : les pays où l'homosexualité est un crime. Dans ces pays là, sachez que d'être une femme est un crime, d'être profane une abomination, d'être discret une obligation et d'être parano une nécessité. Je vous vois arriver avec vos gros sabots, sur la malheureuse pendaison des deux jeunes iraniens en 2005. Sachez que l'Iran, en matière de restriction, n'est pas à une horreur près. Ils n’en veulent pas aux homos en particulier, ils en veulent à l'étranger, à celui qui n'est pas conforme, au différent et à celui qui marche seul. Si vous voulez changer quelque chose à cela, il faut vous intéressez au ressort de la structure politico-religieuse de la culture iranienne et comprendre la mentalité des iraniens, et non pas les montrer du doigts comme des monstres en érigeant vos panneaux "assez, assez, arrêtez les barbares", vous ne ferez qu'attiser la haine et finalement obtenir le contraire de ce que vous recherchiez. Je ne dis pas de sympathiser avec l'ennemi, mais, et c'est notre grande spécialité alors pas de chichi, de les prendre par derrière, de le défaire de l'intérieur. Bien sûr cela demande de la stratégie, de la réflexion et des actions complexe. Mais l’homophobie ne s’est pas construite en un jour, alors pour la défaire…
Et à bien y regarder je vois des gens mourir d’avoir été de telle ethnie, de telle couleur politique, de tel sexe, de tel pays chaque jour (il suffit de lire et de regarder les informations) et je trouve ça horrible, horrible comme tuer des gens pour leur orientation sexuelle. Ce que je veux dire c’est qu’il faut combattre cette idée de crime justifié, de montrer qu’il n’y en a pas, et même entre les mains d’un état.
Il faut militer humain contre toutes les formes de discriminations, pas juste pour la cause des homosexuels, parce que là c’est encore de l’individualisme et du pour soi. Après, il est vrai, comme Kant le dit que « pour que la société avance, il faut que chacun aie un tache, et plus précise est la tâche de chacun, plus la société des Hommes évoluera » (F. Métaphysique des mœurs). Alors oui pour spécifier le champ de l’action (si tout le monde devait militer pour tout en s’en sortirait plus), mais pas celui de la tolérance : en terme d’horreur et de rejet les homos sont logés à la même enseigne que les autres, et à chaque fois que l’on parle de mise à mort ou de passage à tabac de n’importe qui, n’importe quand, n’importe où, c’est cela que l’on devrait rejeter en bloc. Car c’est de faire reculer toute forme de violence qui fera avancer la tolérance pour tous et par tous.
Pour une autre forme de "militantisme" donc
Ouéééé, ce que j'aime des sujets comme ça! Merci Lestump!
Perso, je n'arrive pas à dissocier la notion de militantisme et l'appartenance à un groupe "politique" oeuvrant pour la défense d'idées. Par politique, je n'entends pas "partisan" mais simplement "qui agit dans la société / au contact de politiques par exemple". Du coup, je comprends ce que tu veux dire lorsque tu écris que dès lors qu'on "affiche" / "assume" son homosexualité, on est en quelque sorte militant gay. Ca se rapproche aussi de la vision de Fade Out. J'avoue cependant rester vieux jeu sur ce coup. L'image que je me fais d'un militant, ça reste quelqu'un qui s'investit dans une organisation / un groupe au sein duquel il défend des idées, cherche à convaincre d'autres citoyens, exerce une certaine pression sur les autorités politiques, etc Assumer son homosexualité au quotidien, faire des CO, c'est carrément indispensable, je ne le nie pas, c'est même essentiel pour faire changer les mentalités, en revanche, ça n'a pas de prise directe sur les décisions des instances politiques. Ce n'est que grâce au militantisme "vieille école" (réunions politiques, manifs, actions coup de poing) que le pouvoir politique a finalement franchi le pas en dépénalisant l'homosexualité. Les deux vont sans doute de paire. Un militantisme light peut probablement permettre à chacun dans la société de s'apercevoir que les homos ne sont pas ceux qu'ils pensaient. Je ne cherche donc pas à dénigrer l'action de ceux qui pratiquent le CO partout où cela est possible. Je demeure juste convaincu que le militantisme, au sens strict du terme, ce n'est pas vraiment ça…. Ce qui fait que je plussoie à donf Leo!
Lestump, pour revenir ensuite sur ce que tu disais à propos de l'héritage du militantisme gay… Tu demandes s'il vaut mieux "se fondre dans le moule" ou continuer à militer. Tout dépend ce que tu entends par "se fondre dans le moule". Il y a un risque à trop vouloir se fondre dans le moule, le risque c'est d'être complètement oublié. Et puis, comme tu le disais également, à trop vouloir singer le mode de vie le plus répandu dans la société (couple, famille, aspirations, etc), on crée une nouvelle stigmatisation à l'égard de ceux qui n'obéissent pas à ce schéma. Je suis d'accord pour dissocier homosexualité et anti conformisme, ce n'est pas parce qu'on est homo qu'on doit forcément rejeter toutes les normes, les codes, les schémas de la société. En revanche, dans une démarche de militantisme gay, je crois qu'il faut être suffisamment intelligent pour défendre tout le monde c'est-à-dire pas seulement les pédés gentils qui se fondent relativement dans le moule mais aussi tous ceux qui restent encore sur le bord du chemin.
Et je termine en répondant à Kirjava, je ne sais pas d'où tu tiens cet image du militantisme gay. Personnellement, je n'ai jamais entendu un responsable de la LGP ou d'une autre association dire que touts les homos voulaient avoir une petite vie rangée, obéissant aux codes classiques de la société, avec petite maison et chien dans la prairie. Ils disent plutôt que 1/ certains veulent se conformer à une partie des schémas sociaux et même si ce n'est pas la totalité, ceux-là existent; et 2 / se conformer (ou pas) à des modèles sociaux (mariage, etc) doit être un choix et pas une obligation imposée par notre sexualité. Bref, je n'ai jamais entendu dire "nous sommes identiques aux hétéros" mais plutôt "nous voulons avoir les mêmes droits que les hétéros".
A propos de la victimisation supposée de ces mêmes organisations, là encore je ne suis pas d'accord. Tu peux peut-être trouver que dans ta vie au quotidien, tu ne subis que peu d'homophobie, tu n'as pas été rejeté par ta famille, tu n'as pas à vivre de discrimination, etc, etc Force est de constater que ce n'est pas le cas partout. Va jeter un œil au rapport de SOS homophobie. Les choses vont sans doute mieux qu'il y a 20 ans mais elles sont loin d'être roses. Or, les militants gays sont justement là pour faire avancer les choses. Si ceux-ci se mettaient à dire "tout va très bien madame la marquise", l'homophobie n'existe plus, je peux te garantir que ce serait mission impossible de faire avancer la moindre demande auprès des autorités pour une campagne anti-homophobie, des interventions dans les écoles, etc, etc Pour régler un problème, on est obligé d'en parler et de le rabacher quite à passer pour un pessimiste / extrémiste.
Perso, je n'arrive pas à dissocier la notion de militantisme et l'appartenance à un groupe "politique" oeuvrant pour la défense d'idées. Par politique, je n'entends pas "partisan" mais simplement "qui agit dans la société / au contact de politiques par exemple". Du coup, je comprends ce que tu veux dire lorsque tu écris que dès lors qu'on "affiche" / "assume" son homosexualité, on est en quelque sorte militant gay. Ca se rapproche aussi de la vision de Fade Out. J'avoue cependant rester vieux jeu sur ce coup. L'image que je me fais d'un militant, ça reste quelqu'un qui s'investit dans une organisation / un groupe au sein duquel il défend des idées, cherche à convaincre d'autres citoyens, exerce une certaine pression sur les autorités politiques, etc Assumer son homosexualité au quotidien, faire des CO, c'est carrément indispensable, je ne le nie pas, c'est même essentiel pour faire changer les mentalités, en revanche, ça n'a pas de prise directe sur les décisions des instances politiques. Ce n'est que grâce au militantisme "vieille école" (réunions politiques, manifs, actions coup de poing) que le pouvoir politique a finalement franchi le pas en dépénalisant l'homosexualité. Les deux vont sans doute de paire. Un militantisme light peut probablement permettre à chacun dans la société de s'apercevoir que les homos ne sont pas ceux qu'ils pensaient. Je ne cherche donc pas à dénigrer l'action de ceux qui pratiquent le CO partout où cela est possible. Je demeure juste convaincu que le militantisme, au sens strict du terme, ce n'est pas vraiment ça…. Ce qui fait que je plussoie à donf Leo!
Lestump, pour revenir ensuite sur ce que tu disais à propos de l'héritage du militantisme gay… Tu demandes s'il vaut mieux "se fondre dans le moule" ou continuer à militer. Tout dépend ce que tu entends par "se fondre dans le moule". Il y a un risque à trop vouloir se fondre dans le moule, le risque c'est d'être complètement oublié. Et puis, comme tu le disais également, à trop vouloir singer le mode de vie le plus répandu dans la société (couple, famille, aspirations, etc), on crée une nouvelle stigmatisation à l'égard de ceux qui n'obéissent pas à ce schéma. Je suis d'accord pour dissocier homosexualité et anti conformisme, ce n'est pas parce qu'on est homo qu'on doit forcément rejeter toutes les normes, les codes, les schémas de la société. En revanche, dans une démarche de militantisme gay, je crois qu'il faut être suffisamment intelligent pour défendre tout le monde c'est-à-dire pas seulement les pédés gentils qui se fondent relativement dans le moule mais aussi tous ceux qui restent encore sur le bord du chemin.
Et je termine en répondant à Kirjava, je ne sais pas d'où tu tiens cet image du militantisme gay. Personnellement, je n'ai jamais entendu un responsable de la LGP ou d'une autre association dire que touts les homos voulaient avoir une petite vie rangée, obéissant aux codes classiques de la société, avec petite maison et chien dans la prairie. Ils disent plutôt que 1/ certains veulent se conformer à une partie des schémas sociaux et même si ce n'est pas la totalité, ceux-là existent; et 2 / se conformer (ou pas) à des modèles sociaux (mariage, etc) doit être un choix et pas une obligation imposée par notre sexualité. Bref, je n'ai jamais entendu dire "nous sommes identiques aux hétéros" mais plutôt "nous voulons avoir les mêmes droits que les hétéros".
A propos de la victimisation supposée de ces mêmes organisations, là encore je ne suis pas d'accord. Tu peux peut-être trouver que dans ta vie au quotidien, tu ne subis que peu d'homophobie, tu n'as pas été rejeté par ta famille, tu n'as pas à vivre de discrimination, etc, etc Force est de constater que ce n'est pas le cas partout. Va jeter un œil au rapport de SOS homophobie. Les choses vont sans doute mieux qu'il y a 20 ans mais elles sont loin d'être roses. Or, les militants gays sont justement là pour faire avancer les choses. Si ceux-ci se mettaient à dire "tout va très bien madame la marquise", l'homophobie n'existe plus, je peux te garantir que ce serait mission impossible de faire avancer la moindre demande auprès des autorités pour une campagne anti-homophobie, des interventions dans les écoles, etc, etc Pour régler un problème, on est obligé d'en parler et de le rabacher quite à passer pour un pessimiste / extrémiste.
Dernière modification par Pirlouit le mer. sept. 10, 2008 5:38 pm, modifié 1 fois.
mr grumpy ont ne peut qu'applaudir mais ce problème est vieux comme le monde, nous serons toujours en avance sur certains pays au niveau des droits de l'hommes, mais là ca concerne tout le monde, et nous pourrions tous manifester devant l'ambassade d'Iran, de corée du nord, d'Arabei Saoudite, Tchetchénie...etc nous devrions tous le faire, pas seulement les gays, tout le monde... dans tous ses pays ou la charia fait office de loi... mais pour l'instant je n'ai pas vu une marée humaine se déversait contre ses ambassades... mais je limitais ma questions au militantisme gay, parce que si on prend cet exemple aucun groupe, communauté, personnes, ne pourrait se plaindre en France, même ceux qui manifeste pour une augumentation de salaire, ou juste contre le gouvernenemt....
Pour ajouter la cerise sur le formidable gâteau de cete page, je ferai remarquer que votre critique du militantisme gay peut s'appliquer à tous les militantismes (même "Droit au Logement" se fait discret ces temps-ci)
et que la société semble en train de modifier son système de communication en général, mais aussi de souffrir du manque d'action !
Bref, cépô facile !
et que la société semble en train de modifier son système de communication en général, mais aussi de souffrir du manque d'action !
Bref, cépô facile !
Bah je suis allée dans une assoc' donc j'ai pas eu à chercher loinPirlouit a écrit : Et je termine en répondant à Kirjava, je ne sais pas d'où tu tiens cet image du militantisme gay.
Pirlouit a écrit : Tu peux peut-être trouver que dans ta vie au quotidien, tu ne subis que peu d'homophobie, tu n'as pas été rejeté par ta famille, tu n'as pas à vivre de discrimination
Heu hs total mais je n'ai jamais dit ça, on ne se connait pas donc je trouve ça un peu étrange de lire ça, mais bon passons.
C'était une réflexion d'ordre général. J'ai déjà été victime d'homophobie, j'ai déjà été frappée à cause de ça. Mais quand j'entends des gens dire que les hétéros persécutent les homos ou alors qu'ils sont victimes d'homophobie alors qu'en fait ça n'a rien à voir, oui j'appelle ça de la victimisation. C'est un peu comme les étrangers qui crient au racisme à la moindre occasion, alors que pas du tout. C'est un phénomène dont j'ai été souvent témoin, et du coup je PENSE qu'une certaine partie des homos ont tendance à prendre ça comme excuse.
Et d'une manière générale, les gens préfèrent se chercher des excuses que de faire des efforts. Voilà c'est dit (et oui je suis agacée, je trouve que certains ont le jugement un peu rapide).