Psy, psy, psy - la guéguerre contemporaine

Débats Gay et Lesbien
Humph
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Message par Humph »

Il ne faut pas oublier que la psychanalyse était utilisée surtout, à ses débuts, pour traiter les hystéries, je ne sais ce qu'il en est aujourd'hui, mais si ce que vous voulez dire c'est que la psychanalyse, seule, ne peut résoudre tout les problèmes d'un individu, c'est une évidence.
Si jamais certains psychanalystes, s'en prévalent, c'est qu'ils sont mauvais : ce n'est pas parce que les psychanalystes sont mauvais ou du moins, qu'ils sont perçus comme tels, que la psychanalyse l'est.

Freud la pratiquait à l'aide de l'hyptnose (pertinente dans le traitement de certains symptomes hystériques et autres), méthode qu'il abandonna au profit de la parole.
La psychanalyse est donc devenue une thérapie par la parole avec pour postulat :
Le patient pense que le psychanalyste sait, le psychanalyste sait qu'il ne sait pas.
Si je ne dis pas de bêtise, le psychanalyste déduit de la gêne de son patient qui s'exprime le fil de la cause de son trouble.
Théoriquement, donc, les interprétations risquées dont parles ton interlocuteurs se doivent d'être rares, sinon inexistantes.

Je te rejoindrai tout à fait, Kliban, lorsque tu fais le parallèle avec l'artisanat et l'industrie. C'est tout à fait ça.

Pour le reste, la psychanalyse a ses lacunes et ne peut être appliquée pour tout le monde et pour tout, comme chaque chose, mais parler d'arnaque est peut être un peu fort alors qu'on sait les résultats probants obtenus de manière locale, artisanale.
Je connais moins les thérapie cognitivo-comportementales (ça sera pour l'année prochaine) mais il est certainement possible voire logique, que celles-ci s'appliquent à un plus grand nombre dans des circonstances plus vastes mais cela tient à leur nature.
Je ne pense pas pour autant qu'on puisse dire que la psychanalyse soit à délaisser.

Rien est tout bon ni tout mauvais.

Pour finir, la psychologie est au service de l'individu et non des individus. A ce titre, si le premier est sensible à la psychanalyse, le second aux thérapies cogitivo comportementales, le troisième à la combinaison des deux, le médecin ferait bien de maîtriser l'une et l'autre plutôt que de choisir la plus industrielle ou, à défaut, la plus artisanale.
La psychanalyse ne saurait soigner tout et tout le monde, de même que les TCC et la thérapie en étant capable n'ayant toujours pas été découverte, gardons celles qui sont capables même si elles le sont moins.



J'en profite pour te faire un bisous Kliban

Edit : Tout à fait d'accord avec Miss Hada !
Kliban
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Message par Kliban »

Humph résume tout à fait ma pensée, je ne saurais rien ajouter dans cette direction - bisou aussi ;) sinon que la psychanalyse soigne en général pas trop mal les névroses obsessionnelles. Pour le reste, je ne sais pas, je ne me suis pas renseigné.

En revanche, son rôle dans l'approche de l'autisme a été, en France au moins, tout-à-fait catastrophique : dogmatique a priori plutôt qu'empirique : c'est a théorie qui a dicté le comportement des psys, au mépris le plus total des avancées neurobiologiques. Le retard français est en train de se résorber, je crois. La psychanalyse a trouvé sa place dans les équipes pluridisciplinaires nécessaires pour accompagner les patients atteints de troubles autistiques. Mais il aura fallu du temps, et c'est malheureux.


Et d'accord donc avec Miss Hada, que oui !

Mon credo aujourd'hui, c'est que la psychanalyse c'est bien, mais rarement tout seul. C'est trop intello, trop ancré dans la tête. Le travail des affects est donc très lent, puisqu'on ne sollicite que les représentations, et pas directement le corps. Ce qui pour un désincarné comme j'ai pu l'être n'était pas fameux. Couplé à une thérapie corporelle, en revanche, ça a fait des miracles.


Vous êtes nombreux à mettre en parallèle psychanalyse et philo. Ce n'est pas si éloigné. Globalement, les psys sont des philosophes qui font pratique de leur théorie (j'y reviens un peu plus bas). Parfois ils tournent mal, comme les philosophes : ils finissent par croire que leur théorie, parce qu'elle est si jolie et si complexe et qu'elle englobe tant de choses, c'ets la vérité. Mais un philosophe sait bien qu'il travaille avec la vérité, mas qu'il a un mal de chien à la dire - sauf à pratiquer la philosophie comme les anglo-américains, ce qui est certes faire de la philosophie, comme un technicien en fait,mais à peine être philosophe :mrgreen: .


Je ne suis pas un spécialiste de l'interprétation du tout - et un psychanalyste en parlerait certainement mieux. Mais pour rejoindre ce que Humph écrivait, le psychanalyste, s'il est bon (pas un Bergeret, par exemple) sait qu'il ne sait rien du patient, que ses théories ne lui en fournissent aucune vérité objective. Le but de la théorie en psychanalyse n'est pas de fournir une vérité sur l'état d'un objet du monde (position sans doute plus lacanienne que freudienne d'ailleurs) mais

1. d'aiguiser l'écoute de l'analyste
- dans un champ qui est celui des engrammes émotionnels non conscients des personnes qui le consultent,
- et grâce à cette faculté, chez lui aiguisée, que nous avons tous de percevoir de façon souvent non consciente des signes en provenance des attitudes, des mots, des hésitations, etc. des autres.
-> c'est le lieu de la psychanalyse, cette "communication" non consciente : la formation de l'analyste lui permet (normalement) d'accéder à cela
Nota : Je dis "non-conscient" pour ne pas faire intervenir le concept psychanalytique d'inconscient. Je pense que le non-conscient dont je cause a des bases neurales - traces mnésiques qui en font pas l'objet d'une remémoration (consciente).
L'inconscient, c'est un peu autre chose. Pour le dire comme Nasio (je crois), c'est quelque chose qui concerne la relation de l'analyste à l'analysant ;


2. de le poser - du fait de cette écoute - comme sujet supposé savoir auprès de l'analysant, ce qui ouvre la voix à l'interprétation ;

3. de lui donner un langage - homogène à l'écoute et au supposé-savoir dans lequel formuler des interprétations.


Du coup, une interprétation, je crois, c'est une parole qui, oui peut contenir, de façon plus ou moins claire, une hypothèse.
Mais ce peut-être aussi un coup de force - comme le jour où mon analyste m'a dit "tu sais, Marc, on t'aime quand même" et que j'ai failli exploser en sanglots.

L'analyste ne sait normalement pas quand la parole qu'il donne aura l'effet d'une interprétation. Le plus souvent, il tente. Et ça marche ou pas.

Ce qui est important, ici, c'est que ce soit validé par l'analysant. Non pas qu'il dise "oui c'est la vérité, c'est bien ce qui s'est passé", mais qu'il sente dans l'épaisseur de ses affects que c'est bien ça, quoi que ce soit. Une interprétation, ça se vit comme une révélation. Sinon, ca n'est rien que du blabla - pour ça, j'ai quitté un psy, on tournait dans un bla bla que je sais très bien faire tout seul.

Et puis une fois que tu l'as eu, ce choc, il continue à vivre, il déplace des choses, d'autres se remettent en place. Parce ue les mots, le ton, la saveur de ce que l'analyste a dit dans le cadre ordonné de la séance a eu des résonances sur autres choses : représentations que tu te fais de toi, réveil d'affects anciens, etc.

Tout ça a la saveur d'une vérité, et une vérité, quand on la rencontre, elle agit, elle mûrit. Tu "oublies" des bouts, je veux dire, ça devient moins vivace que la première fois, mais elle est suffisamment forte pour que peu à peu, la dynamique de ton psychisme en soit modifiée. Ce n'est pas que tu y penses tout le temps, mais c'est que ça revient dans des situations X ou Y, et que tu ne les vis plus comme avant - par exemple avec moins de stress, ou même en étant capable de faire des choses que tu n'aurais jamais faites avant.

Je ne sais pas si je te réponds bien, michka. En pus je dis ça avec mes mots, et ce n'est pas non plus super clair pour moi.


Sinon, super, fanathyk :D . Trouver des aides de cette sorte, c'est essentiel. Et un bouddhiste chrétien... tu as de la chance, c'est précieux, ça :) . Le bouddhisme est pas mal regardé par les psys, ça donne des parallèles intéressant, ainsi que des limites. Une pratique spirituelle va dans une direction différente, au final, d'une pratique psycho-thérapeutique.
yellowfaith
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Message par yellowfaith »

Kliban je retiend mes mots pour te dire ..t'es pas un peu salaude sur les bords ????

Sinon moi ça va jm'entends avec mon psychiatre, j'adore quand il me regarde comme quelqu'un d'extraordinaire (un peu comme si j'étais de la kryptonite et que lui c'était lois lane), ma best me regardait un peu comme ça... :shock: :mrgreen:
Kliban
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Message par Kliban »

Salaude ? Le féminin de salaud ? :lol:

En quoi donc ?
puck
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Message par puck »

Lestump, arrête de faire l'idiot, la niaiserie ne fait pas régresser. A ce (point.)

Les TCC soignent un symptôme sans traiter la cause, c'est pas forcément super, mais peut être mieux que rien, surtout si les symptômes sont handicapants.
La psychanalyse est une pseudo-science créée par un homme extrêment intelligent et visionnaire, mais qui a semble t'il parfois tapé à côté; Malheureusement, comme les vérifications sont difficiles et que le sujet est auto-référent, peu de chances d'évolution.

La psychanalyse est bancale. Pourquoi ne pas commencer doucement, scientifiquement, façon dsmIV ?
[La psychanalyse] donne beaucoup de pistes très intéressantes, mais permet des interprétations parfois capillotractées. Ca passe puisque la pensée/l'inconscient est encore terra incognita, ce qui permet, métaphoriquement, aux pirates de continuer à mener leurs attaques sur les convois de navires marchands depuis les brumes de leurs repaires.
Ce qui peut d'aillleurs ne pas être plus mal. L'humanité ne sera pas forcément plus heureuse à décrypter tous ses secrets.

Note: L'opinion exprimée ci-dessus est dans la mesure de mes connaissances. Sa valeur peut donc fluctuer.
Miss Hada
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Message par Miss Hada »

+ 1 puck

bref rien à discuter au niveau de l'opposition artificielle des 2, entre une démarche de développement personnel au long court, chère et élitiste et des techniques au cas par cas avec des objectifs de résultats ne dépassant les 3 à 6 mois (au délà, soit on s'est gourré de problème soit le thérapeute est un charlatan soit les 2 !) aussi cher au niveau du prix de la séance mais nettement moins long

après c'est comme l'opposition enseignement de la philo ou du traitement de texte à l'école... c'est un problème d'objectif et de budget...
Kliban
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Message par Kliban »

La question budgétaire dans les thérapies est une question épineuse. De façon générale, la question économique liée à toute thérapeutique - puisqu'il faut bien que le soignant vive - n'est pas une question simple.

En soi, la psychanalyse - ni non plus aucune psychothérapie - ne devrait être une pratique réservé à une élite. C'est notre conception de la santé comme un bien qui, à le perdre, engendre dépense - comme on paie un technicien pour réparer son frigo -, c'est cette conception qui est problématique - outre la rapacité de certains psy, en cela guère différent de tout un chacun. C'est d'autant plus ambigu que les psychanalyste peuvent arguer du caractère sensible de notre rapport à l'argent pour en faire un support de thérapie et donc exiger des sommes parfois... ridiculement élevées - il est vrai que cela marche parfois, mais c'est loin d'être systématique.

Je ne suis pas certain que les TCC n'aient d'efficacité qu'à court terme, mais je ne me suis pas penché sur la question. Quelqu'un a une idée de leur efficacité sur la durée - et de leurs possibles effets secondaires ?

Moi je veux bien que chacune de ces disciplines soit incomplète - par rapport à quelle idée de la complétude ? On peut le regretter. Mais je pense qu'il serait intéressant de creuser :
1. en quoi elles le sont
2. La façon dont elles progressent en explorant leurs marges (car la psyhanalyse a pas mal évolué depuis Freud :d )
3. leurs réussites.

Par ailleurs, le dsmIV ne propose pas de thérapeutique - enfin je ne crois pas. Juste une classification. Il me semble d'ailleurs que sur ce point, la psychanalyse accuse un certain retard - ses classifications sont peu rigoureuses et insuffisamment informées, comme il en va souvent dans des disciplines à forte composante dogmatique. Il y a du travail pour les psys (évoluer, nettoyer, balayer sous leur porte : l'inconscient _de_ Freud lui-même a emporté trop de préjugés dans la discipline qu'il a fondée) - d'ailleurs, si ce travail n'est pas fait, la psychanalyse mourra, et c'est dommage.
yellowfaith
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Message par yellowfaith »

nettoyer, ballayer, astiquer pou' la casa s' toujours pimpante,
mélanger, fait le contour...

OUi je chante beaucoup docteur c'est grave ???

oui quand jdisais "salaude" c'était bien le féminin de "salaud".

Qui m'aime me suive (con ! Jl'aime et jl'ai pas suivit...m'en mord le doigt)

Qui me cherche me trouve (et pourquoi ça marche pas avec tout le monde la réciproque ?)
puck
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Message par puck »

Ka sa yé missié bobo
Kliban a écrit : En soi, la psychanalyse - ni non plus aucune psychothérapie - ne devrait être une pratique réservé à une élite.
Yep, la psychanalyse remise à plat étudiée par la majorité de la pop... ça pourrait résoudre bien des problèmes personnels.
C'est d'autant plus ambigu que les psychanalyste peuvent arguer du caractère sensible de notre rapport à l'argent pour en faire un support de thérapie et donc exiger des sommes parfois... ridiculement élevées - il est vrai que cela marche parfois, mais c'est loin d'être systématique.
Ca c'est de l'escroquerie pure et simple ! :lol:
Je ne suis pas certain que les TCC n'aient d'efficacité qu'à court terme, mais je ne me suis pas penché sur la question. Quelqu'un a une idée de leur efficacité sur la durée - et de leurs possibles effets secondaires ?
La phobie est un moyen de défense contre un stress, à défaut de meilleur mot. Si, par conditionnement, on arrive à supprimer la phobie en question, les causes de "fuite" sont, elles, toujours là, et la personne a ( en théorie ) de bonnes chances de projeter ses peurs, etc, sur un autre objet ou privilégier un autre moyen de défense ( hystérie, etc ).
Par ailleurs, le dsmIV ne propose pas de thérapeutique - enfin je ne crois pas. Juste une classification. Il me semble d'ailleurs que sur ce point, la psychanalyse accuse un certain retard - ses classifications sont peu rigoureuses et insuffisamment informées, comme il en va souvent dans des disciplines à forte composante dogmatique. Il y a du travail pour les psys (évoluer, nettoyer, balayer sous leur porte : l'inconscient _de_ Freud lui-même a emporté trop de préjugés dans la discipline qu'il a fondée) - d'ailleurs, si ce travail n'est pas fait, la psychanalyse mourra, et c'est dommage.


Tout à fait d'accord. Mais je pense qu'elle a bien trop de zélotes pour mourir...Par contre, elle pourra demeurer à côté de la plaque et rester une version corrompue et figée de progression de la connaissance. Dommage aussi.
Kliban
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Message par Kliban »

Mmmmmh,

Sur la phobie, tu réponds par une théorie... psychanalytique à l'impossibilité de principe des TCC de les résoudre en profondeur. C'est un argument qui ne peut pas tenir dans une controverse ou l'une et l'autre s'oppose et où on n'a pas d'autre mesure que le dit des patients et les chiffres éventuels de rechute.

Par ailleurs, (je me tue à le répéter dans ce topic :) ) la psychanalyse ne propose pas une théorie scientifique, donc objective, de l'homme mais une pratique thérapeutique. Ce n'est donc pas une discipline qui vise la connaissance de l'homme, si l'on entend par là la production de savoir objectif. La psychanalyse n'est pas un machin qu'on étudie pour aller mieux ou apprendre des choses sur soi. C'est une technique de je-vais-mieux. Pas de je-sais-tout. L'un et l'autre n'ayant en général pas grand chose à voir :lol:


Donc bon. Jodi-a mwen kay travay (ou quelque chose comme ça). Donc dodo tout de suite tout de suite.
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