Homosexualité: Acquis ou inné? Choix ou fatalité?
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MightySoul
- Messages : 76
- Inscription : mar. oct. 20, 2009 12:29 am
Pour ma part j'arrive même pas à savoir lequel des deux serait le pire.
Cela dit, si comme l'affirme Nicofoto, toutes les espèces comptent 10% d'individus homosexuels, je vois mal comment parler de construction sociale.
D'ailleurs j'aimerais bien savoir d'où provient cette assertion, ça m'interesse. Bon ok, j'y crois pas une seconde en fait.
Cela dit, si comme l'affirme Nicofoto, toutes les espèces comptent 10% d'individus homosexuels, je vois mal comment parler de construction sociale.
D'ailleurs j'aimerais bien savoir d'où provient cette assertion, ça m'interesse. Bon ok, j'y crois pas une seconde en fait.
C'est le thème d'une nouvelle d'Egan : Cocon.si on découvrait les gènes de l'homophobie il suffirait d'une petite analyse de cellule embryonnaire pour savoir si l'embryon est homo ou pas, vive les problèmes d'éthiques...
Pour ma part, je pense que l'homosexualité n'est pas quelque chose de social, je suis assez réticent au "constructionnisme", surtout à la sauce Butler.
Pour moi, ça reste une part de mystère de l'évolution, très probablement liée à l'émergence du plaisir sexuel.
L'homosexualité dans le monde animal est quelque chose d'encore assez peu étudié. On a réussi à sortir de l'écueil pudibond, évitons l'écueil militant : l'homosexualité animale (j'y inclus bien sûr notre espèce et tous les autres singes) n'a pas à être défendue ou condamnée, mais étudiée objectivement.
D'après le dernier bouquin de l'excellent Pascal Picq (Le sexe, l'homme et l'évolution), l'homosexualité est effectivement une pratique répandue, mais son émergence et son maintien restent une énigme.
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Péronnelle
- Messages : 377
- Inscription : dim. sept. 13, 2009 5:01 pm
En même temps, vous êtes hétérozygotes, donc vous ne partagez qu'un quart de patrimoine génétique commun, comme deux frères et soeurs normaux. Les études qui veulent étudier l'influence des gènes le font la plupart du temps avec des jumeaux monozygotes et un groupe contrôle de frères et soeurs non jumeaux ou justement des jumeaux hétérozygotes. A part ça je suis d'accord avec toiKefka a écrit :Pour mon cas (soeur jumelle), sexualité différente, pour une éducation strictement identique (ou quasiment).Miss Hada a écrit :Je me souviens d'une intervention de Tribiout sur ce forum, Tribiout qui me semble officier en médecine, à propos de l'étude des vrais jumeaux qui donne une cohérence des orientations sexuelles qui correspond exactement à la probabilité d'action d'un même facteur prénatal...Nicofoto a écrit :On prend des jumeaux.
On les élèvent tout deux de la même manière par les mêmes parents => ils ont à peu près la même sexualité.
On les sépare et on les élève différemment => ils ont des sexualités différentes.
Les faux jumeaux je ne sais plus...![]()
Et je pense que lire "naturel" et entendre "génétique" est un raccourci : l'influence "naturelle" ne se résume pas aux gènes.
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Complicate
- Messages : 31
- Inscription : dim. oct. 24, 2010 10:04 am
Re: Homosexualité: Acquis ou inné? Choix ou fatalité?
Je commence de plus en plus à croire que cela pourrait être génétique mais je pense qu'il y a une part d'influence extérieur quand même. Notre environnement social va énormément jouer sur nos choix, et donc notre évolution.
Re: Homosexualité: Acquis ou inné? Choix ou fatalité?
Je ne crois pas en la génétique pour ce qui est de l'homosexualité.
Les plus brillants scientifiques se heurtent à la question (et ont aussi peut être de meilleurs problèmes à solutionner avant celui-ci ?).
Freud nous parle d'une rupture de sexualité et nous expose trois types de mode sexuel ; j'aurais tendance à ne pas adhérer mais ces théories ont plus tard été reprises par Lacan (pas une référence ceci dit, quoiqu'il a formé à lui tout seul une école).
L'homosexualité serait due à un complexe d'œdipe interrompu en plein cycle de l'enfance ; le déni du père pour le garçon qui recherche l'amour maternel et se confond avec la mère ; la frustration de la fille de ne pas avoir eu de "pénis" pour la fille et un refoulement de l'amour du père pour se libérer avec les femmes.
Oui, c'est farfelu mais ça fait pourtant l'objet de la problématique des Trois types de sexualité de Freud.
Lui avance donc la théorie du choix inconscient du sujet, un refoulement inconscient et une rupture volontaire du processus de la sexualité infantile.
Mais attendez, nous parlons d'idées de psychanalystes, les mêmes qui vous trouvent des failles de votre identité lorsque vous venez consulter pour une gastro entérite
.
Pour ma part, je ne sais pas si j'ai renoncé à un quelconque processus infantile, mais je ne crois pas que ma mère ait une influence supérieure à celle de mon père. Ou alors pourquoi mes frères ne seraient-ils pas attirés eux-aussi par les garçons, hum ?
La question reste ouverte ; mais ce que montre la psychanalyse au moins, c'est que l'homosexuel ne décide pas de sa nature et de son orientation par simple caprice.
Et tu devrais faire plus attention lorsque tu exposes tes problématiques mademoiselle
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Les plus brillants scientifiques se heurtent à la question (et ont aussi peut être de meilleurs problèmes à solutionner avant celui-ci ?).
Freud nous parle d'une rupture de sexualité et nous expose trois types de mode sexuel ; j'aurais tendance à ne pas adhérer mais ces théories ont plus tard été reprises par Lacan (pas une référence ceci dit, quoiqu'il a formé à lui tout seul une école).
L'homosexualité serait due à un complexe d'œdipe interrompu en plein cycle de l'enfance ; le déni du père pour le garçon qui recherche l'amour maternel et se confond avec la mère ; la frustration de la fille de ne pas avoir eu de "pénis" pour la fille et un refoulement de l'amour du père pour se libérer avec les femmes.
Oui, c'est farfelu mais ça fait pourtant l'objet de la problématique des Trois types de sexualité de Freud.
Lui avance donc la théorie du choix inconscient du sujet, un refoulement inconscient et une rupture volontaire du processus de la sexualité infantile.
Mais attendez, nous parlons d'idées de psychanalystes, les mêmes qui vous trouvent des failles de votre identité lorsque vous venez consulter pour une gastro entérite
Pour ma part, je ne sais pas si j'ai renoncé à un quelconque processus infantile, mais je ne crois pas que ma mère ait une influence supérieure à celle de mon père. Ou alors pourquoi mes frères ne seraient-ils pas attirés eux-aussi par les garçons, hum ?
La question reste ouverte ; mais ce que montre la psychanalyse au moins, c'est que l'homosexuel ne décide pas de sa nature et de son orientation par simple caprice.
Et tu devrais faire plus attention lorsque tu exposes tes problématiques mademoiselle
Re: Homosexualité: Acquis ou inné? Choix ou fatalité?
Et les bis alors ? Prends une fille hétéro, quoique garçon manqué, qui aurait aimé un homme à la folie et maté la gente masculine jusqu'à plus soif. Cette fille craque sur une autre fille pour la première fois à 21 ans, alors qu'elle n'a jamais regardé d'autre fille avant.
Elle a interrompu son Œdipe à 21 ans ?
Elle a interrompu son Œdipe à 21 ans ?
Re: Homosexualité: Acquis ou inné? Choix ou fatalité?
Ce pourquoi j'ai souligné que j'avais tendance à ne pas adhérer à la vision psychanalytique
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Toutefois, Freud n'a jamais dit que la rupture dans le processus infantile marquait la découverte de l'homosexualité.
Non, il prétend simplement que cette homosexualité est due à cette rupture et que les répercutions s'échelonnent dans les années à venir du sujet.
Pour ce qui est de la bisexualité, il parle d'ambivalence. Mais là ce soir, tout de suite maintenant, je serais pas bien foutu de t'en dire plus parce que j'ai la tête sérieusement dans le pâté
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Toutefois, Freud n'a jamais dit que la rupture dans le processus infantile marquait la découverte de l'homosexualité.
Non, il prétend simplement que cette homosexualité est due à cette rupture et que les répercutions s'échelonnent dans les années à venir du sujet.
Pour ce qui est de la bisexualité, il parle d'ambivalence. Mais là ce soir, tout de suite maintenant, je serais pas bien foutu de t'en dire plus parce que j'ai la tête sérieusement dans le pâté
Re: Homosexualité: Acquis ou inné? Choix ou fatalité?
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Re: Homosexualité: Acquis ou inné? Choix ou fatalité?
Michel Onfray, on t'a reconnu !Pacô a écrit :Je ne crois pas en la génétique pour ce qui est de l'homosexualité.
Les plus brillants scientifiques se heurtent à la question (et ont aussi peut être de meilleurs problèmes à solutionner avant celui-ci ?).
Freud nous parle d'une rupture de sexualité et nous expose trois types de mode sexuel ; j'aurais tendance à ne pas adhérer mais ces théories ont plus tard été reprises par Lacan (pas une référence ceci dit, quoiqu'il a formé à lui tout seul une école).
L'homosexualité serait due à un complexe d'œdipe interrompu en plein cycle de l'enfance ; le déni du père pour le garçon qui recherche l'amour maternel et se confond avec la mère ; la frustration de la fille de ne pas avoir eu de "pénis" pour la fille et un refoulement de l'amour du père pour se libérer avec les femmes.
Oui, c'est farfelu mais ça fait pourtant l'objet de la problématique des Trois types de sexualité de Freud.
Lui avance donc la théorie du choix inconscient du sujet, un refoulement inconscient et une rupture volontaire du processus de la sexualité infantile.
Mais attendez, nous parlons d'idées de psychanalystes, les mêmes qui vous trouvent des failles de votre identité lorsque vous venez consulter pour une gastro entérite.
Pour ma part, je ne sais pas si j'ai renoncé à un quelconque processus infantile, mais je ne crois pas que ma mère ait une influence supérieure à celle de mon père. Ou alors pourquoi mes frères ne seraient-ils pas attirés eux-aussi par les garçons, hum ?
La question reste ouverte ; mais ce que montre la psychanalyse au moins, c'est que l'homosexuel ne décide pas de sa nature et de son orientation par simple caprice.
Et tu devrais faire plus attention lorsque tu exposes tes problématiques mademoiselle.
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ExMembre
Re: Homosexualité: Acquis ou inné? Choix ou fatalité?
J'ai eu droit aux deux théories, pendant mes études. Je n'accrochais pas du tout à la théorie génétique parce que mon professeur de génétique a abordé le sujet après avoir évoqué le terrain génétique des comportements criminels, et que ça me choquait profondément. Par contre je trouvais la théorie du "choix de l'objet inconscient" beaucoup plus sympathique. Je n'ai qu'effleuré ces deux points de vue, les deux cours étant des cours introductifs.
Je me souviendrai toujours de l’exemple que mon prof de psycho qui a essayé de nous parler de la théorie du choix inconscient a utilisé pour l’introduire. Je ne me rappelle plus si je l'ai déjà posté, pardon si c'est le cas. Je vous le livre tel que je m’en rappelle au risque de paraître extrêmement simpliste et réducteur.
Il a abordé le « problème du barbu ».
Pourquoi certains décident-ils de se laisser pousser la barbe ?
Si on interroge un barbu dans la rue, il sera probablement bien en peine de répondre. Avant de se laisser pousser la barbe, il est en pleine confusion. Ce n’est pas pratique la barbe. Ca pique quand on embrasse. Et puis ça vieillit. Sa femme n’est pas d’accord en plus, il na pas envie de se disputer avec elle. Sans compter de ce que vont en penser les gens : la famille, les amis … Beaucoup d’inconvénients pour au final pas tellement d’avantages.
Bon. Il met l’idée de côté. Et continue de se raser.
Mais il ne sait pas pourquoi, il a quand même envie de se laisser pousser la barbe. Peut-être qu’il a rencontré quelqu’un qui en portait une … peut-être qu’il veut faire comme son père … Aucune idée. Il a simplement envie de se laisser pousser la barbe. Il cesse de se raser. Son épouse n’est pas contente, mais il essaie.
Au début, dans la rue, il n’est pas très sûr de lui. Il se demande ce que vont en penser les autres et a un peur des réactions. Puis il voit qu’il y a beaucoup d’autres barbus dans la rue. Pleins en fait. Il ne voit plus que ça. Et parfois des gens très bien en plus. Bon, c’est décidé, il garde sa barbe.
Il ne sait toujours pas pourquoi il a décidé de se laisser pousser la barbe. Mais il se sent mieux ainsi.
Le prof qui a utilisé cette image était bien trop malin pour parler spécifiquement de la problématique gay. Mais vu le contexte du cours et de l'époque, nous avions tous compris que c’est, entre autres, de cela qu’il parlait. Ce n'est pas un exemple très sérieux, mais il permet de comprendre le mécanisme au moins du choix de s'assumer.
Je vais peut-être me faire incendier après ce post, il y a sûrement des étudiants en psycho sur ce forum plus aptes que moi à parler de ce sujet très polémique ...
Je me souviendrai toujours de l’exemple que mon prof de psycho qui a essayé de nous parler de la théorie du choix inconscient a utilisé pour l’introduire. Je ne me rappelle plus si je l'ai déjà posté, pardon si c'est le cas. Je vous le livre tel que je m’en rappelle au risque de paraître extrêmement simpliste et réducteur.
Il a abordé le « problème du barbu ».
Pourquoi certains décident-ils de se laisser pousser la barbe ?
Si on interroge un barbu dans la rue, il sera probablement bien en peine de répondre. Avant de se laisser pousser la barbe, il est en pleine confusion. Ce n’est pas pratique la barbe. Ca pique quand on embrasse. Et puis ça vieillit. Sa femme n’est pas d’accord en plus, il na pas envie de se disputer avec elle. Sans compter de ce que vont en penser les gens : la famille, les amis … Beaucoup d’inconvénients pour au final pas tellement d’avantages.
Bon. Il met l’idée de côté. Et continue de se raser.
Mais il ne sait pas pourquoi, il a quand même envie de se laisser pousser la barbe. Peut-être qu’il a rencontré quelqu’un qui en portait une … peut-être qu’il veut faire comme son père … Aucune idée. Il a simplement envie de se laisser pousser la barbe. Il cesse de se raser. Son épouse n’est pas contente, mais il essaie.
Au début, dans la rue, il n’est pas très sûr de lui. Il se demande ce que vont en penser les autres et a un peur des réactions. Puis il voit qu’il y a beaucoup d’autres barbus dans la rue. Pleins en fait. Il ne voit plus que ça. Et parfois des gens très bien en plus. Bon, c’est décidé, il garde sa barbe.
Il ne sait toujours pas pourquoi il a décidé de se laisser pousser la barbe. Mais il se sent mieux ainsi.
Le prof qui a utilisé cette image était bien trop malin pour parler spécifiquement de la problématique gay. Mais vu le contexte du cours et de l'époque, nous avions tous compris que c’est, entre autres, de cela qu’il parlait. Ce n'est pas un exemple très sérieux, mais il permet de comprendre le mécanisme au moins du choix de s'assumer.
Je vais peut-être me faire incendier après ce post, il y a sûrement des étudiants en psycho sur ce forum plus aptes que moi à parler de ce sujet très polémique ...