Noah-Visual a écrit :De toute manière tu es mort, alors bon, autant aider les autres

Eh bien non, ça n'est pas aussi simple malheureusement.
J'ai lu un article très intéressant dans une revue de vulgarisation médicale à propos de la mort. Voici grosso modo ce que j'ai compris (s'il y a des médecins ici, n'hésitez pas à me corriger si je dis de la merde) :
Avant, les situations lors d'un accident étaient simple : soit tu survivais, soit tu mourrais. Mais depuis que la médecine a fait des progrès considérable dans les techniques de réanimation, la frontière entre la vie et la mort est devenue parfois extrêmement floue. Ces progrès ont entraîné l'apparition de cas compliqués où on ne sait pas si le mec est vivant ou mort.
Quand tu as un traumatisme crânien, ce n'est généralement pas le choc en lui même qui cause les dommages les plus importants au cerveau, c'est la réponse des cellules nerveuses à la souffrance qu'elles endurent. En fait, les dommages les plus graves arrivent quelques minutes à quelques heures après le choc. Du coup, quand tu es emmené à l'hosto après un trauma crânien, la première chose que font les urgentistes, c'est de te placer en coma artificiel pour prévenir ces dommages qui ont déjà commencé à se faire. Ensuite, ils font ce qu'ils faut pour réparer les dégâts. Et là, si la personne ne meurt pas par arrêt cardiaque pendant les soins, plusieurs cas de figure apparemment inédits peuvent se produire en fonction des dommage que le cerveau a subi :
Soit le cerveau se remet complètement. Bon, pas grand chose à débattre.
Soit elle est dite en état de conscience minimale. Le cerveau n'a pas encore récupéré toutes ses fonctions. La personne est consciente de son environnement, elle est capable de ressentir la douleur physique, mais elle n'interagit pas avec son environnement.
Soit elle est dite en état végétatif (à l'image du végétal qui n'a besoin que d'être nourri) : l'activité du cerveau est minimale. La personne a les yeux ouverts, elle a un cycle de veille et de sommeil, mais
elle n'est pas consciente de son environnement et ne ressentirait pas la douleur. L'activité cérébrale est à peine suffisante pour maintenir les paramètres et les réflexes biologiques (respiration par exemple), mais à part ça, c'est un légume.
Soit elle est dite en état de mort cérébrale : pas d'activité du cerveau, la personne doit être sous respirateur parce qu'elle n'a plus le réflexe de respirer. Apparemment, il semblerait que ce soit irréversible.
Le problème, c'est que le cœur bat, même en état de mort cérébrale. Du coup, tu fais quoi si tu as en face de toi des gens végétatifs ou en état de mort cérébrale ? Doit on les considérer comme mort ou pas ? Aujourd'hui, le corps médical considère que les patients en état de mort cérébrale depuis un certain temps sont décédés, peuvent être débranchés, et leurs organes prélevés, même si le cœur bat toujours. Ceci permet de faire des greffes cardiaques justement. Mais la question de l'éthique à ce sujet a été bien discutée dans le corps médical. Mais il reste le problème des patients en état végétatif. Ils ne sont pas conscient, mais il y a une activité cérébrale. C'est un état dont certains patients n'en sortiront jamais. Est ce qu'on peut les considérer comme mort si on sait qu'ils n'en sortiront jamais ? Est ce qu'il vaut mieux les euthanasier ? D'après ce que j'ai compris, ce sont des questions qui sont encore débattues dans le corps médical.
Du coup, dire « je suis mort, je m'en fout qu'on prélève mes organes », c'est pas si simple et les gens ne pensent pas forcément à la survenue de ces cas compliqués.
Voici 2 articles très intéressants à propos de la
mort cérébrale, et
un qui compare l'état végétatif et l'état de conscience minimale