Vos parents/familles & vos orientations ... professionnelles

Débats Gay et Lesbien

Dirais tu que ta famille:

- est "responsable" pour partie dans tes choix pro
44
41%
- est complètement "responsable" de tes choix pro
8
7%
- n'est absolument en rien dans tes choix pro
45
42%
- il dit qu'il voit pas l'rapport
9
8%
- tu m'saoules avec tes questions con, d'abord, cette semaine je confuse!
2
2%
 
Nombre total de votes : 108

Viridis
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Inscription : sam. juil. 02, 2005 12:30 pm

Re: Vos parents/familles & vos orientations ... professionne

Message par Viridis »

J'ai voté en partie responsable

Je dirais que c'est une responsabilité indirecte. Mon père, l'aîné n'a pas fait d'études contrairement à son frère qui est devenu ingénieur. Lorsque j'ai commencé ma scolarité, mes grands parents, qui venaient tous les week-end surveiller si ma mère s'occupait bien de leurs petites enfants (elle n'était pas digne d'être son épouse), ont commencé à spéculer sur mon avenir, c'était limite si je devais pas passer le même bac. De mon côté, comme je n'étais pas un manuel, je n'avais pas trop le choix, j'ai donc suivi... sans avoir les capacités de cet oncle.
A 17 ans, je me retrouve dans un cas de figure délicat, en seconde générale avec deux années de retard. Mes résultats en maths/physique étant catastrophiques (pourtant je bossais), je dois renoncer à la filière scientifique alors que tout ce qui touchait aux sciences naturelles me passionnait depuis mon enfance, bien que je ne savais pas précisément ce que je voulais faire. Le prof principal m'avait proposé de retourner en lycée professionnel pour faire paysagiste ... (Adieu phasmes, araignées et autres blattes !) ou de suivre des filières plus à ma portée : Un bac G.

J'avais du mal à entrevoir l'avenir, je savais au fond de moi que cette réorientation était un échec mais je n'avais pas d'autre choix que d'avancer, pour ma famille il était hors de question d'abandonner mes études et plutôt que de créer des remous, je me suis dit c'est ça ou rien. J'ai continué, je me suis accroché malgré tout. De rat de labo, j'étais décidé à devenir rat de bureau... J'ai passé un bac commerce l'année ou Sardou sortait son fameux single. C'était "sympa" le dernier conseil de classe : "Sardou a totalement raison vous êtes des cas désespérées" dixit le proviseur qui dévalorisait les élèves de ces sections pour donner sélectionner les candidats provenant des bacs généraux (et leur refaire le programme des filières "G" en première année de BTS).
Finalement, j'ai obtenu mon bac mais comme je n'avais pas le tempérament commercial, je n'ai pas été retenu en BTS. J'ai opté pour la fac et je me suis accroché (toujours avec un niveau catastrophique en maths) pendant des années. J'ai foiré ma Licence mais comme je visais la maîtrise pour blinder mon avenir, j'ai continué avec des illusions. Même si je ne regrette pas d'avoir été jusqu'au bout, je n'aurais pas du aller aussi haut ça m'a généralement desservi par la suite : Mes diplômes pouvaient autant ouvrir des portes comme les fermer.

Pendant toutes ces années, je n'ai pas développé l'esprit de compétition, encore un esprit de manageur. J'ai obtenu des diplômes mais dans les faits, je n'ai jamais réussi à penser en terme d'objectifs. J'ai traversé parallèlement une période de repli qui ne m'a pas permis de développer les armes nécessaires pour entrer dans le monde du travail, surtout celui de la grande distribution. J'ai du tout revoir à zéro, en apprenant sur le terrain, mes expériences m'ont plus apportées que mes études.
Parfois, mon père me reproche d'avoir fait des études pour rien. J'aurais mieux fait d'apprendre un métier manuel dans un lycée professionnel pour avoir un métier d'ouvrier. Aujourd'hui, même si mon orientation professionnelle a été un échec, je poursuis mon parcours professionnel dans la logistique. Ce n'est pas des jobs de fonctionnaire, loin de là. J'aime ce que je fais, je n'ai pas pour objectif d'avoir un poste de responsable, je n'ai ni l'expérience, ni les épaules assez solides pour ça. Malgré tout, je dois toujours faire face à son incompréhension : Après des années passés en fac, je me dois d'avoir une place en or.
Eosyn
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Inscription : dim. sept. 06, 2009 11:34 pm

Re: Vos parents/familles & vos orientations ... professionne

Message par Eosyn »

Lyanes a écrit : Eosyn, aujourd'hui poursuit tu encore ton envie de naviguer? Par des moyens détournés par exemple?
Oui et non. Je voulais pas naviguer. Ce qui m'intéressait c'était la météorologie/océanographie. La Marine Nationale (et donc l'armée), c'était plutôt pour moi un moyen facile d'être rapidement autonome ;).

J'ai gardé ce projet en fil conducteur quelques temps, notamment via mes options à la fac (océanographie, que j'ai kiffé à mort), puis en recherchant les évolutions possibles, mais finalement après la maitrise je n'ai pas été au bout car cela me demandait un investissement dont je ne me sentais pas capable (repasser une licence spécifique + un DESS océano).

Ce truc reste en filigrane, mais comme à mon habitude, je ne me donne pas les moyens de réussir...

Après p'tet aussi que mon environnement a fait que... (beaucoup de militaires dans la famille, et famille bretonne donc le vent, la mer tout ça, ca me connait xD).

Mais je pense que le ciel, c'est un truc à part, et qui m'attire, que ce soient les étoiles ou les nuages, j'aime. Et c'est mon choix personnel. En fait, la famille n'a été là que pour me soutenir, elle ne m'a rien imposé. C'est bien, et c'est pas bien à la fois, car si je demandais pas j'avais pas. P'tet que s'il y avait des propositions, cela aurait orienté ma vie dans une autre direction (je ne distingue pas le coté pro du coté perso, car je suis convaincue que les 2 sont intimement liés, et que l'on ne construit pas l'un sans l'autre et vice versa).
Rosslaew
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Re: Vos parents/familles & vos orientations ... professionne

Message par Rosslaew »

J'arrive plus à suivre, les messages sont trop longs pour moi :ninja:
Pour ma part je ne crois pas avoir un quelconque héritage. J'ai envie d'être enseignant-chercheur, et il n'y a que quelques instituteurs dans ma famille (et je n'en ai surtout vu qu'un en activité, sinon c'est ma grand mère retraitée depuis que je suis petit).
Quant au domaine, je suis le seul informaticien de la famille, donc pas d'influence là dessus. Les seules influences ont été dans les études longues, et dans la prépa (ma mère avait été à la même).
Donc non, je ne trouve pas ça lourd du tout, je suis ma voie ^^
J'espère avoir répondu à la question :^^:
JavaBleue24
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Re: Vos parents/familles & vos orientations ... professionne

Message par JavaBleue24 »

En partie responsable...
J'ai pu choisir mon orientation, la condition que "ce soit quelque chose de bien", comprendre pour mes parents: des études longues qui m'amèneraient à un boulot "reconnu" tel que médecin, avocat, prof etc... Comme j'avais d'assez bons résultats scolaires, ils avaient mis beaucoup d'espoir en moi et si j'avais choisi une filière professionnelle après la 3°, ils l'auraient mal vécu. Je me suis finalement montrée moins brillante que prévu, et ils ont du revoir leurs exigences à la baisse. J'avais pour consigne de tâcher de ne pas "finir" dans une usine de chaussure comme mon père, et le fait qu'il ne m'ait jamais parlé une seule fois de son boulot et de cette boîte où il a bossé 35 ans m'avait convaincue que ça devait être bien pourri. Pour ma mère, le boulot, c'est l'indépendance, alors il vaut s'en trouver un bon, vite et bien, peu importe lequel.
En dehors de ces conditions, et à partir du bac, j'ai toujours eu carte blanche, du moment que je puisse financer moi-même la formation.
fanathyk
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Re: Vos parents/familles & vos orientations ... professionne

Message par fanathyk »

En partie.


Ma maman m'a foutue dans le grand bain de l'Histoire (avec un grand H siouplait) toute pitite. J'ai des photos de moi gambadant dans des ruines zantiques qui le prouve. Ceci dit elle n'était pas assez débile pour me saouler avec des notions strictes. Du coup c'est à travers la petite histoire que j'ai appris la grande. Et c'est tellement mieux. Je me souviens d'ailleurs avoir voué une admiration à Jeanne d'Arc. Aujourd'hui j'me dit qu'en fait c'était une folle de Dieu totalement kamikaze. Bréf. Grâce à elle je me suis fournie en BD (mais des vieilles BD) sur l'histoire de France, j'avais une chronologie, etc. Ca m'est resté, cette passion des vieilles pierres. Pourtant en passant à côté j'suis capable de dire que ce n'est qu'un tas de cailloux. Pourtant à l'intérieur de moi même je suis en train de repérer le moindre pitit chose que c'est super fascinant Image.

Maintenant niveau études elle m'a poussé à faire S. Au vu de mes splendides résultats en physique et en maths, j'ai été très claire implicitement : non. Faire L était hors de question pour moi (quand même on a sa dignité :mrgreen: ) . du coup, ES. Ma mère m'a encouragée pendant mon lycée. J'ai trouvé le moyen de faire spé maths (parce que je voulais faire archi. Humhum.), c'était trop d'la balle facile ! Bon. En terminale, archi m'a fait peur et ma mère m'a presque pour ainsi dire carrément posée dans la salle d'examen d'entrée en école d'ostéo. J'ai adoré passer six mois à ne rien faire. Donc m'étant rendue compte de ça, je le lui ai dit, elle n'en a pas tenu compte. Grave erreur, car j'ai fait ce que j'ai voulu \o/ !!! Sans le lui dire. Je ne supporte pas qu'elle fouille dans mes affaires, dans mon orientation, dans ce que je veux faire, et les moyens que je mets en place pour y parvenir. Je préfère prévenir quand tout est organisé prévu. Comme ça elle n'a rien à dire et elle me fiche tranquille. Grmpf. Tute seule donc je me suis plus ou moins approchée de l'anthropo (toujours dans l'étude de l'homme et un peu plus de l'histoire), la fac me disait moyen. Puis j'ai fini par trouver ce que je fais actuellement. Un bts au nom compliqué signifiant : tourisme. Et c'est trodlabal. Histoire :amour: - analyse spatiale :amour: - langues :amour: - notions d'archi :amour: - gestion/droit mais bon ça :snif: ...

Pour conclure oui ma mère m'a influencée toute petite !!! Ensuite elle a voulu me faire faire un truc dans le style médecine (ce qui a failé :souris: ), mais je finis par faire ce qui me plait avec sa bénédiction. Du coup sur ce point là j'ai la paix \o/ .
Mon père vient de se réveiller pour s'occuper de moi : je suis dans le même lycée que lui à l'époque. Et ça j'étais même pas au courant. :gn:
C'est un complot.
Sarablue
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Re: Vos parents/familles & vos orientations ... professionne

Message par Sarablue »

Un peu. Peut être.
J'ai été bercée par les histoires de mes parents qui se vantaient fièrement pour l'un d'avoir eu 1 en maths pour pouvoir continuer de passer les autres épreuves, le 0 étant éliminatoire et l'autre ayant balancé son bouquin de maths à la tronche de sa prof au collège (mes parents sont dingues. Ceci explique sans doute cela ...)
Mes parents étaient des purs littéraires archi nuls en maths et vouant un culte à la langue française. Mes grands parents tout pareils.
Ayant manifesté très tôt des talents en français et un niveau lamentable dans les matières scientifiques avec des parents auto-convaincus qu'eux-mêmes s'en étant sortis je ferais pareil, j'ai proclamé à l'âge de 6 ans que je ferais des études littéraires, que je passerai un bac L et que je ferai La Sorbonne.
Bon presque tout bon partout sauf pour le choix de la Fac (pas eu le choix justement...) mais cela dit, si j'ai une réponse positive de la fac, tout ceci peut encore changer :mrgreen: )
Bref, tout ça pour dire que je ne sais pas si j'étais prédisposée à être bonne en lettres et nulle en maths, mais il est certain que je n'ai pas spécialement cherché à me corriger parce que finalement ça devenait une 'marque de fabrique', une sorte de légitimation familiale.
Pour ce qui est de la suite de mon parcours, j'ai été encouragée à faire ce que je voulais. Point. Que ça soit dans un domaine ou un autre, j'étais priée simplement de faire un truc qui me plaisait (ma mère n'ayant jamais eu le choix de ses études, elle en a souffert toute sa vie et du coup ne voulait pas me faire subir la même chose).
Bref il y a sans doute une grosse part de d'influence familiale dans ma scolarité, même si c'était implicite. Je crois que si j'avais été douée en maths et purement scientifique, mes parents auraient été fiers de moi mais auraient eu des doutes quant à un probable échange à la maternité :mrgreen:

Pour ce qui est de maintenant, là encore ma mère, mon seul parent encore en vie, veut juste que je trouve un truc qui me plaît. Elle veut que je sois heureuse même si je gagne 3€/jour.
Ma famille (cette bande de moules) veut que je sois rentable. L'important étant le fric (mais en gardant un minimum de dignité, pour pouvoir parler de moi avec condescendance mais sans honte, donc prostipute ça marche pas), je dois surtout bosser et gagner de la thune (et aller à la messe, et être hétéro. On remarquera que j'ai tout bien réussi à leurs yeux :innocent: )
Donc vu qu'ils ont toujours considéré que ma mère était une bonne à rien, incapable et débile et qu'étant sa fille j'étais un résidu d'avortement, j'ai toujours eu au fond de moi l'idée de leur en mettre plein la tronche en faisant des études non pas exceptionnelles mais au moins avec des bombes de notes. Ca c'est bon. C'est après que j'ai merdoyé un chouilla.
Mais je vais me reprendre :hehehe:
Gina
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Inscription : dim. juin 10, 2007 4:30 pm

Re: Vos parents/familles & vos orientations ... professionne

Message par Gina »

J'ai répondu n'avoir pas été influencé dans mon choix de métier par mes parents... mais je me suis un peu trop précipitée !
Il n'y a aucun lien entre et eux et mon arrivée dans la santé publique.

Mais à la réflexion, j'ai toujours rêvé être journaliste ou tout du moins, dans le monde des idées et de l'écriture. D'une part je n'ai jamais reçu le moindre soutien là-dedans, mais d'autre part, on m'y a surtout découragé. Ce n'était qu'un monde de piston, j'avais bien plus de chance de "finir" journaliste dans le petit quotidien local à écrire sur la fête du village que dans un grand journal reconnu. Peut-être, sûrement même... Mais ils ne m'ont pas poussé à tenter ma chance. Tout n'est pas de leur faute, j'aurais pu résister à leurs découragements, garder mon objectif en tête. Je n'ai pas été assez forte, et maintenant, c'est trop tard : trop tard pour essayer d'intégrer Sciences-po, trop tard pour les concours d'écoles de journalisme. Trop tard aussi pour surmonter le blocage qui est désormais le mien dès que j'essaie d'écrire quelque chose. Et pourtant, je ne me suis jamais tant intéressée à ce domaine que maintenant...

D'ailleurs, quand je voulais être prof (ma mère était instit' et avait une conception trèèès négative de l'Educ Nat), ce n'était pas suffisant, tout le monde autour de moi me disait de viser l'agrégation.
Et encore aujourd'hui, dans la spécialisation de mon Master que j'ai à choisir le semestre prochain, celle que j'ai choisi (promotion de la santé) et pour laquelle je l'ai intégré n'est pas assez bien : il vaudrait mieux pour moi prendre "management des organisations médicales". Cette fois-ci, je tiens le coup... et je m'endors toujours en me rêvant journaliste ! :ah:
amélie-sens
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Re: Vos parents/familles & vos orientations ... professionne

Message par amélie-sens »

j'ai mis en partie bien que je sois la seule de la famille dans l'educ nat, la seule aussi à avoir bac + 4...j'ai bénéficié du soutien de ma mère pour réussir, de sa confiance en moi , et aussi de son voeu que je développe les "qualités" de son père (théâtre, musique, photo)...Ce que je fis.
Je pense que j'ai été une élève docile et donc en réussite, grâce à elle...mais si je devais me "refaire" je changerai d'orientation car mes qualités"naturelles" ne me servent pas au niveau pro!
J'atteste par ailleurs que ds l'educ nat' ils ont un certain penchant à se reproduire entre eux ; c'est pas comme ça que la race s'épuise? :jesors:
Daisy.Adair
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Re: Vos parents/familles & vos orientations ... professionne

Message par Daisy.Adair »

Pouah, avec ce topic je suis reviendu en cours de socio (chapitre reproduction sociale ouééééé). :lol: :lol:

Pour ma part, il est évident que l'héritage parental contribue grandement à mon domaine d'orientation professionnelle. Un Aoki sans appareil photo, ou livre aux éditions PUF (à ne pas confondre avec le petit livre rouge de Mao), c'est comme Roméo sans… Virginie (ou l'équipe de Marseille qui n'a plus Bernard Tapie, ou comme le sel sans le poivre, un chagriiiiiiin d'amûûûûûûr, putain ça fait mal :lol: :lol: ). Euh, oui on s'égare. BREF ! :mrgreen:

Plus sérieusement, mes parents sont « responsables en partie » : mon père a fait un bac L, puis l'école des Beaux-Arts, pour finir conseiller architecte ; ma mère a plus ou moins fait de la danse, puis l'école buissonnière au Canada, vendeuse dans la maison haute-couture Torrente, pour finir mère au foyer bricoleuse (à ne pas confondre avec monteur Ikéa-iste, une toute autre discipline). Les deux combinés donnent comme héritage une bibliothèque ambulante ciblée socio/philo/arts/littérature mêlée à la culture beat generation et autres « réjouissances » posthumes musicalo-stupéfiantes.

Un peu comme MimimiBlue ( :-P ), je n'ai pas cherché à me corriger. Ça me paraissait tellement idyllique qu'il ne pouvait pas en être autrement concernant le futur. Entre une expo réalisée par le père à bord d'une barque où vous regardez des projections-photos sur un plafond, un visionnage des Maîtres du temps, une audition de Steve Reich, une virée Sur la route en contemplant le père photographier le paysage, ou encore la mère refaisant la maison à la manière de la plasticienne Lee Bul, toute cette « partie » semblait bonne à prendre, à étendre par soi-même. Le petit Aoki restera dans la marmite artistique quand il sera grand. Comme ses parents. Point.

Sur ce, même si la fac d'arts plastiques est atterrie dans ma vie comme un crash d'avion sur une île déserte (bah, et les Beaux-Arts ? ou une Mana non ? ou Boules/Olivier de Serres/etc, c'est pas mieux ?), que je ne savais pas encore le 8 Août 1986 à 13h57 qu'enseignant-chercheur ferait parti du top 3 de mes métiers envisagés, j'ai certes été orienté dans le domaine mais j'aurai aussi pu sortir de cette marmite parentale sans me faire lyncher.

:arrow:
Péronnelle
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Re: Vos parents/familles & vos orientations ... professionne

Message par Péronnelle »

J'ai coché "en partie responsable".

Pour ce qui est de mes parents, ils n'ont jamais regardé dans mes cahiers, juste jeté un oeil distant sur mes bulletins de fin d'année en se félicitant de n'avoir pas "ça" à gérer chez leurs filles contrairement à d'autres parents qui suaient sang et eau afin de faire réciter leurs leçons aux petits bouts à peine le goûter avalé. (Moi, j'avalais le goûter, puis j'allais faire de la musique, du coloriage, du catéchisme et autres occupations saintes :mrgreen: , j'ai même eu une passe couture à l'adolescence)
Ils riaient en m'entendant dire "Plus tard, je serai paléontologue, Miss Belgique, Sainte (allez-y, riez), dompteuse de dauphins, fleuriste, psychologue pour sourds ou écrivain". La dernière proposition était un peu plus sérieuse, ayant toujours adoré les matières littéraires, mais ils m'ont fait comprendre qu'en Belgique, on ne vivait de sa plume que si on s'appelait Amélie Nothomb.
Quand vint le temps de choisir mon orientation professionnelle, j'ai réfléchi trois minutes, j'ai hésité une minute et demie à faire des études de langues romanes en me disant que ce serait le pied pendant 5 ans et la galère pendant le reste de ma vie, n'ayant aucune envie d'enseigner. L'autre minute et demie a servi à me décider pour les études de médecine qui étaient dans ma tête depuis toujours, plus ou moins inconsciemment. C'était comme une évidence, mais je ne peux me rappeler le moment où je me suis dit : "La médecine, c'est bien, je vais faire ça".
Et mes parents dans tout ça ? Ils ont été contents. Ils m'avaient dit à mi-mots qu'ils désiraient que je fasse des études universitaires (le plus "difficile" en Belgique au niveau de la théorie, les hautes écoles proposant des formations en trois ans beaucoup plus orientée vers la pratique -ce que ma soeur a fait d'ailleurs-) mais que je pouvais choisir ce que je voulais.
Mes grand-parents paternels sont tous les deux médecins et j'avoue que j'adore ma grand-mère. Elle était médecin de famille, la seule de la ville de sa génération, mère de 6 enfants et règnant sur ses 20 petits enfants à coup de tartines au nutella et de soupe aux petits légumes. Une icône pour moi. Une femme qui dirige sa vie d'une main de maître tout en restant douce et digne. Alors oui, peut-être que j'ai été influencée sans m'en rendre compte. Et quand on me demande aujourd'hui quel genre de médecin je veux être, il n'est pas rare que je réponde en pensées: "Comme grand-maman".
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