Je viens de découvrir un excellent petit documentaire amateur en anglais pour comprendre les mécanismes bancaires et financiers qui ont conduit à la crise actuelle. C'est vraiment très bien fait, pédagogique, et pas très difficile à comprendre à partir du moment où l'on maitrise un peu l'anglais. Grâce à cela, j'ai bien compris ce qu'était la tritisation. Cliquez sur le lien pour découvrir le documentaire de 11 minutes.
http://crisisofcredit.com/
Sinon, quels seraient les moyens pour vous de sortir de la crise de manière concrête ?
Perso, je penserai théoriquement à trois points
Premier point : accroître le pouvoir d'achat des classes défavorisées. Ce sont les premières touchées par la crise, ce sont donc elles qui faut aider à respirer un peu dans ce nuage d'inflation actuelle des prix produits de base, car hélas la nourriture est dors et déjà le premier poste de dépenses à souffrir de la situation. Etant donné que cette aide servirait à payer des consommations de base, généralement produits en France, l'argent ne "fuierait" ainsi pas le territoire français, ne menacerait pas des emplois, et assurerait une redistribution de cet argent au sein de la population via la consommation. Comment accroître ce pouvoir d'achat ? Par différentes mesures fiscales, comme le crédit d'impôt, l'exemption fiscale par une réévaluation des tranche imposables. Cela constitue en fait le volet social du plan de redressement économique.
Je ne crois pas à la relance de la consommation par des crédits d'impôts pour l'ensemble de la population car les gens de la majorité des classes moyennes et aisées vont plutôt faire des économies ou acheter des produits non produits en France (exemple des produits high tech), donc çà va coûter cher pour rien, car l'argent "fuierait" ainsi le territoire. Seul les classes populaires et les classes moyennes basses verront un intérêt de ce crédit d'impôt pour avoir une bulle d'oxygène face au coût de la vie (inflation, baisse des revenus...). Notre président y réfléchie actuellement d'après ce que j'ai compris.
Deuxième point : une politique de New Deal français. Dans une approche Keynesienne, l'Etat doit investir dans une politique de grands travaux pour stimuler l'emploi. Ce New Deal devrait à mon sens avoir trois axes : l'immobilier, les transports, et l'environnement.
Pourquoi l'immobilier ? Parce que la France en manque, aussi bien d'un point de vue quantitatif que qualitatif. Preuve en est le prix exorbitant des loyers ou des crédits immobiliers qui grêvent honteusement le budget des ménages, et réduisant d'autant leur pouvoir d'achat. L'Etat doit donc prendre en charge la construction ou la rénovation de logements, notamment de logements sociaux, de manière massive pour créer des emplois (ou au moins maintenir ceux du BTP actuellement menacés) et accroître sur le long terme le pouvoir d'achat de l'ensemble de la population par la diminution du coût du logement. L'autre avantage de cet axe est de permettre d'éviter d'augmenter les salaires, ce qui nous rendrait encore moins compétitifs au niveau international sur la base salariale (même si on sait tous que le critère du salaire n'est pas le seul qui existe, et que la France reste compétitive grâce à de nombreux autres points, mais si les salaires franchissent une certaine limite, ces derniers deviendraient alors un critère prédominant et donc dommageable).
Pourquoi les transports ? Parce qu'il est évident que la construction de nouveaux logements se ferait beaucoup en périphérie des villes. Pour éviter les problèmes actuels des banlieues, il faut donc une politique raisonnée d'aménagement du territoire, et donc une politique des transports efficace qui permette d'éviter l'isolement et la ghettoïsation de ces banlieues, tout en permettant d'éviter de nouveaux embouteillages. Il faut donc investir massivement dans la modernisation et la construction des insfracstructures de transport.
Pourquoi l'environnement ? Parce qu'elle peut stimuler une croissance verte, avec la mise au norme des règles environnementales et la stimulation de l'innovation de produits écologiques, ce qui permet de stimuler un marché en cours de maturation, créateur d'emplois et de croissance.
Troisième point : le soutien financier des banques et des organismes de crédits, seuls capables de soutenir le crédit à la consommation de la population. C'est impopulaire, mais cela reste probablement un moindre mal que la nationalisation de ce secteur. Ce point est adopté par la majorité des pays occidentaux.
Sauf que tous cela coûte cher. Très cher. Et on est déjà très endettés. Recourir de nouveau au crédit serait à mon sens une erreur, car nous allons finir par arriver à un point de rupture qui nous conduirait au surendettement et à la faillitte (si si c'est possible) sur le long terme.
Autrement dit, il faut faire des économies ailleurs. D'où la nécessité de restructurer, moderniser, bref réformer l'Etat. Pour réduire les coûts de l'Etat, à mon sens, il faudrait :
- faire des économies d'échelles grâce à des restructurations d'échelles, par la fusion d'institutions publiques (ex du pôle emploi en cours) et de circonscriptions administratives (ex de la réforme en cours de discussion du découpage administraif de la France, avec la fusion de nombreuses communes rurales et la diminution du nombre de régions, passant de 22 à 15 par exemple). En plus des économies budgétaires, cela serait aussi un véritable service pour les citoyens vu la simplificaion des démarches que cela engendrerait pour eux - un seul lieu pour tout faire).
- faire des économies par la réduction du personnel de la fonction publique. Oui, je sais, là je touche un point sensible et impopulaire, et moi-même qui sis fonctionnaire, je n'arrive pas à croire que je dise çà. Je n'aurais jamais pensé dire cela il y a encore peu. Mais mon avis a évolué à la vue de deux faits : la dette de la France qui devient trop importante, pour ne pas dire toxique pour le futur, et mon expérience profesionnelle qui me fait de plus en plus penser que ce n'est pas en diminuant le nombre d'élèves par classe (et donc en augmentant le nombre de profs) que l'on résoudra les difficultés des élèves, pour ne citer que le domaine de l'éducation en France. Bien sûr, il ne s'agit pas de couper dans les effectifs de tous les services publics (je pense aux hopitaux par exemple, j'ai déjà atendu une fois dix ou douze heure en plaine canicule avant que l'on s'occupe de ma mère, alors, je comprends bien le problème du sous-effectif), mais il convient de trancher parce que ... c'est hélas nécessaire. Des pays comme le Canada ou la Suède l'ont fait, et ils ne sont pas devenus les Etats-Unis, alors pourquoi pas nous ? Je ne dis pas qu'il faille remettre en cause le service public, loin de là, ni de couper dans les effectifs bêtement, d'autant que cela serait idiot. Mais le non renouvellement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux doit s'accompagner de réformes structurelles qui permettraient de maintenir ces services publiques quantitativement et qualitativement, comme le développement des services administratifs via internet (en cours), les restructurations (exemple du pôle emploi)...
J'ai parlé d'économies. Mais peut-on augmenter les rectettes, et donc les impôts ? Même seulement pour les plus riches ? Je n'y crois pas. Déjà, cela réduirait le pouvoir d'achat de la majorité de la population or justement on lui demande de consommer pour sortir de la crise. Et pour les plus riches, déjà qu'ils déménagent en Suisse, en Belgique ou au Luxembourg... Tant qu'il n'y aura pas une politique fiscale européenne unique, cela ne marchera pas. Mais d'après ce que j'ai compris, les suppression d'impôts promises sont suspendues.
Enfin, tout çà, ce n'est que de la théorie.
Et vous, vous feriez quoi pour résoudre la crise si vous étiez au pouvoir ?