Ce n'est pas ce que je veux dire. Quand je parle de faire disparaître les races, je ne parle pas d'un métissage universel, je parle d'un horizon où le critère de race sera aussi peu déterminant, pour rendre compte de l'état d'une société, que le critère de la couleur des yeux ou le critère de ceux qui préfèrent la fraise ou le chocolat, ou de ceux qui préfèrent le curling ou le hockey sur patins. Ce jour-là les "races" auront cessé d'exister socialement (elles n'auront pas cessé d'exister biologiquement, pour la bonne raison que biologiquement, elles n'ont jamais existé).Kliban a écrit : Je propose donc qu'on combatte les discriminations raciale en éliminant les différences visibles entre les individus. Car c'est un peu l'argument que tu proposes - enfin, je crois et en le poussant à l'extrême.
Il y a des différences de genre comme il y a des différences phénotypique (puisque "race" est trop connoté). Doit-on combattre ces différence en effectuant un tel métissage qu'il n'y aura plus de différence extérieures entre les gens ?
Je crois que combattre l'inégalité de droit en combattant la différence relève d'une option politique dangereuse, et inefficace sur le long terme.
Je pense que cet horizon devrait être celui de tout antiracisme conséquent. Et que parallèlement, la disparition du genre devrait être l'horizon de tout antisexisme conséquent.
Sauf que je pense qu'au moins les deux derniers sens que tu évoques ne peuvent pas être artificiellement séparés comme tu le fais. Comment un système que tu nommes toi-même système d'"assignation" pourrait-il être autre chose qu'essentialiste ? En vertu de quoi assigne-t-on tel ou tel genre à un individu, si ce n'est en raison d'une idée préalable et nécessairement essentialisée qu'on se fait de ce genre ?Mais ce n'est peut-être pas ce que tu entends dire. Car par genre on peut entendre au moins trois choses :Ce qui fait problème à mon sens est la troisième, pas en soi les deux premier.
- des cas dans la langue
- des systèmes d'assignation socialement ou individuellement définis des individus à des classes organisées autour des comportements sexuels, reproductifs, émotionnels, etc.
- la fixation essentialiste de ces systèmes (où les genres existeraient comme des choses réelles et figées) et les assignations politico-morales associées.