Psy, psy, psy - la guéguerre contemporaine

Débats Gay et Lesbien
Miss Hada
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Message par Miss Hada »

Norma Jean a écrit :merci pour l'explication sur la tcc.

un brin préssée ce soir donc je dévellopperais ultérieurement :

j'étais en face à face, mais justement, ça m'intrigue, quelle différence il y a entre les deux, mise à part la position ?
La durée: les TCC c'est plus court généralement inférieur à 1 an, la psychanalyse peut durer toute ta vie...

La méthode: la psychanalyse est sensée s'attaquer à l'origine des choses (ex: ta maman était très méchante avec toi etc) les TCC aux conséquences (maintenant tu fume bois et te drogue, etc)
Brouzouf
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Message par Brouzouf »

J'ai l'impression que la question était plus : quelle différence y'a t-il entre être en face à face et allongé sur le divan. Me trompe-je ?
Miss Hada
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Message par Miss Hada »

Brouzouf a écrit :J'ai l'impression que la question était plus : quelle différence y'a t-il entre être en face à face et allongé sur le divan. Me trompe-je ?
si c'est le cas,

être sur le divan est supposé vous détacher du thérapeute pour vous concentrer sur vos pensées à vous car du coup vous ne pouvez échanger d'égal à égal

être de face rend le thérapeute "agissant" et non "neutre" sauf si vous ne le regardez pas vraiment... c'est supposé plus interventionniste
Brouzouf
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Message par Brouzouf »

Super efficace Miss Hada. Rapidité et clarté de réponse assurées. 8)
Dernière modification par Brouzouf le sam. janv. 16, 2010 10:05 pm, modifié 1 fois.
Kliban
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Message par Kliban »

Je complète la réponse de Miss Hada.

De façon standard - mais après, ça dépend des psys - on commence en face à face. Passer directeemnt en allongé demande à être conscient (un minimum) de ses processus psychiques et de savoir (un gros minimum) ne pas se censurer. Le psy intervient alors très peu et le gros du travail est fait par le patient dans les opérations d'associations libres, aidées par les interprétations du psy - qui ne sont pas de "vérités" sur le passé du patient, mais qui ont pour but de l'aider à réellement entendre (à ressentir) ce qu'il vient de dire : par exemple, à faire le lien entre ce qu'il a dit là, et ce qu'il a dit par ailleurs.

Du coup, on ne passe pas en allongé directement - on risque de s'y retrouver enfermer dans un cocon et que rien ne se passe ; ou d'être totalement affolé ; ou bloqué.

Le face à face, où le psy intervient beaucoup plus - présence, regard, interventions orales - permet au patient de commencer à élaborer autour de son histoire en ayant un référent humain, à qui s'accrocher. Le but du face à face est de rendre petit à petit le patient conscient de certains de ses mécanismes, de façon à rendre bien plus efficace le jeu des associations libres en allongé.

Après bien sûr, on a des psys qui se comportent très froidement dans le face à face, des psys qui sont plus intervenants en association libre, etc. Mais le schéma général que j'ai déduit des deux trois que j'ai vus est celui que j'ai exposé plus haut : on commence en face à face, puis on passe en allongé.
Dernière modification par Kliban le sam. janv. 16, 2010 10:39 pm, modifié 1 fois.
Brouzouf
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Message par Brouzouf »

C'est très bien expliqué, c'est tout à fait ça.
amélie-sens
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Message par amélie-sens »

bon, chez le mien, c'est d'abord (3 séances) assis à son bureau, genre papotage, ensuite il propose un contrat (s'engager à venir chaque semaine) et il choisit pour toi sofa (dans la mezzanine) ou les 2 fauteuils (ce qu'il a choisi pour moi) mais ils ne sont pas face à face! (ça libère de son regard je pense), ils sont en biais, lui me voit de profil et moi je vois: la mezzanine et le sofa (demi-étage) et il y a des lumières douces partout...
Norma
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Message par Norma »

Brouzouf a écrit :J'ai l'impression que la question était plus : quelle différence y'a t-il entre être en face à face et allongé sur le divan. Me trompe-je ?
oui c'était bien ça, mais la confusion a permis l'emmergence d'un point intéressant quant à la durée de la thérapie. ;-)

je reviens juste sur une phrase de kliban qui m'intrigue : on ne va pas en psychanalyse juste " au cas où" mais parce que sans ça on ne peux pas vivre bien ...

nouvelle addiction ?

moi j'y suis allée pour apprendre à éviter de retomber dans certaines tendances auto-destructrices. j'ai eu des pistes, maintenant je me demande si je ne dois pas "travailler (comme on travail le bois) cela sur le matériaux quotidien plutot que de continuer plus avant.

En gros, j'ai l'impression d'aller chez un psy comme un gamin d'un an qui apprend à marcher : tout ce qu'il cherche, c'est à pouvoir marcher seul, mais il ne refuse pas les mains qui le guide lors des premières tentatives.

Mais le but, c'est marcher seul, non?
amélie-sens
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Message par amélie-sens »

oui, sans s'éclater les lèvres en tombant (tant qu'à faire)...
bon moi le psy il me sert (en ce moment) de tiroir à désespoir; qd le moral tourne au gris (comme le ciel) je me dis, "on verra ça vendredi avec DrY" et je retrouve le :) .Je sais aussi qu'on travaille sur le domaine qui dysfonctionne, alors à chaque fois que ce domaine me pose problème, je sais que l'on cherche lui et moi la " solution"...
Kliban
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Message par Kliban »

Norma Jean a écrit :Mais le but, c'est marcher seul, non?
Oui, le but c'est d'arrêter d'y aller. C'est bien de le rappeler.

Quand je disais "sans ça, on ne peut pas vivre bien", ça s'adressait au début, aux premiers pas pour aller voir un psy.

Après, il y a un gros discernement à acquérir pour savoir si on doit continuer, arrêter, changer de psy, changer d type de thérapie, etc.

C'est très très empirique, tout ça. Les TCC vont peut-être faire bouger un peu tout ça, ce qui n'est pas un mal - je n'aurais pas dit ça si les TCC étaient encore coincées dans leur refus de l'émotionnel.
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