Le système scolaire: une fabrique de mépris.
je vais faire une précision historique...
j'ai été dans une école primaire parisienne où on frappe et terrorise les élèves "moins bons"...
une année, je ne préciserais pas qd car je tiens à mon anonymat cela a été INTERDIT de façon effective.
au début rien ne s'est passé... puis les enfants ont compris que qq chose avait changé... et là... ce fut l'inverse... la quasi émeute à TOUS les cours...
je suppose que c'est encore l'émeute vu le livre de lulu... on est passé d'un règne de peur à un autre règne de peur, sans transition... et je crains qu'au niveau objectifs dirigeant on se soit aperçu que ce n'est pas plus mal... ça fait "bien" voter les gens... c'est mon opinion...
edit: attention PAS de généralisation, mais une ambiance pourrie ça se transmet et donc même si ce n'est pas une généralité l'émeute, il faut être clair la mauvaise gestion depuis le haut c'est la règle
edit 2: ayant noué amitié des années plus tard avec un instituteur de cette école, il m'a dit que la plus violente était tj là et qu'à ces yeux à lui c'était une des femmes les plus intelligentes qu'il ai rencontré... et je ne l'ai pas senti choqué des mauvais traitements infligé aux enfants aux temps où j'y étais...
j'ai été dans une école primaire parisienne où on frappe et terrorise les élèves "moins bons"...
une année, je ne préciserais pas qd car je tiens à mon anonymat cela a été INTERDIT de façon effective.
au début rien ne s'est passé... puis les enfants ont compris que qq chose avait changé... et là... ce fut l'inverse... la quasi émeute à TOUS les cours...
je suppose que c'est encore l'émeute vu le livre de lulu... on est passé d'un règne de peur à un autre règne de peur, sans transition... et je crains qu'au niveau objectifs dirigeant on se soit aperçu que ce n'est pas plus mal... ça fait "bien" voter les gens... c'est mon opinion...
edit: attention PAS de généralisation, mais une ambiance pourrie ça se transmet et donc même si ce n'est pas une généralité l'émeute, il faut être clair la mauvaise gestion depuis le haut c'est la règle
edit 2: ayant noué amitié des années plus tard avec un instituteur de cette école, il m'a dit que la plus violente était tj là et qu'à ces yeux à lui c'était une des femmes les plus intelligentes qu'il ai rencontré... et je ne l'ai pas senti choqué des mauvais traitements infligé aux enfants aux temps où j'y étais...
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ExMembre L
je suis d'accord avec vous maintenant que c'est plus nuancé.
Mais mes questions sur les limites restent ouvertes, ainsi que celles sur "à partir de quand est-ce passionant et constructif et à partir de quand est-ce stérile".
a ceci :
je ne sais pas qui sont les classes dirigeantes qui ont selon cette vision du complot universel organiseraient la reproduction des inégalités. Mais il me semble que sur le terrain le petit million de profs actifs qui se bagarrent pour faire passer des choses, c'est vous et moi. Pas la classe dirigeante. Et de moins en moins. Parce que justement, la classe dirigeante qui se sent larguée est en train d'organiser "l'enseignement des défavorisés par les défavorisés qu'on aura aidé plus que les autres et qui peuvent les comprendre"...
autrement dit, on serait né au no man's land pour enseigner au no man's land. c'est là qu'il y a un soucis dans la vision des choses et une organisation claire de la reproduction des inégalités. Actuellement...je ne sais pas si c'est le cas, comme tomber à gauche ou à droite est plus un effet de lotterie qu'un décret. Pour moi la conséquence inévitable va être aussi radicale que l'idée : la révolution. 8)
Mais mes questions sur les limites restent ouvertes, ainsi que celles sur "à partir de quand est-ce passionant et constructif et à partir de quand est-ce stérile".
a ceci :
c'est se placer dans le paradigme des buts initiaux de l'éducation nationale vu par les classes dirigeantes cherchant à transmettre leur avantage social à leur seule descendance (et pas à celle des pauvres ou même des classes moyennes à qui ont fait croire qu'elles s'élèvent alors qu'elles font du sur place)
je ne sais pas qui sont les classes dirigeantes qui ont selon cette vision du complot universel organiseraient la reproduction des inégalités. Mais il me semble que sur le terrain le petit million de profs actifs qui se bagarrent pour faire passer des choses, c'est vous et moi. Pas la classe dirigeante. Et de moins en moins. Parce que justement, la classe dirigeante qui se sent larguée est en train d'organiser "l'enseignement des défavorisés par les défavorisés qu'on aura aidé plus que les autres et qui peuvent les comprendre"...
autrement dit, on serait né au no man's land pour enseigner au no man's land. c'est là qu'il y a un soucis dans la vision des choses et une organisation claire de la reproduction des inégalités. Actuellement...je ne sais pas si c'est le cas, comme tomber à gauche ou à droite est plus un effet de lotterie qu'un décret. Pour moi la conséquence inévitable va être aussi radicale que l'idée : la révolution. 8)
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Avital.Ronell
- Messages : 1447
- Inscription : dim. avr. 19, 2009 11:22 am
Je pense que il faut aussi se donner les moyens de trouver un cours passionnant, arrêter de crayonner dans la marge et vraiment prendre la peine d'écouter et d'essayer de comprendre et de conceptualiser ce que dit le prof et pas seulement attendre la fin de l'heure.
Il faut éviter d'avoir une attitude passive quoi.
Mais quand on a 9 heures de cours dans une journée, c'est parfois difficile.
De toute façon, pour ma part, je trouve que c'est globalement passionnant.
L'intérêt vient pas de lui même, il faut se donner les moyens de s'ouvrir l'esprit et d'être intérêssé. Et après il y a le déclic qui se fait et on voit plus le temps passer.
Je prend un exemple, hier soir après ma journée de cours, je suis allée écouter une conférence "l'homme est-il un animal?" et j'avais rien mangé le midi parce que il n'y avait plus de sandwichs à la cafeteria alors du coup j'avais du mal à me concentrer et au bout de 20 minutes je suis vraiment rentrée à fond dans la conférence et j'ai trouvé ça trop interessant et je suis resté jusqu'à la fin mais ça m'a demandé un effort, j'ai pas trouvé ça captivant tout de suite.
Il faut éviter d'avoir une attitude passive quoi.
Mais quand on a 9 heures de cours dans une journée, c'est parfois difficile.
De toute façon, pour ma part, je trouve que c'est globalement passionnant.
L'intérêt vient pas de lui même, il faut se donner les moyens de s'ouvrir l'esprit et d'être intérêssé. Et après il y a le déclic qui se fait et on voit plus le temps passer.
Je prend un exemple, hier soir après ma journée de cours, je suis allée écouter une conférence "l'homme est-il un animal?" et j'avais rien mangé le midi parce que il n'y avait plus de sandwichs à la cafeteria alors du coup j'avais du mal à me concentrer et au bout de 20 minutes je suis vraiment rentrée à fond dans la conférence et j'ai trouvé ça trop interessant et je suis resté jusqu'à la fin mais ça m'a demandé un effort, j'ai pas trouvé ça captivant tout de suite.
ce n'est pas aussi construit (quoi que des fois les explications sur la supériorité de certaines classes sociales c'est tordant) mais plutôt dans la langue de bois lubrifiée à l'élitisme républicain...
à a savoir une pure reproduction de la stratification sociale (je rappelle que l'appartenance sociale en France se perçoit par les intéressés à partir de 20 ans, âge où on encore des gamins au seuil d'une longue vie) saupoudrée d'aides ponctuelles et insuffisamment budgétées vers les très pauvres (les moyens allez vous faire f* vous êtes riiiiiches)
j'avoue que n'ayant pas appris grand chose dans le système scolaire (ou alors après le bac et avec des objectifs précis) je ne peux que faire part de mon observation de l'époque
et donc les profs de maintenant (ya pu d'instits ya des profs) je les perçois comme des espèces de soutiers voués à la maintenance du système devenu périmé avec le système de management par la trouille physique des élèves (et son remplacement par la trouille inverse)
en regardant ce qui se passe ailleurs, je me dis que qq part on a raté le coche du changement de système... le système est resté vertical, les soutiers rament dans la peur, les élèves se démerdent qd leur milieu social ou un coup de bol le leur permet
la révolution n'est peut etre pas encore à l'ordre du jour... pur l'instant on en est au vote avec les pieds, des élèves d'abord et des profs ensuite... mais la révolution je ne la vois pas trop... tu as des indices pour éclairer ce qui te fait la voir ?
Simoneveil, tous le monde n'a pas la force de faire cela... je dirais que pour la majorité c'est non, d'ailleurs après la 2nde guerre mondiale il avait été instauré des petits déjeuner car les enfants affamés étaient non maitrisables...
à a savoir une pure reproduction de la stratification sociale (je rappelle que l'appartenance sociale en France se perçoit par les intéressés à partir de 20 ans, âge où on encore des gamins au seuil d'une longue vie) saupoudrée d'aides ponctuelles et insuffisamment budgétées vers les très pauvres (les moyens allez vous faire f* vous êtes riiiiiches)
j'avoue que n'ayant pas appris grand chose dans le système scolaire (ou alors après le bac et avec des objectifs précis) je ne peux que faire part de mon observation de l'époque
et donc les profs de maintenant (ya pu d'instits ya des profs) je les perçois comme des espèces de soutiers voués à la maintenance du système devenu périmé avec le système de management par la trouille physique des élèves (et son remplacement par la trouille inverse)
en regardant ce qui se passe ailleurs, je me dis que qq part on a raté le coche du changement de système... le système est resté vertical, les soutiers rament dans la peur, les élèves se démerdent qd leur milieu social ou un coup de bol le leur permet
la révolution n'est peut etre pas encore à l'ordre du jour... pur l'instant on en est au vote avec les pieds, des élèves d'abord et des profs ensuite... mais la révolution je ne la vois pas trop... tu as des indices pour éclairer ce qui te fait la voir ?
Simoneveil, tous le monde n'a pas la force de faire cela... je dirais que pour la majorité c'est non, d'ailleurs après la 2nde guerre mondiale il avait été instauré des petits déjeuner car les enfants affamés étaient non maitrisables...
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ExMembre L
la masse frétille vaguement ces derniers temps. Les profs sont dehors, se mobilisent par ci par la par petits groupes qui se ramifient....le privé c'est pareil...crise sociale du haut en bas de l'échelle, même les supers diplomés deviennent des voyous squatteurs de logements vides dans la city, parce que personne ne trouve de boulot, et qu'il faut de plus en plus de diplomes et de qualifications pour accomplir des tâches de plus en plus stupides et vides de sens....
il faut que quelque chose se passe pour que rien ne se passe semble être le mot d'ordre des dernières réformes diverses et variées qui n'aboutissent jamais à rien ni dans l'entreprise ni dans l'éducation nationale.
Un jour quelque chose se passera vraiment et aura un effet réel. La question reste de déterminer quand.
quel sera l'événement, et quelles seront ses conséquences...
un ancien prof de philo à moi s'est suicidé en se jetant par la fenêtre. Il était persuadé que rien n'arriverait plus que le concept d'événement avait perdu son sens et qu'en dehors des tsunamis l'histoire était parvenue à son terme.
Je crois en l'humain plus que ça. Ou en l'animal justement... allez savoir?
il faut que quelque chose se passe pour que rien ne se passe semble être le mot d'ordre des dernières réformes diverses et variées qui n'aboutissent jamais à rien ni dans l'entreprise ni dans l'éducation nationale.
Un jour quelque chose se passera vraiment et aura un effet réel. La question reste de déterminer quand.
un ancien prof de philo à moi s'est suicidé en se jetant par la fenêtre. Il était persuadé que rien n'arriverait plus que le concept d'événement avait perdu son sens et qu'en dehors des tsunamis l'histoire était parvenue à son terme.
Je crois en l'humain plus que ça. Ou en l'animal justement... allez savoir?
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Avital.Ronell
- Messages : 1447
- Inscription : dim. avr. 19, 2009 11:22 am
Oui.lulu galipette a écrit :parce que personne ne trouve de boulot, et qu'il faut de plus en plus de diplomes et de qualifications pour accomplir des tâches de plus en plus stupides et vides de sens....
Est ce que par conséquent on aura une belle génération d'écrivains, de gens qui laisseront tout en plan pour vivre comme le garçon d'into the wild.?
Je suis peut être contradictoire avec mon premier post mais je pense que c'est quand même important la culture, ne serait ce que pour pouvoir exprimer ses affects et mieux comprendre ce qui se passe en nous et en dehors de nous. Certaines personnes n'arrivent pas à construire la moindre réflexion par faineantise et ceux là ne savent pas après quoi ils courrent.
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Tempérance
- Messages : 2112
- Inscription : lun. août 13, 2007 12:42 pm
Je vous lis et je ne comprends pas tout je vous l'avoue, mais il y a une chose qui m'interpelle, le fait de lire que les prof seraient lassés de toujours répéter ?
Je croyais que c'était l'une des bases de l'enseignement : ré-pé-ter inlassablement
en tout cas, pour les élèves qui auraient du mal à intégrer le savoir en une seule fois sans jamais avoir à y revenir.
Je me souviens aussi avoir lu quelque part (excusez moi, je ne retrouves plus où), que le fait de retenir le savoir en une seule et unique fois était un leurre, une légende, un peu comme quand on dit que l'endorphine arrive aux sportifs dans l'effort, ben, une kiné m'a avoué en riant que c'était pas vrai (un peu comme les licornes), les sportifs de haut niveau en bavent tout autant, la souffrance fait partie de l'effort, tout comme l'apprentissage et l'effort de l'enseignant de répéter est, me semble-t-il, le prix à payer pour que son enseignement porte ses fruits.
Enfin, c'est peut-être un détail
Je me retire sur la pointe des pieds ....
Je croyais que c'était l'une des bases de l'enseignement : ré-pé-ter inlassablement
Je me souviens aussi avoir lu quelque part (excusez moi, je ne retrouves plus où), que le fait de retenir le savoir en une seule et unique fois était un leurre, une légende, un peu comme quand on dit que l'endorphine arrive aux sportifs dans l'effort, ben, une kiné m'a avoué en riant que c'était pas vrai (un peu comme les licornes), les sportifs de haut niveau en bavent tout autant, la souffrance fait partie de l'effort, tout comme l'apprentissage et l'effort de l'enseignant de répéter est, me semble-t-il, le prix à payer pour que son enseignement porte ses fruits.
Enfin, c'est peut-être un détail
Je me retire sur la pointe des pieds ....
Dernière modification par Tempérance le dim. mars 07, 2010 7:42 am, modifié 1 fois.
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amélie-sens
- Messages : 3378
- Inscription : mer. août 26, 2009 10:29 am
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Tempérance
- Messages : 2112
- Inscription : lun. août 13, 2007 12:42 pm
En relatant mon credo sur cette partie de l'enseignement, je relatais aussi un vécu.amélie-sens a écrit :perso je ne suis pas lassée de répéter, mais d'avoir des contraintes stériles, pas les moyens de faire réussir les élèves (tous), de faire de l'éducatif (et non de l'enseignement), de l'administratif (et non...), de la pub (et non de...)
En pensionnat, en rentrant en 6eme, j'avais un prof principal qui était aussi prof d'histoire et de géographie et il y avait de longs textes à apprendre et beaucoup de dates à retenir, je le revois encore, il était prés de mon pupitre et devant ma désolation de ne pas retenir lesdites dates et évènements historiques, il me disait (à peu prés ceci, de sa voix douce et d'une infinie patience) : " Mademoiselle (il nous disait "vous" et il faisait des vers
Je baissais la tête (il m'impressionnait beaucoup, jamais personne jusqu'à ce jour ne m'avait parlé sur un ton aimable) et je relisais encore et encore le texte en question et j'essayais de retenir la leçon redite tant de fois fois et je finissais au bout du compte par avoir une note "acceptable".
A force, j'ai même aimé l'histoire et la géographie.
Et je gardes encore le souvenir de cet homme et je me dis souvent que c'est sans doute grâce à cet homme admirable que j'ai pris le pli de ne jamais lâcher l'affaire et de remettre inlassablement l'ouvrage sur la table.
Bénit soit-il ! Il m'a donné les clefs de l'effort et le plaisir de réussir certaines choses 8) Bien que je ne fasses décidément pas partie de l'élite
Dernière modification par Tempérance le dim. mars 07, 2010 7:43 am, modifié 1 fois.
Oui, Tempérance, l'apprentissage se fait pas répétition. On parle de "spirale" car il faut sans cesse revenir sur un point abordé, continuer sur un autre, revenir sur le premier point, etc. Cela tient du fait que tout le monde n'intègre pas les choses dans le même ordre et à la me vitesse. On pose donc parfois des briques dans le vide, et pour certains, le toit sert à soutenir le mur, mais en répétant sans cesse, on est sûr que la maison tiendra debout.