Norma a écrit :Crown Prinz a écrit :Norma a écrit :
Ah non.
Personne ne prétend que c'est élégant ou esthétique. Faut dire que la langue contrairement au mascara n'a pas franchement pour but le cosmétique.
C'est vrai, on s'en fout de l'élégance, de l'efficacité, de la facilité de diction et de lecture. Rajoutons partout mille suffixes atroces n'apportant qu'un surcroît de sens dérisoire, et mutilant épouvantablement la facilité de prononciation et de lecture. Rendons le langage deux fois moins efficace, en multipliant par 2 le nombre de syllabes pour n'apporter aucune information supplémentaire intéressante.
Sérieusement.
Bon, moi, perso, l'utilisation ou non de ce langage militant, je m'en carre la pastèque.
Mais, par honnetteté intellectuelle. Le français de base c'est pas une langue facile. Ce n'est pas une langue simple. Ce n'est pas une langue dont les mots sont faciles à prononcer (vu le nombre de consonnes muettes et d'exceptions à toutes les règles, si on n'a pas l'habitude des mots c'est la plupart du temps impossible en les voyant simplement écrits de savoir quoi en foutre). C'est une langue bourrée de préfixes et de suffixes pas toujours bien utiles. C'est une langue qui donne des genres à des chaises et à des porte manteaux. Information ô combien importante que de savoir qu'une armoire est femelle, nous en conviendrons.
"Ababouiné", "borborygme", "champignonnière", "kleptomane", "notonecte", "ornithorynque", "physiognomonie", "raspoutitsa", "sphincter", "xénophile", "zapadliski"... c'est tout à fait prononçable peut-être ?
Allez, c'est de la mauvaise fois de nous chier un pendule pour un "e" qui traine.
Si tu lisais un peu ce que j'écris avant de me gratifier de ce genre de sorties péremptoires, tu aurais vu que là ce qui provoque dernièrement mon incompréhension et mon opposition, ça ne sont plus tant les pluriels en "militant-e", ce sont les énormités du style "lecteur/trice", balancées comme des évidences, alors que pour le coup on augmente bien de
50 % le nombre de syllabe, tout en ajoutant un phonème difficile à prononcer (la reprise "teu
rtrice" n'est pas vraiment ce qu'il y a de plus simple à articuler, ni même à lire mentalement) pour ne préciser strictement
rien de plus.
Il y a un monde entre la difficulté de prononciation de noms communs issus d'une étymologie
précise et
porteuse de sens, quitte à avoir procédé par une agglutination un peu complexe de suffixes (mais des mots comme "sym
ptomatique" et "
asym
ptomatique" ont précisément des sens opposés, donc l'utilité d'un rajout de syllabe est ici capital, précisément, peu importe qu'au milieu du mot il y ait un son "pt" un peu délicat à prononcer), et le rajout tête baissée de suffixes inutiles et s'insérant avec la plus grande difficulté dans le mot initial, pour le plaisir de ne préciser qu'une information
déjà contenue dans la grammaire.
Ramener dans le débat l'utilité informationnelle du genre des objets n'a par ailleurs
AUCUN rapport. De ce que j'en sais, les féministes ne sont pas encore en train de se battre pour que les lave-vaisselles soient reconnus dans leur féminité (mais c'est sans doute une évolution à craindre. Après tout, le numéro 2 qui débute les cartes vitales des femmes provoque déjà bien
l'ire de certaines activistes, donc quelle suite après ça ?)