deadxkorps a écrit :Puis je sais pas, moi le concept du JUIF tamponné en rouge sur la carte d'identité ne me plaît pas plus que le GAY sur un contrat d'embauche...

Merci DeadX, ça résume assez bien le problème.
L'homophobie est très répandue dans le monde du travail, je pourrais en écrire un roman, ayant été outé dans un environnement homophobe. J'ai passé des années à lutter. Ca m'a couté énormément personnellement mais j'ai réussi à émerger de cette merde. Je ne suis pas sûr que tout le monde aurait pu surmonter ces problèmes. Et maintenant que j'ai changé d'équipe, je reporte directement aux US, moi qui pensais être sorti du problème, je me retrouve avec une homophobie encore bien pire, non explicite mais rampante, basée sur une association d'idée des plus puantes, par un membre du directoire. Bref ce n'est pas fini.
Alors oui encore aujourd'hui, bien que je sois pour un monde idéal où tout le monde puisse être ce qu'il est, L, G, B, T ou H, il faut avoir la possibilité de ne pas déclarer son orientation sexuelle. C'est un choix qui doit rester personnel, et c'est le seul choix qui pourra permettre une visibilité et une acceptation progressive.
Quant au fait d'être fiché, pour revenir sur la remarque de DeadX, il faut savoir que le gouvernement de Vichy s'était lancé dans une campagne de fichage systématique des juifs, des gays, et autres "dissidents", bien avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale. Et ces fichiers ont été utilisés un beau jour d'occupation pour faire les fameuses rafles dont on connaît l'issue.
L'histoire ne se répète jamais, chaque moment est différent. Mais les schémas eux ont une fâcheuse tendance à se répéter. Bien sûr il ne faut y voir aucun déterminisme, mais lorsqu'on a une référence aussi récente, et dramatique, que l'occupation, cela me semble logique d'éviter de mettre en place des lois qui pourraient permettre un jour à ces schémas de se reproduire.
La constitution et les lois sont empreintes de ces évènements historiques. C'est par exemple dans cet esprit que le PACS n'a jamais été réservé aux seuls LGBT. Proposer des lois comme le CUC, qui impliquent un fichage dont on connaît les risques de dérive, sans compter le caractère discriminatoire de la proposition, est non seulement un grave déni de l'histoire, mais plus grave encore, c'est en accepter les dérives.